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Ursulines, de la Loire au Rhin

1. À TOURS « Une visite pas comme les autres »
Cette visite est relatée dans le Bulletin Inter-Ursulines U.R. de Mai 2014 et dans Une visite pas comme les autres

2. À COLOGNE

« Heureuses Retrouvailles dans la Ville de Sainte Ursule »

 


Après plusieurs visites de nos Sœurs Allemandes à la Communauté de Tours, et sous la forte impulsion de Sœur Brigitte Werr et de Sœur Marie-Pia Huwyler, quatre Sœurs de notre Communauté se sont mises en route à leur tour pour visiter nos Sœurs, le mardi de la Pentecôte 2013.

 


Notre voyage et ses nombreuses et émouvantes rencontres avaient été soigneusement préparés par l’équipe–pilote. Depuis l’accueil du premier jour au Centre Saint Pantaléon (Cologne) jusqu’à la visite de Trêves, les Sœurs nous ont ménagé des moments qui ont rempli nos cœurs d’une joie profonde : celle d’appartenir en réalité à la grande famille des Ursulines dont les branches se sont multipliées dans le monde, souvent dans la difficulté, la pauvreté ou la désappropriation, toujours avec au cœur ce feu qui a nourri leur Fondatrice et la Patronne qu’elle a choisie pour sa Compagnie.
Nous voici, au soir du 21 Mai 2013, accueillies par l’équipe-pilote au couvent St Pantaléon après une bonne journée de voiture.
Sr. Genoveva, Sr. Colette, Sr. Lucia, Sr. Cornelia,
Sr. M-Pia, Sr. Anne-Marie, Sr. M-Bénédicte et
Sr. Brigitte (photographe)

Le programme était tellement bien préparé qu’il est difficile de parler de tous les points forts de notre vie ensemble.

Chaque matin après des Laudes bilingues, priées et chantées dans la chapelle du Centre Saint Pantaléon, un copieux petit déjeuner
allemand refaisait nos forces avant de nous lancer sur le chemin de notre pèlerinage

Journée du 22 Mai 2013

Nous nous dirigeons le cœur rempli d’une joyeuse attente vers

LA BASILIQUE DE SAINTE URSULE

en vue d’une double découverte, celle de l’église et celle de nos Sœurs de Cologne et des alentours.
L’église vouée à Sainte Ursule, l’une des douze anciennes églises et basiliques romanes de Cologne, fut construite à la périphérie d’un cimetière romano-chrétien, où eut lieu, selon la tradition, le massacre des vierges de Cologne au 4e siècle.
Plus nous nous rapprochons de notre but, plus l’attirance se fait sentir. « Regardez sa tour coiffée d’une couronne en souvenir du martyre de Sainte Ursule ! et ici, dans la cour d’un jardin d’enfants, deux représentations de Sainte Ursule ! » peintes par ou pour les enfants !
Passant le portail roman, nous admirons sur la porte de bronze les médaillons modernes de la légende de notre Sainte, puis du narthex notre regard s’ouvre, à travers la grille de fer encore fermée, sur l’intérieur de l’église. En attendant nous nous dirigeons vers une exposition bien documentée qui nous introduit à l’évolution historique de ce haut-lieu imprégné de foi.
Et déjà la première Sœur de la communauté de Cologne s’approche de nous :
« Bonjour, mes Sœurs ! – Bonjour, Soeur Theodora ! »
Rencontre émouvante … la première !
Puis notre excellent guide Jérémie, engagé exprès pour nous, s’approche à son tour. Il nous salue en très bon français, et nous entraîne tout content dans l’église.
Que de trésors à découvrir, difficiles à décrire en peu de lignes !
D’abord cette vue sur le chœur gothique du 13e siècle très élevé qui fait l’effet d’un immense reliquaire lumineux de verre. Ses onze vitraux sont une référence directe à Sainte Ursule et ses compagnes. Il n’existe aucun fait vérifiable démontrant que les compagnes était onze ou onze mille. Les gens de l’époque avaient vraisemblablement mal interprété la numérotation romaine trouvée près des innombrables ossements découverts lors des travaux au 10e,11e,12e siècle. En effet, on pouvait lire XIMV, ce qui signifie plutôt Onze Martyres Vierges.
Notre visite commence sur la droite du chœur près de l’inscription latine dite de « Clematius », gravée sur une pierre qui peut être datée entre 350 et 450. On y lit qu’un certain sénateur Clematius était venu de l’est de l’Empire, en vertu d’un vœu, relever la basilique en l’honneur des vierges martyres, avec sa fortune personnelle. C’est le plus ancien témoignage de l’existence d’un « culte de vierges » à Cologne, bien qu’il ne soit pas encore associé au nom d’Ursule. Celui-ci apparut seulement pour la première fois au 10e siècle.
Suit l’explication des 30 scènes peintes sur 24 tableaux en bois du 15e siècle, appelé le grand « Cycle Sainte Ursule » en raison de la plus large et la plus populaire représentation de la légende, car il en existe d’autres.
Le rayonnement du culte de Sainte Ursule fut tellement considérable qu’il s’étendait à toute la chrétienté occidentale : une vénération qui renforça par la suite la vente d’ossements. On ne savait pas lire au Moyen-Age, mais on touchait les reliques : signe sensible qui exprime la communion du ciel et de la terre en Jésus-Christ, d’où les célèbres « bustes-reliquaires » très typiques, fabriquées à Cologne entre le 13e et 18e siècle.


Pendant que nous suivons les explications passionnantes de Jérémie, d’autres Ursulines de la Fédération de Langue Allemande nous rejoignent peu à peu discrètement.
Sur l’autel nous découvrons les deux belles châsses-reliquaires d’Ursule et de son fiancé Aetherius, et une autre allusion à Sainte Ursule et ses compagnes : les onze statuettes du bas-relief ainsi que les beaux bustes que l’on trouve également sur les tribunes autour de la nef centrale.
Et voici la fameuse « Salle d’Or » de style baroque, d’une particularité unique en Europe, installée en 1643 pour abriter les nombreuses reliques de Sainte Ursule et de ses compagnes. Ici on se trouve comme environnés de martyres.
Au-dessus des bustes-reliquaires, les murs sont tapissés d’innombrables ossements trouvés jadis lors des excavations, utilisés comme des pierres de mosaïque pour la création de motifs, ornements, inscriptions et symboles :

 

 

 


"S. Ursula pro nobis ora” - “Jesus Corona Martirum” “S. Etheri ora pro nobis”

 


Nous pourrions encore mentionner bien d’autres grandes et belles réalisations que nous découvrons peu à peu : architecture, vitraux, statues et autres œuvres d’art, comme cette belle Sainte Ursule qui est représentée souvent avec un grand manteau parce qu’elle est patronne protectrice de la ville de Cologne.
Sainte Ursule et les « Nouveaux Martyrs »
Pour terminer, une visite dans une chapelle latérale bien émouvante :
l’an 2003, l’idée s’était développée d’édifier dans l’église une chapelle mémoire moderne pour les martyrs du 20e siècle, en pensant d’abord surtout aux victimes du national-socialisme et du communisme. Il fallait donc aujourd’hui comme une seconde « Salle d’Or » en contrepoint.
Celle-ci ne contient ni reliques, ni ossements – perdus pour la plupart - mais des noms, dates et citations de martyrs d’aujourd’hui, inscrits sur toile, bien visibles à l’intérieur d’un endroit lumineux.
Ceci pour nous faire atteindre, en notre temps, une prise de conscience similaire à celle à laquelle on parvenait, il y a des siècles, par l’intermédiaire des reliques et la manière de les présenter.
On se rappelle que Jean-Paul II avait voulu que l’on se souvienne des « nouveaux martyrs » pendant le Grand Jubilé de l’an 2000, au cours d’une rencontre œcuménique au Colisée.
Pour entretenir cette mémoire des « nouveaux martyrs » témoins de la foi, lors des JMJ de Cologne en 2005, la communauté Sant’Egidio s’était vue confier l’église Sainte Ursule comme lieu officiel des rencontres de prière quotidienne et de témoignages sur les nouveaux martyrs des divers continents.
Aujourd’hui comme par le passé, quand nous nous recueillons en de tels lieux, nous sommes mis en contact avec leur foi victorieuse, ils deviennent pour nous appel et encouragement. L’église de Sainte Ursule a permis cela pour des jeunes du monde entier.
La visite terminée avec Jérémie, il nous reste juste le temps de nous présenter enfin les unes aux autres avant que retentisse l’orgue et que nos voix s’unissent pour chanter « Laudate omnes gentes ».
Le mot d’accueil par Sr Brigitte Werr nous a trop touchées pour ne pas être donné ici en son entier :
Mes chères Sœurs de Tours et d’Allemagne, cher Père,

Ceci est un moment historique et ce m’est un grand honneur de pouvoir vous saluer ici et aujourd’hui.

Nous, les Ursulines d’Allemagne, nous nous réjouissons du fond du cœur
de ce que vous soyez venues de Tours à Cologne, pour rendre hommage à Sainte Ursule.
Sainte Ursule comme femme en chair et en os, qui a porté ce nom, nous ne pouvons pas vous la présenter ;
elle ne se laisse pas justifier historiquement.
Seule une multitude de crânes humains et des os de toute sorte a été trouvée ici. On leur a donné des noms.
Mais qui étaient-elles ? Et qui les a assassinées ? Des questions ouvertes jusqu’à nos jours.
L’inscription célèbre de Clematius ne peut nous aider davantage.

Mais nous avons une légende du 3e ou du 4e siècle après Jésus-Christ.
Chaque légende a quelque chose de vrai.
Elle nous parle d’une femme courageuse qui s’appelle Ursule : fille de roi britannique et chrétienne.
Nous connaissons cette histoire : Ursule délivre son père d’une situation,
que nos politiciens auraient nommée sans alternative.
Elle résout ce conflit aussi élégamment, que seule, une femme peut l’imaginer en proposant un troisième chemin. Au lieu de miser sur la victoire ou la défaite, elle mise sur un temps de réflexion et des actions courageuses.

Ursule est une guide-née qui dit à ses compagnes :
« Tout en sachant que nous ne sommes que des femmes, nous allons réussir ! »
Elle aurait guidé onze mille jeunes femmes.
Dans quel but ? Pour une aventure incroyable : un aller-retour à Rome presque complet.
Car le voyage se termine à Cologne à l’improviste, bien qu’il ait été prédit par un ange.

Ursule a joué le tout pour le tout :
S’il s’agit d’être chrétienne, alors soyons-le à fond, même au prix de la vie.
Ursule et ses onze mille compagnes seraient probablement le plus grand nombre de martyres
mises à mort d’un seul coup.
Ce n’est pas sans raison que l’Église vénère Sainte Ursule comme patronne de la jeunesse.

Je peux raconter cette histoire encore une fois, un peu différemment :
Une admiratrice ardente de Sainte Ursule a pris conscience que des jeunes femmes n’ont d’autre choix pour leur vie que le mari ou le cloître, le mariage ou le monastère.
Elle invente une troisième voie : une vie célibataire dans le monde.
Cette admiratrice s’appelle Angèle Merici.

Il n’y eut pas onze mille, mais seulement 28 femmes qui se sont associées ce 25 novembre 1535 à Brescia
dans la Compagnie de Sainte Ursule. Cinq ans plus tard, elles étaient déjà 150.

Au cours des siècles la petite communauté du début est devenue un grand arbre.
Elle s’est répandue sur tous les continents.
Il est vrai que toutes les branches ne portent pas les mêmes fleurs et fruits.
Mais le nombre de onze mille est atteint depuis longtemps.

Nous aussi, nous appartenons à ce grand ensemble.
Est-il alors important que nous appartenions à la branche puissante de l’Union Romaine ou
que nous poussions sur la petite branche de la Fédération des Ursulines de Langue Allemande ?
Toutes, nous sommes des compagnes de Sainte Ursule et des filles de Sainte Angèle.
Nous sommes fières de pouvoir le célébrer maintenant ensemble au cours d’une Eucharistie,
qui veut dire action de grâce, ici, dans l’église Sainte Ursule à Cologne


-  L’Eucharistie est célébrée dans nos deux langues, grâce au Père Alain originaire du Nigeria. Nous la vivons dans le sillage direct de la Pentecôte, fêtée il y a deux jours. C’est bien l’Esprit Saint qui nous réunit ici aujourd’hui, Lui, sans qui nous ne pouvons rien faire.
Pour terminer, une photo souvenir avant de nous retrouver pour le repas de midi servi dans le restaurant tout proche. L’ambiance « colonaise » est très fraternelle et chacune apprécie le repas national rhénan avec le Kölsch, à ne pas confondre surtout avec la Bière !

 


Sur le chemin vers la Cathédrale nous rencontrons Edith Stein,
Juive convertie qui vivait au Carmel à Cologne, avant de devoir fuir au Carmel d’Echt en Hollande.
Nous nous arrêtons devant le monument érigé en sa mémoire situé à mi-chemin entre deux vénérables églises de martyrs. Dans l’une d’entre elles sont vénérées les reliques des martyrs de la Légion Tibétaine, dans l’autre celles de Sainte Ursule.

 

Le mémorial en bronze montre Edith durant les trois phases de sa vie : assise comme jeune fille avec l’étoile de David, debout comme jeune philosophe en recherche avec une personnalité coupée en deux, puis comme carmélite avec le Crucifié dans ses mains.
Sur le socle du monument on voit les deux tables de la Loi, des empreintes de pieds symbolisant le chemin qui conduisait les juifs aux chambres à gaz et un tas de souliers qui évoque leur assassinat.

 


LA CATHÉDRALE

Fascinant symbole de la métropole sur le Rhin, est le plus vaste édifice gothique d’Europe, expression de son singulier patrimoine culturel et religieux. Aucune autre ville au nord des Alpes ne compte autant de Saints et de Martyrs que celle-ci, appelée à juste titre « la Rome du Nord ».
Une première église fut construite à l’emplacement de l’actuelle cathédrale aux environs de 313, continuellement agrandie et embellie.
En 1164, elle reçut les reliques des Rois Mages, apportées de Milan, don fait par Frédéric Barberousse, l’Empereur du St Empire. Depuis, les pèlerins affluent et Cologne est devenue l’un des lieux de pèlerinage les plus important de l’Occident chrétien.

Le Chapitre de la Cathédrale avait fait réaliser une châsse pour honorer les Rois Mages, magnifique écrin orné de nombreuses pierres précieuses, gemmes et camés, qui devient le point d’attraction de la cathédrale.

Ursulines, nous sommes attirées surtout par le célèbre retable (1440 par Stephan Lochner)
Retable des Saints Patrons de la ville de Cologne :
les Rois Mages,
Sainte Ursule et ses compagnes (à gauche)
St Gereon et sa légion tibétaine (à droite) tous martyrisés sur le sol de Cologne au 4e siècle.
Mentionnons encore la belle Sainte Ursule de 2.34 m de haut, sculpture en bois du 16e siècle, placée sur un pilier, pour la vénération des fidèles.
Il faudrait parler encore de tant d’autres œuvres d’art de ce splendide
édifice qui témoigne de la densité historique de la foi des pèlerins
à travers les siècles.
Nous aurions pu continuer à visiter de nombreux lieux dans la ville,
mais notre choix était différent, plus important à nos yeux,
celui de rencontrer nos Sœurs de la Fédération pour faire connaissance.
Pour la soirée de cette première journée, des associées de la communauté ursuline de Hersel (Angelakreis c’est-à-dire Cercle Sainte Angèle), s’étaient annoncées.

Grâce à l’entretien devenu rapidement très vivant, la fatigue de la journée s’est vite dissipée ; nous parlons de ce groupe « Angelakreis », de la spiritualité de Sainte Angèle et de la manière de la vivre dans la situation actuelle. Des questions sur l’Union Romaine et sur l’histoire de la Fédération nous attendaient également.

23 Mai 2013 Objectif de la seconde journée :

La rencontre avec les deux communautés Ursulines qui vivent à Cologne aujourd’hui.

D’abord, ce furent les Sœurs de la Congrégation de DÜSSELDORF qui vivent dans la maison de retraite des « Trois Rois Mages », administrée par une association créée par les Cellitinnen de Ste Marie en 2002, sous tutelle de laïcs, qui administre 10 cliniques, 18 maisons de retraite et autres Centres du domaine de la santé, en tout 40 établissements avec 6300 collaborateurs, dans les environs de Cologne, de Bonn et de la Rhénanie du Nord. Nos sœurs y occupent un secteur qui leur est dédié.
Sr Colette, en tant qu’ancienne Prieure générale de l’Union Romaine, éprouve un intérêt tout particulier à rencontrer Sr Maria Gerhard, dont l’œuvre à Pedro Segundo au Brésil a été reprise par l’Union Romaine. Arrivées récemment à Cologne, nos Sœurs de Düsseldorf, « les nouvelles colonaises », comme on les appelle volontiers, nous font visiter avec fierté leur nouveau cadre de vie dans cette belle maison ; une dame membre de la direction de l’établisse-ment tient également à nous recevoir. Soeur Ursula Klautky, Prieure de la communauté, nous réunit ensuite toutes ensembles dans un restaurant où nous continuons à faire connaissance avec grande joie.

L’après-midi, Sr Mechtild, Sr Dorothea et Sr Theodora de la Communauté primitive de COLOGNE, nous reçoivent avec une grande cordialité pour café et gâteau fait maison. Surprise ! A la place de chacune, nous attend la copie d’une petite gravure sur cuivre qui mérite une attention particulière, parce qu’elle rappelle fortement deux gravures allemandes du Généralat UR, sur lesquelles Sr Colette poursuit des recherches depuis un certain temps. (Voir Bulletin Mai – Août 2012) Une nouvelle piste ? Une gravure étonnante en tout cas, du milieu du 18e siècle, qui relie d’une façon intéressante deux évènements de l’Histoire de l’Ordre des Ursulines : elle fait référence à l’année 1639 où Sr Augustina de Heers entreprit la première implantation des Ursulines en Allemagne à Cologne et où Marie de l’Incarnation partit de Tours pour la première fondation au Canada.

Ce soir, après une rencontre cordiale avec la directrice de l’école Ste Ursule, le Père Schäckel, frère de Soeur Lucia, célèbre une Eucharistie en anglais, dans l’ancienne église des Ursulines qui est restée l’église de l’école.
Le mot d’accueil de Soeur Lucia Schäckel nous fait mieux comprendre alors ce lieu historique qui nous réunit.
« Restez sur la voie ancienne … et menez une vie nouvelle. » Cette citation de Sainte Angèle va nous introduire maintenant à la célébration eucharistique. Nous nous trouvons à l’endroit où les premières Ursulines d’Allemagne avaient bâti leur maison.
Qu’est-ce qui a conduit Sr Anna Maria Augusta von Heers et Sr Alexis Jonghen à quitter le couvent de Liège (Lüttich) en 1639 – l’année même où Sr Marie de l’Incarnation est partie au Canada – pour aller en Allemagne, pays très meurtri par la Guerre de 30 ans ?
Les chroniques du couvent de Cologne font état de deux raisons : elles voulaient aller « faire oeuvre d’éducation et de religion » dans une Allemagne en pleine Guerre de trente ans et économiquement ruinée. Elles désiraient aussi, parce qu’Angèle avait mis ses compagnes sous la protection de Ste Ursule, fonder un couvent au lieu même du martyre de la patronne de l’Ordre. Elles quittèrent la sécurité de leur couvent de Liège, afin de fortifier « l’ancienne voie de la foi » durant les troubles de la guerre. Elles vivaient « une vie nouvelle » en pleine insécurité. Elles vécurent onze ans à Cologne sans droit de résidence et devaient faire renouveler leur permis de séjour tous les trois mois. Durant tout ce temps, elles n’avaient pas le droit d’acquérir un terrain pour bâtir ; installer une clôture leur était interdit et elles ne pouvaient pas recevoir de novices.
En 1671 seulement, elles purent acquérir une vigne dans la rue des Maccabées, endroit présumé du martyre de Ste Ursule et de ses compagnes. Les constructions du couvent commencèrent à partir de 1673. L’église où nous nous trouvons en ce moment fut consacrée en 1712, à la fin des travaux.

Après cette heureuse rencontre dans la prière, un délicieux repas nous réunit encore une fois dans l’appartement de nos Sœurs.

24 Mai 2013 En ce 3e jour, nous élargissons le cercle de notre randonnée :
Les communautés de HERSEL et de DÜREN
nous avaient fait également l’honneur d’une invitation.

À HERSEL, nos Sœurs nous reçoivent dans la maison de retraite « Saine Angèle », construite en 2008 sur leur terrain en lien avec la fondation de la Congrégation des Cellitinnen de Sainte Marie. Impliquées dans les pourparlers des constructions, plans et programmes, nos Sœurs ont pu y apporter plusieurs trésors de leur ancien couvent. La conception de la maison est vraiment belle. Et qui pourrait être indifférent à la vue magnifique sur le Rhin !
Ici, tout près de leur ancienne école, les Sœurs se sentent vraiment chez elles et bien intégrées par leur engagement pastoral auprès des résidents. Grâce à leurs initiatives s’est développée aussi une étroite coopération entre la maison et l’école dont la tutelle était passée à l’archidiocèse de Cologne en 2001.
Comme chez nos Sœurs de Düsseldorf nous avons pu sentir quelque chose de la grande cordialité qui y règne. La directrice laïque de son côté a tenu à nous recevoir et nous a donné largement son temps.

À DÜREN nous attendent Sœur Irmgardis, Sœur Genoveva et Sœur Birgitta pour le café. Nous n’oublierons pas la visite de leur église paroissiale, un des lieux de leur activité pastorale, avec un célèbre reliquaire de Sainte Anne qui attire des pèlerins depuis 1501.
Cette fois c’est à la petite chapelle de l’appartement de nos Sœurs que nous célébrons non sans émotion l’Eucharistie en allemand-français. Après un souper joyeux et très fraternel, Sœur Genoveva nous présente une série de livres anciens du 17e siècle qu’elle a « sauvés » lorsque les Sœurs ont dû quitter leur couvent en 2000, parmi lesquels nous avons la surprise de voir la Règle de Liège en français de 1680.

De retour à Saint PANTALEON, les cœurs débordant de joie, comme les autres soirées, nous nous retrouvons un bon moment ensemble pour cueillir le bouquet de nos découvertes et rencontres vécues au cours de la journée. Nous avons vraiment de quoi rendre grâce ensemble. Ces liens fraternels ont été pour toutes une merveilleuse expérience.

SAINTE URSULE nous a accueillies comme une personnalité vivante, dans la légende, dans les œuvres littéraires et artistiques, d’une beauté rayonnante, d’une grande vertu ; sagesse et grâce sont réunies dans son être. Elle provient d’une descendance noble, elle est audacieuse et persévérante, sait convaincre et guider : elle porte en même temps les traits d’une mère et d’une maîtresse, sait encourager les autres, les aide et n’a pas peur même de la mort. Cette figure s’est développée au cours de nombreux siècles. Beaucoup de pays, d’époques et de personnes, théologiens, historiens, artistes ont contribué à cette image et rendu possible de la porter à sa perfection. Ce qui peut être documenté sur la personnalité de Sainte Ursule se réduit à un minimum et pourtant sa figure reste en fin de compte impressionnante, si, dans la légende, on prend en compte les développements et les nombreux fruits de piété qui en découlent. Ursule n’est pas une fiction, son image est nourrie d’attentes et d’expériences humaines. Elle ne peut pas être connue grâce à des pièces d’archives, et pourtant elle apparaît comme une personne vivante en chair et en os avec tout ce qui la caractérise. C’est pourquoi Sainte Angèle s’est reconnue en elle ainsi que ses écrits nous le révèlent. Elle marche pour ainsi dire dans les pas de Sainte Ursule et de ses compagnes ; nous-mêmes poursuivons notre chemin à la suite de Sainte Angèle sous la protection de Sainte Ursule.

La vénération considérable vouée à Sainte Ursule s’exprime par les onze flammes, ou gouttes de sang, qui ornent toujours le blason de la ville de Cologne.
Les trois couronnes symbolisent, elles, les Rois Mages.

 

 

25 Mai 2013

Nous quittons Cologne et la Fédération de Langue Allemande
pour visiter nos Sœurs de la Congrégation de Calvarienberg
et la bienheureuse Sœur Blandine Merten.


 

Nous remontons le Rhin vers le sud, en direction d’AHRWEILER.
La vallée de l’Ahr est connue pour son excellent vin rouge.
Le Mont Calvaire émerge, au loin, au milieu des vignes.

Le Calvarienberg de Ahrweiler avec ses 14 stations du chemin de croix style baroque (1732) est enregistré dans l’atlas européen parmi les « Sacri Monti » au même titre que Varallo, en Italie.
À ses pieds se situe la petite ville pittoresque d’Ahrweiler, dont l’enceinte du Moyen-Âge avec ses quatre portes et les magnifiques maisons à colombage nous frappent tout particulièrement.
Nous montons ensuite en voiture au Mont Calvaire, Maison Mère de nos Sœurs, où nous sommes accueillies cordialement. À table, nous pouvons nous entretenir assez facilement grâce à plusieurs Sœurs qui parlent français. Après la visite rapide des deux grandes écoles et de l’Internat, nous reprenons la route pour notre objectif principal : nous rendre à TRÈVES où se trouve la châsse de la bienheureuse SŒUR BLANDINE MERTEN.

Nous sommes encore dans l’année jubilaire des 25 ans de sa béatification. C’est la raison pour laquelle nous avons prolongé notre voyage en passant par Trèves. L’idée avait germé lorsque Soeur Marie-Pia était allée faire sa retraite avec les Ursulines à Calvarienberg, quelques mois plus tôt.
Soeur Blandine, née le 10 juillet 1883, est morte à 35 ans.

Elle n’a jamais fait quelque chose hors du commun, mais ce qu’elle faisait, elle l’accomplissait extra-ordinairement bien. Enseignante et éducatrice, religieuse éprouvée dans sa santé, elle continue d’éveiller la confiance, l’espérance et le courage en tous ceux qui se tournent vers elle.

Savez-vous que c’est la voix du peuple qui a demandé sa béatification ? Et qu’actuellement la responsable des archives a besoin de cinq personnes pour l’aider à recevoir les appels et répondre au courrier qui arrive, qu’une circulaire est envoyée quatre fois par an à plus de 31 mille personnes de 51 nations qui honorent Soeur Blandine ?

Chaque année, le 18 mai, la ville de Trèves fête Soeur Blandine, au jour anniversaire de sa mort. Plusieurs célébrations ont lieu en son honneur, auxquelles participent de nombreux pèlerins.

Soeur Gisela Büsgen et Soeur Maria Agnes Jünker avaient déjà rejoint Trèves pour ces préparatifs ; elles nous reçoivent donc à la maison de Blandine Merten, dans l’après-midi : belle et cordiale rencontre.

Sœur Blandine a dû avoir une grande joie de nous voir ainsi réunies autour de sa châsse.

Les Ursulines du couvent de Trèves nous attendent ensuite pour le repas du soir. Nous restons chez elles pendant deux jours.

Le 26 Mai nous participons au milieu de nombreux pèlerins à la Messe Solennelle à l’église St Paulin, une des églises du plus pur baroque d’Allemagne, tout près de la chapelle de Soeur Blandine. Nous qui venons de France, nous sommes saluées tout particulièrement.

Dans l’après-midi, Sr Maria Agnès nous fait visiter les beaux monuments touristiques de Trèves, la ville la plus ancienne d’Allemagne et dont la fondation remonte au temps des Romains. L’empereur Constantin régnait jadis sur son empire à partir de Trèves. Le plus beau témoin en est l’immense basilique demeurée totalement intacte à travers les siècles.
La ville de Trêves nous ramène doucement vers la France !

En cette époque où en Europe occidentale les vocations se font rares, il nous était bon de rencontrer des témoins de la foi dont la vie ne manqua pas d’épreuves et qui surent, contre vents et marées, tenir le cap. Nous avons été admiratives de la manière dont chacune de vous, chères Sœurs d’Allemagne, nous avez reçues avec tant d’amour, de délicatesse et par les multiples attentions dont nous avons été l’objet : en effet, à travers vous, nous avons découvert vos sources, vos combats, votre apostolat et aussi les souffrances historiques que vous avez traversées avec tant de courage et, bien sûr, votre vénération pour Sainte Ursule qui a pris désormais un singulier relief pour nous.
Nous aimerions aussi souligner l’amour sensible dans la manière de donner à vos Sœurs aînées de si beaux lieux de vie, ainsi que le sacrifice de quitter les Ecoles que vous avez fondées avec beaucoup de labeur. Vous nous avez fait goûter la vie Allemande avec toutes les beautés et les richesses de votre pays. Que d’images restent gravées dans notre esprit et notre cœur !
Ce voyage fut un moment unique et très fort pour nous. Il nous relie dans l’invisible, à travers le quotidien de nos vies. Ce moment exceptionnel reste gravé dans nos mémoires et monte en action de grâce vers Dieu, notre Seigneur.
Que notre prière, pour vous et toutes les sœurs qui vous sont proches, vous exprime notre reconnaissance et notre amour fraternel, à vous qui avez été les artisans de ces belles rencontres.
Merci de tout cœur.

Juin 2014

De la Loire au Rhin...

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