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Samedi Saint


Il y a quelque chose de paisible, de simple, d’éminemment marial dans cette admirable mise au tombeau du XVIe siècle. La scène est comme déjà baignée d’une lueur pascale. L’âpre bataille que l’âme du Christ livre dans les enfers contraste avec la paix dont jouit son corps au sépulcre.

Cela est merveilleusement exprimé par Bossuet :
« Quand je vois ces riches tombeaux sous lesquels les grands de la terre semblent vouloir cacher la honte de leur corruption, je ne puis assez m’étonner de l’extrême folie des hommes, qui érigent de si magnifiques trophées à un peu de cendre et à quelques vieux ossements. C’est en vain que l’on enrichit leurs cercueils de marbre et de bronze. C’est en vain que l’on déguise leur nom véritable par ces titres superbes de monuments et de mausolées. Que nous profite après tout cette vaine pompe, si ce n’est que le triomphe de la mort est plus glorieux, et les marques de
notre néant plus illustres ?

Il n’en est pas ainsi du sépulcre de mon Sauveur. La mort a eu assez de pouvoir sur son divin corps. Elle l’a étendu sur la terre sans mouvement et sans vie, elle n’a pas pu le corrompre ; et nous lui pouvons adresser aujourd’hui cette parole que Job disait à la mer : « Illuc progredieris, et non procedes amplius ; Illuc confringes tumentes fluctus tuos ; Tu iras jusque-là et ne passeras pas plus outre ; cette pierre donnera des bornes à ta furie » (Job 38,11) et à ce tombeau, comme à un rempart invincible, seront enfin rompus tes efforts.

C’est pourquoi Notre-Seigneur Jésus, après avoir subi volontairement une mort infâme, il veut après cela que « son sépulcre soit honorable, » comme dit le prophète Isaïe : Erit sepulcrum ejus gloriosum (Isaïe 11,10). Il est situé au milieu d’un jardin, taillé tout nouvellement dans le roc. Et de plus il veut qu’il soit vierge aussi bien que le ventre de sa mère, et que personne n’y ait été posé devant lui. Davantage, il faut à son corps cent livres de baume du plus précieux, et un linge très-fin et très-blanc pour l’envelopper. Et après que durant le cours de sa vie « il s’est rassasié de douleurs et d’opprobres, » Saturabitur opprobriis, nous dit le prophète (Lamentations 3,30), vous diriez qu’il soit devenu délicat dans sa sépulture.

N’est-ce pas pour nous faire entendre qu’il se préparait un lit plutôt qu’un
sépulcre ? Il s’y est reposé doucement jusqu’à ce que l’heure de se lever fut venue ; mais tout d’un coup il s’est éveillé, et se levant il vient éveiller la foi endormie de ses apôtres. (…)

O Marie, nous ne craindrons pas de nous adresser à vous aujourd’hui : l’amertume de vos douleurs est changée en un sentiment de joie ineffable. Vous avez déjà appris la nouvelle que votre Fils bien-aimé a pris au tombeau une nouvelle naissance, et vous n’avez point porté d’envie à son saint sépulcre de ce qu’il lui a servi de seconde mère. Au contraire, vous n’avez pas eu moins de joie que vous en conçûtes lorsque l’ange vous vint annoncer qu’il naîtrait de vous, en vous adressant ces paroles par lesquelles nous vous saluons. Ave. »

(Jacques-Bénigne Bossuet, Premier sermon sur le saint Jour de Pâques, 1655, 1er exorde)

samedi saint 2020

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