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Prier avec Angèle

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Prier avec Sainte Angèle Merici

INTRODUCTION

Nous nous trouvons ce soir entre des murs qui respirent, la prière. Dans ce lieu même, des femmes consacrées ont cherché et trouvé une proximité réelle avec Dieu. Depuis que la première Ursuline est venue offrir ici au Seigneur ses jeunes années et son avenir, l’esprit de prière de Sainte Angèle Merici, la fondatrice des Ursulines, a été vécu et enseigné à des milliers de Chrétiens et de Chrétiennes. Cet esprit de prière est un don fait à l’Église d’hier et d’aujourd’hui. Il transcende le temps.
Aujourd’hui, le chemin de prière de Sainte Angèle Merici est aussi réel que lorsqu’elle l’a parcouru pendant une existence d’environ 65 ans ; son enseignement sur la prière est aussi parlant qu’il l’était au 16e siècle, lorsqu’elle partageait avec ses premières compagnes le pourquoi, le comment de ses aspirations vers Dieu.
Aujourd’hui, beaucoup de nos contemporains expérimentent une réelle soif de Dieu, recherchent avec avidité une réponse satisfaisante à la quête du spirituel qui les habite. Lassés par une consommation qui ne répond qu’à leurs besoins immédiats, ils cherchent une nourriture qui puisse les combler, une eau vive qui les désaltère jusqu’au fond de leur être. "Celui qui boit de cette eau, n’aura plus jamais soif", disait Jésus à la Samaritaine.
Nous sentons en nous cette aspiration à nous approcher de la source d’eau vive, pour y puiser le don de Dieu ; tous nous espérons trouver auprès d’Angèle Merici des jalons qui nous permettront d’atteindre cette source qu’est la prière et d’y boire à longs traits.
Dans un premier temps, nous allons cheminer avec Sainte Angèle Mérici pour saisir comment elle a été amenée à prier. En étudiant son expérience personnelle, nous nous retrouverons nous-mêmes ici ou là, en nous disant, "oui, voilà comment je prie", ou "c’est comme cela que j’aimerais prier". Ensuite, et ce sera notre deuxième point, nous l’écouterons nous dire ce qu’est la prière, comment prier et pourquoi prier. Nous l’interrogerons et nous tenterons de recueillir pour nous-mêmes ses conseils. Enfin, dans un troisième temps, nous verrons d’un peu plus près le modèle de prière qu’elle nous a laissé.
La conclusion, je laisserai Dieu vous la dire, dans l’entretien secret de chacun avec Lui. Le bref temps de réflexion et d’intériorisation qui suivra cet exposé sera le moment le plus important de cette rencontre. Alors, nous Lui dirons, comme le jeune Samuel, "Parle, Seigneur, ton serviteur, ta servante, t’écoute.

I. COMMENT ANGÈLE A-T-ELLE PRIÉ ? : SON EXPÉRIENCE PERSONNELLE

Comment parler de la prière de Sainte Angèle Merici ?
IL est déjà bien difficile de parler de sa propre prière. Et plus on prie, plus il devient difficile d’en parler... parce que la prière atteint en nous un domaine tellement personnel, tellement intime ! C’est un Royaume où on est seul et totalement à découvert devant Dieu ! Il est peut-être encore plus difficile de parler de la prière d’un ami, de quelqu’un avec qui on a vécu de longues années, parce que nous sommes toujours devant le mystère de l’autre et de ses relations cachées avec son Dieu. Parfois quelques confidences, quelques notes spirituelles témoignent de l’intensité ou de la simplicité d’un dialogue avec Dieu.
Si nous connaissons quelque chose de la prière d’Angèle Merici, c’est grâce à de rares confidences tombées de ses lèvres et recueillies par les témoins de sa vie.

- A- Elle a suivi une attirance intérieure.
D’après deux témoins indépendants, Romano et Gallo, c’est à l’âge de 5 ou 6 ans qu’Angèle a commencé à sentir cette mystérieuse attirance de Dieu, et cela à la suite de lectures que son père faisait le soir à la maisonnée, lectures qui portaient sur la vie des saints, des martyrs, sur les temps liturgiques. C’étaient les livres de chevet qui ont instruit des générations de chrétiens : ceux de Jacques de Voragine. Ainsi, pour Angèle Merici, Dieu s’est manifesté par un témoin de la foi, son père. Pour combien d’entre nous, ce furent nos parents, ou le curé de la paroisse, ou la sœur à l’école maternelle qui sont à l’origine de ce "déclic" qui nous a tournés vers Dieu.
Ce peut être aussi l’attirance d’un lieu qui soit à la source du déclic. Marie-Sophie une petite élève, - c’est elle qui le raconta plus tard - âgée de six ou sept ans, fut pour la première fois de sa vie envoyée par sa mère, chercher un pain chez le boulanger. C’était à cinq minutes de la maison. Quelle joie que cette première sortie toute seule, comme une grande ! Sur le chemin du retour, Marie-Sophie aperçoit l’église. La porte est ouverte. Elle y entre, s’assied et reste là un moment tout heureuse de cette rencontre avec le Seigneur. Revenue à la maison, elle trouve sa mère malade d’inquiétude. "Qu’as-tu fait si longtemps ?" "L’église était ouverte et j’y suis entrée". "Ce n’est pas possible. Dis-moi la vérité. Tu t’es amusée à regarder les magasins !" "Mais non, maman, je t’assure, je suis entrée un moment à l’église." "Et qu’as-tu fait à l’Eglise ? Tu y es restée jouer ?" "Mais non, Maman, je me sentais si bien là devant Jésus que j’y suis restée !"
"Je me sentais si bien là, devant Jésus, que j ’y suis restée". C’est Thérèse de l’Enfant Jésus, qui, accompagnant son père à la pêche, prie, sans le savoir, en attendant que les poissons mordent. C’est Angèle Merici qui sent que Dieu 1’attire à travers les lectures de son père et la paix de Sa présence.

- B. Elle s’est ménagé des retraits de la vie quotidienne
Suite aux lectures de son père ; les biographes d’Angèle nous disent qu’elle commença "toute jeune encore, à s’adonner à une vie sobre, pieuse (priante) et contemplative", à "se tenir à l’écart des gens, afin de pouvoir s’adonner davantage à la prière". (R 6v. G 9).
C’est l’âge où souvent l’enfant aime construire son royaume secret, sous une tente, dans un réduit de jardin, dans un sous-bois. Angèle Merici trouve une proximité avec Dieu. Parfois la nuit, elle se sent attirée à la prière, se relève et s’unit à son Dieu dans le silence. A Salò, au 18e siècle, on gardait le souvenir d’une petite chapelle au bord d’une source, dans les bois, chapelle dédiée à la "Madonna del Rio", où, disait-on, Sainte Angèle, alors âgée d’une vingtaine d’années, aimait se retirer pour y trouver son Dieu dans la solitude.
Un mystique orthodoxe contemporain raconte qu’un jour une femme hyperactive était venue le trouver en se plaignant de ne pas savoir prier. Il lui dit : "Madame, pouvez-vous tricoter ?" "Oui, de temps en temps j’arrive à tricoter". "Alors, arrangez-vous tous les jours à trouver un moment où vous vous trouvez seule, asseyez-vous et commencez à tricoter... Au bout d’un quart d’heure, regardez par la fenêtre, admirez les fleurs de votre jardin. Si vous n’en avez pas, prenez un livre avec de belles illustrations, admirez-les. Faites cela tous les jours, et au bout d’un certain temps, vous sentirez monter en vous une paix. Alors, vous commencerez à parler à Dieu, à Lui dire tout simplement ce qui vous monte au coeur. Alors, vous commencerez à prier". Il faut un certain retrait pour commencer à percevoir la présence de Dieu en nos vies.
Angèle elle-même confia à Romano qu’elle avait l’habitude, après une matinée de travail aux champs, lorsque ses compagnes se reposaient sur l’heure de midi, de se retirer à l’ombre d’un bosquet pour prier. C’est là, d’ailleurs, qu’elle recevra, à Brudazzo, une lumière particulière sur sa mission future de fondatrice.
Au temps de sa maturité, les témoins de sa vie parlent de ses matinées passées à l’Église, même des soirées, où dans le silence de la nuit, elle priait longuement son Dieu.

- C. Sainte Angèle Merici a cherché une structure portante pour soutenir sa prière

  • 1. Un groupement
    Jeune adulte, Angèle Merici a senti le besoin de se faire aider, de se faire guider dans les chemins de la prière. Elle choisit de s’affilier au Tiers-Ordre de Saint François, afin de pouvoir plus facilement "prier, jeûner, recevoir les Sacrements". Elle portait l’habit de Tertiaire, était appelée "Soeur" par ses contemporains, montrait ostensiblement son engagement dans une vie de foi affirmée.
    Lorsqu’au bout d’un an à Brescia, - elle était alors âgée d’une quarantaine d’années - elle eut terminé sa mission de consolation auprès d’une veuve, Caterina Patengola, Angèle décida de demeurer à Brescia, parce qu’elle pouvait "plus facilement y assister à la Messe, recevoir les Sacrements, écouter des sermons". On pourrait en déduire que la vie paroissiale de Desenzano souffrait peut-être de l’incompétence ou de l’absence du curé ! Toujours est-il qu’Angèle Merici choisit délibérément les circonstances de vie qui lui garantiraient un soutien sacramentel, un éclairage pour sa foi par les homélies.
  • 2. La beauté de la nature
    Angèle est à l’origine une terrienne. Elle a connu l’émerveillement devant la nature qui s’éveille à chaque printemps ; elle a prié en admirant le rivage de sable au bord de la mer, le ciel étoilé, les fleurs des champs, la pluie qui abreuve une terre asséchée. C’est au milieu de la nature, dans un champ au Machetto que Dieu se révèle. C’est dans un petit bois à Brudazzo, qu’Il lui confie une mission. Elle sait combien une nature paisible, émouvante dans sa beauté, peut nous rapprocher de Dieu.
    Une élève de classe terminale était partie à Taizé, pour "faire comme tout le monde". Elle a vécu les carrefours, les liturgies chantantes et recueillies d’une manière plutôt superficielle. Lors d’une après-midi libre, elle s’est réfugiée dans un champ, où elle a commencé par une bonne sieste. Au réveil, elle jouissait paisiblement du silence, de la beauté du paysage. Puis, doucement, elle prit conscience que cette nature était habitée par un Autre, par ce Dieu qu’elle était venu chercher et qu’elle n’avait pas encore trouvé. Sa présence s’est imposée à elle de plus en plus fortement, et elle s’est surprise à commencer à Lui parler. Elle sentait que Dieu l’attirait, qu’Il lui répondait mystérieusement par une paix nouvelle qu’elle n’avait encore jamais ressentie. La nature avait été pour elle une introduction à la prière.

- D. Angèle s’est nourrie de l’Écriture SainteAngèle pouvait lire, et ses biographes nous disent qu’elle lisait beaucoup, qu’elle y passait tout son temps libre. Ses Écrits sont émaillés de citations de l’Écriture Sainte, explicites, ou implicites. Elle avait longuement mûri dans la prière les paroles, les exemples de Jésus, si bien qu’elle arrivait à en parler, parfois en des exposés qui duraient une heure. L’Écriture avait forgé sa prière. Prendre un texte de Psaume, le répéter lentement, jusqu’à ce qu’il vive en nous, méditer une page d’Évangile, jusqu’à ce qu’elle nous devienne réelle et source de vie, voilà ce que son exemple nous apprend.
Nous trouvons aussi dans ses Écrits des références aux Pères de l’Église, preuve qu’elle avait assimilé leurs commentaires de 1’Écriture. Des livres de spiritualité sont pour nous comme des frères qui nous enseignent les chemins de la prière, si nous voulons bien les écouter et y être attentifs.

- E. Angèle a contemplé 1es mystères du Christ
Angèle Merici n’est pas livresque. Il lui faut voir, expérimenter. Si elle se rend en Terre Sainte, c’est pour mieux connaître le pays du Christ, vivre avec Lui ses différents mystères dans les lieux où Lui-même les a vécus. Nous savons que des troubles ophtalmologiques l’ont empêchée de voir clairement ces lieux, qu’elle y a passé en méditant dans son coeur, qu’au Calvaire, surtout, elle demeura de longues heures en prière, recevant une grâce fondatrice puissante, qui allait informer tout le reste de sa vie.
Deux fois, elle voulut retourner à Varallo, parce que là, en des chapelles différentes, les mystères de la vie du Christ étaient représentés par des statues en grandeur naturelle. Il lui fallait un support sensible à sa prière, lorsqu’elle aménagea un oratoire pour ses premières compagnes, elle y fit peindre des scènes d’Évangile, (l’Annonciation, la Nativité, Jésus au Temple, des scènes de la Passion) afin d’aider ses compagnes à bien se pénétrer de la vie et des exemples du Christ. Elle croyait en une catéchèse visuelle et active pour les stimuler à la prière. Son époque, d’ailleurs, est celle des grands peintres de la Renaissance qui ont orné des centaines d’églises en Italie de scènes de l’Évangile et de l’Ancien Testament. Nous avons parfois besoin de voir, de toucher pour mieux réaliser concrètement ce qui nous fait vivre.
Ainsi, nous nous trouvons devant un éventail très riche de différentes manières d’entrer en prière, à la suite de Sainte Angèle. Nous venons de parcourir rapidement comment elle a personnellement vécu différentes formes et diverses étapes de la prière, devant la beauté de la nature, à l’écart, dans la contemplation des mystères du Christ.
Nous pourrions nous arrêter là et nous poser la question :
Quelle est la forme qui m’attire ou qui m’aide, celle par laquelle Dieu se communique à moi, le créneau par lequel je Lui réponds plus facilement ?
Mais d’abord, laissons-nous instruire par Angèle et voyons quel est son enseignement sur la prière.

II- ENSEIGNEMENT D’ ANGELE SUR LA PRIERE
L’homme contemporain, avide d’efficacité, ne s’engage que lorsqu’il voit le bien fondé de son action, lorsqu’il est sûr d’un résultat. L’homme de la Renaissance était-il également avide de résultats ? Toujours est-il qu’Angèle nous donne plusieurs raisons pour nous inciter à nous mettre en prière :


- A. POURQUOI PRIER ?

  • 1) Pour répondre au besoin d’absolu en nous
    Rien ne peut remplacer dans nos coeurs ce besoin d’absolu que Dieu a inscrit Lui-même au plus profond de notre être. Si bien que, "par la prière, nous dit Angèle, on obtient de Dieu la grâce de la vie spirituelle" (R 5.4), celle qui nous élève au dessus d’une existence au ras du sol au niveau de nos instincts et de nos désirs. Il s’agit d’une vie, ce qui implique développement, progrès, créativité, avancée, sortie de la routine d’une existence quelconque...
  • 2) Parce que nous avons besoin de Dieu
    Angèle Merici affirme encore qu’il faut "toujours prier et d’esprit et de coeur à cause du besoin continuel que l’on a du secours de Dieu" (R 5,5). Et Dieu sait combien nous avons besoin de Lui dans les luttes de la vie quotidienne !
    • a) Les temps sont durs, incertains, Angèle affirme : "dans ces temps périlleux (pleins de dangers) et pestiférés (où le mal prolifère comme une épidémie mortelle et fulgurante), vous ne trouverez d’autre refuge qu’aux pieds de Jésus-Christ". (A 7, 17) Ne croirait-on pas qu’elle vit à notre époque ?
    • b) Les différents courants d’opinion nous laissent perplexes, parce que nous ne voyons pas clair, parce qu’il est tellement difficile de savoir comment exercer notre responsabilité de parents ! Alors, recommande-t-elle ; "Combien vous devez prier Dieu de vous éclairer, de vous diriger et de vous enseigner ce que vous avez à faire... (A Pr 7) Et elle ajoute, "Priez avec ferveur, car ainsi, sans aucun doute, Jésus-Christ sera au milieu de vous ; Il vous éclairera et vous instruira sur ce que vous aurez à faire." (T 11, 4-5)
      A ces indications Angèle ajoute des conseils sur la manière de prier... après le "pourquoi", le "comment prier".

B. COMMENT PRIER ?
Sainte Angèle Mérici se trouve devant un groupe dont les différences sociales, économiques, culturelles, religieuses sont contrastées. Pour répondre aux besoins de toutes, elle donne aussi bien des conseils simples et concrets que de grands principes de vie spirituelle. Elle recommande :
- de prier tous les jours (R 5, 15). Elle sait que c’est en priant que l’on apprend à prier, comme c’est en dansant qu’on apprend à danser
- d’être "empressé à la prière (R 5, 1), puisqu’il s’agit d’un rendez-vous avec quelqu’un qu’on aime, et à qui on doit tout.
- d’élever son esprit à Dieu c’est-à-dire, commencer par essayer de faire taire tout le vacarme intérieur qui nous habite, tout le cinéma que nous entretenons par nos pensées, nos souvenirs, nos projets, et nous mettre en silence devant Dieu.
- de conjuguer prière et renoncement, (R 5, 2-4). Elle suggère le jeûne, la forme de renoncement le plus en vogue à son époque, parce qu’on ne peut simultanément être en état de réceptivité et d’accueil vis-à-vis de Dieu, et en même temps tenir à quelque chose, qu’il s’agisse de l’avoir, du savoir ou du pouvoir. On ne peut avoir en même temps les mains ouvertes et fermées !
- de pratiquer aussi bien la prière vocale que spirituelle (R 5, 5-8), parce que la prière vocale nous prédispose à la prière intérieure. Qui n’a pas fait l’expérience de lire et de relire lentement un Psaume, un texte d’Evangile ou autre, puis de prendre conscience de la richesse intérieure de tel ou tel mot ou de tel verset ? Comme prière vocale elle propose les Psaumes, l’Office, la récitation du Pater et de l’Ave.
- de suivre un modèle, un maître de prière Elle propose celui d’Anne, qui perdit son mari après sept années de mariage, et qui décida de demeurer le reste de sa vie au Temple, une longue vie, car elle avait déjà 84 ans. Anne avait donc passé plus de 60 ans au service du Seigneur, dans le jeûne et la prière, et elle finit par LE VOIR ! N’est-ce pas tout un programme ? Persévérer dans la prière, jusqu’à ce qu’enfin il nous soit donné de percevoir la présence de Dieu en nous, autour de nous ?
Après avoir écouté les conseils d’Angèle sur la prière, il nous reste - et ce sera notre troisième point - à pénétrer dans la prière même d’Angèle, celle qu’elle nous a laissée comme modèle et source d’inspiration. Cette prière contient à peu près toutes les attitudes de prière que nous pouvons connaître face à Dieu, aux autres et à nous-mêmes. Nous verrons la prière face à Dieu.

III. LA PRIÈRE D’ANGÈLE, UN MODÈLE DE PRIÈRE (R 5)
Quand nous nous mettons en prière, nous prions pour nous- mêmes, ou pour les autres, ou bien nous restons tout simplement devant Dieu pour l’adorer, le remercier, le louer. Comment Angèle a-t-elle vécu ces différentes manières de prier ?
- A. Prière pour le pécheur que je suis
Angèle avoue qu’elle n’est pas une sainte toute faite. Elle a connu, comme nous des hauts et des bas et elle le dit très franchement.
Elle a connu :

  • le mangue de lumière : "0 mon Seigneur, illumine les ténèbres de mon coeur" (R 5, 16).
  • le manque de constance : "Affermis mes affections et mes sens pour qu’ils ne vacillent ni à droite ni à gauche, et ne me détournent pas de ta Face lumineuse" (R 5, 18-19).
  • la honte devant les tendances au mal qu’elle reconnaît en elle : "Je vois en moi tant d’égarements, de laideurs et d’infamies. Je suis donc forcée, jour et nuit, en mouvement, au repos, au travail, en réfléchissant, de lancer des cris vers le Ciel en demandant miséricorde." (R 5, 21-22).
  • la lenteur à accepter la volonté de Dieu sur elle : "J’ai grande peine d’avoir tant tardé à me mettre au service de ta divine Majesté. Je n’ai pas été obéissante à tes divins préceptes." . (R 5, 27-29)
  • le manque de générosité dans l’épreuve : "Toute adversité m’a été amère à cause de mon peu d’amour pour Toi". (R 5, 30)

Et elle s’adresse au Seigneur avec confiance, humblement, simplement, avec l’assurance qu’Il va l’aider à surmonter ses faiblesses :

  • Il est, dit-elle, "ma seule vie, mon unique espérance". (R 5, 35) Elle a connu dans sa jeunesse une situation de catastrophe : perte de ses parents, transplantation dans un tout autre milieu, séparation de ses frères aînés.
    Combien de fois n’a-t-elle pas répété au Seigneur, qu’Il était pour elle "sa seule vie, son unique espérance" ?
  • Ses affections instables, elle demande au Seigneur de les recevoir et de lui donner un coeur brûlant d’amour, des affections brûlées "dans la fournaise ardente de son divin amour..." (R 5, 36-37)
  • Cette liberté qui hésitait devant les choix à faire pour entrer dans la volonté du Père, elle la lui offre, ainsi que "chacune de ses pensées, paroles et actions (R Sri 38-40)". Elle se met tout entière devant Lui, telle qu’elle est, s’acceptant telle qu’elle est, mais acceptant aussi que le Seigneur l’enveloppe de son amour puissant et miséricordieux.

B. Prière de louange
Au milieu de sa prière, où elle se reconnaît si vivement pécheur, Angèle se ressaisit, sort d’elle-même et s’exprime dans une joyeuse louange : "ton saint Nom, béni soit-il au dessus du sable de la mer, au-dessus des gouttes des eaux, au-dessus de la multitude des étoiles". (R 5, 26). Cela peut nous arriver aussi de nous émerveiller soudain devant la création.

CONCLUSION :
LA PRIÈRE DE L’ESPRIT EN NOUS

Le grand Maître de prière, c’est l’Esprit Saint. Tous les "pourquoi", les "comment" de la prière s’effacent devant Lui. C’est Lui qu’Angèle a écouté, par Lui qu’elle s’est laissée former à la prière. La prière répandue dans nos coeurs et qui crie "Abba, Père", c’est Lui. La prière continuelle en nous - et je rejoins ici ce qu’Angèle a dit sur la prière continuelle - c’est Lui. La prière qui se concrétise dans "les conseils et les inspirations qu’Il envoie continuellement au coeur", c’est Lui. L’Esprit Saint est celui dont "nous entendrons d’autant plus clairement la voix que nous aurons la conscience plus purifiée et plus nette" (R 8,14-15), nous dit Sainte Angèle Merici.
C’est Lui que nous écouterons maintenant, dans ce temps de réflexion et d’intériorisation auquel nous sommes conviés.

A Quimperlé,
Sœur Marie Seynaeve
Ursuline de l’Union Romaine

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