Bouton Menu Mobiles

Accueil > Prier > Liturgie > Semaine Sainte > Présentation du Jeudi Saint

Présentation du Jeudi Saint

La célébration du lavement des pieds existait dans beaucoup de communautés monastiques.
On la trouve chez les moines irlandais au IVème siècle, puis il est passé en Angleterre.
Le Jeudi saint, le roi Édouard d’Angleterre en 1320 lavait les pieds à cinquante hommes pauvres.
Les rois de France lavaient eux aussi les pieds à douze pauvres.

Cette cérémonie est appelée, dans le cérémonial des évêques, "mandatum" mot latin qui signifie commandement, parce que Jésus a dit en lavant les pieds de ces disciples "Je vous donne un commandement nouveau".

Ce jour commémore le dernier repas que prit Jésus avec ses disciples, la Cène, puis l’abandon des Apôtres et la trahison de Judas. Les célébrations qui se déroulent pendant cette journée illustrent ces deux événements : un office des Ténèbres qui marque l’entrée dans la nuit de la mort, une messe longue et triomphale où l’Eucharistie, ce trait d’union laissé par Jésus avant de disparaître, est fêtée, puis la mise à nu de l’église, le dépouillement du deuil.

L’office des Ténèbres.
Pendant les trois derniers jours de la Semaine sainte, l’église est plongée dans les ténèbres : on place dans le sanctuaire un chandelier triangulaire sur lequel sont disposés quinze cierges. Ils sont éteints successivement pour symboliser l’abandon des apôtres. Seul celui du sommet reste allumé. Il représente Jésus-Christ et sa résurrection.

La messe du jeudi Saint.
Jadis trois messes solennelles étaient célébrées, et la première était précédée de l’absolution des pénitents publics. Ils se pressaient aux portes de l’église, en vêtements négligés, la barbe et les cheveux en broussaille. Depuis le mercredi des Cendres, ils ne s’étaient ni lavés ni rasés. Ils se tenaient prosternés au seuil de l’église. Pendant ce temps, à l’intérieur, l’évêque récitait les sept psaumes de pénitence, puis venait s’asseoir au milieu de l’église. Tous les officiants avaient revêtu des ornements rouges. L’archidiacre exhortait d’abord les pénitents à se repentir, puis l’évêque apparaissait aux portes de l’église et les incitait à son tour au repentir. Il les menait à l’intérieur de l’église où tous se prosternaient. Tous les pénitents allaient se revêtir de vêtements de fête pour assister à la messe et y communier avec les autres fidèles. A Rome, l’absolution des pénitents avait été remplacée par la bénédiction papale, donnée de la loggia de Saint-Pierre, puis elle fut déplacée à Pâques.

La seconde messe était réservée à la consécration des saintes huiles destinées aux baptêmes de Pâques et de toute l’année nouvelle.

Pour la troisième messe, tous les officiants revêtaient des ornements verts, ce qui explique qu’en Allemagne ou qu’en Alsace le jeudi saint soit appelé jeudi vert. Cette messe est la seule qui ait subsisté. C’est l’une des plus solennelles de l’année : les ornements sont blancs et les signes de deuil ont disparu. Au cours de la messe se déroulent des rites inhabituels. Dès après le Gloria, les cloches arrêtent de sonner et sont remplacées par des crécelles ou des battoirs de différentes formes : " Les enfants étaient chargés d’agiter des crécelles pendant l’office. Ils en profitaient naturellement pour faire résonner ce bruit sec pendant beaucoup plus de temps qu’il ne l’aurait fallu. En Pologne, il y a aussi de grandes crécelles, comme des roues de bicyclettes, que l’on fait rouler devant soi. On faisait le tour de l’église, à partir du Vendredi saint avec ces grandes crécelles ; et là encore, c’était surtout les enfants qui s’en chargeaient" (récit polonais).
Après la messe, l’église change de visage. Les autels sont dépouillés de leurs ornements, le tabernacle est vide, l’église est comme morte ; ne résonnent plus jusqu’au samedi que les cliquetis des crécelles.

Le lavement des pieds du jeudi saint.
Cette cérémonie qui reproduit le geste de Jésus lavant les pieds des Apôtres est très ancienne. Dès les premiers temps du christianisme, elle était célébrée par tous, pauvres ou riches. Des premiers chrétiens, cette pratique passa dans les organisations monastiques et parmi les divers ordres anciens, il en est plusieurs, notamment les bénédictins, qui l’ont conservée jusqu’à ce jour. En Irlande, où la vie monastique s’organisa très tôt pour rayonner ensuite sur l’Angleterre et sur le continent, le lavement de pieds antérieur à la Pâque est certifié dès le 4ème siècle. Au 6ème siècle, il était exécuté le jeudi saint par saint Brendan et ses moines ; au 8ème siècle, il est décrit par le poète théologien Alcuin. Ensuite le " Mandatum novum " s’imposa même aux rois et aux reines d’Angleterre : en 1320, le roi Edouard lava les pieds de cinquante hommes pauvres ; en 1381, Edouard III ajouta des dons en nombre égal à celui des années du souverain ; en 1572, Elisabeth I fit organiser une cérémonie compliquée pour trente-neuf femmes pauvres ; en 1616, le roi Jacques, âgé de cinquante-deux ans, essuya et baisa les pieds lavés d’autant d’hommes pauvres. En 1736, la cérémonie fut supprimée à la cour, mais à chaque " Maundry Thursday " (jeudi de la lessive), l’abbaye de Westminster continue à distribuer les aumônes prescrites. Des coutumes plus ou moins semblables existèrent dans toutes les cours des princes catholiques. (Van Gennep, Manuel de folklore contemporain.) Les rois de France lavaient eux aussi les pieds à douze pauvres, puis les servaient à table, accompagnés de leurs principaux officiers. Aujourd’hui, à Rome, le souverain pontife lave les pieds à douze prêtres, et dans de nombreuses églises, l’évêque ou les prêtres, tête nue, après s’être ceints d’un linge, font de même .

Extrait du site de l’Eglise orthodoxe d’Estonie

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?

Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.