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Le mystère pascal dans la vie tourangelle de Marie de l’Incarnation

Le mystère pascal
dans la vie tourangelle
de Marie de l’Incarnation

Le mystère pascal s’étend au-delà de la mise en Croix du Sauveur. Il commence par la Dernière Cène le soir du Jeudi Saint : J’ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous (Lc 22,14) et se termine par le dimanche de la Résurrection. Chaque fois que le Christ annonce aux Apôtres sa Passion, Il termine toujours par ces mots : et le troisième jour Il (le Fils de l’Homme) ressuscitera… (Mt 16,20 ; 17,22-23 ; 20,18-19 ; Mc 8,31-33, 9,30-32, 10,32-34 ; c 9,22,18,31-34). Nous allons suivre Marie de l’Incarnation pas-à-pas dans sa vie concrète et voir comment au fil des ans, tel ou tel aspect du Mystère Pascal la fait vivre et croître dans l’amour du Seigneur, d’abord dans sa vie tourangelle, puis au Canada.

Enfance et adolescence

Ecoutons une nouvelle fois Marie nous révéler elle-même sa première initiation au mystère pascal : Je n’avais qu’environ sept ans qu’une nuit, en mon sommeil, … ayant les yeux levés vers le ciel, je le vis ouvert et Notre-Seigneur Jésus-Christ en forme humaine qui venait à moi. Le voyant, je m’écriai ‘Ah ! Voilà Notre Seigneur ! C’est à moi qu’Il vient ! ». Qui est le Jésus qui vient du ciel, sinon le ressuscité, Celui qui est « assis à la droite du Père ». Il vient à elle avec un visage plein d’une douceur et d’un attrait indicible, m’embrassant et me baisant amoureusement. Il me dit, « Voulez-vous être à Moi ? » Je lui répondis, « Oui »  ! (Jamet II, p. 160). Marie est donc consciente d’une force d’amour et de douceur indicible qui lui vient du Seigneur et qui interpelle son amour, comme son visage et sa voix lorsqu’il appelle Marie-Madeleine le matin de Pâques, ou lorsqu’Il demande à Pierre, M’aimes-tu plus que ceux-ci ?

Cette réponse d’amour Marie allait l’intensifier. Une fois, en un sermon du Saint Nom de Jésus, que le prédicateur avait nommé plusieurs fois, cette divine parole, comme une manne céleste, remplit mon cœur si abondamment que tout le jour, mon esprit ne disait autre chose que « Jésus, Jésus », sans pouvoir finir. (Jamet II, p. 169). Peu à peu, Marie reçoit aussi la révélation du mystère de la Croix, Un carême qu’un bon Père Capucin prêcha la Passion de Notre-Seigneur, mon esprit était si fort plongé dans ce mystère, que jour et nuit je ne pouvais entendre autre chose. (Ibid.)

Une autre fois, ce fut à l’occasion d’une procession qu’elle fut interpellée : Lorsque je voyais aux processions la croix et la bannière que les chrétiens suivaient, mon esprit et mon cœur tressaillaient de joie… Je suivais la procession avec un grand sentiment de ferveur. J’avais les yeux fichés sur le crucifix et allais en disant en mon cœur : « Ah ! c’est là mon capitaine. Je le veux suivre ! ». La Croix devient pour Marie non seulement un objet de dévotion dans ses prières, mais aussi un stimulant pour l’action, afin d’imiter le Christ qui avait ravi son cœur. Je veux le suivre, dit-elle.

Le Christ a donné sa vie pour sauver le monde en pardonnant aux hommes leurs péchés. Il affirme lors de la dernière cène, Ceci est mon corps donné pour vous… Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous (Luc 22, 19-20, 27-28). (L’expression pour la multitude est la traduction d’un mot hébreu désignant l’ensemble des hommes. Le texte grec, oi polloi, dans le grec populaire de la koiné à l’époque post-alexandrine, signifiait alors tout le monde.) Puisque le Christ a donné sa vie pour sauver les hommes, puisqu’Il a offert son sang pour le pardon des péchés, nous verrons progressivement chez Marie à la fois le désir de prendre sur elles les intérêts du Fils de Dieu, en priant et en travaillant pour le salut des hommes, et en même temps, un sens de plus en plus aigu du péché et du besoin de pardon sacramentel.

Elle raconte des enfantillages où elle mêlait le sacré à ses jeux : Comme j’étais enfant, qui étais ignorante, j’y mêlais mes récréations… J’ai passé le temps de la sorte, jusqu’à ce qu’étant âgée d’environ seize ans, les remords de conscience me pressaient lorsque j’allais à confesse, et je sentais bien que la divine Majesté voulait de moi que je m’éloignasse des mes enfances et puérilités… Mais je n’osais, j’avais honte, et je disais en moi-même que je ne croyais pas avoir jamais offensé Dieu en cette matière… Ainsi, je contrariais l’Esprit de Dieu… Il n’y avait que pour la confession… que je ne m’y comportais pas selon la lumière du Saint-Esprit… Et je concluais plus d’un an de suite qu’il n’était pas nécessaire de confesser des jeux d’enfant, et ainsi, je retardais ses plus grandes miséricordes. (Jamet II, 162-163).
Ainsi, nous voyons Marie progresser vers une plus grande maturité spirituelle et se rendre compte de la valeur du sacré. Nous constatons aussi ses luttes et ses faiblesses. Elle ne dit pas « oui » tout de suite aux inspirations intérieures. Elle aura à progresser pendant plusieurs mois avant de mettre au clair ses hésitations de conscience.

Jeune épouse et mère

Le mystère pascal dans la vie tourangelle de Marie de l’Incarnation

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