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La virginité selon sainte Angèle

Elues pour être les vraies et virginales épouses du Fils de Dieu.
La virginité selon sainte Angèle

La vie nouvelle qu’Angèle propose aux membres de la Compagnie, alors qu’elle en vit intensément elle-même, est celle d’Epouses de Jésus-Christ. Certes cette spiritualité n’est pas inconnue dans la tradition ecclésiale, particulièrement auprès des Pères de l’Eglise. Déjà au 3e siècle Tertullien désignait la vierge chrétienne comme épouse du Christ. Un siècle plus tard Saint Ambroise développait le thème en trois traités consacrés à la virginité. Au 4e siècle également, Saint Athanase, Saint Jérôme, Saint Grégoire de Nysse appellaient la vierge consacrée épouse du Christ, montrant ainsi que la terminologie s’était généralisée dans l’Eglise des premiers siècles.

A une époque où une grande partie de la vie religieuse était tombée en décadence, par suite de vocations forcées, imposées par des familles pour des motifs purement humains, Angèle, par sa vie et par ses Ecrits, remit en honneur à Brescia, et par la suite au sein de l’Eglise, la vierge, épouse du Christ.

I Angèle, épouse du Christ.

Du temps d’Angèle, où la jeune fille était destinée impérativement au mariage ou au cloître, l’état de célibat était pratiquement inexistant. Pourtant, c’est celui-là qu’Angèle choisit pour elle-même. Nous nous rappelons la réaction intempestive d’Angèle, relatée par Bellintani, refusant de mettre en valeur sa belle chevelure blonde, parce qu’elle voulait vivre uniquement pour Jésus-Christ. Ses habitudes de plus en plus prononcées de prière prolongée, de jeûne, de solitude, indiquaient déjà à son entourage sa pente spirituelle profonde. Celle-ci fut officialisée par son entrée dans le Tiers-Ordre de Saint François.

Cependant, l’irruption inattendue d’un message du ciel, survenu à Brudazzo, orientait Angèle d’une manière encore plus précise vers la virginité pour le Christ, virginité qu’elle allait rendre possible à d’autres dans la Compagnie qu’elle allait fonder et qui allait s’étendre.

Il semble, d’après Bellintani, que ce fut surtout lors de sa prière prolongée au Mont Calvaire quelle reçut une grâce particulière de virginité pour elle-même et pour ses filles :

C’est là qu’elle conçut l’esprit de virginité qu’elle communiqua si largement à tant d’autres épouses du Christ. C’est là qu’elle fut toute transformée en une nouvelle créature, recevant un être nouveau. Dans le lieu même où la croix fut plantée... naquit la Compagnie, grâce aux prières ferventes et aux larmes abondantes d’Angèle... Comme Saint François obtint... le don de la pauvreté évangélique, sœur Angèle obtint sur le Calvaire le don et l’esprit de virginité (Bellintani, Queriniana 14, f. 13 r).

La naissance spirituelle de la Compagnie dans le cœur d’Angèle ne date certes pas spécifiquement du Mont Calvaire, mais il est à remarquer que c’est après son pèlerinage en Terre Sainte, puis à Rome l’année suivante, qu’Angèle manifeste des dons charismatiques : annonce de la foi, explication de la Sainte Ecriture, paroles persuasives pour la conversion de son entourage. En même temps, se constitue peu à peu autour d’elle un groupe de femmes et de jeunes filles désireuses de vivre comme elle dans la virginité, toutes données à Jésus-Christ.

Lorsqu’arriva le 25 novembre 1535, date officielle de la fondation de la Compagnie, on peut deviner la joie que devait éprouver Angèle de pouvoir se consacrer officiellement, au milieu de 38 autres jeunes filles, à Celui qu’elle appelle son amour. De plus, selon Doneda, d’anciens livres de la Compagnie, aujourd’hui perdus, relatent qu’elle fit personnellement un vœu privé de virginité et encourageait ses compagnes qui le désiraient à faire de même. A la mort de la fondatrice, une quarantaine d’entre elles avaient déjà prononcé ce vœu, selon la liste trouvée dans le Libro Rosso de la Compagnie.

La discrétion personnelle d’Angèle a laissé peu d’indications sur la manière dont elle vivait cette consécration. C’est surtout dans ses Ecrits qu’il faut chercher la haute estime qu’elle avait de la virginité et les moyens qu’elle proposait à ses compagnes pour vivre effectivement comme épouses du Fils de Dieu.

II La virginité dans les écrits d’Angèle

1. Le choix de Dieu

La virginité, selon Angèle est un contrat d’Alliance entre Dieu et celles qu’Il a choisies, Alliance prévue de toute éternité.

Dieu a voulu dans son conseil éternel élire en dehors de la vanité du monde, beaucoup de femmes, spécialement des vierges, c’est-à-dire, notre Compagnie (T Prol 5).

Appartenir à cette « si noble famille » (T Prol. 11), est « une dignité nouvelle et étonnante » (R Prol. 8), dont nous avons continuellement à rendre grâce.

Vous devez le remercier infiniment de ce qu’à vous spécialement il ait accordé un don si exceptionnel (R Prol 5).

Le choix de Dieu n’implique rien de moins que d’être appelées à la dignité d’épouses du Fils de Dieu.

Vous avez été choisies pour être les vraies et virginales épouses du Fils de Dieu (R Prol 7). Nous sommes appelées à une vie tellement glorieuse que nous sommes épouses du Fils de Dieu et que nous devenons des reines au ciel (R Prol 17).

Aux Matrones, Angèle rappelle l’importance de leur mission :

Quelles beauté et dignité nouvelles que d’être mères des épouses du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs... Épouses, non pas d’hommes de ce monde, qui vont mourir et qui sont désagréables, mais de l’immortel Fils du Dieu éternel (4e Legs 12-14).

2. Dieu s’engage dans son Alliance

Puisqu’il s’agit d’une Alliance, Angèle évoque les engagements de l’Époux vis-à-vis de l’Épouse. Avant tout, Il s’agit de l’amour : Il est celui qui nous aime, nous toutes (Av 5, 38 ; Dern Av 32). Il est notre véritable et unique trésor (Av 5, 43). Il ne veut que notre seul bien et notre seule joie (R 10, 19). Il est Celui qui nous anime par sa présence continuelle :

Que toujours votre principal refuge soit de vous rassembler aux pieds de Jésus-Christ... ainsi, sans aucun doute, Jésus-Christ sera au milieu de vous (Dern. L 3,5).

Cette présence ne nous quittera jamais, même dans la vieillesse, car alors nous serons encore "assistées et servies comme de vraies épouses de Jésus-Christ" (R 11, 29).

Il nous enseigne et nous donne sa lumière : Il vous éclairera et vous instruira en vrai et bon maître sur ce que vous aurez à faire (Dern Legs 5). Non seulement Il nous instruit par sa Parole – les Ecrits d’Angèle sont tissés de citations de l’Evangile – mais par son exemple il nous invite à l’humilité, à l’obéissance, à la douceur, au service et à l’amour fraternel.

Il ne nous abandonnera jamais dans les nécessités que nous pourrions éprouver :

Qu’elles tiennent encore ceci pour très certain : que jamais elles ne seront abandonnées dans leurs besoins. Dieu y pourvoira admirablement. Combien de seigneurs, de reines et d’autres grands personnages, malgré leurs richesses et leur puissance, ne pourront trouver un vrai soulagement en tel ou tel besoin extrême ! Et elles, au contraire, malgré leur pauvreté, trouveront consolation et réconfort (Av 5, 31-34).

Surtout, après avoir vécu 33 années en ce monde par amour pour nous (R 5, 12), après avoir répandu son sang pour notre amour (R 5, 25 ; Test Prol 25), Il nous attend au moment de notre mort, pour nous conduire à la gloire céleste (R 11, 36).

3. Notre réponse à cet appel.

L’Alliance à laquelle le Christ Epoux nous invite suppose de notre part une réponse engagée, joyeuse et libre :

Celle qui devra entrer ou être admise dans cette Compagnie doit être vierge et avoir la ferme intention de servir Dieu en cette sorte de vie. Et puis, qu’elle y entre joyeusement et de sa propre volonté (R 1, 1-4).
  • « La ferme intention de servir Dieu »

A ce choix de Dieu correspond l’invitation à vivre de tout votre pouvoir comme il est demandé aux véritables épouses du Très-Haut » (R Prol 32).

La virginité de cœur implique aussi la volonté de servir Dieu, car Angèle veut affermir en nous le désir d’être au service de Celui qui nous a choisies, quelle que soit notre occupation, quel que soit le lieu ou la communauté où ce service m’est demandé. Il n’y a rien – aucune circonstance, aucune personne, aucune difficulté – qui peut nous empêcher d’être entièrement au service de Celui qui nous a choisies.

  • « Quelle y entre joyeusement . »

Le propre de l’épouse c’est de rencontrer Celui quelle aime dans la joie. Ainsi toutes nos rencontres avec le Christ, dans l’oraison, dans la prière commune, dans le bouleversement de nos projets personnels, dans nos activités choisies où reçues de Lui, sont des occasions de rencontre dans la joie. Je me souviens – et beaucoup parmi vous pourraient raconter le même souvenir – de la joie qui envahissait ma mère vers 17 heures du soir, à l’approche du retour de mon père. A ce moment, elle enlevait son tablier ou son vêtement de travail, elle se recoiffait, prenait une robe plus belle, et ses yeux brillaient de l’attente joyeuse de son retour. Ainsi, nos rencontres quotidiennes avec le Christ sont vécues dans la joie de sa présence : Qu’elle soit joyeuse et toujours pleine de charité, de foi et d’espérance en Dieu (R 9, 11).

  • « Qu’elle y entre de sa propre volonté. »

En un temps où l’entrée en religion était le fruit d’une décision parentale, Angèle demandait aux gouvernantes et aux gouverneurs de la Compagnie d’entrer en relation avec les parents ou les employeurs de la jeune fille, afin d’assurer sa liberté et d’empêcher que dans la suite ils ne fassent obstacle à son engagement dans la Compagnie (Cf. R 1, 7).

4. Les qualités de notre vie d’Épouse.

  • aimer en retour

Par dessus-tout, il s’agit d’aimer le Christ, notre Époux en faisant volontairement à Dieu le sacrifice de son propre coeur (R 9 2), en mettant notre espérance et notre amour en Dieu seul, et non dans une personne vivante (Av 5, 22), en mettant tout son bien et tout son amour et tout son plaisir... en Dieu seul (R 10 :9,13).

En aimant ainsi, la Vierge de Sainte Ursule cherche à Lui faire honneur et à Lui plaire : Qu’elles fassent honneur à Jésus-Christ à qui elles ont promis leur virginité et leur être tout entier (Av 5,21), afin de plaire le plus possible à Jésus-Christ leur Époux (4e Legs 3).

  • persévérer dans la fidélité

Concrètement, il s’agit de chercher et vouloir tous les moyens et toutes les voies qui sont nécessaires pour persévérer et progresser jusqu’à la fin. (R Prol 10), pour se conserver dans l’état où Dieu vous appelle (R Prol 9). Sans aucun doute, seule cette personne-là pourra rester fidèle qui voudra aussi embrasser les moyens et voies nécessaires à cela. (R Prol 13). Ces moyens, Angèle les énumère : écoute de la Parole de Dieu, vigilance, combat spirituel, observance de la Règle, courage. Surtout, soyez toutes attentives, le cœur large et plein de désir (R Prol 32).

  • être vigilantes

Avec réalisme, Angle évoque non seulement les luttes à affronter, mais la vigilance à observer pour se maintenir dans la fidélité.

Il faut que nous soyons d’autant plus vigilantes, mes sœurs, que notre entreprise est d’une telle importance qu’il ne pourrait y en avoir de plus grande, car il y va de notre vie et de notre salut (R Prol 15). Plus l’entreprise où l’on s’engage a de valeur, plus elle comporte fatigues et dangers ; car ici il n’y a aucune sorte de mal qui ne cherche à s’y opposer, vu que nous sommes ici-bas placées au milieu de pièges et de dangers (R Prol 18-19).

Angèle énumère d’abord les difficultés qui nous viennent de l’extérieur : l’eau, l’air, et la terre. En effet, elle avait connu à Brescia des inondations suivies de famines, des tremblements de terre et, lors de son retour de Terre Sainte, une effroyable tempête en mer, qui a failli engloutir son navire. Elle signale aussi les difficultés qui nous viennent de nos propres faiblesses : puisque notre chair et notre sensualité ne sont pas encore mortes (R Prol 20), c’est-à-dire, notre besoin de jouir, de posséder, de nous affirmer, souvent au détriment d’autrui. Enfin, elle signale les ruses du démon tentateur :

Notre adversaire, le diable, ne dort pas non plus, lui qui jamais ne repose ; mais toujours (comme dit saint Pierre), tel un lion rugissant, il guette et cherche comment il pourrait dévorer l’une de nous, et avec tant de ruses et d’astuces à lui, que personne ne pourrait les compter (R Prol 21).

Immédiatement après avoir brossé ce tableau peu réjouissant, Angèle cherche à encourager et à poser les conditions de la victoire :

Pourtant, mes sœurs, vous ne devez vous effrayer pour cela : car si vous vous efforcez à l’avenir, et de tout votre pouvoir, de vivre comme il est demandé aux véritables épouses du Très-Haut, … j’ai cette foi et cette espérance, fermes et inébranlables, en l’infinie bonté de Dieu : non seulement nos surmonterons tous les périls et adversités, mais encore nous les vaincrons avec grande gloire et grande joie (R Prol 22-23, 25).
  • adopter le style de vie d’une Epouse du Très-Haut

L’infinie bonté de Dieu nous accompagne et nous soutient dans notre vie quotidienne d’épouses, imprimant à notre comportement un style de vie particulier. C’est Lui qui nous aide à être empressée à la prière, aussi bien mentale que vocale (R 5, 1), et à prier toujours, d’âme et d’esprit (R 5, 5), à prier pour soi, pour ses parents et amis, pour le monde entier (R 5, 23-24). C’est Lui qui inspire par son exemple le jeûne qui mène au vrai jeûne spirituel (R 4, 3-4) et qui nous invite à assumer ses intérêts à Lui, en priant à différentes époques de l’année pour les pécheurs, pour tout le peuple chrétien, et même pour les personnes ferventes (R 4, 10-11, 13, 16).

C’est Lui qui inspire une vie pleine de joie :

Combien elles doivent jubiler, et faire fête, puisque dans le ciel est préparé pour toutes et pour chacune, une à une, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse, pourvu qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution (Av 5, 25-26).

En outre, il y a des comportements concrets qui caractérisent le style de vie de l’Epouse : porter des vêtements modestes et simples, de couleur sobre et foncée, malgré les couleurs chaudes et chatoyantes que les peintres de la Renaissance ont fixées sur leurs toiles. Angèle recommande à ses filles, vivant dans le monde, d’éviter les fréquentations légères, le message secrets, les familiarités avec les hommes, même réputés vertueux, les divertissements tels que noces, bals, tournois mondains, les bavardages dans les rues (cf. R 3 passim). Il s’agit de se conserver intactes et chastes, et qu’en chacun de leurs faits et gestes, elles se comportent avec honnêteté et prudence (4e Legs, 4-6).

Elle recommande de manger et de boire pour mieux servir Dieu, de dormir le nécessaire, d’être réservées et sobres dans la manière de rire, de n’accepter que des conversations convenables, de ne prononcer que des paroles sages et aimables portant à la concorde et à la charité, de supporter tout avec patience et charité, de mettre la paix et la concorde partout où elles se trouvent (cf. Av 5, 6-16).

Surtout, Angèle voit la virginité comme expression de l’amour, en faisant volontairement à Dieu le sacrifice de son propre cœur (R 9, 2) et en ayant toujours brûlante au cœur la charité (R 9, 22). Pour ce motif, la virginité est sœur de tous les anges (R 9, 3) qui contemplent sans cesse la face de Dieu avec adoration et amour, et qui sont envoyés comme ses messagers pour accomplir sa volonté.

L’amour de l’Epouse va englober tous ceux que le Christ met sur son chemin, tous ceux à qui elle est envoyée : Que toutes nos paroles, nos actions et nos comportements soient toujours un enseignement et un motif d’édification pour qui aura à faire avec nous (R 9, 21). Le témoignage de la joie (v. 11), de la vérité (v. 14), de la charité, de la foi et de l’espérance (v. 11) découle d’un cœur qui ne cherche qu’à aimer.

Avec réalisme, Angèle ne craint pas de préciser même les attitudes contraires à l’amour :

Et donc, par-dessus tout, qu’elle garde le cœur pur et la conscience nette de toute pensée méchante, de toute ombre d’envie et de malveillance, de toute discorde et mauvais soupçon et de toute autre inclination et volonté mauvaises. (R 9, 7-10)… Sans répondre avec arrogance, sans faire les choses de mauvais gré, sans rester en colère, sans murmurer, ans rapporter quoi que ce soit de mal (R 9, 15-19).

5. L’offrande de l’Epouse

La preuve suprême de l’amour est dans l’offrande de sa vie. Notre amour d’Epouse est un trésor, un joyau sacré, à conserver à tout prix : Que chacune soit prête à mourir plutôt que de consentir jamais à le souiller et à le profaner (R 9, 23). Ces paroles ont été vécues concrètement par plusieurs ursulines martyres, en Pologne, au Salvador, en Afrique Centrale, qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour rester fidèles à Celui qui les avait choisies et aimées.

Cependant, la plupart d’entre nous sont invitées à offrir notre vie dans le « goutte-à-goutte » quotidien. L’offrande qu’Angèle propose au Seigneur, sa seule vie et son unique espérance, est celle du cœur, même misérable et impur, ce cœur appelé à brûler dans la fournaise ardente de son divin amour. Elle nous invite à lui offrir notre liberté, nos pensées, paroles et actions, tout ce qui est à moi et hors de moi – dit-elle - tout cela je le dépose aux pieds de ta Divine Majesté. Et je te prie de daigner le recevoir, bien que j’en sois indigne (cf. R 5, 35-43). Il s’agit de l’acte suprême de l’Alliance : après avoir tout reçu du Christ Epoux, Lui remettre avec amour tout ce que nous faisons, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes.

Conclusion

Après avoir tracé avec tant de soin les qualités de l’Epoux et celles que son Epouse est appelée à revêtir, Angèle veut nous assurer de sa présence auprès de nous, présence de mère, présence d’amie qui guide et stimule celles qui lui ont été confiées.

Angèle réalise que sa responsabilité à l’égard de la Compagnie lui a été confiée par le Seigneur Lui-même :

Il lui a plu, dans sa bonté infinie de se servir de moi comme de son instrument pour son œuvre, une telle œuvre et si grande, quoique je fusse de moi-même une servante très insuffisante et très inutile. Il m’a aussi, dans sa bonté habituelle, donné et accordé une telle grâce et un tel don, que j’aie pu les gouverner selon sa volonté, et pourvoir à leurs nécessités et leurs besoins surtout en ce qui contribue à les diriger et à les maintenir dans l’état de vie auquel elles ont été élues (Test Prol 6-9).

Pour nous aider à nous maintenir dans l’état de vie pour lequel le Seigneur nous a choisies, Angèle promet encore davantage, une présence continuelle parmi nous :

Je suis continuellement au milieu d’elles avec Celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes… Dites-leur qu’elles désirent me voir non pas sur la terre, mais au ciel, où est notre amour (Av 5, 38-41).

Cette présence est renforcée par les supérieures qu’elle envoie en son nom sauvegarder un tel trésor qui est le sien (Av Prol 12). Il ne peut y avoir de tâche plus digne que celle-là, être les gardiennes des épouses du Très-Haut (Av Prol 8), qui mettent toute leur intelligence et leur sollicitude à ce que leurs chères enfants soient parées de toutes sortes de vertus et de manières royales et belles, afin qu’elles puissent plaire le plus possible à Jésus-Christ leur époux (4e Legs 13).

Ainsi, la virginité, selon Sainte Angèle, est essentiellement caractérisée par l’amour, amour de l’Epouse qui veut répondre à l’appel de Jésus-Christ, son Epoux, en essayant de lui plaire le plus possible et en persévérant fidèlement et avec allégresse dans l’œuvre commencée (Dern Legs 22).

La virginité selon sainte Angèle


Synthèse de différentes interventions
données à Beaugency, Mons, Rome, Thiès.
Soeur Marie Seynaeve

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