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Le sens chrétien d’un martyre.

Les Ursulines de Valenciennes, 1794-1994
Le sens chrétien d’un martyre
par Philippe ANNAERT

Avec l’aimable autorisation de l’auteur que nous remercions bien vivement.

Image de Boumard

Octobre 1794 est une date qui résonne curieusement dans l’histoire de l’ordre de Sainte-Ursule. Elle marque d’abord la fin d’une époque, l’arrêt brutal de près de trois siècles de développement et d’expansion de l’institut métricien à travers le monde. Elle est aussi tachée de sang, de ce sang d’innocents dont se nourrissent les guerres et les hommes politiques avides de pouvoir. A Paris, à Valenciennes ou à Orange, hier, à Sarajevo, aujourd’hui, les victimes sont finalement toujours les mêmes.

La révolution qui éclate en France en juillet 1789 emporte tout sur son passage. L’Eglise est ébranlée dans ses institutions d’abord, puis jusqu’aux fondements mêmes de la foi. Le serment d’allégeance à la nouvelle constitution, qui est imposé aux prêtres et aux religieux en 1791, entraîne une partie du clergé dans la voie du refus et de l’opposition au régime. La mort du roi Louis XVI et la proclamation de la République renforcent bientôt leurs convictions. Enfin, l’interdiction des vœux de religion et la dissolution des communautés contemplatives, dès 1790, puis la suppression des instituts religieux de vie active, deux ans plus tard, enlèvent aux catholiques français leurs dernières illusions.

Des milliers d’ursulines sont ainsi arrachées à la vie de prière et de dévouement qui était la leur depuis les origines. Beaucoup rentrent dans leurs familles, d’autres poursuivent la vie commune dans la clandestinité, d’autres encore choisissent la voie de l’exil et rejoignent les communautés de leur ordre installées en Allemagne, en Italie et en Belgique. Ainsi les ursulines de Valenciennes se réfugient à Mons, en septembre 1792, auprès de la communauté qui leur avait donné le jour près de cent quarante ans plus tôt.

Le séjour montois des ursulines de Valenciennes va durer plus d’une année, du 17 septembre 1792 au 11 novembre 1793. Cette période est marquée par plusieurs événements importants. Le 6 novembre 1792, la victoire de Jemappes ouvre les portes de Mons aux armées de la République. Les ursulines de Valenciennes et leurs sœurs de Belgique se retrouvent alors confrontées aux vexations du pouvoir révolutionnaire. Cette occupation de la capitale du Hainaut dure jusqu’au 27 mars 1793. A cette date, les troupes autrichiennes triomphent de l’armée française, libèrent Mons et poursuivent leur avancée jusqu’à Valenciennes, qui et prise le 31 août suivant.

Le succès de l’armée autrichienne permet bientôt aux ursulines de Valenciennes d’envisager leur retour dans leur ancien couvent et la restauration de leur vie communautaire. C’est chose faite le 11 novembre 1793. Les religieuses peuvent alors reprendre leur œuvre d’enseignement. Une ancienne novice, la sœur Emerante Lepoint, fait même profession le 23 avril 1794, et des postulantes sont admises au noviciat. Enfin, trois religieuses venues de communautés dispersées de la ville trouvent refuge auprès des filles de sainte Angèle. La mère Joséphine Leroux, ancienne Clarisse urbaniste et sœur d’une ursuline, prend ainsi l’habit de l’ordre. Quant aux mères Marie Erraux et Liévine Lacroix, toutes deux brigittines, elles s’associent également à la vie des ursulines, faute de pouvoir réintégrer leur communauté de profession qui demeure dissoute.

Le sens chrétien d’un martyre

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