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Première rencontre de Marie Guyart avec le Christ

Comment Dieu m’a prévenue dès mon enfance pour m’attirer entièrement à lui dans les voies de son amour.

Aquarelle - Québec

« Dès mon enfance, la divine Majesté voulant mettre des dispositions dans mon âme pour la rendre son temple et le réceptacle de ses miséricordieuses faveurs, je n’avais qu’environ sept ans, qu’une nuit, en mon sommeil, il me sembla que j’étais dans la cour d’une école champêtre, avec quelqu’une de mes compagnes, où je faisais quelque action innocente. Ayant les yeux levés vers le ciel, je le vis ouvert, et Notre-Seigneur Jésus-Christ, en forme humaine, en sortir, et qui par l’air venait à moi, qui, le voyant, m’écriai à ma compagne : « Ah ! Voilà Notre-Seigneur ! C’est à moi qu’il vient ! » Et il me semblait que, cette fille ayant commis une imperfection, il m’avait choisie plutôt qu’elle, qui était néanmoins bonne fille. Mais il y avait un secret que je ne connaissais pas. Cette suradorable Majesté s’approchant de moi, mon coeur se sentit tout embrasé de son amour. Je commençai à étendre mes bras pour l’embrasser. Lors, lui, le plus beau de tous les enfants des hommes, avec un visage plein d’une douceur et d’un attrait indicibles, m’embrassant me dit : « Voulez-vous être à moi ? » Je lui répondis : « Oui. » Lors, ayant ouï mon consentement, nous le vîmes remonter au ciel.

Après mon réveil, mon coeur se sentit si ravi de cette insigne faveur que je la racontais naïvement à ceux qui me voulaient écouter. Surtout les paroles de Notre-Seigneur me demeurèrent tellement imprimées dans l’esprit qu’elles n’en sont jamais sorties… L’effet que produisit cette faveur fut une pente au bien... Je me sentais attirée à traiter de mes petits besoins avec Notre-Seigneur : ce que je faisais avec une très grande simplicité, ne me pouvant imaginer qu’il eût voulu refuser ce qu’on lui demandait humblement. C’était pourquoi, étant à l’église, je regardais ceux qui priaient et leur posture, et lorsque j’en reconnaissais selon cette idée, je disais en moi-même : « Assurément, Dieu exaucera cette personne, car en sa posture et en son maintien elle prie avec humilité. » Cela faisait impression sur mon esprit, et je me retirais parfois pour prier, poussée par l’esprit intérieur, sans toutefois savoir ni penser ce que c’était qu’esprit intérieur, n’en sachant pas seulement le nom. Mais la bonté de Dieu me conduisait comme cela...

J’avais dès lors une grande inclination à la vertu. En particulier, j’aimais tant les pauvres que c’étaient ceux-là avec qui je me plaisais le plus. Ils me faisaient tant de compassion que je me fusse donnée pour eux. Cela me faisait commettre de grandes imperfections, parce que tout ce que je leur pouvais donner du logis de mon père, je le leur donnais, et j’ai fait en cela de grands excès, mais je pensais bien faire... Je ne saurais dire comme je les aimais, et le ressentiment que j’avais quand on leur refusait l’aumône m’était fort sensible. J’avais les mêmes sentiments pour les malades que je servais autant que mes forces se pouvaient étendre. Il ne m’ennuyait jamais avec eux…
Tout le bien que je voyais, je le faisais, même sans me faire violence, parce que la douceur de l’attrait de l’Esprit de Dieu m’était incomparablement plus suave que tout ce que je voyais ailleurs. »

Le Témoignage de Marie de l’Incarnation. Dom Jamet 1, 1 pages 1-3

Quelques pistes pour faciliter la lecture de ce texte du XVII siècle

Observer les mots et expressions que Marie utilise pour parler du Seigneur et de son action.
Qu’est-ce qui m’apparaît et me touche ?

Observer comment Marie réagit, ce qui marque sa réponse.

Observer les effets de cette rencontre. Quels sont-ils ?
En quoi voit-on qu’ils sont fruits de ce dialogue ?

Ce que Marie nous apprend

L’initiative de Dieu
Dieu a mille et une manières de nous rejoindre. C’est toujours lui qui a l’initiative, il s’approche de nous et prend le chemin qui nous est le plus approprié, en fonction de notre âge, de qui nous sommes.
Le désir de son cœur ? Se donner. Alors il nous prépare, comme le dit Marie, pour être le « temple et le réceptacle de ses miséricordieuses faveurs ».
Son action est pleine de douceur. Jamais il ne force mais il manifeste un profond respect de la personne et de sa liberté : « Voulez-vous… ? » Il sollicite notre consentement.
La réponse
Marie s’émerveille et le cœur « tout embrasé de son amour », tend les bras et répond d’un simple mot « Oui ». Toute sa vie est là, exprimée dans une grande sobriété et plénitude. Son oui, elle le déclinera tout au long de sa vie, jour après jour.
Deux libertés se sont rencontrées. Une alliance…
Les effets
Désormais, la vie de Marie s’en trouve changée.
Elle est attirée intérieurement vers la prière. Marquée profondément par la bonté et la douceur du Seigneur, Marie est habitée par une grande confiance et lui parle simplement de ce qui fait sa vie, si bien qu’elle prie sans même le savoir. Sa vie passe tout entière dans ce dialogue du cœur. Ouverte, Marie se laisse conduire par l’Esprit Saint.
Cette alliance passée entre le Seigneur et Marie la pousse à se tourner vers les autres. Nous sommes loin d’un service dans le renoncement et le devoir ! C’est l’amour qui la conduit.
L’Amour appelle et suscite l’amour.

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