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Pardon et délicatesse

Jésus face à la femme adultère


Au cours de cette scène, tout est fait pour réduire la femme à un objet :
• Spatialement, elle est traînée au centre, entourée d’ennemis, réduite et vulnérable, comme une chose : « Surprise en flagrant délit d’adultère, ils la placèrent au milieu d’eux » (Jn 8,3).
• Symboliquement, on la classe autoritairement dans une catégorie maudite : « Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là » (Jn 8,5).
La femme adultère que l’on amène à Jésus semble réduite à n’être rien d’autre que son péché :
• Elle n’a même pas de nom. Elle est une personne indéfinie, et n’est caractérisée que par son adultère.
• Elle n’a même pas droit à la parole pour se défendre, car elle est déjà condamnée par le flagrant délit.

L’attitude de Jésus : un regard de miséricorde

Tandis que cette femme est accusée avec violence... Jésus baisse les yeux et écrit sur le sable.
On ne sait pas ce que Jésus écrit sur le sol.
Mais, indépendamment du contenu même de ce que Jésus trace du doigt sur le sol, il semble indiquer un détachement, un retrait souverain à l’égard de la vindicte populaire qui habite la foule unanime dressée contre cette femme adultère.
Au cours de la scène, le contraste est flagrant entre deux types d’attitude :
• Les regards avides et curieux qui se posent sur la femme et sur Jésus pour savoir comment il se va sortir de ce mauvais pas,
• La discrétion et la délicatesse de Jésus qui baisse les yeux par deux fois pour écrire sur le sol (Jn 8,6 et Jn 8,8).
Face aux regards méprisants de la populace qui condamne cette femme, les yeux baissés de Jésus sont le geste le plus fin et le plus respectueux que l’on puisse témoigner à ce moment-là à cette femme.

La délicatesse et le pardon du Christ

Enfin, Jésus se redresse. Dans ce mouvement du Christ s’adressant à la femme, deux éléments sont particulièrement remarquables :
• Pour la première fois dans la scène, quelqu’un s’adresse à la femme !
• Pour la première fois, on lui accorde le droit de dire quelque chose !
En outre, Jésus lui pose non pas une mais deux questions et l’invite à parler :
« – Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ?
– Personne, Seigneur »

La phrase de Jésus n’est pas dénuée d’humour... Et elle est plus que bienvenue après la séquence dramatique tout juste passée. Jésus renverse la situation : l’accusée doit se prononcer sur ses juges.
La tension était à son comble, et Jésus coupe court à cette tension d’un trait d’esprit bien placé. En lui rappelant avec humour que personne n’était en l’état de la condamner, Jésus lui fait comprendre qu’elle n’est peut-être pas meilleure que les autres, mais pas pire non plus. Cependant, il la responsabilise : « Va, ne pèche plus ! »
En une phrase, la voilà pardonnée, réintégrée dans la communauté.

Le philosophe français Michel Henry analyse ce passage comme l’expression éclatante de l’autorité du Christ, miséricordieuse et rédemptrice :
« Où sont-ils ? Personne... Devant le vide laissé par cette retraite, qui ne signifie rien de moins que la débâcle de leur prétendu savoir et, avec elle, celle de la Loi, une sorte de transfiguration se produit. La figure du Christ s’auréole d’un pouvoir qu’aucun homme ne détient. »
Michel Henry (1922-2002), Paroles du Christ, Paris : Seuil, 2002 ; p. 78

Jésus et la femme adultère

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