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Tradition éducative

La transmission d’une tradition éducative :
Réponses d’hier, réponses d’aujourd’hui, questions.

Témoignage de Sœur Brigitte Monnier, Ursuline de l’Union Romaine, déléguée de tutelle. Session URCEC (Union des Réseaux Congréganistes de l’Enseignement Catholique) Formation à la Tutelle le 15 mai 2008.

Les réponses d’hier
Dès les origines en 1535, l’adhésion à l’esprit fondateur n’était pas réservée aux seuls membres de la Compagnie de Ste Ursule. Cette fondation par Angèle Merici est celle d’une « Compagnie de vierges » qui vivaient leur vocation et consécration « d’épouses du Christ » en restant dans le monde, dans leur famille, dans leur milieu de travail (servantes, gouvernantes, dames de compagnie, …) Angèle a des relations amicales avec beaucoup de gens de tout rang et de toute condition en Italie du Nord en pleine Renaissance. De plus, elle a voulu pour sa Compagnie des structures de gouvernement collégiales : outre quelques “vierges”, membres de la Compagnie, qui sont les guides et les formatrices de leurs sœurs dans la vie spirituelle, il se compose :

  • de “matrones”, non membres de la Compagnie, généralement veuves, appartenant à des familles aisées, qui devaient prendre soin du bien corporel et spirituel de « leurs filles » en assurant une charge administrative et un rôle de représentation sociale
  • et de plusieurs hommes, mandataires et conseillers, chargés de défendre les intérêts de la Compagnie pour les affaires externes ou juridiques.

A sa mort en 1540, Angèle laisse trois écrits.
La Règle adressée aux membres de la Compagnie mais aussi à tous ceux qui voudraient s’en inspirer même partiellement pour leur vie chrétienne.
Les Avis adressés aux colonelles pour la formation et la conduite de leurs sœurs et enfin le Testament, destiné aux “matrones”, dans lequel elle donne à ces laïques des directives précises et transmet l’esprit qui l’anime.

En quittant ce monde Angèle laisse ce message : « Si Dieu a planté cette Compagnie, qui pourra la déraciner… ? » et « Persévérez avec allégresse dans l’œuvre entreprise » mais aussi elle écrit : « Si selon les temps et les besoins,il y avait de nouvelles dispositions à prendre ou quelque chose à modifier, faites le avec prudence et bon conseil » Persévérance, confiance et adaptation sont donc précisées dès les origines comme des attitudes fondamentales à garder dans la transmission de la grâce de fondation.

Témoins de l’Évangile par la parole et l’exemple, les filles d’Angèle traversent l’histoire avec des adaptations successives.

  • Angèle n’a pas créé d’écoles, ne s’est pas investie directement dans l’instruction, n’a pas fondé d’institutions scolaires ou éducatives mas elle a donné une véritable formation spirituelle et humaine à ses Compagnes, « filles et sœurs ».
  • 1560 : Les membres de la Compagnie se voient confier l’instruction chrétienne des petites filles. Certaines se regroupent pour vivre et enseigner ensemble.
  • 1594 : La Compagnie s’établit en France, cela se fait non par des personnes mais par le texte de la Règle transmis à des évêques (souvent par St Charles Borromée).
    On a donc une transmission par un texte adapté à la fois au désir de jeunes femmes voulant vivre une consécration radicale dans le monde au service de l’Eglise et au souhait de l’institution ecclésiale (évêques…clergé) qui cherche un cadre, pour donner à ces femmes un statut et une mission dans l’Eglise. A l’enseignement de la « Doctrine Chrétienne » s’adjoignent la lecture, l’écriture et le calcul.
  • 1612 : Dans le mouvement de Renouveau qui a suivi le Concile de Trente, fondation de l’Ordre de Sainte Ursule : Les filles d’Angèle adoptent alors la vie monastique qui les séduit par la radicalité de la consécration au Christ (il y aura de grandes mystiques !) et elles gardent leur mission auprès des filles et des femmes de la société. (qui fera parfois l’objet d’un quatrième vœu !) Ouverture de pensionnats et classes gratuites pour les externes. Avec une ratio studiorum qui s’apparente à celle des jésuites mais qui a des particularités inspirées des Avis d’Angèle qui sont joints aux règlements appliqués par les ursulines « maîtresses » des élèves. Les trois objectifs du projet EC sont déjà présents mais dans l’ordre inverse : Évangéliser, éduquer, instruire. Nourrir et développer la grâce baptismale, préparer aux tâches d’épouses et de mères chrétiennes, valoriser et encourager le rôle social de la femme en lui donnant accès à la pensée et à la culture du temps.
  • 1639 : Marie de l’Incarnation inaugure l’aventure missionnaire vers le Nouveau Monde.
  • A la révolution, 300 monastères en France. C’est alors l’exil, le martyre ou la clandestinité. Le grain tombe en terre en attente de germination !…C’est une autre forme de transmission…évangélique… qui a été vécue depuis, plusieurs fois dans notre histoire et en plusieurs lieux (Europe Centrale, Amérique latine…)
  • Certaines communautés et écoles se relèvent au début du XIXème siècle. Ce qui est restauré c’est la vie communautaire au service de l’éducation. C’est cette tradition qui est à l’origine de l’autorisation d’enseigner donnée par Napoléon.

Les monastères sont autonomes mais ce que nous appellerions aujourd’hui « un réseau » existe et se manifeste à l’occasion de la canonisation d’Angèle Merici en 1807, pour l’érection de sa statue à la basilique St Pierre à Rome à la fin du siècle mais aussi dans la rédaction de circulaires notamment sur des questions pédagogiques. La formation et l’échange d’expériences deviennent des lieux de transmission qui s’étendent non seulement aux religieuses des monastères mais aussi aux anciennes élèves, aux amis des ursulines, et à ce qu’on appelle alors la confrérie de Sainte Angèle. Un véritable esprit de famille se développe par delà les frontières des communautés et des pays.

  • 1900 Fondation de l’Union Romaine Cette Union, qui a sa source historique dans la solidarité vécue entre des monastères de France et d’Italie, favorise les échanges et l’esprit commun : revues destinées au réseau d’élèves et aux religieuses.
  • En France après les expulsions de 1905, certaines restent sur place dans la vie séculière comme éducatrices et enseignantes, et d’autres s’exilent et fondent ailleurs. Nous récupérons plusieurs écoles en France à partir de 1920… En 1959 nous nous insérons dans le mouvement de la loi Debré et confirmons notre appartenance à l’Enseignement catholique.

A la faveur de recherches historiques commencées bien avant le Concile et encouragées par lui, des découvertes documentaires se sont succédées sur la Vie et les Écrits d’Angèle. Ils confirment cette tradition et la renouvellent.

  • En 1985, 450ème anniversaire de la fondation de la Compagnie de Ste Ursule, plusieurs ouvrages ont été rédigés et largement diffusés dans nos établissements (B.D., albums pour 3-7 ans, numéro de la revue Source de Vie...), ils continuent à être utilisés pour faire connaître Ste Angèle et les Ursulines, d’autres parutions ont suivi depuis (livret Prier avec Angèle Merici, album illustré pour 7-11 ans, ...) ainsi qu’un calendrier de l’Union Romaine (à l’occasion du Centenaire en 2000) présentant les différentes provinces des Ursulines dans le monde entier. Récemment un petit fascicule illustré présente de larges citations des Écrits d’Angèle regroupées par thèmes.
  • En 1988, les R.M.E. organisent un Colloque “Aux sources de l’avenir” où sont conviés religieux et laïcs engagés dans une mission éducative : partage d’expérience sur la mise en oeuvre des charismes des congrégations enseignantes et sur le mode de transmission de leurs traditions éducatives... beaucoup de questions sont soulevées, des projets naissent, des souhaits sont exprimés de la part de nombreux laïcs pour une meilleure connaissance des fondateurs et de leur esprit.
  • A partir de 1989, des journées mériciennes rassemblent, tous les 2 ans, dans un des établissements de notre Province, des membres des communautés éducatives sur un thème méricien, occasion aussi de se connaître, de partager des expériences, des soucis, des idées, de construire une appartenance commune à un corps, une famille.
  • En 1992, pendant que s’élaborait le Nouveau Statut de l’Enseignement Catholique qui définirait précisément le rôle de la tutelle, les directeurs des communautés éducatives mériciennes de France se réunissent à Caen sur le thème “Les sources d’inspiration”. A la suite de cette rencontre, les Provinciales mettent en place un groupe de pilotage composé de religieuses et de laïcs pour organiser un nouveau colloque qui a lieu à Bayonne en 1995 “Angèle Merici aujourd’hui !”. En 98, nouveau colloque, à Mons : “ Les Ursulines et l’Europe”.
  • A la même période, une équipe de rédaction (laïcs et religieuses) écrit le texte de référence, texte “phare”, pour inspirer la mise en oeuvre de l’esprit de Ste Angèle dans la vie, l’animation et les pratiques éducatives et pédagogiques de nos établissements.

Les réponses d’aujourd’hui

Je vais abandonner la chronologie pour mettre en relief les différents canaux de transmission en oeuvre aujourd’hui.
Centre Angèle Merici 1997 qui a pour objectifs d’être :

  • un lieu d’échanges et d’information sur les questions de tous ordres qui se posent aux établissements,
  • un lieu d’échanges et de réflexion pour réactualiser l’exercice de la tutelle méricienne en France,
  • un lieu d’informations et de rencontres entre les établissements du réseau méricien,
  • un lieu de recherche-action sur le projet éducatif d’Angèle Merici, hier, aujourd’hui et demain,
  • enfin, un lieu de formation à l’esprit d’Angèle Merici comme source d’inspiration de nos projets éducatifs et pédagogiques.

Ce Centre fait paraître un bulletin trimestriel avec des articles de fond et des informations, et un catalogue annuel de formations pour les C.E. et les différents acteurs des projets d’établissements. Il a aussi un site internet.

Les formations du Centre sont appréciées des participants, membres des Communautés éducatives, qui sont heureux de travailler ensemble, de mieux se connaître et repartent confortés dans leur mission, ayant redonné un sens à leurs tâches quotidiennes. Mais nous constatons qu’il est difficile pour eux dans un premier temps de s’inscrire à ces formations qui n’ont pas d’objectifs directement didactiques et sont orientés sur le sens de notre action. Les C.E. font leur possible pour encourager les personnes à s’inscrire et des réductions sont accordées par le Centre pour faciliter l’accès de certaines sessions aux personnels qui ont moins de trois ans d’exercice dans nos établissements. Mais nous ne faisons pas le plein. Peut-être ne sommes-nous pas assez dirigistes en tant que tutelle (En fait cela dépend beaucoup des chef d’établissement) ???
En 2001 parallèlement au travail des Assises de l’Enseignement catholique, le Centre A.Merici anime à Nantes, un colloque sur le thème : « La personne, valeur clé de la spiritualité méricienne ».
A l’intention des profs nous essayons alors ceci : En 2003 Rencontres Nationales pédagogiques à Clermont-Ferrand. Première réunion ouverte plus spécifiquement aux Enseignants du réseau sur le thème : « la Personne, valeur clé de la pédagogie Ursuline ». Le « colloque » se veut un suivi de celui de Nantes. Il a pour objectif de permettre une mise en oeuvre dans le quotidien des établissements. Deuxième Rencontre pédagogique à Lyon-Brescia (2007) sur le thème : Y a t-il une pédagogie méricienne ? Apport de l’Histoire, forum d’expériences actuelles, réflexion sur ce qui fonde un pédagogie. Cela a été très bien vécu et très dynamisant pour les participants mais les fruits sont encore à recueillir ??? Le retentissement sur les établissements ???
En 2005 le CAM, suite à une réflexion initiée par les Conseils provinciaux, organise un colloque à Bayonne sur le thème : « Le charisme : pourquoi et comment le transmettre ? »

Le service de tutelle  : Conseil(s) de Tutelle distinct du Conseil Provincial : il est composé de laïcs et de religieuses. Les visites de tutelle dans les établissements sont étalées sur trois ans. Des directeurs laïcs sont sollicités pour être “visiteurs” avec un ou plusieurs membres du Conseil de Tutelle. Le Conseil réunit les C.E. et les “relais de tutelle” auxquels s’adjoignent parfois, selon le thème abordé, Présidents d’OGEC, Économes, Présidents d’APEL, Responsables de pastorale...
L’Autorité de tutelle envoie régulièrement une circulaire de rentrée aux communautés éducatives et d’autres courriers, selon les événements vécus par l’Eglise, par l’Institut ou par certains établissements.
Ces dernières années : nomination d’une soeur Déléguée de tutelle Province Nord puis d’un délégué laïc Province Sud.
Actuellement, la plupart de nos établissements sont dirigés et animés par des laïcs et bénéficient de la présence d’une communauté ursuline ; une religieuse ou un laïc, nommé par l’Autorité de Tutelle, et appelé “relais de tutelle”, assure l’accompagnement de « proximité » de la communauté éducative et du Conseil de direction. Question de la formation de ces Relais… ???

Des événements d’Institut ouverts à tous :
Plusieurs fois, des pèlerinages à Brescia sur les pas de Ste Angèle, en Terre Sainte, ou à Rome, ont réuni religieuses et laïcs dans une même démarche de foi et de convivialité, mettant en oeuvre une recommandation chère à Sainte Angèle : “Ensemble” !
Célébrations de professions religieuses et de Jubilés, fêtes de Sainte Angèle, passages de sœurs d’autres pays sont partagés par tous ceux qui le veulent.
Une commission formée de religieuses des 3 provinces ouvrent un site internet très vivant aujourd’hui et à mon avis encore pas assez consulté ni assez renseigné par nos écoles.
Octobre 2007 : Pendant le Chapitre Général, le site de l’union Romaine faisait paraître régulièrement photos et résumés des événements du chapitre. Ces informations étaient à la disposition de tous et les certains laïcs ont suivi assidûment le déroulement du chapitre, ils ont prié avec nous lors de l’élection de la nouvelle Mère Générale, (une chinoise)… Ils ont posé des questions sur le fonctionnement d’un chapitre et la vie de l’Institut. Je crois que ce partage est important. Nos collaborateurs ont besoin de comprendre notre fonctionnement dans l’Eglise s’ils sont appelés à devenir partenaires de notre mission. Ils ne seront pas des religieux bis mais chacun doit trouver sa place dans le respect et la connaissance mutuels.
Le chemin vers une seule Province (Juin 2009). Réunion à Tours en janvier 2008 : partage et envoi en mission des 3 provinciales, travail sur une charte des établissement en complément du texte de référence, partage sur la situation des communautés. Envoyés ensemble en mission, tous « héritiers » et « bâtisseurs ».

L’Appartenance à un réseau international.
L’horizon s’est aussi élargi : à la demande du chapitre Général de l’Union Romaine de 2001 : Première rencontre des Chefs d’établissements du réseau méricien en Europe 2005. Le Centre Angèle Merici en assure la logistique sur le Thème : Éduquer à la Paix. Il y a aura deux autres rencontres internationales en Indonésie et au Brésil en 2006 sur le même thème.
Des correspondances scolaires, des voyages culturels et linguistiques, des jumelages, des opérations de solidarité mettent en lien nos communautés éducatives avec d’autres établissements d’Ursulines à travers le monde et contribuent à faire découvrir un “esprit de famille” méricien (Prague, Westgate, Pologne, USA, Sénégal, Pérou, Brésil ...)

D’autres groupes mériciens voient le jour :
Il est à noter aussi que plusieurs groupes d’Associés ont été créés et se développent en France depuis 1995 : des membres de quelques unes de nos communautés éducatives en font partie.
Des jeunes étudiants et professionnels fondent carrefour jeunes
Le service Sem’jeunes qui permet de départ de jeunes pour plusieurs mois dans une communauté ursuline pour partager la mission (Sénégal, Pérou, Usa, Mexique, mais aussi France…)

Des questions, des chantiers, des perspectives :

A l’horizon 2009 : Une seule province et donc un seul service de tutelle (le texte de référence est commun) : une équipe autour de la provinciale, délégués thématiques, des relais de proximité, une animation par région, une ouverture sur le réseau international… Étant donné l’expérience qui commence à se consolider chez un certain nombre de “personnes- ressources” grâce à la formation reçue et aux relations régulières avec la tutelle, et compte tenu du nombre moins important des religieuses pouvant s’investir dans cette mission, l’Autorité de Tutelle et le Conseil de tutelle réfléchissent à une évolution du mode d’accompagnement des établissements tout en gardant une certaine proximité même si elle est moins permanente ; nous voulons maintenir des liens formateurs, amicaux et spirituels solides entre les Ursulines et les communautés éducatives. Cette attention à chacun est une des richesses transmises par Ste Angèle et nous désirons y être fidèles dans l’exercice même de la tutelle, les Chefs d’Etablissement nous redisent régulièrement leurs souhaits dans ce sens !

Des chantiers précis sont en cours :

  • Un ouvrage de référence sur la pédagogie pour les professeurs : Notre souhait actuellement est de permettre aux profs de s’approprier la tradition des ursulines et de la faire vivre par leur créativité, leurs compétences, leur adaptation aux besoins des élèves. Notamment une réflexion sur la mixité : étant donné notre tradition féminine, nous n’avons pas encore vraiment réfléchi sur la manière d’accompagner filles et garçons dans le respect de leur identité.
  • Le désir des cadres d’être accompagnés spirituellement et de faire corps dans une mission commune pour représenter aux yeux des familles une proposition cohérente et pertinente.
  • Une sorte de charte « un établissement est méricien si… est-il méricien quand… ? »En complément du texte de référence : une grille de discernement et de relecture…
  • Des questions autour de la formation : Travail du CAM au service de notre réseau méricien et en partenariat avec d’autres congrégations. En Janvier 2006 : Le Centre Angèle Merici participe à la création de l’UNIFOC (Union Nationale des Instituts de Formation Congréganistes) qui rassemble une douzaine d’Instituts de formation missionnés par l’Enseignement catholique. Les objectifs sont d’assurer une meilleure présence des congrégations dans le champ de la formation et de développer les échanges entre les centres de formation. Le directeur du CAM en est le secrétaire.
  • Notre projet méricien est avant un service des personnes et des communautés ecclésiales dont voici les mots clés : tous et chacun, espérance, liberté et joie, unité et communauté, fidélité et adaptation.

Cet héritage est surtout une responsabilité qui nous est confiée au service des personnes et des communautés afin que les relations soient porteuses de croissance et d’espérance.
C’est bien un projet éducatif mais il dépasse le monde scolaire… je pense que nous devons en tant qu’ursuline le transmettre dans divers lieux au service de la croissance de la personne. Dans certains pays comme la France l’histoire des ursulines et la situation de l’enseignement catholique nous invitent à garder une priorité pour les œuvres scolaires. Cela se traduit par exemple dans le cursus de formation de nos jeunes sœurs… mais nous ne pouvons rester en milieu fermé. Le réseau scolaire méricien fait réseau avec d’autres lieux d’évangélisation : groupes de jeunes, Sem’jeunes, Associés, nos familles, nos amis… Nous avons conscience que, pour le bien de chacun, l’avenir est aussi dans les relations entre tous ces réseaux qui gravitent autour de nous et se nourrissent à la même source. C’est un chemin ecclésial. De même, nous devons nous ouvrir encore davantage à d’autres réseaux d’Eglise, congrégations, diocèses… Nous favorisons la participation des écoles et aussi des religieuses à des manifestations et activités larges (service des vocations, mouvements. Enfin, nous devons associer les laïcs à la pastorale des vocations. Les directeurs eux-mêmes nous interpellent à ce sujet.

Conclusion, en tant qu’Ursulines façonnées spirituellement et professionnellement par l’esprit de Ste Angèle, nous sommes dans l’action de grâce de voir combien le projet éducatif méricien reçoit un accueil bienveillant, voire enthousiaste, de la part de laïcs quand nous osons le leur partager. Les orientations données par Ste Angèle sont toujours actuelles et reconnues comme telles par ceux qui reçoivent mission de les faire connaître et de les vivre avec nous auprès des jeunes et des familles. C’est un stimulant pour continuer de les vivre avec d’autres. C’est aussi un encouragement pour répondre aux appels du monde, en vivant la spécificité léguée par Ste Angèle, dans l’Eglise d’aujourd’hui. Préparer cet exposé m’a fait prendre conscience du nombre de possibilités déjà explorées dans cette démarche de transmission. Alors que parfois j’ai l’impression que la tâche est à peine commencée… quand je vois la réalité actuelle de nos établissements, des personnes partent et d’autres arrivent, d’autres restent spectatrices sans s’engager, d’autres regrettent le passé…On a parfois l’impression d’un poids à remuer. Par contre, nous avons des liens très forts avec certains personnels qui s’investissent spirituellement et activement dans cette transmission. C’est comme un levain dans la pâte. Ce qui me fait penser que cette tâche doit être assumée ensemble, ecclésialement, mais aussi humblement (un petit nombre et sans s’imposer) à la manière du grain de blé de l’évangile, sans chercher un résultat mais semer pour l’avenir « Agissez, remuez-vous… faites votre devoir… puis laissez faire Dieu ; il fera des choses admirables en son temps et quand il lui plaira ! » Ste Angèle nous encourage elle-même à être “attentives aux conseils et inspirations de l’Esprit” pour nous “adapter aux temps” tout en poursuivant avec “persévérance et allégresse l’oeuvre commencée”. Cela demande beaucoup de lucidité, de créativité et … d’Espérance.

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