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Place des pèlerinages

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La place des pèlerinages dans la vie de Sainte Angèle Merici

Sainte Angèle Merici a passé plus d’un an de sa vie en pèlerinages. Entre 1516, l’année de son arrivée à Brescia, et 1535, celle de la fondation de la Compagnie, elle s’est rendue en pèlerinage environ un jour sur vingt. C’est dire l’importance à ses yeux de ces longues routes arpentées dans un but spirituel.

Si aujourd’hui les pèlerinages organisés vers les hauts lieux de prière de la chrétienté sont de plus en plus fréquents, ils n’ont qu’une ressemblance très lointaine avec les pèlerinages du 16e siècle. Ceux-ci se pratiquaient dans l’inconfort et le danger : l’inconfort d’abord, celui des longues routes à pied ou sur une monture louée, avec l’incertitude du logement, laissé parfois au hasard de la volonté, bonne ou mauvaise, de l’habitant ; précarité de l’approvisionnement en eau et en nourriture, dépendance des caprices du climat. Des dangers aussi : ceux des brigands, qui, pour le prix d’une bourse, laissaient leurs victimes souvent moribondes au bord de la route après les avoir poignardées ou assaillies de coups.

Les voyages sur mer étaient particulièrement dangereux, surtout à cause des pirates et de la flotte turque qui, d’année en année, assiégeait, puis dominait les pourtours de la Méditerranée. Elle confisquait les navires et leur chargement, après avoir maltraité, emprisonné, assassiné‚ ou livré en esclavage les malheureux matelots et voyageurs. En 1522 Soliman dit "le Magnifique »traversa les Balkans et s’empara de Belgrade. La même année, il conquit l’Ile de Rhodes, puis Lépante, suivie de Durazzo (aujourd’hui Durrès en Albanie), menaçant ainsi sérieusement le commerce de la République de Venise.
Quel était l’attrait de ces pèlerinages pour stimuler ainsi des centaines de Chrétiens vers une aventure dont certains ne revenaient pas ? Deux aspects caractérisaient ces voyages, celui de la dévotion et celui de la pénitence. La dévotion aux Lieux Saints de Palestine, aux reliques des saints à Rome, à Saint Jacques de Compostelle, à Saint Martin de Tours et à d’autres lieux encore, exerçait un attrait indéniable. Le pèlerinage, en groupe plus ou moins nombreux, renforçait le lien communautaire et ecclésial, donnait l’occasion d’enrichir son expérience, mais aussi de raviver sa foi. La perspective des indulgences à gagner, ces indulgences qui avaient tant de poids dans la vie religieuse du temps, stimulait les gens hardis à se mettre en route.
La pénitence était un autre motif pour entreprendre ces voyages hasardeux. Pour expier leurs fautes, les grands pécheurs se voyaient parfois imposer un pèlerinage. Ils voyageaient munis de lettres pénitentielles qu’ils devaient présenter aux autorités ecclésiastiques du lieu indiqué. Non seulement ces lettres servaient de sauf-conduit, mais elles permettaient de vérifier, au retour, si toutes les obligations prescrites avaient bien été remplies.
C’est dans ce contexte que nous allons considérer les cinq pèlerinages effectués par Sainte Angèle Merici pendant ses vingt premières années de présence à Brescia. Ce sera l’objet de notre première partie. Ensuite, nous essayerons de préciser l’esprit dans lequel elle les a accomplis. Enfin, nous en tirerons quelques conclusions sur l’esprit du pèlerinage, pour nous, à la suite d’Angèle Merici, aujourd’hui.


1. Sainte Angèle Merici, pèlerine

Mantoue - 1522
Le premier pèlerinage se situe quelque temps après l’arrivee d’Angèle Merici chez Romano, en 1522, selon Faino, un de ses biographes. La ville se trouve à une soixantaine de kilomètres de Brescia, donc à deux ou trois jours de voyage. Angèle voulait aller vénérer en l’église Saint-Dominique à Mantoue, le tombeau d’une sainte femme qui portait le nom réjouissant d’Osanna Andreasi. Née en 1449 de Nicola Andreasi et d’Agnès Gonzague, elle fut gratifiée de dons extraordinaires dès son enfance. Tertiaire dominicaine, elle mourut en odeur de sainteté, le 15 juin 1505. Son tombeau fut l’objet de grande vénération, en raison des nombreux miracles survenus après sa mort. En 1514, Léon X avait permis au clergé de Mantoue de célébrer publiquement l’Office et la Messe en son honneur.
Sur le chemin du retour, Sainte Angèle passa par Solferino, à une douzaine de kilomètres de Desenzano. Là se trouvait le Prince Louis de Gonzague, Seigneur de Castiglione, de Solferino et d’autres localités avoisinantes. On peut se poser la question de son degré de parenté‚ avec la Bienheureuse Osanna ; était-il un neveu, un cousin plus ou moins éloigné ? Ce maître autoritaire parfois cruel, avait épousé la douce et vertueuse Caterina d’Anguisola. Toujours est-il qu’un de ses serviteurs, parent ou ami d’Angèle, avait été banni par le Prince et ses biens confisqués. Hardiment Angèle affronta cet homme fier et dur. Elle le supplia avec tant de grâce en faveur du coupable que le Prince se laissa fléchir. Angèle Merici réussit à faire réintégrer le serviteur disgracié et à lui faire remettre tous ses biens. Romano affirme que « la réputation d’Angèle se répandit dans les localités avoisinantes, si bien que tous les Seigneurs lui accordaient ce qu’elle leur demandait. »

Terre Sainte - 1524
Romano avait confié à Angèle un désir entretenu depuis longtemps, celui de se rendre en Terre Sainte. Sainte Angèle Merici l’avait supplié de ne pas partir sans elle. Ils s’étaient fixés comme terme l’année 1524. Mais au printemps de cette année, la nouvelle leur parvint que Venise n’affrétait aucun navire de pèlerinage, en raison de l’insécurité des mers devant l’avance turque. Passant par Venise pour affaires, Romano s’aperçut que la bannière de pèlerinage, croix rouge sur fond blanc, était bel et bien hissée sur des navires au port. Vite, il en fit parvenir la nouvelle à Angèle. « Vite », cela voulait dire entre six et sept journées de chevaux rapides, pour parcourir les 170 kilomètres qui séparent Venise de Brescia. A peine alertée, Angèle se rendit à Desenzano, à 25 kilomètres de Brescia - encore une journée de passée - et, le temps de persuader son cousin Bartolomeo Biancosi de l’accompagner et de lui laisser la possibilité‚ de se préparer, elle se mit en route avec lui pour un voyage difficile.
Le temps n’était pas clément ce printemps-là : de fortes pluies avaient embourbé les chemins, les rendant parfois impraticables. A Montebello, la route était barrée par l’Adige en furie, qui avait largement débordé de son lit. Il a fallu traverser au-dessus des flots, en utilisant une passerelle plus que branlante.
Malgré les retards causés par les intempéries, le petit groupe arriva à Venise à temps pour rejoindre une cinquantaine de pèlerins et prendre part à la célèbre procession de la Fête - Dieu, qui tombait, cette année là, le 26 mai. Dans cette procession aux couleurs chatoyantes, le Doge prenait la tête, suivi des « Signori » ou Gouverneurs de la ville, puis des ambassadeurs. Rappelons-nous que c’est la Principauté de Venise qui inventa la représentation diplomatique ! A leur suite venaient les pèlerins, qu’on escortait jusqu’au navire. Nous savons par Sanuto, le chroniqueur officiel de Venise, que cette année-là, Saint Jérôme Emilien avait préparé les orphelins qu’il venait de recueillir à prendre place dans la procession, qu’ils s’y sont bien comportés et qu’ils ont remarquablement bien chanté !

Le diarium tenu par un pèlerin suisse l’année précédente, lors du pèlerinage à Jérusalem d’Ignace de Loyola, décrit avec humour les détails pittoresques qui précédèrent l’embarquement. Il énumère non seulement les sacs de provisions de tout genre et les tonneaux de vin emportés, mais aussi le nombre de poules, de porcs, de moutons. Toute cette ménagerie devait assurer de la viande fraîche aux voyageurs pendant la traversée. Une fois embarqués, les pèlerins attendaient un vent favorable pour quitter le port de Venise.
Lors de la première escale, à La Canée, au nord-ouest de la Crète, Romano signale qu’Angèle Merici perdit presque complètement la vue ! La plupart des biographes attribuent à cette brusque cécité temporaire une cause naturelle, qui frappait souvent les voyageurs, inhabitués à l’intensité de la lumière sur l’eau. Angèle assuma courageusement le reste du pèlerinage, comptant sur le dévouement de ses compagnons. Arrivée au Mont Calvaire, elle y resta longtemps, très longtemps, en prière. Nous reviendrons sur la grâce importante qu’elle y reçut. La méditation des mystères du Christ a dû marquer profondément sa vie spirituelle. En font foi ses deux pèlerinages à Varallo, les fresques qu’elle fit peindre dans l’oratoire d’Isabetta Prato et les nombreuses références à la Passion du Christ dans ses Ecrits.
Le chemin du retour, raconté par Romano et confirmé par Sanuto, n’était pas sans péripéties. Il y aurait de quoi tenter un cinéaste avisé aujourd’hui. Arrivé à Rama, aujourd’hui Er-Ram, au nord de Jérusalem, le groupe a dû se terrer pendant huit jours, pour échapper aux musulmans armés qui rodaient dans les alentours, prêts à dépouiller, puis à emprisonner les pèlerins chrétiens. Parvenus à Jaffa, ceux-ci embarquèrent sur un navire qui mit le cap sur Chypre, pour charger des marchandises, en l’occurrence une cargaison de vin de muscat, la fameuse « malvoisie » des anciens. De Chypre, ils se rendirent en Crète, où le navire fit escale pendant plusieurs jours. D’ après Bellintani, Angèle semble avoir recouvré la vue totalement en Crète, en priant devant un crucifix miraculeux. D’autres biographes n’en parlent pas, mais tous sont d’accord pour dire qu’à son retour à Brescia, Angèle voyait de nouveau normalement.
A peine parti de la Crète, le navire essuya une tempête de neuf jours. Pour l’alléger et le sauver, on dut jeter à l’eau toute l’artillerie, les munitions et... le chargement de vin. Le navire fut poussé par la tempête jusqu’à la côte africaine, aujourd’hui la Tunisie. L’escale ne dura pas longtemps, par crainte d’être faits prisonniers par les musulmans. Enfin, le navire put remonter la Mer Adriatique pour s’arrêter à Durazzo. Là se trouvait la flotte turque. Après avoir visité le navire et interrogé le capitaine, les Turcs laissèrent partir le navire, mais avec le projet de s’en emparer au large des îles. Cependant, à la sortie du port, un grand vent, non plus de tempête, mais de bonne navigation, souffla dans les voiles ; le navire distança les galères turques et arriva sain et sauf à Cittanova ou Novigrad, en Croatie, alors sous protection vénitienne.
En débarquant à Venise le 4 novembre 1524, Angèle avait eu des contacts ave les civilisations grecque, musulmane, africaine et slave, sans compter les 43 flamands qui l’accompagnerent sur le navire du retour.
Le groupe demeura environ deux semaines à Venise pour se reposer de ses fatigues et de ses frayeurs. Angèle, en tant que tertiaire franciscaine, logea dans un Monastère de Clarisses, appelées alors Moniales du Saint-Sépulcre. Là, elle aspirait au repos et au recueillement. Mais sa tranquillité - et celle des Soeurs - fut de courte durée. Elle fut assaillie de visiteurs, gens de la cour et gens de piété, ecclésiastiques et gentilshommes, venus voir la rescapée d’un voyage si mouvementé. On conçoit aisément le dérangement que ce va-et-vient devait provoquer aux Moniales cloîtrées. On comprend qu’Angèle ait été invitée à demeurer en des lieux moins réservés, en l’occurrence, l’hôpital des Incurables, près de l’Eglise du Saint-Esprit.
Celui-ci disposait, comme tous les hôpitaux de l’époque, de quelques chambres pour accueillir les pèlerins pauvres. En 1524, cet hôpital consistait en quelques maisons en pierre ou en bois que les Gouverneurs de Venise venaient d’acheter. C’est alors que ces nobles visiteurs invitèrent Angèle à rester à Venise pour le bien général des oeuvres de bienfaisance. Angèle, qui savait que Dieu avait d’autres vues sur elle, pria Romano de quitter Venise le soir même. Les pèlerins revinrent à Brescia le 25 novembre, fête de Sainte Catherine, jour qu’Angèle, plus tard, fixa pour l’engagement définitif des membres dans la Compagnie. Le voyage avait dure environ 5 mois et demi.

Rome 1525
Sainte Angèle Merici, aux dires de Romano, se rendit à Rome pour « vénérer les saintes reliques ». C’était en 1525, lors de l’Année Sainte. Les reliques proposées aux pèlerins lors de ces fêtes comportaient non seulement les chefs des apôtres Pierre et Paul et les nombreuses reliques des martyrs vénérées dans les églises de Rome, mais aussi des vestiges de la Passion du Christ, comme la colonne de la flagellation, des fragments de la Sainte Croix, et la grande relique, le « voile de Véronique ». Celui-ci était censé reproduire le vrai visage du Christ. En fait, il s’agissait d’une peinture du 3e ou 4e siècle, qui copiait le visage que l’on voit sur le Saint-Suaire de Turin.
Pendant les fêtes du Jubilé, les pèlerins affluaient par milliers. Il faut savoir que c’est à Rome que l’on établit pour la première fois au 14e siècle deux voies de circulation opposées dans la même rue : ce fut au Pont Saint-Ange, où, après des accidents sérieux dus à la pression de la foule, on décida que les pèlerins en route vers Saint-Pierre prendraient la droite du chemin, et ceux qui quittaient la basilique, la gauche. Au milieu, de petites échoppes destinées à approvisionner les pèlerins, séparaient les deux bandes de circulation.
Pour gagner les indulgences de l’Année Sainte, les habitants de Rome étaient censés faire tous les jours à pied pendant un mois la visite aux grandes basiliques : Saint Pierre, Sainte Marie-Majeure, Saint Jean-de-Latran et Saint Paul Hors-les-Murs. Ceux qui venaient d’Italie, y étaient tenus pendant 15 jours, les pèlerins du reste de l’Europe, pendant une semaine.
L’année où Angèle se rendit à Rome, il y eut relativement moins de monde, en raison de l’épidémie de peste qui sévissait alors dans la Ville Eternelle, des guerres d’Italie, et, surtout, de l’affaiblissement de la foi, suite à la rébellion de Luther.

Lors de ses visites aux basiliques, Angèle rencontra un ecclésiastique qui avait fait avec elle le pèlerinage en Terre Sainte, Pietro della Puglia, attaché au Vatican en tant que Camérier du Souverain Pontife. Il obtint pour Angèle une audience privée auprès de Clément VII. Informé du rayonnement spirituel d’Angèle Merici, le Pape, lui aussi, la pria de rester à Rome au profit des oeuvres de bienfaisance de la ville, invitation qu’Angèle déclina aussitôt, car sa mission était ailleurs.

Varallo 1528
Peu après son entrevue à Brescia avec Francesco Sforza, Duc de Milan, vraisemblablement en 1528, Angèle entreprit son premier pèlerinage à Varallo, la "montagne sainte", au nord-ouest de l’Italie, près du Monte Rosa. Un franciscain, Bernardino Caimo, qui avait vécu longtemps en Terre Sainte a voulu y construire la reproduction des Lieux Saints de la Palestine. Au flanc de la montagne, des chapelles illustraient divers mystères de la vie du Christ. Lors de son premier voyage, Angèle a pu y contempler les constructions dédiées l’Enfance et à la Passion du Christ, car elle souhaitait vivement voir au moins en reproduction les lieux que sa cécité l’avait empêchée de contempler lors de son pèlerinage en Terre Sainte.
D’après Romano, sur le chemin du retour, Angèle rencontra à nouveau Francesco Sforza. Lui aussi réitéra la demande déjà entendue à Venise, puis à Rome, de rester en son pays. Nouveau refus d’Angèle, exprimé‚ avec courtoisie, mais avec fermeté.
Dieu l’appelait ailleurs.

Varallo - 1532
Enfin, en 1532, accompagnée d’Agostino Gallo, de sa soeur et d’une douzaine d’autres personnes, parmi lesquelles on a pensé voir de futurs membres de la Compagnie de Sainte-Ursule, Angèle reprit le chemin de Varallo. Ce fut son dernier pèlerinage. Les constructions entrevues quatre années auparavant étaient achevées et ornées de statues en grandeur naturelle. Chaque chapelle constituait une catéchèse vivante sur un événement de la vie du Sauveur.
Tels furent les cinq pèlerinages accomplis par Angèle au cours d’une période d’environ 16 années. Malgré leur diversité de lieu, de longueur, d’objet, nous y trouvons un fil conducteur qui nous aide à comprendre ce qu’Angèle y a vécu intérieurement, ce qu’elle a voulu, en entreprenant ces déplacements fatigants et austères. Lorsque nous examinons la teneur spirituelle de ces cinq pèlerinages, il s’en dégage comme naturellement tout un élargissement progressif de la foi chrétienne, en quatre étapes :

  • La foi est transmise par le témoignage.
  • La foi repose sur la vie de Jésus-Christ.
  • Cette foi est authentifiée par l’Eglise.
  • La foi s’approfondit dans la prière et la relecture de la vie quotidienne.


2. L’esprit dans lequel Sainte Angèle Merici entreprit ses pèlerinages

1. La foi est transmise par le témoignage.
A part quelques cas exceptionnels où Dieu intervient directement, le chrétien est d’abord mis en contact avec des témoins de la foi, qui lui transmettent leur expérience du Dieu vivant, leur foi, leurs convictions, leur sagesse de vie. Ce sont les Chrétiens qui nous entourent qui nous ont éduqués à la foi : parents, maîtres, témoins divers dans la vie paroissiale et les mouvements, dans la vie professionnelle, civique ou sociale. Ce sont les saints, ces héros de la charité, qui par leur exemple nous mettent en question et nous encouragent à affermir notre foi et notre engagement dans la vie chrétienne.
Le pèlerinage d’Angèle au tombeau d’Osanna Andreasi la mit en contact avec le souvenir d’une de ces femmes extraordinaires de la Renaissance. Issue d’une famille de haute noblesse à Mantoue, douée de dons intellectuels et spirituels précoces, la jeune Osanna, à l’âge de 15 ans, refusa les brillants partis qui lui étaient proposés et prit l’habit de tertiaire de Saint Dominique, exprimant ainsi publiquement son adhésion au Christ. Dans sa maturité de femme fervente et cultivée, elle se vit confier l’éducation des princes à la cour de Mantoue. Son union au Christ la conduisit à une authentique vie mystique : Elle vit le Seigneur lui passer un anneau au doigt, anneau qu’elle sentait physiquement, pour lui signifier qu’elle était pour Lui une épouse selon l’esprit. Elle s’unit particulièrement aux souffrances de sa Passion, en reçut les stigmates, ressentit dans sa chair la douleur de la couronne d’épines et de lance qui transperça son Cœur. A sa mort, son tombeau, lieu de nombreux miracles, fut immédiatement objet de culte populaire.
Lorsque Sainte Angèle Merici accomplit ce pèlerinage, elle a encore une vingtaine d’années à vivre. Elle se voit encouragée, confortée dans ses aspirations intimes : être l’épouse du Christ, vivre la vie consacrée dans le monde, en rayonnant sur son entourage, par ses conseils, par ses efforts de paix, s’unir à Lui dans les mystères de sa vie, particulièrement ceux de sa Passion. Un amour particulier pour le Christ souffrant caractérise ces deux femmes.
Pourquoi cette dévotion a la Passion, peu répandue aujourd’hui dans le peuple chrétien ?
A travers l’histoire de l’Eglise, les temps de grandes souffrances rappellent que le Fils de Dieu est venu assumer toute notre condition humaine, y compris nos finitudes et nos souffrances. Il se rend proche de celui qui souffre et l’encourage à porter sa croix. En même temps, le souvenir des souffrances du Christ rappelle l’immensité d’un amour qui s’est donné jusqu’au bout, jusqu’au don de sa vie. L’époque d’Angèle fut une de celles-la, où la Passion du Christ stimulait la dévotion et la ferveur des Chrétiens.

2. La foi repose sur la vie de Jésus-Christ.
Deux ans plus tard, Angèle se rend en Terre Sainte. A l’inconfort du voyage s’ajoute l’épreuve de la cécité, avec toute la dépendance qui en résulte. Vivant au jour le jour dans le dépouillement, Angèle expérimente de plus en plus intensément son union au Christ. Au fur et à mesure qu’Elle est guidée dans ces lieux si riches en souvenirs du Seigneur, elle Le contemple à travers les divers épisodes de son enfance, de sa vie publique, de sa Passion. Elle avoua elle-même à Agostino Galle qu’elle a vécu profondément dans son âme chacun de ces mystêres, autant – nous pourrions peut-être ajouter davantage - que si elle les avait vus de ses propres yeux. La vie du Christ devint pour elle une réalité qui la faisait vivre.
La ferveur d’Angèle ne pouvait passer inaperçue. Un ancien texte espagnol, d’ Ivan de Calahorra, signale qu’à cette époque « une servante de Dieu illustra grandement le monastère des Moniales Tertiaires du Mont Sion ; c’était Soeur Angèle de Desenzano ; enflammée d’amour de Dieu, elle fit son pèlerinage avec grande foi et dévotion, visitant les Saints Lieux, où elle versa des larmes abondantes, en adorant et méditant les mystères si élevés qu’y opéra le Rédempteur du monde ».
Sa ferveur trouva son point culminant au Mont Calvaire. Angèle Merici s’unit si intimement au Christ souffrant, qu’elle y resta à genoux pendant plusieurs heures, versant des larmes, priant avec tant d’intensité, qu’aucun des assistants n’osa l’interrompre. Selon Bellintani, Angèle reçut au Mont Calvaire une grâce fondatrice : comme François d’Assise reçut la grâce de la pauvreté pour lui-même et pour ses frères, Angèle reçut au Calvaire la grâce de la consécration virginale, pour elle-même et pour toutes celles qui allaient devenir ses filles spirituelles. En quittant le Calvaire, elle était transformée en une nouvelle personnalité, celle de la fondatrice, qui se mettra résolument à l’oeuvre pour former, guider, encourager celles que le Seigneur lui confierait, pour en faire ses Epouses selon l’Esprit.
Au retour de la Palestine, pendant les jours de repos à Venise, selon Romano, « des nobles de la Seigneurie de Venise vinrent lui rendre visite pour l’écouter, l’interroger sur sa vie et constater sa sagesse et sa sainteté. Ils la trouvèrent comme on le leur avait dit, c’est-à-dire, brûlant d’amour pour le Seigneur » (Rom. 7v). C’est pourquoi, « ils prièrent Angèle de bien vouloir rester à Venise pour le bien général des Luoghi Pii de l’illustre Cité ».
Angèle n’hésite pas. Pourtant, elle se trouve devant un bien immédiat. En effet, les gouverneurs de Venise avaient sollicité du Souverain Pontife, Clément VII, l’autorisation d’inviter deux religieux et deux moniales à exercer dans l’hôpital ce que nous appellerions aujourd’hui, une pastorale auprès des malades. Angèle leur semblait convenir à merveille. (Quelques années plus tard, un certain François Xavier de la Compagnie de Jésus, se verra confier, pendant un certain temps, cette même responsabilité). Confrontée à un bien immédiat et certain, Angèle entrevoit un autre bien à venir, dont la réalisation reste encore nébuleuse. Mais pour elle, ce n’est pas l’immédiat qui compte, c’est la réalisation du plan de Dieu sur elle. Sans hésitation, elle décline cette responsabilité et quitte Venise le soir même, de crainte que les Gouverneurs aillent demander au Patriarche de la lui imposer. En effet, celui-ci avait aussi juridiction sur l’Eglise de Brescia.
Avec la grâce fondatrice du Calvaire, il manque encore une chose : la confirmation par l’Eglise. C’est ainsi que l’année suivante, Angèle Merici ira en pèlerinage à Rome.

3. La foi confirmée par l’Eglise
Angèle se met en route pour « vénérer les saintes reliques ». Le geste ne manque pas d’audace, à une époque où l’Eglise est contestée, où le culte des saints est ridiculisé, où la vénération des reliques, objet, certes, de certaines exagérations, est décriée. Angèle veut affirmer sa foi en l’Eglise, Corps du Christ, sa foi en la papauté, en Clément VII, légitime successeur de Pierre. Elle ne sépare pas le Christ de son Corps, qui est l’Eglise. Elle se rappelle, comme l’écrivit St Paul, que « le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré pour elle ».
Forte de cette foi, elle entreprit un long voyage hasardeux en raison de la présence de troupes d’obédiences diverses, afin de gagner les Indulgences de l’Année Sainte. Nous avons vu comment Angèle obtint une audience privée avec Clément VII. Plus que la proposition du Souverain Pontife de garder Sainte Angèle Merici à Rome, c’est la réponse d’Angèle qui importe pour nous. Angèle a foi en la mission de Pierre ; elle est venue l’honorer malgré toutes les contestations dont souffre l’Eglise en général et la papauté en particulier. Clément VII, informé lui aussi du rayonnement spirituel d’Angèle, l’invite expressément à rester à Rome au sein des oeuvres de bienfaisance de la ville.
Ici encore, Angèle, de plus en plus affermie dans la conscience de sa mission, n’hésite pas à la dévoiler au Saint-Père, tout en déclinant l’invitation. Loin d’être offusqué‚ par son refus, Clément VII sut y reconnaître le doigt de Dieu. Ce fut pour Angèle une occasion providentielle de recevoir les encouragements et la bénédiction de Pierre. Il n’est pas étonnant, dès lors, qu’elle revint de Rome "toute jubilante", au dire de Romano. Maintenant elle pourra accomplir sa mission, enracinée dans l’amour du Christ, authentifiée par le Pape lui-même.
A son retour de Rome, Angèle commence à manifester des dons exceptionnels qui faisaient l’admiration de ses contemporains : expliquer la Sainte Ecriture, lire et comprendre le latin pour mieux saisir la doctrine des Pères de l’Eglise, lire dans les âmes, convertir les coeurs, pacifier les ennemis, conseiller, diriger spirituellement ceux qui venaient la trouver pour apprendre à prier, à fréquenter les Sacrements, et, de fil en aiguille, attirer à une nouvelle forme de vie consacrée des jeunes filles et des femmes de tous les rangs de la société.
Après ses grands pèlerinages, Angèle Merici mène simultanément une vie de contemplation intense et d’activité débordante. Elle reçoit de nombreux visiteurs, lit beaucoup, intervient en faveur de la paix, conseille petits et grands, riches et pauvres. Il lui faut un temps de halte. Il lui faut prendre du recul, reconsidérer ce que le Seigneur attend d’elle. Ces semaines de retrait de la vie quotidienne, nous les trouvons dans ses deux pèlerinages à Varallo. Nous abordons ici la 4e étape de mûrissement de la foi, celle où Angèle approfondit les dons reçus pour en vivre de plus en plus dans sa vie quotidienne.

4. Approfondissement de la foi dans la prière.
Le premier voyage à Varallo, en été ou en automne de l’année 1528, pour Angèle l’occasion de revivre les mystères de la vie du Christ, dans une longue préparation d’au moins huit jours, la durée du voyage entre Brescia et la "sainte montagne". Arrivée à Varallo, elle put contempler à loisir les chapelles qui lui rappelaient si vivement les grâces reçues en Terre Sainte, spécialement au Calvaire : les grâces d’union au Christ, la confirmation intérieure de la mission qui lui avait été révélée dans sa jeunesse. Sainte Angèle en revint réconfortée et confiante. Cette confiance, rien ne pourra l’ébranler malgré les événements pénibles qui suivront, la fuite angoissée de Brescia à l’approche des armées de Charles-Quint, sa vie de réfugiée à Crémone, l’activité intense, la maladie qui faillit la mener à la mort.
Selon Faino, ce premier pèlerinage à Varallo avait aussi un but apostolique : supplier Dieu d’accorder la paix à son pays, déchiré entre les armées de provenances diverses. Son entrevue récente avec Francesco Sforza lui avait révélé la situation douloureuse et incertaine qui menaçait la liberté de ses concitoyens. Elle revint de Varallo avec l’assurance intime que Dieu l’avait exaucée. En effet, le Traité de Cambrai, le 3 août 1528 mit fin à trois années d’hostilité entre François 1er et Charles-Quint, mais non à la soif de puissance de ce dernier,
Au retour de Varallo, Angèle, pendant plus de huit jours de trajet, méditait ce que le Seigneur lui a fait entrevoir pendant ces longues heures de prière. Mais avant de revenir à Brescia, elle fit un détour pour rencontrer à nouveau Francesco Sforza, qui lui adressa à son tour une invitation à rester dans son pays. Malgré toute l’affection spirituelle qui la liait au Duc de Milan, Sainte Angèle Mericirefusa l’honneur. Chaque refus affermissait en elle la conscience de sa mission. Pour y être fidèle, elle n’hésita pas à sacrifier l’estime et les honneurs des grands de ce monde.
Il faudra un deuxième pèlerinage à Varallo en 1532, vraisemblablement avec plusieurs de ses filles, pour remettre entre les mains du Christ l’oeuvre qu’elle prépare, pour Lui confier celles qui veulent, comme elle Lui consacrer toute leur vie. Dans la dernière chapelle, celle de l’ensevelissement du Christ au tombeau, on peut voir encore aujourd’hui, une fresque où le peintre a reproduit les traits d’Angèle, pleurant avec les saintes femmes les souffrances du Christ, tellement sa prière en ce lieu a frappé ses contemporains. Au sommet du Mont Varallo, se dresse une grande statue du Christ ressuscité, du 14e siècle. La Résurrection n’est-elle pas le point culminant de notre foi, la justification de toute la vie et de la Passion du Christ ? « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit pour entrer ainsi dans sa gloire ? » avait-Il dit aux disciples d’Emmaüs (Jn 24, 2a) ?
Ce deuxième pèlerinage à Varallo sonne comme un renouvellement de la grâce reçue au Calvaire, alors que l’heure de la fondation est toute proche. Revivre avec Jésus dans la foi et l’amour les événements de sa vie sur terre, le supplier avec toute l’espérance qu’elle porte dans son coeur, de bénir cette œuvre qui est la sienne : voilà son but.
Maintenant, elle lui remet tout, le présent, l’avenir, les circonstances de la fondation, ses soeurs "dans le Sang du Christ", comme elle les appellera plus tard, tous les pécheurs et le monde entier, acquis par Son sang. Au retour, Angèle Merici se met à composer la Règle et à former les futurs membres de la Compagnie. La grâce reçue au Calvaire va porter ses fruits.
Tel fut le témoignage laissé par Angèle au 16e siècle. Aujourd’hui, nous commençons, nous aussi, notre pèlerinage, sur ses traces. Aujourd’hui nous sommes aussi interpellés dans notre foi. Nous avons aussi une mission à accomplir dans notre famille, dans notre vie professionnelle, dans notre vie chrétienne.
Angèle n’a-t-elle pas quelque chose à nous dire ?
Comment peut-elle nous aider à accepter le plan de Dieu sur notre vie, à croître, comme elle, en foi, en amour de Dieu et du prochain ?
En cette troisième partie, nous irons chercher dans ses Ecrits l’esprit de pèlerinage qui peut guider notre vie.


3. A la suite de Sainte angèle Merici.
L’esprit de pèlerinage dans la vie quotidienne

Lorsque Sainte Angèle Merici dicte sa Règle, ses avis et son Testament, son vocabulaire semble souvent influencé par l’expérience des pèlerinages passés.
S’agit-il de sources bibliques, où la grande montée annuelle vers Jérusalem faisait partie de la tradition juive ? Les Psaumes, en particulier y font écho.
S’agit-il de réminiscences de ses pèlerinages qui ont eu tant d’importance dans sa vie ? Peut-être un peu des deux.
Toujours est-il qu’elle ne minimise pas la réalité : notre vie, comme le pèlerinage au 16e siècle, est parsemée de dangers et de fatigues :
"Il y a partout des dangers, et différentes embûches et des pièges diaboliques." (R 3, 7)
D’ailleurs, "plus l’entreprise où l’on s’engage a de valeur, plus elle comporte fatigues et dangers." (R Pr 16)
Mais cela ne doit pas nous effrayer ni nous décourager. Avançons, "car non seulement nous surmonterons facilement tous les périls et adversités, mais encore nous les vaincrons avec grande gloire et grande joie." (R Pr 25)
Je pense à la joie qui se reflète sur tous les visages après un pèlerinage qui nous a réconfortés et encouragés dans notre foi, joie, que, je l’espère, nous ressentirons tous au terme de notre périple le 19 avril prochain.
Mais avant d’en arriver là, il nous faut des efforts de la persévérance. Il s’agit de "Chercher et de vouloir tous les moyens et toutes les voies qui sont nécessaires pour persévérer et progresser jusqu’à la fin." (R Pr 10)
Car, "il ne suffit pas de commencer si l’on ne persévère pas aussi... "Celui qui jusqu’au bout aura persévéré, celui-la sera sauvé." (R Pr 11)
C’est pourquoi, Angèle Merici nous dit :
"Agissez, remuez-vous, croyez, faites des efforts, espérez, criez vers Dieu de tout votre coeur." (R Pr 17)
Et quoiqu’il arrive, elle nous encourage à "persévérer avec constance jusqu’à la fin" (T Pr 24), à "persévérer fidèlement et avec joie dans l’oeuvre commencée." (Dem. L. 22)
Elle nous encourage : c’est l’avantage du pèlerinage organisé avec toute la somme d’entr’aide et de stimulant, de réconfort et de joie que nous nous apportons mutuellement. C’est aussi vrai de la vie courante, où les membres de notre famille, nos voisins, nos amis, nos collègues attendent de nous, et nous d ’eux, cette parole toute simple qui donne de l’élan, qui encourage et met le coeur en joie. Nous savons combien cet encouragement nous aide à traverser les difficultés inévitables de notre parcours quotidien.
Les paroles d’Angèle nous stimulent à marcher, à avancer. Elle présente à ses filles "la voie par laquelle elles doivent marcher..." (R Pr 24). Elle recommande de "marcher vite, sans flâner ni s’arrêter ici ou la"... (R 3, 6). Elle sait que le parcours de notre vie est fait d’une alternance d’ombres et de lumières, de tristesses et de joies :
"Certes, dit-elle, elles rencontreront parfois des tribulations ou des difficultés ; mais cela passera vite et se changera en allégresse et en joie." (Av. 5, 2 ) Et encore, "chacune de nos douleurs et tristesses se changera en joie et allégresse ; et nous trouverons les routes épineuses et rocailleuses fleuries pour nous, et pavées de dalles d’or très fin." (R Pr 27)
Cependant, elle a parfaitement conscience que l’inconstance et le découragement nous guettent, que nous avons nos hauts et nos bas. C’est pourquoi elle demande au Seigneur d’"affermir nos affections et nos sentiments, pour qu’ils ne nous égarent ni a droite ni a gauche" (R 5, 18).
Elle affirme que lorsqu’on "marche dans la voie bonne et agréable à Dieu", on ne peut que "s’aimer et être unis ensemble" (T 10,12).
Tout pèlerin, tout voyageur, enrichi de son expérience, aspire en fin de comptes à retrouver les siens, à retourner chez lui. Angèle nous rappelle la fin ultime de notre pèlerinage terrestre, notre entrée dans la vraie patrie céleste :
"Comportons-nous si virilement que nous aussi, à la manière de sainte Judith, (ayant tranché‚ courageusement la tête à Holopherne, c’est-à-dire, au diable), nous puissions retourner glorieusement dans la patrie." (R Pr 36)
D’ ailleurs, dit-elle, "la souffrance de ce monde est un rien par rapport aux biens qui sont en Paradis. " (Av. 5, 38).
Encouragés par ces perspectives, fondamentales pour notre foi chrétienne, nous sommes stimulés par les paroles d’Angèle, qui font écho à la promesse de Jésus-Christ : "Là où je suis je viendrai vous prendre avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi". (Jn 14, 3)
Alors, combien nous devons « jubiler et faire fête puisque dans le ciel est préparée pour tous et pour chacun, un à un, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse" (Av 5, 25), là où « notre doux et bienveillant Jésus nous attend pour nous conduire à la gloire céleste" (R 11, 35-36).


En conclusion

Sainte Angèle Merici nous rappelle que pendant tout notre pèlerinage terrestre Dieu est avec nous, qu’Il attend notre foi et notre confiance, qu’Il nous soutient, à condition que nous Lui restions fidèles.
"De même qu’il vous a confié cette charge" (c’est-à-dire, toutes les responsabilités qui sont les nôtres, nos charges familiales, professionnelles, sociales), "de même aussi il vous donnera les forces nécessaires pour la remplir, pourvu que vous ne manquiez pas de votre côté." (Pr 16). Alors, "Gardez-vous, gardez-vous, dit-elle, de perdre votre ferveur" (Dern. L. 23).
"Sans aucun doute vous verrez des choses admirables, si vous orientez tout vers la louange et la gloire de sa Majesté et vers le bien des âmes." (R Pr 16), si vous "demeurez fermes et stables dans vos résolutions". (Av 5, 26)
En conséquence, "avec une foi vive et inébranlable, recevez de Lui-même ce que vous aurez à faire pour son amour."(T Pr 23).
En effet, notre vie quotidienne, ce tissu où s’entrelacent tant de fils variés et souvent imprévus, représente notre mission, notre oeuvre.
Nous recevons de Lui, comme chaque jour nouveau de ce pèlerinage, tout ce que nous avons à faire pour reprendre autour de nous le bien et l’amour, la paix et la joie. Que l’exemple et les paroles d’Angèle Merici nous éclairent et nous soutiennent dans ce cheminement.

Soeur Marie Seynaeve
Ursuline de l’Union Romaine

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