Bouton Menu Mobiles

Accueil > Connaître > Marie de l’Incarnation Guyart > Conférences > Le mystère pascal dans sa vie au Canada

Le mystère pascal dans sa vie au Canada

Marie de l’Incarnation vit le Mystère Pascal
au Canada

A la veille de son départ pour le Canada, les grandes expériences et révélations mystiques de Marie sont presque terminées. Dieu l’a préparée à entrer dans le mystère de son Fils, mort et ressuscité pour sauver tous les hommes. Marie sera appelée à y contribuer à ses dépens. Elle nous rejoindra d’autant plus dans les aléas de la vie courante, nous montrant avec simplicité son chemin d’union à Jésus-Christ en toute circonstance.

La préparation

A deux reprises, Dieu lui fit prévoir un long chemin de croix. Généreusement, Marie accepta ces messages prémonitoires, car l’important pour elle était d’accomplir la volonté de Celui qui l’avait comblée de tant de grâces. Quelque temps auparavant, j’avais pâti une occupation imaginaire. Il me sembla que j’étais en une rue ou ville toute neuve, en laquelle il y avait un bâtiment d’une merveilleuse grandeur. Tout ce que je pus découvrir à mes yeux était que ce bâtiment était tout construit, en lieu de pierres, de personnes crucifiées. Les uns ne l’étaient qu’à mis-jambes, les autres un peu plus haut, les autres à mi-corps, les autres en tout le corps, et chacun avait une croix qu’ils tenaient selon qu’ils étaient crucifiés. Mais il n’y avait que ceux qui étaient crucifiés par tout le corps qui la tinssent de bonne grâce. Je trouvais cela si beau et si ravissant que je n’en pouvais ôter ma vue. Cela, depuis ce temps-là, a toujours fait une grande impression sur mon esprit et m’a donné un grand amour de la croix.

Sa grande croix venait à nouveau de la séparation d’avec son fils et de l’incertitude par rapport à son avenir. Nous sommes renseignés sur les agissements de la sœur de Marie par la biographie écrite par son fils, Dom Claude Martin. Claude Guyart, veuve en 1633 de Paul Buisson, s’était remariée l’année suivante avec Antoine Laguiolle. A l’entrée de Marie chez les Ursulines, cette sœur créa de son propre mouvement une petite pension à son fils sur tous ses biens, en reconnaissance des bons services qu’elle (Marie) avait rendus à sa maison. Quand sa sœur… eut appris cette nouvelle (du départ au Canada), elle en conçut une affliction qui n’est pas imaginable et il ne se peut dire combien elle fit remuer de ressorts pour la retenir… Tous ses efforts étant inutiles, elle la prit par ce qu’elle avait de plus tendre, lui représentant qu’elle avait un fils, que ce fils serait abandonné de tout le monde quand on ne la verrait plus ; qu’elle-même l’abandonnerait la première, et que, dès le moment qu’elle serait sortie, elle ne voulait plus le voir ni entendre parler de lui… Afin de lui persuader qu’elle lui avait parlé tout de bon, et que c’était à cette heure que son fils allait demeurer sans recours et sans appui, elle la fut trouver avec un notaire pour révoquer cette pension en sa présence. (Vie, p. 374).

Cette attitude inimaginable de la part de sa sœur Claude, incitée probablement par son second mari, n’ébranla pas Marie de l’Incarnation, qui, à nouveau, abandonna son fils totalement à la Providence. Cependant, elle porta toute sa vie la souffrance de cet abandon. Voici ce qu’elle lui écrivit en 1647 : En effet, vous avez sujet en quelque façon de vous plaindre de moi de ce que je vous ai quitté. Et moi je me plaindrais volontiers, s’il m’était permis, de Celui qui est venu « apporter un glaive sur la terre », qui y fait de si étranges divisions... Pour vous retenir, j’ai combattu plus de douze ans… Enfin il a fallu céder à la force de l’amour divin et souffrir ce coup de division plus sensible que je puis vous le dire ; mais cela n’a pas empêché que je ne me sois estimée une infinité de fois la plus cruelle de toutes les mères. Je vous en demande pardon, mon très cher fils, car je suis cause que vous avez souffert beaucoup d’affliction ; mais consolons-nous en ce que la vie est courte, et que nous aurons, par la miséricorde de Celui qui nous a ainsi séparés en ce monde, une éternité entière pour nous voir et pour nous conjouir en Lui. (Jamet IV, pp. 144-147).

Peu avant son départ de France, le Seigneur lui envoya de nouveau une invitation à Le suivre au Canada sur une voix de croix très douloureuses : Il m’arriva une chose qui me dura trois jours, avant mon départ. Notre-Seigneur occupa fortement mon esprit durant ces trois jours, en sorte qu’à peine pouvais-je jour et nuit, ni dormir ni manger, ni faire aucune fonction de mon esprit, tant il était abstrait et aliéné de tout. J’eus une vue de ce qui devait m’arriver au Canada. Je vis des croix sans fin, un abandon intérieur de la part de Dieu et des créatures en un point très crucifiant, que j’allais entrer en une vie cachée et inconnue. Il m’était avis que la Majesté de Dieu me disait, par une insinuante pénétration : « Allez, il faut que vous me serviez maintenant à vos dépens ; allez me rendre des preuves de la fidélité que vous me devez par la correspondance fidèle aux grandes grâces que je vous ai faites ». Je ne puis dire l’effroi qu’eut mon esprit et tout ma nature en cette vue. Toutefois, je satisfis en moi-même une si grande générosité pour faire et souffrir tout ce qu’il plairait à la divine Majesté…. Je me trouvais comme une personne seule, qui expérimentait déjà la solitude d’esprit que je devais souffrir dans le dessein que Dieu avait sur moi. Dans cette solitude, je me trouvai insensible en quittant toutes mes sœurs, parents et amis, et enfin toute la France (p. 49).

Avant de s’embarquer, Marie fit une longue prière devant le Saint Sacrement, où elle s’offrit tout entière à la Volonté du Père, comme le Christ s’est offert Lui-même. Ce don d’elle-même, Marie l’accomplit avec élan et joie : De mon côté je voyais, et l’Esprit qui me conduisait en rendait témoignage à ma conscience, que je n’avais jamais rien fait de si bon cœur, et j’expérimentais que le sacré Verbe Incarné, le Roi et Monarque de toutes les nations, aimait et agréait ma donation. Dans ce texte relativement court, nous remarquons plusieurs éléments qui nous rapprochent du mystère pascal : l’offrande pour accomplir la volonté du Père, le souci de toutes les nations et l’action de l’Esprit Saint.

L’embarquement eut lieu le 4 mai 1639 au port de Dieppe.

Marie de l’Incarnation vit le Mystère Pascal au Canada

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?

Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.