Bouton Menu Mobiles

Accueil > Prier > Liturgie > Ascension > L’ascension

L’ascension

« Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. »

Le dernier geste que pose Jésus sur ses disciples est remarquable : il lève les mains et les bénit. Nous trouvons ce geste ancestral dès le début de la Bible, dans le livre de la Genèse. Il rappelle un même geste, au début du même évangile lucanien, lors de la présentation de Jésus au temple dans la bénédiction de Syméon à Dieu. Un geste adressé à Dieu au début du récit ; un geste que Jésus fait lui-même, au terme, à l’intention de ses disciples.

Après que Jésus ait été emporté au ciel, les disciples se prosternent devant lui et retournent à Jérusalem, dans le Temple, pour bénir Dieu sans cesse. Pour la première fois dans l’évangile, Luc utilise le mot « se prosterner » pour qualifier l’attitude des disciples face à Jésus au moment où il est emporté. C’est donc que ce mouvement d’adoration, réservé à Dieu seul, est désormais adressé à Jésus, signifiant que les disciples reconnaissent en lui sa divinité. L’Ascension semble par conséquent dessiner un changement, un passage où se manifeste la pleine divinité de Jésus. C’est précisément ce que reprend l’épître aux Éphésiens 4, 9-10 : « [Le Christ] est monté ! Qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu jusqu’en bas sur la terre ? Celui qui est descendu, est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux, afin de remplir l’univers. »
Le mystère de l’Ascension doit être, pour nous aussi, le lieu de la pleine reconnaissance de la divinité de Jésus.

La mention de la « grande joie » des disciples, alors même qu’il est emporté au ciel –soustrait à leurs yeux – est également précieuse pour notre accueil du sens de l’Ascension. Jésus est emporté au ciel et devient invisible aux yeux des disciples mais cela ne les afflige pas, bien au contraire. Ils sont dans l’exaltation, comme les disciples d’Emmaüs au moment où Jésus, à la fraction du pain, avait disparu sous leurs yeux. Par conséquent, si l’Ascension est un réel départ de Jésus ressuscité, une soustraction de celui avec lequel ils ont vécu, pour autant ce départ ne conduit pas à une séparation douloureuse. Est-ce à dire que, paradoxalement, ce départ est – simultanément – un retour, une présence du Christ sous un mode nouveau ? Des indices dans le texte semblent nous conduire dans cette direction.

Avant que Jésus ne soit emporté (évangile) ou élevé (les Actes), il a promis à ses disciples d’« envoyer sur [eux] ce que [son] Père a promis ». De même dans les Actes des Apôtres Jésus leur promet une force quand le Saint-Esprit viendra sur eux. Nous le pressentons, l’envoi de l’Esprit Saint est la modalité nouvelle par laquelle le Christ continuera, jusqu’à la fin des temps, d’être présent au monde, à ceux qu’il aime et qui l’aiment.

Il y a ainsi une grande inclusion entre l’ouverture de l’évangile avec la joie de Syméon et celle débordante en action d’adoration par les disciples au terme de la vie terrestre de Jésus. Elle nous introduit à la bouleversante découverte de la permanence de la présence du Christ qui ouvre à la joie indicible de se savoir toujours en sa présence, comme Jésus lui-même l’avait annoncé à ses disciples avant sa passion : « Je veux que ma joie soit en vous et qu’elle soit parfaite » (Jn 15, 11).

Et si, dans l’évangile l’Ascension est un geste d’adieu, dans les Actes elle constitue le geste inaugural de la mission des apôtres qui seront envoyés après avoir reçu l’Esprit Saint.

Ascension 2022

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.