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Marie Guyart et les sacrements

De ma dévotion aux saints sacrements et du fruit que j’en retirais

Cathédrale - Tours

La divine Majesté… me fortifia l’esprit intérieur et me donna une grande inclination à la fréquentation des sacrements. J’avais pour lors environ dix-huit ans. Cette fréquente approche me donnait un grand courage et une grande suavité en l’âme, une foi très vive qui établissait en moi une ferme créance des divins mystères...
 

Cette foi vive me faisait opérer plusieurs bonnes oeuvres et engendrait en mon âme un esprit d’oraison qui perfectionnait ce que j’avais de bon en moi par les grâces et faveurs que j’avais reçues au précédent. Je n’avais plus de coeur ni d’esprit que pour le bien : tant plus j’approchais des sacrements, plus j’avais désir de m’en approcher, parce que j’expérimentais que dedans eux je trouvais ma vie et tout mon bien et un attrait à l’oraison. Et j’eusse voulu que toutes les personnes avec lesquelles Notre-Seigneur m’avait mise eussent eu l’amour pour cette fréquence… je savais que par le sacrement de confession l’on était lavé par le Sang de Jésus-Christ, et aussi qu’il fallait très exactement s’acquitter des pénitences enjointes : ce qui me faisait parler et exhorter ces personnes-là pour ce qu’elles tâchassent de faire ce qui était requis en ce point… Une fois que je me trouvais au pied de l’autel de Notre-Dame, je vis si clairement, par une lumière intérieure, l’importance de se bien confesser et j’eus une persuasion si forte qu’il me fallait le faire, que je n’en pouvais douter du tout. Alors je me disposai pour aller à confesse..., j’en ressortais toujours avec une plus grande dévotion et inclination au bien et à la vertu, et espérance et confiance en la bonté de Dieu…

L’une des choses qui m’a aussi beaucoup servi pour l’esprit de dévotion a été les cérémonies de l’Eglise, lesquelles dès mon enfance attiraient puissamment mon esprit. Je trouvais cela si beau et si saint que je ne voyais rien de semblable. Etant devenue plus grande et capable de concevoir leur signification, mon amour s’augmentait ensuite de l’admiration qu’avait eue mon esprit, voyant la sainteté et la majesté de l’Eglise. Cela augmentait aussi ma foi et me liait à Notre-Seigneur d’une façon tout extraordinaire. Je m’épanchais en actions de grâces de ce qu’il lui avait plu me faire naître de parents chrétiens et de ce qu’il m’avait appelée à la vocation de fille de l’Eglise. Plus j’avançais en connaissance, plus j’avais de touches et d’amour pour ces saintes cérémonies de l’Eglise… J’avais une si vive foi pour tout ce que l’Eglise fait, qu’il semblait que c’était ma vie et mon aliment…

Toute mon occupation était dans l’intérieur, touchant ce que je voyais et entendais. En une occasion d’une procession du très saint Sacrement, mon coeur et mon esprit étaient si ravis en Dieu au sujet de ce sacrement d’amour, que je ne voyais pas à me conduire. J’avais la vue couverte, en sorte que je marchais au hasard et comme une personne qui a trop bu. Je ne sais si on s’en apercevait et ce qu’on en pouvait penser. En cet état où, par la réflexion que je faisais quelquefois sur moi-même, je sentais que Dieu se rendait si absolument le maître de mon coeur, je pensais être dans la voie de la vraie dévotion, parce que je ne savais pas qu’il y en eût d’autre que de prier Dieu, le servir en fréquentant les sacrements et ne commettre pas de péchés à son escient… [mais] il voulait de moi une pureté que je ne connaissais pas, non plus que la fin pour laquelle il la voulait.

Le témoignage de Marie de l’Incarnation. Dom Jamet. I ; 3. Pages 6 -11

Quelques pistes pour faciliter la lecture de ce texte du XVII siècle

Que nous dit Marie de l’incarnation de sa manière d’approcher les Sacrements, la Liturgie
Que nous dit-elle d’essentiel concernant la Liturgie ? les sacrements de Baptême, de Réconciliation, d’Eucharistie ?
Quels sont, pour elle, les fruits de la fréquentation des Sacrements ?

Ce que Marie nous apprend

Les sacrements : rencontres du Christ
Marie, à l’écoute des mouvements de son cœur, perçoit l’invitation du Seigneur : « La divine Majesté me donna une grande inclination à la fréquentation des sacrements ». Elle se laisse attirer par la beauté des cérémonies et toucher par la sainteté de l’Eglise ; elle y participe de manière active : « Toute mon occupation était dans l’intérieur, touchant ce que je voyais et entendais ». Les mots qu’elle utilise : « approche », « désir », nous montrent qu’elle les vit comme une rencontre où, dans la foi, se concrétise l’amour du Seigneur. Parce qu’elle se laisse toucher intérieurement, elle expérimente que les sacrements réalisent ce qu’ils signifient : « appelée à la vocation de fille de l’Eglise » par le Baptême, « lavée par le sang de Jésus-Christ » par le sacrement de Confession, « coeur et esprit ravis en Dieu » dans « ce sacrement d’amour » qu’est l’Eucharistie.

Les sacrements et leurs fruits
Loin de vouloir tout dire sur les sacrements, elle nous en parle à partir de ce qu’elle expérimente : « J’expérimentais que dedans eux je trouvais ma vie et tout mon bien et un attrait à l’oraison ». La liste des fruits qu’elle nous donne est longue : courage, suavité dans l’âme, foi très vive, inclination au bien et à la vertu, bonnes œuvres, esprit d’oraison, espérance et confiance en la bonté de Dieu etc.
Sa foi est vivifiée  : « Cela augmentait aussi ma foi et me liait à Notre-Seigneur d’une façon tout extraordinaire ».
Sa prière est nourrie  : « J’avais une si vive foi pour tout ce que l’Eglise fait, qu’il semblait que c’était ma vie et mon aliment ».
Sa vie est habitée  : « Je sentais que Dieu se rendait si absolument le maître de mon cœur ».

Les sacrements : sources de vie apostolique
La foi qu’elle reçoit prend corps dans toute sa vie : « Cette foi vive me faisait opérer plusieurs bonnes oeuvres et engendrait en mon âme un esprit d’oraison ».
Ce qui lui est donné, elle est poussée à le partager afin que grandisse le Corps du Christ : « J’eusse voulu que toutes les personnes avec lesquelles Notre-Seigneur m’avait mise eussent eu l’amour pour cette fréquence », elle les « exhorte » à la conversion comme le Seigneur la conduit elle-même pour travailler à son Royaume : « Il voulait de moi une pureté que je ne connaissais pas, non plus que la fin pour laquelle il la voulait ».

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