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Jésus transfiguré


Dieu révèle l’homme à lui-même

Dans un roman très émouvant que vous connaissez peut-être, François Mauriac (le titre de ce roman est : « Ce qui était perdu »), nous présente une femme malade, atteinte d’un cancer incurable, dont le mari frivole, volage, mondain, ne cesse d’ailleurs de la tromper, tout en lui présentant un visage courtois et bienveillant. Il ne lui manque jamais de respect, en apparence. Il s’évade régulièrement dans ses plaisirs, il crée des alibis, il raconte mille histoires qui justifient ses absences, mais la femme n’est pas dupe, elle sait parfaitement bien quel est le personnage qui lui fait face.
Comme elle est parfaitement incroyante, que son mal empire, que sa souffrance s’exaspère, elle décide d’en finir avec la vie. Cependant elle veut tenter une suprême épreuve : elle demande à son mari de rester avec elle le prochain week-end. Il se fait tirer l’oreille, il prétend qu’il a mille bonnes raisons urgentes de s’absenter et puis, tout d’un coup, il sent que la question est sérieuse et il se décide, à contrecœur, à rester.
Le week-end arrivé, il commence au chevet de sa femme une lecture qui le passionne et qui, elle, l’endort. Quand il la voit endormie, il se dit : « Bon, c’est bien, elle n’a plus besoin de moi. » Et il s’en va. La femme entend la porte se fermer. Elle se tue. Elle a compris que cet homme n’était qu’une façade, que toute cette courtoisie, toute cette politesse, toute cette mise en scène recouvraient simplement un cœur absent, égoïste, enfermé en soi et sans communication avec le sien.
C’est devant la mort de sa femme et, après, et sous l’influence de sa mère qui finalement a compris tout le drame, qui le reprend dans sa tendresse, comme un tout-petit, c’est alors qu’il commence à comprendre, qu’il s’ouvre aux vraies valeurs et que son visage exprime autre chose que ce personnage menteur, absent, qui se camoufle pour aller uniquement suivre les inspirations de son égoïsme.
L’évangile d’aujourd’hui, cet évangile de la Transfiguration, nous pose précisément cette question introduite par cette parabole fournie par le roman de Mauriac. Sommes-nous une façade ?
Est-ce que notre visage exprime autre chose qu’un perpétuel camouflage derrière lequel nous déguisons ce que nous sommes ? Est-ce que nous n’apportons pas quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent aux autres ce mensonge vivant d’un visage qui s’accommode pour faire croire qu’il y a une présence, une bonté, une générosité, un dévouement, une amitié ou un amour ? Et, au fond, il n’y a rien, il n’y a rien qu’un formidable égoïsme biologique et animal qui suit sa propre pente et qui s’arrange simplement pour conserver jusqu’à un certain point les formes nécessaires.
Nous sommes du moins tentés de prononcer contre les autres ou contre nous-mêmes un tel réquisitoire, qui est d’ailleurs parfaitement inutile car, justement, ce que l’Évangile d’aujourd’hui nous propose, ce qu’il nous révèle dans cette Transfiguration de Jésus, c’est cette puissance prodigieuse et magnifique d’un corps humain qui peut devenir le visage de l’Éternelle Lumière.

Ta Parole comme une source
Maurice Zundel

M. Zundel Texte complet

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