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Règle de sainte Angèle

Marie de l’Incarnation et la Règle de Sainte Angèle :
Une sainte à la lumière d’une autre sainte…

Marie de l’Incarnation Guyart avait peu de connaissances sur Sainte Angèle : des extraits des Avis insérés dans les Règlements des Ursulines de Bordeaux, ainsi qu’une courte biographie de la Sainte. Cependant, comme l’a affirmé le saint Pape Jean-Paul II, lors de la Béatification de Marie de l’Incarnation, celle-ci possédait, plus que toute autre Ursuline, l’esprit de la fondatrice, et ses écrits ne font qu’illustrer la profondeur de son attachement aux pensées et aux directives de Sainte Angèle.
Il est donc intéressant de mettre en parallèle des textes de la Règle et des écrits de Marie de l’Incarnation ; ceux-ci amplifient les directives succinctes données par Angèle dans sa Règle [1] Une grande partie d’entre eux proviennent des lettres à son fils ; quelques-uns, de ses envois à d’autres Ursulines, ou à d’autres religieuses, ou même à des membres de sa famille et à des amis. Les avis spirituels de Marie de l’Incarnation proviennent aussi de textes autobiographiques écrits à la demande de son directeur, et transmis à Don Claude Guyart. Nous sommes redevables à celui-ci d’avoir conservé pour le bien de l’Eglise ces témoignages de la docilité de sa mère à l’action de Dieu en son âme.

Au nom de la bienheureuse et indivisible Trinité (Prologue)

Angèle confie son œuvre à la Sainte Trinité, comme elle termine ses Avis et son Testament en implorant sur ses filles la Bénédiction du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Marie de l’Incarnation a reçu de Dieu des grâces mystiques qui l’ont éclairée sur la vie de Dieu et sur les relations entre les trois personnes de la Sainte Trinité :

Le Père éternel était mon Père ; le Verbe suradorable, mon Epoux, et le Saint-Esprit Celui qui par son opération agissait en mon âme et lui faisait porter les divines impressions. En toute cette opération, je me voyais le néant et le rien que ce grand Tout choisissait pour porter les effets de ses grandes miséricordes [2]

Reconnaissance pour la vocation (Prologue)

4. « Puisque Dieu, mes filles et sœurs très aimées, vous a accordé la grâce de vous séparer des ténèbres de ce monde misérable, et de vous unir ensemble pour servir sa divine Majesté,
5. vous devez le remercier infiniment de ce qu’à vous spécialement il ait accordé un don si singulier.
6. En effet, combien de personnes importantes, et d’autres de toutes conditions qui n’ont pas, ni ne pourront avoir une telle grâce ! »

Marie débord de reconnaissance pour l’appel de Dieu ; elle exprime aussi sa grande action de grâces au Seigneur d’avoir bien voulu appeler aussi son fils à la vie religieuse, tout en reconnaissant combien Dieu nous comble malgré nos insuffisances. Elle invite aussi une jeune religieuse de Tours, peut-être sa propre nièce, à vivre les mêmes sentiments.

Bénissons cette double et aimable Providence qui par des voies si secrètes à nos conceptions nous a choisis pour son service et pour y consummer tous les moments de notre vie. [3]

Ah mon très cher fils, qui eut jamais dit, et qui l’eût pu même croire que vous et moi, étant demeurés seuls après la mort de votre Père, la divine Majesté vous regardât, dès lors, pour vous faire posséder le grand et inestimable bonheur de la profession religieuse…C’est assurément parce que je vous ai abandonné pour son Amour, et que je ne lui ai jamais demandé ni or ni richesses pour vous ni pour moi, mais seulement la pauvreté de son Fils pour tous les deux. S’il vous pourvoit en la manière que vous l’expérimentez, c’est que sa libéralité est aussi certaine que sa bonté. Ses promesses ne manquent point à ceux qui espèrent en lui. [4]

Confessons ensemble qu’il nous a tout donné gratuitement par son élection sainte, sans qu’il n’y ait rien eu de notre part qui ait pu prévenir sa volonté pour nous enrichir de tant de biens, et pour nous faire des dons si magnifiques. Et pour moi, je confesse que lorsque ce Dieu de bonté m’a appelée, j’étais digne de tout rebut et de tout mépris, et qu’encore à présent qu’il me comble de ses richesses, je ne vois point que je corresponde à ses grâces, ni que je seconde ses desseins, ce qui fait que je ne me lasserai jamais de dire que c’est gratuitement et par sa pure bonté qu’il m’a fait et qu’il me continue encore ses faveurs. « Confessons donc et louons le Seigneur parce qu’il est bon, et que ses miséricordes sont éternelles ». [5]

Ce m’est toujours une nouvelle joie de ce que vous Lui appartenez, et de ce que vous voulez le suivre sans réserve. Qu’il fait bon, ma très chère fille, de l’aimer, mais de l’aimer de la bonne manière, c’est-à-dire, en mourant à soi-même mille fois le jour, en esprit de sacrifice. L’état où sa divine bonté nous a appelées, vous et moi, nous donne le moyen par préciput [supérieur] à tous les autres états de le faire. Que nos cœurs n’aient donc plus de mouvements que par l’esprit de ce divin Maître, qui absolument et sans réserve veut être l’esprit de notre esprit. Il a des jalousies qui ne se peuvent exprimer de ce que nous ne nous écartions jamais de sa douce et divine maîtrise. Je crois, ma bien-aimée fille, que vous êtes dans la disposition de tout lui céder et de courir plus que jamais dans la voie du saint amour. Je lui demande qu’il perfectionne encore en vous cette sainte disposition, parce qu’il y a de continuelles ascensions à faire dans le chemin de la perfection, qui ne trouvera point de terme, que dans l’éternité. [6]

Etre les épouses du Fils de Dieu (Prologue)

Règle de sainte Angèle

[1Nous nous servirons de deux éditions présentées par Dom Guy OURY, Marie de l’Incarnation, Ursuline (1599-1672) – Correspondance, Abbaye Saint Pierre, Solesmes, 1971, en indiquant le nom du destinataire et la date de la lettre, et Marie de l’Incarnation–La relation autobiographique de 1654, Solesmes, 1976, avec le sigle Autob.

[2Autob. p. 67.

[3à son fils, 07.09.1648.

[4à son fils, 16.08.1664.

[5à son fils, 09.08.1654.

[6à une jeune religieuse de Tours, 23.10.1660.

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