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1631 Confinement à Tours

A Tours en 1631

Note extraite de Dom Claude Martin, La Vie de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation.
Solesmes, édition originale en 1677 reproduite en 1981, p. 548

La peste éclata à Tours en 1631 et dura jusqu’en 1632. Pour échapper au fléau les communautés de femmes n’avaient guère qu’une ressource se disperser quand elles le pouvaient. L’Abbaye de Beaumont-lez-Tours, -celle même où Marie avait voulu entrer en 1614, - fut alors particulièrement éprouvée.

Plusieurs moniales moururent, d’autres se retirèrent dans leurs familles ou gagnèrent des monastères voisins. L’Abbaye, il est vrai, se trouvait dans la zone la plus infectée, étant à proximité du Sanitas. (Cf. La Chronique de l’Abbaye de Beaumont-lez-Tours, publiée par M. Charles de Grandmaison. Tours, 1877. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, tome XXVI, 1ère partie.) Les Ursulines ne résidaient pas dans une région beaucoup plus favorisée. Une bonne partie de la communauté émigra sur les côteaux du Cher, pour se mettre en sûreté.

Extrait de Marie de l’Incarnation, par Dom OURY
Mémoires de la société archéologique de Touraine, tome LVIII, Tours MCMLXXIII ; p. 192

La peste sévit à Tours à l’été et à l’automne 1631. Dom Claude en parle brièvement : on la connaît avec plus de détails par la chronique de Beaumont. La contagion se déclara en juillet. L’abbesse de Beaumont étant allée à Menetou-sur-Cher, pour y installer une nouvelle prieure dans le monastère dépendant de son abbaye se vit empêchée de revenir " pour les malades contagieuses qui étaient un cours de fièvre chaude pestilentielle dont quantité de personnes les plus notables de la ville … mouraient, entre autres M. le Maire ". [5] Ce furent d’abord des manifestations sporadiques. Puis « la contagion parut tout à fait et grand nombre de personnes en furent frappées ». Les Capucins se dévouèrent au Sanitas, ainsi qu’ils l’avaient fait au cours des précédentes épidémies. Après le début d’octobre la communauté de Beaumont dut se disperser pour deux mois environ mais tout le monde était de retour pour célébrer Noël [6].
La Chronique de l’abbaye ne mentionne pas de mesure générale prise par l’archevêque et autorisant les communautés féminines cloîtrées à chercher asile hors les murs. Les permissions furent donc accordées individuellement sur la demande des supérieures qui jugeaient la mesure nécessaire pour leurs communautés ; de ce fait, le synchronisme de l’exode n’est pas assuré.

Le noviciat des Ursulines paya son tribut à la peste, une jeune novice fut atteinte. On ne jugea pas d’abord bon de l’isoler, car elle était impressionnable ; les autres novices, sans trop connaître la gravité de son mal, continuèrent donc à la visiter et se moquèrent de ses frayeurs « afin de lui en ôter la peur [7] ››. Cette absence de précautions semblerait indiquer que le cas de peste au monastère des Ursulines date des premiers temps de la contagion avant que le mal ne se soit entièrement déclaré et qu’on n’ait pris des mesures draconiennes pour prévenir son expansion. La novice en mourut : « L’on crut (alors), écrit Dom Claude, qu’il était nécessaire de faire changer de lieu quelques religieuses et particulièrement les novices qui étaient plus capables de craindre le danger où toute la communauté était exposée. [8] » La mesure avait une triple utilité : écarter momentanément de la communauté les novices et les religieuses qui avalent soigné la malade, les placer dans les conditions les plus favorables pour éviter d’être atteintes à leur tour, et changer leurs idées car cette mort rapide avait fort impressionné.


[1Chronique de Beaumont-les Tours, p 108 ; le maire était soit François Morin soit Gilles Dupuy, seigneur de Tillon ; la peste de 1631 fut assez généralisée dans l’Ouest.

[2Chronique de Beaumont, p 112-113

[3V p 639

[4V p 548 ; la novice avait été soignée par la Sœur Perrine Le Noir de Sainte-Claire (V p 296-297) ; Dom Claude parle longuement de cette sœur qui fut en rapports intimes avec sa mère (V p 291298). Entrée en 1622, elle devait mourir le 1er Janvier 1652 ; sa pierre tombale est signalée par Buisard (Le monastère des Ursulines de Tours, p 1718)

[5Chronique de Beaumont-les Tours, p 108 ; le maire était soit François Morin soit Gilles Dupuy, seigneur de Tillon ; la peste de 1631 fut assez généralisée dans l’Ouest.

[6Chronique de Beaumont, p 112-113

[7V p 639

[8V p 548 ; la novice avait été soignée par la Sœur Perrine Le Noir de Sainte-Claire (V p 296-297) ; Dom Claude parle longuement de cette sœur qui fut en rapports intimes avec sa mère (V p 291298). Entrée en 1622, elle devait mourir le 1er Janvier 1652 ; sa pierre tombale est signalée par Buisard (Le monastère des Ursulines de Tours, p 1718)

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