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Sainte Angèle et Marie de l’Incarnation

Marie de l’’Incarnation, fille d’Angèle Merici
Ressemblances et Différences

Lors de la béatification de Marie de l’Incarnation Guyart en 1980, Jean-Paul II a proclamé que Marie, plus que tout autre, a compris le message d’Angèle Merici et a vécu de son esprit. Pourtant, à première vue, Angèle et Marie ont eu des parcours dissemblables. Il faudrait donc parcourir deux routes, celle de leurs différences, puis celle de leurs ressemblances.

Sainte Ursule, Sainte Angèle et Marie de l’Incarnation

I. Dissemblances entre Angèle et Marie

Leur époque
Angèle est une fille de la Renaissance italienne. Elle naquit au dernier quart du 15e siècle et mourut avant la première moitié du 16e. C’était l’époque des grands bouleversements de civilisation dans les lettres, les arts, les sciences, la politique et même la religion, avec la Réforme protestante et un humanisme païen.

Marie, née en 1599, vit en plein 17e siècle français. Après les Guerres de Religion, la France affermit son prestige sous Louis XIII, puis sous Louis XIV. Le Catholicisme est celui de la Contre-Réforme, bien établie et soutenue par le pouvoir royal, un Catholicisme militant, mystique et missionnaire.

Leur origine
Angèle est issue d’un milieu agricole, villageois. Elle est italienne, lombarde plus exactement. Hormis ses pèlerinages, elle a passé toute sa vie dans le nord de l’Italie, autour du Lac de Garde, à Desenzano, Salò, Brescia.

Marie est née à Tours. Elle est citadine ; son père est boulanger. Elle a même épousé un maître-ouvrier en soie. Elle embarque pour le Canada en 1639 et devient ainsi la première femme missionnaire sur le continent nord-américain.

Leur formation humaine
Angèle n’a jamais été à l’école. Pourtant elle savait lire ; probablement l’a-t-elle appris au sein de sa famille. Toute jeune elle travaillait aux champs, gardait les troupeaux. Adolescente, elle participait aux travaux ménagers, cherchait l’eau à la fontaine, faisait la cuisine, la lessive, préparait la farine pour le pain.

Marie a certainement bénéficié de plusieurs années de scolarité. Elle possédait des dons innés, développés par l’éducation reçue et par les circonstances qui l’obligèrent à les exploiter. Elle savait rédiger. Ses nombreuses lettres en témoignent. Elle faisait de la comptabilité, brodait, peignait, sculptait, chantait à merveille. Elle pouvait assurer une cuisine de petite collectivité pour une trentaine de personnes chez son beau-frère. Elle avait le sens des affaires et se montrait tour à tour architecte, pharmacienne, infirmière, boulangère, entrepreneur en bâtiments, couturière, historienne.

Leur orientation dans la vie
Angèle, très tôt, s’engagea dans le Tiers-Ordre de Saint François et vécut comme célibataire consacrée dans le monde. A chaque étape, elle se laissa guider selon les circonstances, car l’Esprit-Saint fut réellement le conseiller de sa vie ; ses biographes ne parlent de directeur spirituel que vers la fin de son existence.

Marie est mariée à 17 ans, mère d’un fils à 19 ans, veuve six mois après, et entre chez les Ursulines à 31 ans. A l’âge de 21 ans, elle soit voit subitement arrêtée en pleine rue, plongée mystiquement dans la Passion du Christ, et poussée à se faire guider, pas-à-pas tout au long de sa vie, par des directeurs spirituels, des Pères Feuillants d’abord, puis des Jésuites.

II. Et pourtant, que de ressemblances !

Toutes les deux ont bénéficié d’une éducation familiale exemplaire, formées toutes petites à la foi, à la prière, à l’amour du prochain, au respect de l’autre, aux vertus morales élémentaires. Dans ses confidences à Antonio Romano Angle reconnaît avoir été attirée à Dieu par les lectures que faisait son père le soir à la maisonnée. La vie des saints la passionnait et lui donnait envie de les imiter :

D’après ce qu’elle me dit, ayant entendu son père lire des livres religieux sur les saints et sur les vierges, elle commença à s’adonner, dès l’âge de cinq ans, à une vie sobre, pieuse et contemplative. (Romano 6v)

Et Agostino Gallo ajoute,

Elle commença à se tenir à l’écart des gens, afin de pouvoir s’adonner davantage à la prière et aux dévotions. (Gallo 9)

Quant à Marie, voici ce qu’elle en dit :

La bonne éducation que j’avais eue de mes parents, qui étaient bons chrétiens et fort pieux, avait fait un bon fonds dans mon âme pour toutes les choses du christianisme et pour les bonnes mœurs, et lorsque j’y fais réflexion, je bénis Dieu des grâces qu’Il lui a plu de me faire en ce point, d’autant que c’est une grande disposition pour la vertu… que de tomber en des mains qui fassent prendre le bon pli dès les plus tendres années.

Toutes les deux ont eu une expérience spirituelle forte pendant leur jeunesse, une expérience qui a conditionné toute leur vie. Romano raconte une confidence que lui fit Angèle sur une grâce qui suivit la mort de sa sœur aînée :

D’après ce qu’elle m’a dit… elle désirait savoir si l’âme de sa sœur était montée jusqu’à la possession de la gloire éternelle et adressait au Seigneur des prières quotidiennes. Un jour, alors qu’elle se trouvait près de Desenzano dans un petit champ de sa propriété et qu’elle priait pour sa sœur selon son habitude, voici que vers le milieu du jour elle vit dans les airs un cortège d’anges. Parmi ceux-ci se trouvait l’âme de sa sœur bien-aimée, toute heureuse et triomphante. (Romano 6v).

Romano continue en évoquant la transformation intérieure opérée par cette vision :

L’image de l’âme qui lui était apparue demeura dans l’esprit d’Angèle. C’est pourquoi, pensant continuellement à cette vision, elle s’appliquait avec une ardeur de plus en plus grande aux jeûnes, aux abstinences et aux prières. (Romano 6v).

Pour Marie, il s’agit d’une vision d’enfance dont elle conserva le souvenir toute sa vie :

Je n’avais qu’environ sept ans qu’une nuit, en mon sommeil, il me sembla que j’étais dans la cour d’une école champêtre, avec quelqu’une de mes compagnes… Ayant levé les yeux vers le ciel, je le vis ouvert et notre Seigneur Jésus-Christ, en forme humaine, en sortir, et qui par l’air venait à moi. Le voyant, je m’écriais à ma compagne : « Ah ! Voilà notre Seigneur ! C’est à moi qu’Il vient ! »… Cette suradorable Majesté s’approchant de moi, mon cœur se sentit tout embrasé de son amour. Je commençai à étendre mes bras pour l’embrasser. Or lui, le plus beau de tous les enfants des hommes, avec un visage plein de douceur et d’un attrait indicible, m’embrassant et me baisant amoureusement, me dit : « Voulez-vous être à moi ? » Je lui répondis : « Oui ! »… Après mon réveil… les paroles de notre Seigneur me demeurèrent tellement imprimées dans mon esprit qu’elles n’en sont jamais sorties. L’effet que produisit cette faveur fut une pente au bien… Je me sentais attirée à traiter de mes petits besoins avec notre Seigneur ; ce que je faisais avec une très grande simplicité… Je me souviens que quelque temps après que j’eus reçu cette première grâce, j’allais à l’église et me retirais dans un lieu écarté pour n’être point vue. Je me tenais là partie du jour. Mon cœur souhaitait avec ardeur cette sainte communication. J’étais si enfant que je ne savais point que c’était là faire oraison. (Témoignage pp. 3-6 passim).

Toutes les deux ont reçu de Dieu, à l’aube de la vie adulte, une lumière particulière sur l’orientation de leur vie.

C’est Landini qui nous renseigne sur une vision d’Angèle :

J’en ai entendu parler par plusieurs personnes adonnées au service de Dieu, qui, presque toutes furent ses compagnes.

Et voici les renseignements recueillis :

Pendant que les autres compagnes, des moissonneuses au champ, s’en allaient prendre leur repas, Angèle s’éloignait pour prier. Il lui arriva une fois qu’elle fut élevée en esprit ; il lui sembla que le ciel s’ouvrait et qu’il en sortait une procession merveilleuse d’anges et de Vierges. Lorsque la procession eut défilé, arriva sa sœur, qui peu auparavant était allée au Paradis. Sa sœur s’arrêta, elle lui prédit que Dieu voulait se servir d’elle et qu’elle fonderait une Compagnie de Vierges qui s’étendrait, et d’autres choses semblables.

De son côté, Marie, à l’âge de 21 ans, se voit tout d’un coup arrêtée en pleine rue, plongée dans le Sang du Christ, avec une vue perçante de ses moindres fauter commises depuis le début de sa vie. Il en résulta une horreur extraordinaire du péché et de la moindre imperfection, un souci de pureté intérieure qui la caractérisa toute sa vie, et un amour sans bornes pour Celui qui avait donné sa vie pour elle, car Il « lui avait fait cette insigne miséricorde ». Elle en sortie « changée en une nouvelle créature ». (Témoignage, pp. 13 à 16).

Toutes les deux sont douées d’un tempérament fort, un tempérament sensible, affectueux, émotif même, volontaire et décidé, n’hésitant pas à aller à contre-courant ; un tempérament ouvert aux autres, créant de la sympathie dans leur entourage et un certain charme dans les relations ; un caractère joyeux et optimiste, avec une capacité d’écoute qui mettait à l’aise ; un esprit d’observation aigu, allié à une intelligence large, capable d’analyse et d synthèse équilibrées, et, enfin, un bon sens pratique, prêt à simplifier les problèmes et à envisager les conséquences concrètes des décisions.

Toutes les deux sont sensibles à la beauté de la nature : qui leur rappelle la beauté, la grandeur et l’amour de Dieu. Angèle prie ainsi par le Nom de Jésus :

Béni soit-Il au-dessus du sable de la mer, au dessus des gouttes des eaux, au dessus de la multitude des étoiles ! (Règle, 5).

Marie, de son côté, s’émerveille de la création œuvre d’un Père qui nous aime :

Je Le rencontrais en toutes les créatures… J’en parlais parfois avec beaucoup de simplicité ou encore, m’adressant à la Divine Majesté je Lui disais « O Dieu, vous avez fait toutes choses, et par votre volonté, elles ont été créées »…

Nous savons que Marie, parfois, pour se soulager de la présence de Dieu qu’elle ne pouvait communiquer à son entourage, s’en allait à la campagne, et que là, elle chantait à tue-tête son amour pour Dieu. Ses lettres décrivent parfois les beautés du Canada avec une précision d’observation remarquable, comme celle de plusieurs parélies, et même d’un cercle parélique en 1671.

Toutes les deux sont des voyageuses intrépides pour leur époque.
Bien sûr, ni pour l’une ni pour l’autre il ne s’agissait de voyages touristiques ou d’agrément. Pour Angèle ce furent des pèlerinages de plus en plus loin : Mantoue à 30 kilomètres de Brescia, Varallo, à 200 kilomètres de Brescia, Rome à 1000 kilomètres et, enfin, la Terre Sainte avec tout ce que cela comportait d’insécurité et d’inconfort : risque de mauvais traitements et de capture par les Musulmans, tempêtes en mer, poursuites par les pirates turcs.

Pour Marie ce fut la traversée de l’Atlantique. Là aussi, les épreuves ne manquèrent pas : tempêtes en mer, manque d’eau potable, risque de naufrage contre un iceberg, déparquement à plusieurs lieues de Québec sous une pluie froide et torrentielle qui la trempa jusqu’aux os.

Toutes les deux ont commencé une mission apostolique particulière vers les quarante ans. Il s’agit de l’arrivée d’Angèle à Brescia en 1517 et de celle de Marie au Québec en 1639.

Toutes les deux ont eu une ouverture exceptionnelle sur le monde, au-delà de celui qui les entourait :
Angèle, lors de ses pèlerinages, a pris contact non seulement avec d’autres principautés italiennes, mais avec le monde grec, musulman, nord-africain, slave… et même flamand, grâce aux pèlerins qui l’accompagnaient lors de son voyage de retour de Terre Sainte.

Marie de l’Incarnation, insérée dans le milieu canadien, est en contact avec plusieurs nations amérindiennes, apprend leurs langues, écrit même des dictionnaires et des catéchismes en leurs différents idiomes.

Toutes les deux sont fondatrices.
Angèle, à Brescia, donne naissance en 1535 à la Compagnie de Sainte Ursule, d’où sont issues aujourd’hui plus de 40 familles Ursulines diverses.

Marie fonde la vie Ursuline au Québec. Bien plus, elle est considérée comme « la mère de l’Eglise Canadienne », par l’intérêt qu’elle portait à son pays d’adoption, par le bien qu’elle y a accompli pendant environ 33 ans dans des circonstances particulièrement difficiles.

Toutes les deux sont éducatrices.
Les « Avis » et le « Testament » d’Angèle révèlent une éducatrice née, si bien que de ces deux Ecrits, les Ursulines ont forgé toute une tradition éducative qui persiste jusqu’à nos jours.

Marie est éducatrice de toute une région par la formation qu’elle offrait aux petites indiennes et aux filles des colons français et par ses entretiens et ses encouragements au parloir.

Toutes les deux sont conseillères de leur milieu :
Angèle, nous le savons, été appelée comme conseillère dans des affaires familiales (mettre la paix entre mari et femme, parents et enfants, frères et sœurs). On la consultait sur le choix d’un conjoint, sur des affaires d’ordre économique comme la rédaction d’un testament, et surtout sur des problèmes religieux Elle donne des conseils à toutes les classes de la société : artisans et ouvriers, commerçants et humanistes, princes et diplomates, théologiens et illettrés.

Quant à Marie, son fils Claude écrit dans la biographie de sa mère :

Elle se trouvait au parloir, où elle était souvent appelée, étant visitée et consultée de la plus grande partie du pays. (Vie, p. 460) Comme on connaissait son grand génie et son adresse en toutes sortes d’affaires, soit qu’elles fussent selon Dieu ou selon le monde, elle état consultée de toutes parts ; et parce qu’on était persuadé qu’elle conversait sans cesse avec Dieu et qu’elle ne disait rien qui ne fut éclairé de son Esprit, on recevait ses avis et ses décisions comme des oracles. (Vie, p. 552).

De sa clôture au Québec, Marie exerce une influence incomparable non seulement sur les familles des colons, mais sur les Amérindiens et leurs chefs, sur les ouvriers et les soldats qui l’entourent, sur les grandes dames, épouses des gouverneurs et chefs militaires venus de France, et sur les « filles du roi », envoyées au Canada pour devenir épouses des colons et confiées aux Ursulines en attendant l’heure de leur mariage.

Toutes les deux ont fait œuvre de paix autour d’elles.
On se souvient d’Angèle, œuvrant pour que Caterina Patengola vive avec sérénité la mort des siens, plaidant devant le Prince Louis de Castiglione pour le retour en grâce d’un de ses serviteurs, pacifiant les familles, et même mettant la paix entre des ennemis, comme Francesco Martinengo et Flilippo Sala quji avaient juré de se battre en duel.

Quant à Marie, son fils Claude, qui a dû être témoin de ces événements pendant ses jeunes années, nous renseigne :

Dans la maison de son frère, elle avait une vue universelle sur toutes ses affaires qui n’étaient pas petites, parce que c’était un homme qui en raison de son commerce était obligé d’avoir des commis et des serviteurs dans les principales villes du royaume. On lui écrivit souvent la mauvais conduite qu’ils avaient dans leurs personnes ou dans ses affaires, et, parce qu’il ne savait ni lire ni écrire, il était obligé de se servir des yeux et de la main de la servante de Dieu. Connaissant l’humeur peu modérée de son frère, lorsqu’elle lui lisait les lettres fâcheuses qu’on lui écrivait, elle passait adroitement les paroles qui le pouvaient aigrir, y substituant en la place des termes si doux et si raisonnables qu’elle apaisait ses plus violentes passions. Elle en usait de même quand elle écrivait les réponses qu’il lui dictait, écrivant des choses douces et honnêtes au lieu des emportements et des paroles offensantes qu’il dictait. Et c’était une chose admirable de voir la présence d’esprit qu’elle avait à changer ainsi tant de fâcheuses expressions, sans interrompre le sens du discours et sans altérer la substance des choses qu’elle lisait ou écrivait. Les serviteurs étant de retour au logis, au lieu qu’il semblait qu’ils dussent être mal traités et ressentir les effets de l’indignation de leur Maître, qu’ils avaient méritée par leur mauvaise conduite, ils se trouvaient dans son amitié, sans que les uns et les autres sussent de quelle manière cette intelligence s’était pu entretenir. Mais afin que cette paix ne fût pas funeste aux domestiques, elle les avertissait en particulier des fautes qu’ils avaient faites, leur donnant ensuite les avis nécessaires pour s’en corriger à l’avenir. (Vie, pp. 636-367).

Toutes les deux ont composé une Règle originale pour leurs Sœurs.
Angèle pour la Compagnie de Sainte Ursule et Marie pour les Ursulines du Canada, en harmonisant les Constitutions de Paris et de Bordeaux. De part et d’autre, on trouve le même souci de justifier les points de Règle par l’Evangile, par la vie et l’enseignement de Jésus-Christ. Ni l’une ni l’autre n’émet des ordonnances ; elles invitent, elles expliquent, elles donnent des motivations pour aider à bien comprendre le pourquoi des différents points de règle.

Toutes les deux ont eu un grand souci d’adaptation.
Angèle pour l’avenir, « selon les temps et les besoins », Marie en cherchant à adapter la vie ursuline aux nécessités locales.

Toutes les deux parlaient de Dieu avec une facilité extraordinaire.
D’après Chizzola, Angèle faisait des discours « doctes, savants et très spirituels sur l’Ecriture Sainte, qui duraient parfois une heure. » Elle « annonçait à tous la foi au Dieu très haut avec tant d’amabilité que tous s’attachaient à elle » (Nassino).

Don Claude Martin se rappelle que sa mère était peu loquace, sauf par devoir, par exemple dans ses relations commerciales au service de son beau-frère. Mais quand il s’agissait de Dieu, la grâce aidant, elle était presque intarissable : de nombreux passages de l’Ecriture Sainte lui venait spontanément à l’esprit. « Cette belle âme parlait peu, dit-il, si ce n’est de matières spirituelles, car pour lors elle était éloquente et disait des merveilles ». (Vie, p. 745).

Toutes les deux ont connu une expérience mystique exceptionnelle.
Angèle en a communiqué quelques bribes, suffisantes pour laisser entrevoir une richesse de communication avec son Dieu.

Quant à Marie, grâce à son fils qui rassembla avec une ténacité et une patience dignes de son Ordre tous les écrits spirituels et les lettres de sa mère, nous sommes en possession d’un itinéraire mystique unique dans l’histoire de l’Eglise.

Toutes les deux ont reçu la grâce de comprendre le latin, sans l’avoir étudié.
Chizzola et Gallo sont émerveillés de cette capacité d’Angèle, alors qu’elle n’avait jamais eu aucune scolarité. Que lisait-elle en latin ? L’Ecriture Sainte, qui n’était pas encore traduite dans l’Eglise catholique, et les Pères de l’Eglise.

Une fois entrée chez les Ursulines, Marie reçoit ce même don qui lui révèle le sens des textes liturgiques :

Mon esprit fut porté vers le service divin, où Notre Seigneur me donnait l’intelligence de l’Ecriture Sainte. J’entendais en français ce que je chantais et récitais en latin ; ce qui emportait mon esprit en sorte que si je n’eusse fait violence à mon extérieur, cela eut éclaté au dehors.

Une fois, cependant, elle avoue qu’elle s’était mise à chanter effectivement en français, alors que ses Sœurs chantaient en latin !

Conclusion

La liste des ressemblances pourrait s’allonger… car il est évident que Marie de l’Incarnation a hérité instinctivement de l’esprit d’Angèle. Que savait-elle de la fondatrice des Ursulines ? Elle devait connaître l’essentiel de sa biographie, ainsi que ses Avis dont la substance était intégrée dans les Règlements de la Congrégation de Bordeaux. Par la grâce de Dieu, elle a surtout explicité et concrétisé par sa vie et ses écrits ce qu’Angèle avait commencé à l’état embryonnaire, de sorte qu’en nous référant à Marie, nous sommes en présence d’un commentaire vivant de tout l’enseignement d’Angèle, qu’il s’agisse de la vie de prière, du zèle apostolique, de l’union entre les Sœurs ou de réconciliation. Marie, à la suite d’Angèle a vécu en vraie et virginale épouse du Fils de Dieu (Règle, Prol. 7), orientant tout vers la louange et la gloire de sa Majesté et vers le bien des âmes (Avis, Prol. 18).

Ressemblances et différences


Marie Seynaeve, Osu

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