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Le gouvernement selon Angèle

Le gouvernement selon Sainte Angèle Merici

Angèle a reçu de Dieu une mission exceptionnelle : fonder la Compagnie et la gouverner. Comment concevait-elle le gouvernement. Comment Angèle exerçait-elle cette responsabilité ? Ce sera notre première partie. Ensuite, nous verrons les conseils donnés aux supérieures de la Compagnie pour le gouvernement.

I. Le gouvernement exercé par Sainte Angèle Merici

1. Quelle vision Angèle avait-elle sur son propre gouvernement ?
La première chose qui nous frappe, ce sont les hésitations d’Angèle à accepter la responsabilité du gouvernement :

Nous savons par Cozzano, qu’elle a longtemps différé la fondation de la Compagnie. Elle hésitait et repoussait continuellement l’accomplissement de sa mission, se sentant trop indigne et incapable pour une si grande œuvre. Cozzano nous dit :
Bien que la Compagnie lui eût été inspirée dès son jeune âge, et divinement présenté, toutefois, elle n’a jamais voulu la commencer tant que Jésus-Christ ne le lui eût point commandé, tant qu’il ne le lui eût pas crié au cœur, tant qu’il ne l’eût poussée et contrainte à la commencer et à la fonder (Epistola Confortatoria, 963r).

Commander, pousser, contraindre, ce sont là des expressions très fortes qui montrent combien le Christ a dû intervenir dans sa vie pour qu’elle se décide enfin à fonder et à gouverner la Compagnie. Certains auteurs postérieurs et certains artistes, comme Pompeio Ghiddi, présentent l’intervention du Christ sous la forme d’un ange qui flagelle Angèle afin de la forcer à accomplir sa mission. La description de Cozzano est moins dramatique, mais elle nous fait comprendre qu’Angèle n’avait aucune envie d’assumer une responsabilité de gouvernement, et que seule une expérience spirituelle très forte l’a enfin persuadée de l’accepter, parce que Jésus-Christ la lui demandait.

Elle ne perd jamais de vue que c’est en raison d’un choix gratuit de Dieu qu’elle est appelée à ce service. Au début des Avis et du Testament, elle se dit indigne servante de Jésus-Christ, mais elle affirme aussitôt que cette indigne servante a été choisie par Lui.

Il lui a plu dans sa volonté infinie de se servir de moi comme de son instrument pour son œuvre, une telle oeuvre et si grande, quoique je fusse moi-même une servante très insuffisante et très indigne. Il m’a aussi, dans sa bonté habituelle, donné et accordé une telle grâce et un tel don que j’aie pu les gouverner selon sa volonté, et pourvoir à leurs nécessités et à leurs besoins, surtout en ce qui contribue à les diriger et à les maintenir dans l’état de vie auquel elles ont été élues. (T Prol 6-9).

Dans sa bonté immense, Il m’a choisie pour être mère, vivante et morte, de cette si noble Compagnie, bien que pour ma part j’en sois très indigne, et m’ayant élue, il m’a aussi donné la grâce de pouvoir la gouverner selon sa volonté. (Av. 3, 4-5).

Angèle ne peut s’empêcher de montrer à ses filles le contraste entre ce qu’elle est vraiment dans sa pauvreté, son indignité et ses insuffisances, et la tâche à laquelle le Seigneur l’a élevée : elle est son instrument, pour une oeuvre si grande, si noble, qui la dépasse. Et c’est Lui qui lui donne la grâce de gouverner selon sa volonté, surtout pour assurer une direction et un accompagnement spirituel, et pour pourvoir aux besoins de ses soeurs.

Avec le temps, Angèle se montre plus affirmative dans son rôle de gouvernement.

Il est intéressant de noter ce qu’Angèle dit à la première personne. Dans sa Règle, lorsqu’elle dit "je" ou « nous » à ses filles, elle le fait humblement, mais avec conviction. Ses premières exhortations sont très mesurées. Elle emploie, le plus souvent, le langage de la persuasion, du souhait, jamais celui du commandement. Elle dira : Je vous exhorte, ou plutôt, je vous prie toutes et vous supplie, puisque vous avez été ainsi choisies pour être les vraies et virginales épouses du Fils de Dieu, veuillez d’abord reconnaître ce que cela comporte (R Prol 7-8). Et chacun des chapitres de la Règle est rédigé selon le même style exhortatif.

Remarquons que toute la prière de la Règle au chapitre 5 est à la première personne. Angèle s’implique dans sa demande de pardon et dans la reconnaissance de ses limites.
L’emploi du « nous » dans le Prologue de la Règle se réfère à un contexte de lutte spirituelle auquel Angèle s’associe : Il faut que nous soyons d’autant plus vigilantes… que notre entreprise st d’une telle importance… et nous sommes appelées à une vie tellement glorieuse que nous sommes épouses du fils de Dieu. (v., 15-17). Nous sommes ici-bas placées au milieu de pièges et de dangers. Contre nous s’armeront l’eau, l’air et la terre… puisque notre chair et notre sensualité ne sont pas encore mortes. Et que notre adversaire ne dort pas non plus (R Prol. 19-21). Nous surmonterons facilement tous les périls et adversités, nous les vaincrons avec grande gloire et grande joie. Et même, nous passerons cette très courte vie dans la consolation (R Prol. 25-26). Et enfin, Embrassons toutes cette sainte Règle que Dieu par sa grâce nous offre (R Prol 29).

Le seul impératif de la Règle se trouve tout à la fin du Prologue : Maintenant, de grâce, soyez toutes attentives, le cœur large et plein de désir. (v. 32).

Plus de cinq années se passent, avant qu’Angèle ne rédige ses Avis et son Testament. Angèle a pris de l’assurance : elle a maintenant l’expérience de plusieurs années de gouvernement. Dans les Avis, destinés aux Colonelles, qui étaient à la fois formatrices, guides spirituelles et supérieures locales, Angèle n’hésite plus à être directive.

Combien vous devez prier Dieu de vous éclairer et de vous diriger et -de vous enseigner ce que vous avez à faire pour son amour en cette tâche (Av Prol 7). Vous devez remercier Dieu grandement de ce qu’il ait daigné faire en sorte que vous soyez de celles à qui il demande de se dépenser pour gouverner et sauvegarder un tel trésor qui est le sien (Av Prol 12). Vous devez aussi considérer de quelle manière vous devez les apprécier, car plus vous les apprécierez, plus vous les aimerez, (Avis Prol 19).

Si Angèle emploie l’impératif dans l’ensemble des Avis, au Chapitre 5, il n’en est plus de même, car où il s’agit des relations entre les Colonelles et les Vierges de la Compagnie. Le ton d’Angèle redevient exhortatif. L’on pourrait s’en étonner, mais il y a là un élément important dans sa vision de l’autorité : Angèle ne veut pas prendre la place des Colonelles. Elle leur délègue ses pouvoirs. C’est aux Colonelles à se montrer fermes dans les exigences de la vie de la Compagnie. Angèle ne fait que suggérer les points sur lesquels les Colonelles devront insister ; dans ce chapitre 5, toutes les phrases qui concernent directement les Vierges sont écrites sous une forme exhortative.

Le langage qu’Angèle utilise auprès des matrones est d’abord celui de la demande courtoise, car, bien que de 25 à 30 ans plus jeunes qu’elle, les matrones sont d’un rang social élevé, habituées à la déférence. En s’adressant à elles Angèle dira :
Je vous prie toutes et vous supplie de bien vouloir mettre en pratique, avec toute la sollicitude possible, ces quelques avis (T ProI 25-27). Je voudrais que vous ouvriez l’oeil de votre intelligence pour considérer la grande grâce et l’heureux sort qui est le vôtre (T Prol 14). Je vous supplie de bien vouloir prendre en considération et tenir gravées dans votre esprit et dans votre coeur toutes vos fille, une à une (T 2. 1). Je vous en prie, de grâce, veuillez vous efforcer de mener vos filles avec amour et d’une main suave et douce. (T 3 1). Je vous en prie de tout coeur, veuillez être pleines de sollicitude et de vigilance, comme autant d’attentives bergères pour ce troupeau céleste remis entre vos mains (T 10 1-2).

Cependant, au fur et à mesure qu’Angèle avance dans la rédaction du Testament, elle se montre plus décidée. A partir du Troisième Legs elle a souvent recours à l’impératif : Notons la série de vous devez : Jésus-Christ a dit : mon joug est léger. Vous devez donc vous efforcer de faire de même –(3e Legs 6-7). Vous devez mettre votre intelligence et votre sollicitude à faire que vos chères enfants soient parées de toutes sortes de vertus (4e Legs, 1). Quand il s’agit de l’utilisation des ressources de la Compagnie, Angèle dit, Je ne veux pas que vous cherchiez des conseils au dehors : décidez vous-mêmes seulement entre vous, selon que la charité et l’Eprit Saint vous éclaireront... (9e Legs, 5-8). Dans le dernier Legs, nous trouvons une mise en garde sérieuse : Gardez-vous, gardez-vous, dis-je, de perdre votre ferveur. (v. 23). L’appel à la confiance est tout aussi net : Il n’abandonnera jamais cette Compagnie tant que le monde durera… Je sais ce que je dis (v. 7,12). Et le Testament s’achève par : Maintenant, je m’en vais et vous, entre-temps, faites ce qui est à faire (v, 27).

2. Comment le gouvernement d’Angèle était-il perçu par Cozzano ?

Pendant la rédaction de la Règle et jusqu’à la mort d’Angèle, c’est-à-dire pendant 7 à 8 années, Cozzano a été le témoin privilégié de la manière de gouverner d’Angèle. Ses constatations nous sont donc précieuses ; nous les trouvons çà et là éparpillées dans ses lettres aux membres de la Compagnie. D’après ce qu’il a pu voir et constater, Cozzano relève plusieurs aspects sur le gouvernement de la fondatrice :

  • Un gouvernement en réponse à l’appel de Jésus Christ.
    Angèle a toujours affirmé que la Compagnie ne lui appartenait pas, mais qu’elle était l’œuvre de Jésus Christ : Dieu a lui-même inspiré et en même temps obligé notre Mère Fondatrice à planter, et à fonder en son nom cette sainte règle de vie. Cela est si vrai qu’elle l’appelait non pas sa Compagnie, mais [la Compagnie] de Jésus-Christ. (Epist. Conf. 963 r)
  • Un gouvernement inspiré par l’Esprit Saint.
    …qu’aucune créature, ni au ciel ni sur la terre, ne puisse jamais dire qu’elle y avait mis du sien… mais [reconnaisse] qu’elle [la Compagnie] dépendait tout entière du seul conseil de l’Esprit Saint, dans le Christ Jésus, Fils unique du Père éternel et de la glorieuse Vierge Marie. (Epist. Conf. 963 r)
  • Un gouvernement par le service.
    Elle s’y dévouait non pas comme maîtresse mais comme servante.(Epist. Conf. 963 r).
  • Un gouvernement qui donne l’exemple.
    Angèle gouvernait moins par ses règles que par son exemple de sainteté, de foi, d’amour de Dieu et du prochain, de fidélité à l’Eglise. Durant tout le temps de sa vie, la Fondatrice de cette sainte Compagnie a été un vrai et vivant exemple de sainteté, de pure vérité divine et de tout sens catholique sincère, et elle a brillé pour le monde comme un soleil brillant de foi limpide et d’amour divin, de toute vraie vertu et de tout royale convenance. (Dich. della Bolla 2v).
  • Un gouvernement fondé sur le dialogue et la consultation.
    Ce qu’elle enseignait aux autres, elle le demandait à ses vierges et les mettait à même de le faire. Ensuite elle en parlait avec elles, et elles les exhortait à agir, et disait que ce n’ était pas elle, mais les vierges avec elle qui l’avaient fait. Elle leur en demeurait très obligée, se tenant pour vraie débitrice, et leur donnait Dieu comme rémunérateur puissant, en vraie amie et vraie fille de ce Dieu. (Dich. 974 r)
  • Un gouvernement inspiré par des sentiments maternels.
    Angèle était une mère qui donnait et protégeait la vie : Elle était la mère vraie et vivante qui, dans le Verbe de Vérité et dans le Sang de Jésus-Christ, les a engendrées et ré-engendrées. (Dich. 974 r).
  • Un gouvernement qui instruit.
    Angèle enseignait ses soeurs sous l’action de Dieu. Elle était même parmi elles toutes (les Vierges) comme un soleil qui éclairait toutes les autres. Elle était comme un feu et un incendie d’amour qui les enflammait. Elle était comme un trône de Dieu qui les enseignait, ou plutôt le Fils de Dieu, demeurant en elle, faisait tout cela avec elle.(Dich. 974 r).
  • Un gouvernement ouvert sur l’avenir.
    Angèle sous l’action de l’Esprit Saint, consciente que sa Compagnie était appelée à une extension universelle, l’avait dotée de possibilités d’adaptation. Oh ! criait en notre Mère ce vif désir qui procédait purement de l’Esprit Saint … : plût à Dieu que le monde entier vînt à l’ombre de cette règle ! (Epist. Conf. 963 v).

Tous ces aspects relevés par Cozzano : faire l’œuvre du Christ, servir, exercer l’autorité et enseigner sous l’action de l’Esprit Saint, être mère, donner l’exemple, prévoir l’avenir – nous les retrouvons dans les Ecrits d’Angèle destinés aux supérieures de la Compagnie. Nous verrons en premier lieu ce qu’Angèle leur dit au sujet de leurs relations avec Dieu, ensuite leurs relations avec elle-même, puis entre elles, et enfin, avec les membres de la Compagnie.

II. La vision d’Angèle sur le gouvernement des supérieures de la Compagnie

Dans ses Ecrits, Angèle a su développer toute une spiritualité de gouvernement, fruit de son expérience personnelle.

Relations avec Dieu :
Le gouvernement est un don
Tout don de Dieu appelle notre action de grâces :
Vous devez remercier Dieu grandement de ce qu’il ait daigné faire en sorte que vous soyez de celles à qui il demande de se dépenser pour gouverner et sauvegarder un tel trésor, qui est le sien… grâce vraiment grande et inestimable, si vous voulez en prendre conscience. (Av. Prol. 12)

Le gouvernement est une réponse à un appel de Dieu :
Angèle souligne que le gouvernement est un appel adressé aux Supérieures, un appel qui, à travers leur élection par les membres de la Compagnie, leur vient de la part de Dieu :
Dieu a daigné faire de vous les mères de tant de vierges, en remettre ses propres épouses entre vos mains, en les confiant à votre direction (Test. Prol. 15).
Et puisque c’est Lui qui leur a adressé cet appel, il faut le prier pour avoir la grâce de répondre à cet appel. Angèle y revient à plusieurs reprises :

  • Lui demander sagesse, aptitude et force :
    Combien vous avez à prier celui qui a daigné vous placer à la tête d’un si noble troupeau, pour qu’Il vous donne la sagesse et l’aptitude nécessaires pour faire oeuvre digne de louange à ses yeux, et pour consacrer toute votre application et toutes vos forces à l’accomplissement de votre devoir. (T Prol., 18-21)
    Priez-le, humiliez-vous sous sa grande puissance, car, sans aucun doute, vous ayant confié cette œuvre, Il vous donnera aussi la force nécessaire pour l’accomplir, pourvu que votre coopération ne fasse pas défaut. (Av. Prol., 16)
  • Lui demander les lumières nécessaires :
    Combien vous devez prier Dieu de vous éclairer, et de vous diriger, et de vous enseigner ce que vous avez à faire pour son amour en cette tâche… être les gardiennes des épouses du Très-Haut. (Av. Prol. 7)
    Que toujours votre principal refuge soit aux pieds de Jésus-Christ. (Dern. Legs 3).
    …criez vers Dieu du fond de votre cœur… et sans aucun doute vous verrez des merveille. (Av. Prol. 17)
  • Le prier avec confiance, car le résultat dépend de Lui :
    Ne vous découragez pas si vous ne savez ni ne pouvez faire ce qu’exigerait à bon droit une charge aussi exceptionnelle. Mettez en Dieu votre espérance, ayez une foi ferme en Lui. Il vous aidera en toutes chose. (Av. Prol. 14,15).
    Mais vous, faites votre devoir… et après, laissez faire Dieu ; il fera des choses admirables en son temps et quand il lui plaira (Av. 8, 7,9).
  • Suivre ses inspirations avec docilité :
    Il vous faut prendre la nette et ferme résolution de vous soumettre totalement à sa volonté, et avec une foi vive et inébranlable, de recevoir de Lui-même ce que vous aurez à faire pour son amour. Et en cela, quoiqu’il puisse arriver, il vous faut persévérer avec constance jusqu’à la fin. (Test. Prol.,22-24)
    Si c’est Lui qui vous dirige et vous enseigne, vous serez bien enseignées. (Avis, 7, 28).
  • Se laisser diriger par l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour :
    Décidez-vous mêmes, et seulement entre vous, selon que la charité et l’Esprit Saint vous éclaireront et vous inspireront, en dirigeant tout pour le bien e le profit spirituel de vos chères enfants, autant pour inviter et pousser à un plus grand amour et à l’obligation de bien faire celles qui sont déjà là, que pour en attirer encore d’autres (9e Legs 6-10).
    Pourvoir à toute chose selon que l’Esprit Saint vous inspirera (7e Legs, 7).

La spiritualité d’Angèle est donc éminemment trinitaire : invoquer le Père pour qu’il nous aide à accomplir sa volonté, se laisser éclairer par le Christ, qui s’est dit la lumière du monde, et se laisser guider par l’Esprit Saint.

Relations avec Angèle elle-même

  • Angèle elle-même affirme plusieurs fois son affection pour les supérieures :
    En signe de confiance, Angèle confie son propre rôle de leadership aux supérieures : Puisque je suis maintenant sur le point de quitter cette vie, je vous laisse à ma place comme mes héritières (Test. Prol. 28-29)
    Angèle se dit leur fidèle amie (Dern. Av. 25). Elle promet de continuer dans l’au-delà sa collaboration : Sachez-le, maintenant je suis plus vivante que lorsque j’étais en cette vie… à présent je veux et je peux davantage vous aider et vous faire du bien de toutes sortes de manières (Av. Prol. 23, 25).
    Et moi, je serai toujours au milieu de vous, aidant vos prières (Dern. Av. 20).
  • Elle leur demande de transmettre son affection aux sœurs.
    Quand vous les visiterez, je vous donne cette charge de les saluer, et de leur serrer la main aussi de ma part.(Av. 5, 19).
    Elle leur confie aussi des messages particulièrement encourageants de sa part : Vous leur direz encore que maintenant je les vois et les connais mieux. Et que je puis et veux les aider plus encore. Et que je suis continuellement au milieu d’elles avec Celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes…. (Av. 5, 35-38).

Relations des supérieures entre elles

  • A l’exemple d’Angèle, une réelle affection mutuelle :
    C’est aux Colonelles, et donc aux supérieures locales, qu’Angèle donne le conseil précis d’être liées l’une à l’autre par le lien de la charité, vous estimant, vous aidant, vous supportant en Jésus-Christ.(Dern. Av. 2). Vous avez peut-être remarqué que dans sa Règle, Angèle ne mentionne pas l’affection mutuelle ; au chapitre de la virginité, elle parle du prochain, de ceux qui ont affaire à nous ; l’expérience lui a montré le bienfait de liens réciproques fondés sur une véritable affection et sur l’entraide, en commençant par le haut pour se diffuser vers la base.
  • Exercer le gouvernement en esprit de collaboration mutuelle :
    Angèle invitait les supérieures à collaborer les unes avec les autres.(Dern. Av. 2). Aux Matrones elle demande de partager leurs responsabilités avec les colonelles : Faites en sorte de vous réunir toutes avec les colonelles, deux, ou tout au moins une fois par mois, pour ensemble échanger vos vues et faire un bon examen de gouvernement. Et surtout à propos de ce que les colonelles vous diront sur la conduite de vos chères enfants et sur leurs nécessités et besoins, tant spirituels que matériels. Et pourvoir à toute chose selon que l’Esprit Saint vous inspirer. (Av. 7, 1-7).

Ainsi, d’une manière très actuelle, Angèle précise ainsi les différentes étapes à suivre ensemble :

  • Information mutuelle,
  • Evaluation en commun,
  • Décisions à prendre ensemble selon les besoins.

Notons, en passant, que dans la pensée d’Angèle, même des conseils provenant de personnes extérieures, qui ne sont pas membres de la Compagnie, ne sont pas à négliger : En cas de difficultés importantes, qu’on veuille bien convoquer aussi les quatre hommes, afin que tous ensemble collaborent pour y porter remède. (R 11, 14).

Relations des supérieures avec les soeurs
Angèle insiste particulièrement sur deux aspects : un gouvernement de communion et un gouvernement soucieux de l’avancement spirituel des sœurs.

1. Un gouvernement de communion

  • Fondé sur l’amour,
    Nous devons agir poussées seulement pas la charité et par le seul zèle des âmes. (3e Legs 15). Efforces-vous, ave l’aide de Dieu d’acquérir et de conserver en vous de telles convictions et de si bons sentiments que vous soyez portées à cette sollicitude et à ce gouvernement seulement par le seul amour de Dieu et le seul zèle pour le salut des âmes. (1er Legs, 2-4).
    Plus vous serez unies, plus Jésus-Christ sera au milieu de vous comme un père et un bon pasteur. Il n’y aura pas d’autre signe que l’on est dans la grâce du Seigneur que de s’aimer et d’être unies ensemble… Ainsi donc, s’aimer et être unies ensemble sont le signe certain que l’on marche dans la voie bonne et agréable à Dieu (10e Legs 8-10, 12).

    Mon tout dernier mot pour vous - et je vous le dis en vous priant même avec mon sang- est que vous viviez dans la concorde, unies ensemble toutes d’un seul coeur et d’un seul vouloir. Voyez donc combien importe cette union et concorde. Alors désirez-la, recherchez-la, embrassez-la, retenez-là de toutes vos forces, car, je vous le dis, étant ainsi unies de coeur toutes ensemble, vous serez comme une forteresse, ou une tour inexpugnable, contre toutes les adversités, et persécutions et tromperies du démon. (Dern. Avis. 10-20)
  • Un amour maternel… :
    Aux gouvernantes qui ont l’expérience de la maternité humaine, elle dira, que les veuves soient comme des mères, pleines de sollicitude pour le bien et l’utilité de leurs sœurs et filles spirituelles. (R 11, 5). Vous avez été trouvées dignes d’être de vraies et aimantes mères d’une si noble famille confiée à vous soins, afin que vous ayez pour elles le souci et le soin que vous auriez si elles (les vierges) étaient sorties de votre propre sein, et plus encore. (Test. Prol)
    • …Caractérisé par l’humilité :
      Ne vous jugez pas dignes d’être supérieures…. Au contraire, considérez-vous comme ministres et servantes, pensant que vous avez plus besoins, vous, de les servir qu’elles n’ont besoin, elles, d’être servies ou gouvernées par vous ; et que Dieu pourrait bien y pourvoir par d’autres instruments encore meilleurs que vous. Mais, dans sa miséricorde, il a voulu se servir de vous comme de ses instruments, pour votre meilleur bien. (Av 1, 2-5).
      Reconnaissez-vous et estimez-vous plus petites que vos filles (AV. 1, 10)
      Et elle ajoute même une considération très pratique : Ce n’est pas inutilement et sans motif que le coeur d’un vrai et prudent serviteur de Dieu s’humilie et anéanti en lui-même la considération de soi et la jouissance en sa propre réputation ; c’est qu’il espère et attend de Dieu une autre jouissance, une gloire et un honneur plus vrais. (Av. 1, 12-13).
    • …La douceur :
      Soyez affables et humaines envers vox chères enfants… vous obtiendrez davantage par la tendresse et l’affabilité que par la rudesse et de durs reproches, lesquels doivent être réservés seulement aux cas de nécessité, et même alors, selon le lieu et le temps, et selon ce que sont les personnes. (AV. 2, 1, 3-5)…et un peu ou beaucoup, selon les besoins (v. 7).
      Troisièmement, je vous en prie de grâce, veuillez vous efforcer de mener vos filles avec amour et d’une main suave et douce, et non impérieusement ni avec âpreté ; mais en toutes choses veuillez être affables. Vous devez vous efforcer… d’user de toute l’affabilité possible. (3e Legs 1-3, 7).
    • … Une attention à chacune
      Je vous supplie de bien vouloir prendre en considération et tenir gravées dans vote esprit et dans votre cœur toues vos filles, une à une… on voit, en effet que les mères selon la nature, quand bien même elles auraient mille filles (Ici, elles sont deux mille !) les auraient toutes totalement fixées dans leur cœur, une à une, car c’est ainsi qu’agit le véritable amour. (2e Legs, 1, 5-5).
      Prenez-les dans votre amour et supportez-les toutes également (Av. 8, 5).
    • … Une connaissance personnelle
      Qui inclut non seulement leurs noms, mais aussi leur condition, et leur tempérament, et leur situation et tout ce qui les concerne. Cela ne vous sera pas difficile, si vous les embrassez avec un vif amour. (2e Legs 2-4).
    • … Une sollicitude constante
      Il vous sera impossible de ne pas vous en soucier jour et nuit, et de ne pas les avoir toutes gravées dans votre coeur, une à une, car ainsi opère le véritable amour. (Av. Prol. 11).
      Plus vous les apprécierez, plus vous les aimerez ; plus vous les aimerez, plus vous aurez soin d’elles et veillerez sur elles (Av. Prol. 10)
      Vous serez attentives et vigilantes pour connaître et comprendre la conduite de vous filles, et pour être aux courant de leurs besoins spirituels et temporels. Alors pourvoyez-y vous-mêmes de votre mieux (Av. 4, 1).
    • … Un amour égal pour toutes.
      Aimez vos chères filles également, et n’ayez pas de préférence pour l’une plutôt que pour l’autre, puisqu’elles sont toutes créatures de Dieu. E vous ne savez pas ce qu’il veut faire d’elles. (Av. 8, 1-2).
      Alors, prenez-les dans votre amour et supportez-les toutes également, car il ne vous appartient pas de juger les servantes de Dieu ; il sait bien ce qu’il veut faire d’elles, lui qui (comme dit l’Ecriture), peut transformer des pierres en enfants du ciel. (Av. 8, 5-6)
    • … Un amour qui encourage
      Angèle ne propose pas seulement des paroles d’encouragement mais aussi des actions concrètes : Elle connaît la force du témoignage et de l’exemple :
      Par l’exemple :
      Faites donc qu’à votre exemple, elles s’encouragent et s’entraînent à vivre vertueusement ? (Av 6, 6).
      Vivez et comportez-vous de telle façon que vos filles puissent se mirer en vous, et ce que vous voulez qu’elles fassent, faite-le d’abord vous-mêmes. (Av. 6, 1-2).

      Remarquons qu’Angèle va jusqu’à demander aux supérieures de se laisser inspirer par le bon exemple que leur donnent leurs filles : Veuillez vous rendre conformes à elles en toute action honnête et vertueuse qui vous convienne et vous soit possible.( Av. 6, 7).

Par des paroles et des actions concrètes :
Veuillez aller visiter vos chères filles set sœurs, les saleur, voir comment elles se portent les encourager, les exhorter à persévérer dans la vie qu’elles ont commencée. (Av 5, 1-2).
Réconfortes-les, encouragez-les à faire toute chose de bon gré (Av. 5, 23)
Il s’agit même d’une de ses dernières paroles : Encouragez vos filles à poursuivre courageusement l’entreprise commencée (Dern. Av. 9).

Notons en outre, combien Angèle se préoccupe justement de celles qui sont découragées : « Si vous en voyez une pusillanime, timide et portée au découragement, réconfortez-la, encouragez-la,… dilatez son cœur par toutes sorte de consolations ». (Av 2, 8).
Elargissez pour elles la mesure des promesse qui ne manqueront pas de se réaliser : surtout pour celles qu vous verrez désolées, incertaines et abattues. (Av 5, 40).
Angèle propose de rendre visite régulièrement aux sœurs : Que les quatre vierges veuillent bien prendre pur leur tâche propre principalement de visiter tous les quinze jours ou pus ou moins selon les besoins toutes les autres vierges, leurs sœurs, afin de les réconforter et de les aider si elles se trouvent dans quelque situation de discorde ou dans quelque autre tribulation aussi bien de corps que d’esprit… (R 11, 8a-9). 2. Un gouvernement soucieux de l’avancement spirituel des sœurs

Aux colonelles, Angèle demande : Qu’elles soient comme des maîtresses et des guides dans la vie spirituelle (R 11,4). Et aux Matrones : Vous devez mettre toute votre intelligence et votre sollicitude à faire que vos chères enfants soient parées de toutes sortes de vertus, et de manières royales et belles, afin qu’elles puissent plaire le plus possible à Jésus-Christ leur époux. (4e Legs, 1-3). Aux Matrones, Angèle demande que toutes leurs décisions, même financières, soient prises en vue de cet avancement spirituel : …en dirigeant tout pour le bien e le profit spirituel de vos chères enfants, autant pour inviter et pousser à un plus grand amour et à l’obligation de bien faire celles qui sont déjà là, que pour en attirer encore d’autres (9e Legs 6-10).

Dans tout le chapitre 5 des Avis, Angèle donne des conseils en vue d’un avancement spirituel : désirer les allégresses et les biens célestes… abandonner l’amour de ce monde misérable et traître…faire honneur à Jésus-Christ… mettre leur espérance et leur amour en Dieu seul, et non dans une personne vivante… demeurer fermes et stables dans leur résolution, … s’efforcer d’observer la règle, ne pas perdre l’espérance, croire, avoir Jésus-Christ pour unique trésor, leur seul amour. (Av. 5, passim).

Le Chapitre 5 des Avis propose aussi des moyens concrets :
Pureté d’intention dans la manière de se nourrir (pour soutenir la nature et mieux servir Dieu), modération dans le repos, conversations sages et mesurées, ni âpres, ni dures, mais aimables, portant à la concorde et à la charité, obéissance et soumission aux supérieurs, humilité et douceur, patience, et paix et concorde partout où elles seront, mais aussi jubiler et faire fête, parce sûres que le Seigneur les attend auprès de Lui. (Av. 5, passim). Angèle n’entre pas davantage dans les détails, qui sont, d’ailleurs, explicités dans sa Règle, mais elle recommande une attention particulière à l’observance de cette Règle.

  • Par l’observance de la Règle
    Tenez ceci pour certain que cette Règle est directement plantée par sa sainte main, (Dern. Legs, 6).
    Veillez avec un très grand soin à ce que les bonnes prescriptions données, surtout celles qui sont dans la Règle, soient très diligemment observées. (Dern. Legs, 1)
    Et dites-leur de vouloir être unies et vivre ensemble dans la concorde, étant toutes d’un seul vouloir, et se tenant sous l’obéissance de la Règle, car tout est là. (Av . 5, 20).
    Combien elles doivent jubiler et faire fête, puisque dans le ciel est prépare pour toutes et pour chacune, une à une, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse, pourvu qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution, et qu’elles s’efforcent d’observer la Règle. (Av 5, 25-27).
  • Par un enseignement adapté :
    Vous devez avoir soin de faire réunir vos filles de temps en temps, dans le lieu qui vous paraître le meilleur et le plus commode. Et ainsi, selon que vous aurez à votre disposition quelqu’un qui convienne, vous leur ferez donner quelque petit sermon et quelque exhortation. (8e Legs, 1-2).
  • Par des réunions de partage :
    Qu’elles puissent se retrouver ensemble, comme des soeurs très chères, et s’entretenant ainsi ensemble de choses spirituelles, se réjouir et s’encourager ensemble, ce qui ne sera pas pour elles d’un petit avantage. (8e Legs, 3-6).
  • Par la vigilance pour prévenir les obstacles :
    les atteintes à la foi : Veuillez être pleines de sollicitude et de vigilance, comme autant d’attentives bergères, pour ce troupeau céleste remis entre vos mains… en particulier pour qu’elles ne soient pas souillées par le poison de quelque opinion hérétique en ces temps pestiférés. (10e Legs 1-2, 4).
    les atteintes à la charité et à l’union : Je vous prie de tout cœur, veuillez être pleines de sollicitude et de vigilance… pour que parmi vos brebis ne naisse pas la zizanie de la discorde. (10e Legs, 1, 3).
    Soyez sur vos gardes, et surtout, ayez soin qu’elles soient unies de cœur et de volonté, comme on le lit des apôtres et des autres chrétiens de la primitive Eglise : Il n’avaient tous qu’un seul cœur. (10e Legs 6k-7)
    La tiédeur et l’esprit du monde : Sachez que vous avez à défendre et à protéger vos brebis contre les loups et les voleurs, c’est-à-dire les gens mondains , ou faux religieux avec leurs tromperies (Av. 7, 1), et elle nomme ne particulier des jeunes gens, même spirituels, ou les femmes qui aiment entendre parler de vanités et de plaisirs mondains, ou des confesseurs ou des religieux qui détourneraient de la pratique de la Règle (Av. 7, 2, 5, 6, 9).
    Et, pour conclure, elle avertit : Faites votre devoir en les corrigeant avec amour et charité, si vous les voyez tomber dans quelque faute par suite de quelque fragilité humaine, ainsi vous ne cesserez d’émonder cette vigne qui vous est confiée (Av. 8, 7-8).

En conclusion, un gouvernement ouvert sur l’avenir

- qui favorise :

  • l’avenir de chaque sœur
    Comment pouvez-vous savoir vous, si celles qui vous paraissent les plus insignifiantes et les plus dépourvues ne vont devenir les plus généreuse et les plus agréables à sa Majesté ? (AV. 8, 3).
    Laissez faire Dieu : il fera des choses admirables en son temps et quand il lui plaira. (Av 8, 9).
    Il peut se faire qu’une personne ait mis toute la force de son attachement dans une bagatelle, de sorte que, s’étant vaincue sur ce point-là, aucun autre ne lui sera plus trop difficile. (6e Legs, 4).
  • l’avenir de la Compagnie
    Il n’abandonnera jamais cette compagnie tant que le monde durera. Car si c’est lui en premier lieu qui l’a plantée, qui donc pourra la déplanter ? (Av 4, 8), (Dern. Legs 7,8)
    Et comme la Compagnie devra s’adapter selon les temps et les lieux, Angèle laisse cette directive exceptionnelle que peu de fondateurs d’Ordre ont inscrite dans leurs règlements :
    Si selon les temps et les besoins, il y avait de nouvelles dispositions à prendre ou quelque chose à modifier, faites-le prudemment et avec bon conseil. (Dern. Legs, 2).

- qui favorise la joie.

  • Une joie dans la perspective de l’au-delà :
    Invitez-les à désirer les allégresses et les biens célestes, à soupirer après es fêtes joyeuses et nouvelles du ciel (Av 5, 3)
    Si vous observez fidèlement toutes ces choses et d’autres semblables, comme le Saint-Esprit, selon les temps et les circonstances vous le dictera, réjouissez-vous, gardez votre bonne volonté, voici qu’une grande récompense vous est préparée. (Dern. Legs 14, 15).

Une joie dès ici-bas
Certes, elles rencontreront parfois des difficultés et des tribulations, mais tout cela passera vite et se changer a en allégresse et en joie. (Av. 5,29). Persévérez fidèlement et avec allégresse dans l’œuvre entreprise. (Dern. Legs, 22).
Moi je serai toujours au milieu de vous, aidant vos prières … et ensemble, réjouissez-vous, puisque sans aucun doute, il en sera comme je vous le dis. (Dern. Av. 20, 22)

Voici quelques considérations qui résument bien tout ce que j’ai essayé de détailler ; elles proviennent des USA Centre, probablement de Sr Diana Fulgenzi :
- Un mode de leadership relationnel, enraciné dans l’attention individuelle, l’intérêt, le respect et l’amour pour chaque personne ; ouvert à toutes et cherchant à développer et à faire ressortir les dons de chacune ; doux et plein de compassion.
- Un mode de leadership guidé par l’Esprit, enraciné dans un engagement d’écoute priante dans sa propre vie, dans un discernement et une prise de décisions fondés sur la réflexion et l’amour.
- Un mode de leadership serviable ; qui reconnaît et qui rend grâce pour le « trésor » qui nous est confié ; prêt à reproduire dans ses propres actions et comportements ce qu’on demande aux autres et ce qu’attend d’eux.
- Un mode de leadership collaborant, qui cherche à encourager l’unité et les liens mutuels par un partage de dons ; qui favorise la croissance d’un esprit de communautaire et familial ; qui s’engage à résoudre les conflits par la réconciliation à faire la paix.
- Un mode de leadership créatif et audacieux, attentif aux besoins et aux conditions de vie de celles que nous servons ; à l’écoute des « signes des temps », capable d’adaptation, ouvert au changement, à la croissance, aux risques ; prêt à interpeller et à être interpellé.

Sr Marie Seynaeve,
Ursuline de l’Union Romaine

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