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Message d’éternité

Sainte Angèle et son message d’éternité

Ce fut à la sortie de l’enfance ou pendant son adolescence qu’Angèle reçut une intuition très forte de la vie éternelle. La mort de sa sœur aînée fut pour elle un véritable choc, comme pour tout enfant confronté pour la première fois à la brutalité de la mort. Ce qui tourmentait la jeune Angèle, ce n’était pas l’absence irrémédiable de sa sœur, mais le désir de la revoir dans l’au-delà, et donc un besoin de certitude par rapport à l’éternité. Nous savons, d’après ses propres confidences à Antonio Romano et à Agostino Gallo, comment Dieu a répondu à ce désir, et cela par deux fois.

Elle était en train de travailler dans les champs à Machetto, à environ 1 kilomètre des Grezze, lorsqu’elle fut brusquement arrêtée ; elle vit sa sœur lui apparaître, environnée de lumière et rayonnant de joie céleste, pour lui donner l’assurance de l’éternité et l’encourager à continuer dans la voie qu’elle avait choisie, celle de la prière, du renoncement et de la fidélité aux attentes de Dieu sur elle.

Une deuxième certitude luit fut donnée au début de l’âge adulte, lorsque, de retour à Desenzano, elle s’adonnait aux travaux de la moisson à Brudazzo. Elle s’était éloignée de ses compagnes à l’heure de la sieste, pour prier. Elle vit sa sœur réapparaître au milieu d’une foule de jeunes filles et d’anges, mais cette fois-ci, la sœur était porteuse d’un message prophétique : Angèle était appelée à fonder un nouvel institut de femmes consacrées.

Peut-être y a-t-il eu d’autres expériences mystiques dans la vie d’Angèle. Nous l’ignorons, car elle s’est montrée habituellement très réservée sur sa propre vie spirituelle. Dans ses Ecrits, cependant, nous trouvons un écho de ses convictions fermes par rapport à la béatitude éternelle. Elle nous invite d’abord à un grand désir du ciel, car après les difficultés inhérentes à la vie terrestre, nous y trouverons la joie. Ensuite, elle précise les attitudes intérieures qui nous préparent à l’au-delà. Enfin, elle affirme que Jésus nous y attend, qu’elle y sera aussi, et qu’elle reste présente parmi nous pour nous aider à y parvenir.

1. Le désir du ciel

L’époque d’Angèle, comme la nôtre, était caractérisée par de la violence, par des changements de civilisation, par des catastrophes naturelles. Angèle veut nous rassurer : cela ne dure qu’un moment.

Certes, elles rencontreront parfois des tribulations ou des difficultés ; mais cela passera vite et se changera en allégresse et en joie. Et puis, la souffrance de ce monde est un rien par rapport aux biens qui sont en paradis (Av 5, 29-30).

En conséquence, elle recommande de regarder plus loin que nos difficultés journalières :

Qu’elles placent en haut leurs espérances, et non pas sur la terre (Av 5, 42).

Surtout, Angèle nous invite à désirer ce temps de joie sans fin, qui nous rassemblera tous ensemble.

Bienheureux sont ceux à qui Dieu aura … donné l’inspiration de désirer ardemment leur patrie céleste, et qui chercheront ensuite à conserver en eux-mêmes cette voie de vérité et ce bon désir (R Prol. 12).
Veuillez aller visiter vos chères filles et sœurs,… les inviter à désirer les allégresses et les biens célestes, à soupirer après ces fêtes joyeuses et nouvelles du ciel, ces bienheureux et éternels triomphes (Avis 5, 1, 3).

Toutefois, le simple désir ne suffit pas. Il faut qu’il soit étayé par le choix des moyens qui y conduisent. Angèle ne craint pas de se montrer exigeante sur ce point.

2. Les attitudes intérieures qui nous préparent à l’éternité.

Angèle insiste d’abord sur la fidélité, une fidélité au projet de Dieu sur nos vies, par l’accomplissement de nos devoirs, particulièrement à l’égard de ceux et celles dont nous sommes responsables.

… attendre la grande récompense que Dieu vous a préparée si vous vous efforcez, chacune de votre côté, d’être fidèles et pleines de sollicitude pour celles qui vous ont été confiées(Avis Prol 5- 6).

Pour entrer dans cette voie de fidélité, avec la souplesse et l’accueil intérieur que nécessite une adaptation constante aux situations fluctuantes de notre société, nous avons un grand allié, l’Esprit Saint.

Si vous observez fidèlement toutes ces choses et d’autres semblables, comme le Saint-Esprit vous le dictera selon le temps et les circonstances, réjouissez-vous, continuez bon gré : voici qu’une grande récompense sera préparée pour vous (Dern Legs, 14-15).

Avec l’aide de l’Esprit Saint, nous pourrons être fermes et stables, de cette fidélité qui nous prépare aux joies du « bon et fidèle serviteur, entré dans la joie de son Maître ».

Et vous leur direz la bonne nouvelle que je leur annonce de la part de Jésus-Christ et de la Madone : combien elles doivent jubiler, et faire fête, puisque dans le ciel est préparé pour toutes et pour chacune, une à une, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse, pourvu qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution (Av 5, 24-26).

Enfin, Angèle souligne que cette fidélité se résume en l’imitation du Christ. En le suivant, nous ne risquons pas de nous tromper de chemin, car Il est, Lui,

Jésus Christ, l’unique voie qui mène au ciel (R 4, 4)

.

3. Jésus-Christ nous attend auprès de Lui.

Angèle en a la certitude : l’entrée dans la vie éternelle n’est pas une plongée dans une sorte de nirvana, de grand vide paisible, où sont exclues les souffrances de ce monde. Pour elle, il s’agit plutôt d’une grande réunion de famille, où nous serons accueillis ave joie, chaleur et enthousiasme.

Lorsque j’étais à Tournai, une femme très simple, mais bonne et dévouée, qui travaillait pour la communauté, perdit son père. C’était un brave homme que j’avais eu l’occasion de rencontrer ; il s’occupait de son jardin, fumait sa pipe, et de temps en temps allait faire une visite à l’église toute proche de sa maison. Alors que ses enfants entouraient son lit de mourant, son visage s’est illuminé. Il fixait un coin de la pièce et disait tout haut : « Je vous vois tous, Flore (c’était sa femme), papa, maman, tous mes amis. Vous venez me chercher ? Que je suis heureux ! » Ensuite, il parut tout déçu. « Oh, je ne les vois plus ; ils sont tous partis ! ». Puis, quelque temps après, son visage s’est éclaire à nouveau : « Jésus, tu es là aussi. Et je vois la Vierge Marie. Et vous êtes contents de moi ! Quel bonheur, que je suis heureux ! » et sur cette parole, il cessa doucement de respirer. Et sa fille de me dire dans la suite : « Nous ne pouvions pas pleurer autour de lui ! Il y avait une telle joie qui émanait de sa personne, que cela nous mettait aussi dans la joie ».

Pour Angèle, la perspective d’éternité est source de joie, car Jésus-Christ s’y trouve.

Il faut le chercher non pas ici, en ce monde, mais au plus haut des cieux, à la droite du Père (Av 5, 43).
Lui, dont la lumière et la joyeuse splendeur de vérité nous environneront au moment de la mort, et vous libéreront des mains de l’ennemi (Dern. Legs 20-21).

Elle entrevoit tout un cortège, où Jésus-Christ, accompagné de celles qui sont déjà passées sur l’autre rive, vient nous chercher pour nous admettre en sa lumière.

Que Jésus-Christ… la conduise à la gloire céleste avec les autres vierges, couronnée de la couronne virginale toute d’or, éblouissante de lumière (R 11, 35-36).

La « couronne » peut nous paraître anachronique. N’oublions pas l’importance de la couronne dans la culture de la Renaissance. Elle était un symbole de joie, car les femmes portaient une couronne de fleurs ou de bijoux lors des fêtes et des banquets. Elle était aussi l’apanage des grandes : la forme de la couronne indiquait le rang auquel ils étaient parvenus. Y a-t-il une grandeur plus haute que celle d’être admis dans l’intimité du Père, de Fils et de l’Esprit, et cela pour toujours ?

4. Angèle présente parmi nous.

Angèle fait un pas de plus. Non seulement elle promet de nous accueillir dans l’au-delà, mais elle nous assure de sa présence, créant ainsi un pont mystérieux entre le ciel et la terre. Et cette présence sera éminemment active. Elle nous promet son aide ; elle nous assure de son affection, de sa prière. Elle nous encourage, en promettant d’appuyer nos prières :

Sachez-le, maintenant je suis plus vivante que si j’étais en cette vie ; et je vois mieux, j’aime et j’apprécie davantage les bonnes actions que continuellement je vous vois faire, et à présent je veux et je peux davantage vous aider et vous faire du bien de toutes sortes de manières (Av Prol, 23-25).
Vous leur direz encore que, maintenant, je suis plus vivante que je ne l’étais quand elles me voyaient corporellement, et que maintenant je les vois et les connais mieux. Et que je puis et veux les aider plus encore. Et que je suis continuellement au milieu d’elles avec Celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes, pourvu qu’elles croient, et ne perdent par le courage et l’espérance (Av 5, 35-39).
Et moi, je serai toujours au milieu de vous, aidant vos prières (Av 5, 32).

Ainsi, nous sommes assurés que nous ne sommes pas seuls. Jésus-Christ nous accompagne et Angèle elle-même, comme une sœur aînée, nous montre le chemin. Elle nous encourage par la fermeté de sa foi et de son espérance en la vie éternelle. Surtout, elle promet d’être là, près de nous, ici-bas et dans l’au-delà.


Sœur Marie

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