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Ecologie et migrations 4

Ursulines au défi de l’écologie et des migrations.
Comment répondre à l’appel JPIC du Chapitre général de 2013
en France-Belgique-Espagne

Intervention de Soeur Laure Blanchon

Le salut offert par Dieu en Jésus Christ

La tradition juive avait au fil des siècles progressivement pris conscience de la promesse de la résurrection des morts faite par Dieu. On en trouve trace en Is 26 et en Dn 12 par exemple. Je vous lis quelques versets :

Is 26,19-21 : « Tes morts revivront, leurs cadavres se lèveront. Ils se réveilleront, crieront de joie, ceux qui demeurent dans la poussière, car ta rosée, Seigneur, est rosée de lumière, et le pays des ombres redonnera la vie. Va, mon peuple, rentre dans tes maisons, ferme sur toi les portes ; cache-toi un court instant, pendant que passe la colère. Car voici le Seigneur qui sort de son lieu saint pour châtier la faute des habitants de la terre ; la terre laissera voir le sang versé et ne recouvrira plus ses victimes. »

Dn 12, 1-3 : « En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci. Mais en ce temps-ci, ton peuple sera délivré, tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre. Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre et la déchéance éternelles. […] Ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais. »

Selon la Torah, à la fin de l’histoire, au « jour de Dieu », tous les morts d’un seul coup se réveilleront pour le jugement définitif de Dieu. Au terme de ce jugement, la résurrection des morts pour la vie éternelle est promise aux seuls « justes ». Aux impies, il était annoncé qu’ « ils se réveilleront pour l’opprobre et la déchéance éternelles » (Dn 12,2). La foi en la résurrection dans l’Ancien Testament était donc la foi en la victoire finale de la justice de Dieu, au terme de l’histoire : la justice de Dieu qui récompense les justes et condamne les injustes.

Un autre trait de l’attente eschatologique, c’est-à-dire de l’attente de la promesse de la fin des temps, dans la tradition juive, est que cette attente concerne la personne toute entière, sa chair, et pas seulement son âme. On peut penser par exemple au psaume 16 :

Ma chair elle-même repose dans l’espérance,
car tu n’abandonneras pas ma vie à l’Hadès,
tu ne laisseras pas ton saint connaître la corruption.

Mais l’annonce par les premiers témoins de la résurrection manifeste une transformation substantielle de la promesse de salut. Quelle transformation introduit donc la résurrection de Jésus et son annonce dans la compréhension du salut ?

La formule « Dieu l’a ressuscité d’entre les morts », que l’on a en Ac 2,32, en Rm 8,11 et dans bien d’autres textes, dit que ce Jésus crucifié et mort est sorti des morts, lui seul, mais que les autres morts ne sont pas encore ressuscités. Il est le premier à ressusciter. Selon la tradition prophétique de l’Ancien Testament, il n’est question nulle part de la résurrection d’un seul, fût-il le messie. La résurrection générale des morts était attendue pour le « jour de Dieu » qui était aussi la fin de l’histoire. Avec la résurrection de Jésus, on passe de ‘la résurrection générale des morts’ à ‘la résurrection d’entre les morts de Jésus Christ qui constitue le commencement de la résurrection générale des morts’. 1 Co 15, 20 le dit : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, prémices parmi ceux qui se sont endormis. ». Cette manière neuve de comprendre la résurrection introduit une attente après la résurrection du « premier-né d’entre les morts » (Col 1,18). La résurrection de Jésus d’entre les morts tend l’histoire vers la pleine réalisation de la promesse, vers la réalisation de la résurrection de tous. La résurrection du Christ constitue le début de la fin de l’histoire. Elle fait commencer la nouvelle création promise par Dieu. Elle inaugure l’accomplissement du salut et la victoire définitive sur toutes les formes de mort.

La résurrection telle qu’elle était espérée dans la tradition prophétique était une attente de la victoire de la justice de Dieu. Quelle couleur cette victoire de la justice de Dieu prend-elle avec la résurrection de Jésus ?

En ressuscitant Jésus d’entre les morts, Dieu accomplit sa justice : il atteste que Jésus était un juste, que sa parole et son agir étaient des témoignages véridiques sur Dieu, qu’il a dit vrai en faisant voir que Dieu fait miséricorde aux pécheurs et se plait à partager leur table, que Dieu est proche et solidaire des plus pauvres, rejetés par la société et condamnés par les chefs religieux. Dieu, en le ressuscitant en premier, proclame que Jésus de Nazareth est bien le messie de justice et de paix envoyé par Dieu, le messager du « temps de grâce offert par le Seigneur » (Is 61 repris par Lc 4).
Sa résurrection transforme la représentation de Dieu que portait la tradition juive. Elle manifeste que Dieu est miséricorde et que sa miséricorde se dévoile être justice justifiante pour tous, et non pas justice rétributive selon l’agir de chacun. Il est le Dieu qui appelle à l’être ce qui n’existe pas, le Dieu qui rend juste les injustes et les pécheurs, le Dieu qui donne la vie à ceux qui sont morts.

La résurrection de Jésus d’entre les morts annonce de manière forte que le jugement final n’est pas un jugement à l’issue incertaine pour les hommes, mais qu’il est une « joyeuse espérance » de la victoire finale de Dieu qui fait miséricorde et donne la vie. Ce qui est annoncé en Jésus, c’est la résurrection offerte à tous dans la gloire éternelle de Dieu, c’est le partage de sa vie éternelle.
Comme la tradition juive l’avait peu à peu découvert, la résurrection concerne la chair, mais avec la résurrection de Jésus, cela va prendre une extension jamais entrevue : la résurrection, à travers la résurrection du Christ dans la chair, est promise à tous les êtres humains et plus largement encore à toute chair créée. C’est tout le cosmos qui est entraîné dans le sillage du « premier-né de toute la création », selon l’expression de Col 1,15. Pour expliciter le mystère de la résurrection, Paul va trouver dans la création des traces de ce mystère et s’appuyer sur elle pour expliquer ce qui advient au corps dans l’expérience de la résurrection. On peut penser par exemple à 1 Co 15,35-53 : pour dire le passage d’un corps terrestre à un corps spirituel, Paul recourt à l’image de la graine qui, en mourant, devient semence et fait surgir une plante.

On voit donc que la résurrection de Jésus donne une ampleur neuve à ce mystère de la résurrection offerte par Dieu à l’homme, et plus largement, à toute la création. Paul a cherché à expliciter les différentes dimensions que prenait le salut offert par Dieu dans la personne de Jésus, mort et ressuscité.

Suivons ce qu’il nous fait découvrir au fil de ses écrits. Je m’arrête à quatre aspects.

I – Le salut offert en Jésus Christ est justification, justice justifiante de Dieu.

Le salut offert par Dieu en Jésus Christ

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