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Sainte Marie de l’Incarnation

 

Sainte Marie de l’Incarnation

(1599-1672)

Fille de Dieu – Mère de l’Église au Canada

Conférence de Dom Thierry Barbeau lors de la célébration de la canonisation de Marie de l’Incarnation, le 21 juin 2014 à Tours.


Le 3 avril 2014, le pape François reconnaissait comme sainte Marie Guyart de l’Incarnation, en étendant à l’Église universelle son culte liturgique, par une « canonisation équipollente ». Mais qui est cette femme du premier XVIIe siècle français, cette Ursuline, missionnaire et fondatrice en Nouvelle-France, cette femme accomplie dans son humanité, mais qui est aussi une des plus grandes mystiques chrétiennes, que Bossuet aimait à appeler « la Thérèse de nos jours et du nouveau monde [1] » ?

C’est le « secret » de cette vie que nous nous proposons ici de laisser entrevoir, tout d’abord à travers le parcours biographique de Marie, puis par l’interrogation que suscite sa vocation apostolique, enfin en s’arrêtant sur les trois « lieux », la Parole de Dieu, l’Eucharistie et l’Église, où il lui fut donné de rencontrer Dieu en une expérience spirituelle « inclassable [2] ».

En effet, cette « fille de l’Église », comme elle se désigne elle-même, vivant d’une intense union au Verbe Incarné, entièrement donnée aux « affaires de son Divin Époux », deviendra, par sa fécondité apostolique, notamment par son œuvre éducatrice auprès des petites Amérindiennes, la « Mère de l’Église au Canada », du titre que lui donna Jean Paul II lors de sa béatification en 1980.
Sur ce parcours, Marie nous accompagnera, à travers la lecture de ses propres Relations autobiographiques et de son importante correspondance. Nous la laisserons parler le plus souvent. Ne possède-t-elle pas, et de façon exceptionnelle, les trois « faveurs » dont parle sainte Thérèse d’Avila [3] : celles de recevoir la communication divine, d’en avoir la pleine intelligence, et de pouvoir aisément l’exprimer et l’interpréter ?

Marie Guyart de l’Incarnation : la vie d’une femme atypique

Marie [4] est née le 28 octobre 1599, à Tours, sur la paroisse Saint-Saturnin, où son père, Florent Guyart est maître boulanger [5]. La famille - de petite bourgeoisie commerçante - aurait habité rue des Tanneurs, à quelques pas de la Loire. Puis elle vint s’installer sur la paroisse Saint-Pierre-des-Corps que Marie ne devait plus quitter jusqu’à son départ pour la Nouvelles-France en 1639. À Tours, elle devait vivre 40 ans, plus de la moitié de son existence.

Quatrième des huit enfants qui naîtront au foyer Guyart, Marie va grandir au sein d’une famille unie qui vit profondément sa foi chrétienne. Les exemples ne manquent pas autour d’elle. C’est d’abord sa mère, Jeanne Michelet, qui, se croyant seule, s’entretenait familièrement avec Dieu de tous ses problèmes domestiques. Marie qui en a été témoin, en restera profondément marquée. Les pauvres trouvaient toujours une place à la table familiale et ils ne partaient jamais les mains vides. À l’occasion, la fillette, à l’insu de ses parents, se privait elle-même pour leur venir en aide.

L’enseignement que l’enfant reçut en famille et dans les petites écoles fut rudimentaire. Mais Marie le complétera plus tard par ses lectures. Elle sut aussi profiter des fréquentes et longues prédications que donnaient alors capucins, récollets et minimes. La Parole de Dieu et son enseignement tiendront une grande place dans la vie de Marie. Nous en reparlerons. Le riche déploiement des liturgies solennelles, ainsi que les grandes manifestations de la foi populaire, les processions avec croix et bannières, s’accordaient à sa sensibilité. Le chant surtout, pour lequel elle aura toujours beaucoup d’attrait et de facilité, faisait vibrer son âme d’artiste. Sa vie de prière était spontanée et la conduisait à l’église où, des heures durant, dans un coin d’ombre, à l’abri des regards, elle parlait simplement à Dieu, à l’exemple de sa mère.

Sainte Marie de l’Incarnation

[1Jacques Bénigne Bossuet, Instruction sur les états d’oraison, où sont exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours, Paris, Jean Anisson, 1697, l. IX, n° III, p. 343.

[2« Difficilement classable » est le jugement émis sur Marie de l’Incarnation par Charles André Bernard, Le Dieu des mystiques, Paris, Les Éditions du Cerf, T. I, 1994, p. 10-11.

[3Thérèse d’Avila, Autobiographie, ch. XVII, 5, éd. Marcelle Auclair, Thérèse d’Avila. Œuvres complètes, Paris, Desclée de Brouwer (col. Bibliothèque européenne), 1964, p. 111.

[4La bibliographie sur Marie de l’Incarnation est gigantesque. Elle se trouve, de façon presque exhaustive, sur le site internet du Centre d’Études sur Marie de l’Incarnation (CÉMI) de Québec, à l’adresse suivante : www.cemi.ulaval.ca/banque-bibliographique.aspx. Signalons toutefois les trois biographies de références de Dom Claude Martin, La Vie de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle France. Tirée de ses Lettres et de ses Écrits, Paris, Louis Billaine, 1677, réimpression, Solesmes, 1981 ; de Dom Guy-Marie Oury, Marie de l’Incarnation (1599-1672), Tours, Mémoires de la Société archéologique de Touraine, T. LVIII et LIX, 1973 ; et de Françoise Deroy-Pineau, Marie de l’Incarnation. Marie Guyart. Femme d’affaires, mystique, Mère de la Nouvelle-France. Tours, 1599 – Québec, 1672, Éditions Fides, 1999.

[5Ce simple parcours biographique doit beaucoup à la première partie du beau livre de Dom Guy-Marie Oury, Ce que croyait Marie de l’Incarnation, Paris, Mame, 1972, p. 9-64, où est relaté l’itinéraire spirituel de Marie.

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