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Le pape à Nakasuk

Discours du pape François lors de la rencontre avec des jeunes et des personnes âgées sur la place de l’école primaire Nakasuk.

Le pape s’est rendu en voiture à l’école primaire Nakasuk où il a rencontré en privé quelques élèves des anciens pensionnats.

Après les mots de salutation au Saint-Père de la part de quelques élèves, la récitation du Notre Père et la Bénédiction, le pape s’est rendu sur le parvis pour la rencontre avec les jeunes et les personnes âgées.

Chers frères et soeurs, bonsoir !
Je vous salue cordialement Madame la Gouverneure générale et vous tous, je suis heureux de vous rencontrer. Je vous remercie pour vos paroles, ainsi que pour les chants, les danses et les musiques, que j’ai beaucoup appréciés !

Tout à l’heure, j’ai écouté plusieurs d’entre vous, d’anciens élèves des écoles résidentielles : merci pour ce que vous avez eu le courage de dire, en partageant de grandes souffrances. Cela a réveillé en moi l’indignation et la honte que j’éprouve depuis des mois. Aujourd’hui encore, ici même, je voudrais vous dire que je suis très attristé et que je désire demander pardon pour le mal commis par un certain nombre de catholiques qui, dans ces écoles, ont contribué aux politiques d’assimilation culturelle et d’affranchissement. Je me suis souvenu du témoignage d’une personne âgée qui décrivait la beauté du climat qui régnait dans les familles autochtones avant l’avènement du système des écoles résidentielles. Il comparait cette saison où, les grands-parents, les parents et les enfants étaient harmonieusement ensemble, au printemps, lorsque les oiseaux chantent heureux autour de leur mère.
Mais tout à coup – disait-il – le chant s’est arrêté : les familles ont été désagrégées, les enfants emportés, loin de leur milieu ; l’hiver est descendu sur tout.

De telles paroles, tout en provoquant la douleur, suscitent aussi le scandale ; encore plus si nous les comparons à la Parole de Dieu, qui commanda : « Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu » (Ex 20, 12). Cette possibilité n’a pas existé pour beaucoup de vos familles, elle a disparu lorsque les enfants ont été séparés de leurs parents, et que leur propre pays a été perçu comme dangereux et étranger. Ces assimilations forcées évoquent une autre page biblique, le récit du juste Nabot (cf. 1 Rois, 21), qui ne voulait pas céder la vigne héritée de ses pères à celui qui, en gouvernant, était disposé à utiliser tous les moyens pour la lui arracher. Et ces paroles fortes de Jésus viennent aussi à l’esprit contre celui qui scandalise les petits et méprise un seul d’entre eux (cf. Mt 18, 6.10). Comme il est mauvais de briser les liens entre parents et enfants, de blesser les êtres les plus chers, de nuire et de scandaliser les petits !

Chers amis, nous sommes ici animés de la volonté de parcourir ensemble un parcours de guérison et de réconciliation qui, avec l’aide du Créateur, nous aide à faire la lumière sur ce qui s’est passé et à surmonter ce sombre passé. En parlant de vaincre les ténèbres, encore maintenant, tout comme lors de notre réunion de fin mars, vous avez allumé le qulliq. En plus de donner de la lumière pendant les longues nuits d’hiver, il permettait, en répandant la chaleur, de résister à la rigueur du climat : il était donc essentiel pour vivre. Aujourd’hui encore, il reste un beau symbole de vie, d’une vie lumineuse qui ne se laisse pas vaincre par les ténèbres de la nuit. Ainsi, vous êtes un témoignage constant de la vie qui ne s’éteint pas, d’une lumière qui resplendit et que personne n’a réussi à étouffer.

Je suis plein de gratitude pour l’opportunité qui m’est offerte d’être ici au Nunavut, au sein de l’Inuit Nunangat. J’ai essayé d’imaginer, après notre rencontre à Rome, ces vastes lieux que vous habitez depuis des temps immémoriaux et qui pour d’autres seraient hostiles. Vous avez su les aimer, les respecter, les conserver et les valoriser, en transmettant de génération en génération des valeurs fondamentales, telles que le respect pour les personnes âgées, un sens authentique de fraternité et le soin de l’environnement. Il y a une belle correspondance entre vous et la terre que vous habitez, parce qu’elle aussi est forte et résiliente, et elle répond avec tant de lumière à l’obscurité qui, pendant une grande partie de l’année, l’enveloppe. Mais cette terre aussi délicate comme chaque personne et peuple, et il faut en prendre soin. Prendre soin, transmettre le soin : les jeunes sont appelés à cela en particulier, soutenus par l’exemple des personnes âgées ! Prendre soin de la terre, prendre soin des gens, prendre soin de l’histoire.

Le pape à Nakasuk 2022

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