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La vie spirituelle (suite)

Le début de la conférence se trouve ici.

3. But de la vie spirituelle : union au Christ par le Père dans l’esprit

A. Qui est le Père pour Angèle ?

Ce qu’Angèle nous dit de la prière, nous révèle tout un enseignement sur Dieu, Père, Fils et Esprit- Saint. Quand Angèle dit le mot « Dieu », parfois il s’agit du Père, parfois de Jésus-Christ. C’est le contexte qui nous l’indique, et parfois, ce n’est pas clair du tout.

1. Providence

Angèle dit que Dieu est notre Providence à condition que nous gardions les dispositions voulues qui lui permettent d’intervenir dans notre vie. Il veille sur nos besoins : Car vous devez savoir ceci et le tenir pour certain : que jamais il ne manquera de subvenir à leurs besoins, tant corporels que spirituels, pourvu que rien ne manque de votre côté (Av 4, 7). Donc, puisqu’Il veille sur nous, il faut avoir confiance : ne soyez pas empressés à chercher ce que vous devez manger, ni ce que vous devez boire, car votre Père céleste sait bien, lui, que vous avez besoin de toutes ces choses ; comme s’il disait clairement : ne vous tracassez au sujet d’aucun de vos besoins temporels, car Dieu, et lui seul, sait, peut et veut y pourvoir ; lui qui ne veut que votre seul bien et votre seule joie (R 10, 15-18).

Toutefois, pour avoir l’expérience de sa Providence, il faut créer en nous le dépouillement qui la conditionne et c’est pourquoi Angèle affirme, Que chacune s’efforce donc de se dépouiller de tout, et de mettre tout son bien, et son amour, et sa délectation, non dans ce qu’elle a, …mais en Dieu seul, et en sa seule providence bienveillante et ineffable (R 10, 8-9,13).

2. Celui qui nous écoute et qui veut nous exaucer

A condition que nous nous tournions vers Lui. En étudiant ces phrases, j’ai été frappée de voir que chaque fois, Angèle indique une condition, et puis une grâce correspondante. Une condition, d’abord : Il s’agit de ne pas se décourager, de garder une foi ferme, de prier, de s’humilier sous sa puissance, de coopérer à son action, alors, Il nous aidera et nous donnera sa force.

Il s’agit d’agir, de s’empresser, de faire des efforts, d’espérer, d’orienter tout vers sa louange et sa gloire, vers le bien des âmes, alors, nous verrons des merveilles (cf. Av Prol 17-18)

Il s’agit de s’humilier, de renoncer au sentiment de sa propre valeur, de renoncer à se complaire dans sa réputation, alors< /span> Il nous donnera une joie, une gloire et un honneur plus vrai (cf. Av 1, 12-13).

Il s’agit d’être liées les unes aux autres par la charité, de s’estimer, de s’aider, de se supporter en Jésus Christ, alors Il sera au milieu de nous et nous aurons toutes sortes de prospérités et tout ce que nous ferons réussira (cf. Dern Av 2, 9).

Il s’agit de prier ensemble, de vivre ensemble dans cette union de cœur, alors, toute grâce que nous demanderont sera infailliblement accordée (cf. Dern Av 19).

Vous pouvez reprendre ces textes. Vous verrez le nombre de fois où Angèle indique une promesse, mais aussi - et c’est là qu’elle est vraiment une maîtresse de vie spirituelle - les conditions intérieures par lesquelles Dieu forge en nous la possibilité de recevoir ses dons. Dieu est Père ; il est Providence ; il nous écoute.

B. Qui est le Christ pour Angèle ?

Jésus Christ est notre modèle, notre maître et notre époux.

1. Notre Modèle

Angèle présente le Christ comme modèle, obéissant au Père, serviteur, doux et humble de cœur, posant sur nos épaules son joug, qui est doux (cf. Av 1 ; R 9 ; 3e Legs). Il est notre voie, notre vie, notre vérité. (Cf. R 5 et 6).

2. Notre Maître

Jésus-Christ est aussi notre Maître ; il peut nous transformer, Lui, comme dit l’Ecriture, qui peut changer des pierres en enfants destinés au Ciel (Av 8, 6). Il montre d’abord ce que nous devons faire pour être transformés par Lui… et nous revenons toujours aux mêmes conditions : tout d’abord, l’humilité. Angèle cite en exemple Saint Grégoire qui se considérait en son cœur comme plus petit que tous les autres et comme serviteur des serviteurs de Dieu, se souvenant de cette parole de l’Evangile, Que celui qui est le plus grand parmi vous se fasse le plus petit, et Angèle continue, Dieu vous exaltera dans la mesure où vous vous serez abaissées (Av 1, 8-10, 14).

Cette humilité va de pair avec notre pauvreté intérieure Là aussi, le Christ nous enseigne, car l’Ecriture dit, Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux est à eux (R 10, 7). Le Christ nous enseigne aussi que dans le courant de notre vie, dans les actions ordinaires, nous avons à le chercher en premier lieu. L’Evangile dit, Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et toutes ces choses vous seront données par surcroît (R 10, 14). Mais comme nous sommes faibles, nous avons toujours à recommencer.

Angèle nous enseigne le pardon que le Seigneur nous offre. Vous vous rappelez l’enseignement d’Angèle sur le sacrement de réconciliation. Elle cite à ce sujet la parole du Christ à Pierre, Je te donnerai les clés du royaume des cieux : tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux (R 7, 3).

Le Christ nous enseigne aussi la prière continuelle, Il faut prier toujours ; la persévérance, Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé (R Prol 11) ; la docilité, Bienheureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent (R Prol 12). Mais aussi, Il est meilleur d’obéir que de sacrifier, où il s’agit de cette grande docilité qui est l’union de notre volonté à celle du Père (R 8, 15). Alors, nous pourrons, comme le dit le Christ, porter du fruit (Ier Legs 4).

Parmi les fruits les plus importants, nous trouvons l’union, parce que nous sommes réunies en Son nom. Le Seigneur sera au milieu de nous, affirme Angèle, comme il l’a promis (cf. Dern Av 3) et c’est en cela que le monde reconnaîtra si vous êtes des miens, si vous vous aimez les uns les autres. (10e Legs 11). Vous voyez comment les paroles du Christ citées par Angèle englobent tout un contexte de vie spirituelle. Nous y retrouvons les thèmes de pauvreté, de détachement, de prière continuelle, de confiance, de demande de pardon et de docilité à l’Esprit.

3.Notre Epoux

a. Il nous appelle à Lui  ; Il nous aime ; Il nous donne sa vie, Lui, l’Immortel Fils de Dieu (4e Legs 13). Reconnaissez cette dignité nouvelle (R Prol 8). Il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs (4e Legs 14). Alors vivez comme de véritables épouses (R Prol 7) et répondez-Lui allègrement, en entrant volontairement dans la Compagnie (R 1, 3-4). Mettez-y tout votre cœur et toute votre volonté, parce que nous avons à Lui faire honneur, étant que donné qu’Il nous a appelées et que nous lui avons tout donné.

b. Il nous aime. Chaque fois qu’Angèle parle de son amour pour le Seigneur et de l’amour du Seigneur pour elle-même, elle se reprend et dit, Il nous aime toutes. Elle englobe ses filles dans cet amour du Seigneur. Il nous aime toutes ensemble ; il faut le croire et ne pas perdre le courage et l’espérance. Et puisqu’Il nous aime, il faut essayer de Lui plaire davantage. Il nous aime jusque dans notre vieillesse, où il faut accepter d’être secourues comme de véritables épouses de Jésus Christ. Il nous attend, soyez consolées. Ne vous laissez pas troubler par le doute. Vous verrez sa face resplendissante de lumière et au moment de la mort ; vous verrez l’amour dont Il vous environne. Angèle promet même qu’il nous retirera de cette épreuve qu’est le Purgatoire et nous conduira, environnées de lumière, jusqu’à la gloire céleste. Son amour nous suit, dans le temps et dans l’éternité.

c. Il est notre Sauveur. Il donne sa vie pour nous. A cause de ce grand amour, efforçons-nous de le servir. Je vous prie, je vous supplie, par l’amour de la passion de Jésus-Christ, mettez en pratique ces quelques avis que je vous laisse (Av Prol 20-21). En particulier, puisqu’Il nous a sauvées, qu’il est mort pour nous, demandons-lui pardon, et demandons pardon pour tous les pécheurs, afin que cette souffrance profite à tous et ne soit pas perdue. (cf. R 6).

C. Qui est l’Esprit-Saint pour Angèle ?

Le Christ, sur la croix, a remis son âme entre les mains du Père, après avoir vécu une longue docilité à l’Esprit qui le conduisait. Nous sommes appelées à l’imiter, car selon Sainte Angèle, l’Esprit est :

1. Celui qu’il faut prier.
Il faut le prier, le prier surtout pendant la neuvaine entre l’Ascension et la Pentecôte, pour qu’il envahisse ses élus, ceux qu’Il a choisis, à condition qu’ils soient bien disposé. (cf. R 4). Il faut le prier au moins sept fois le jour, nous mettre sous son emprise, lui demander ses dons (cf. R 5). Il faut le prier autant qu’il nous le dira, aussi longtemps que l’Esprit et la conscience le dicteront (R 6, 7).

2. Celui à qui il faut obéir.
Nous connaissons cette phrase fondamentale qui fait partie de toute notre spiritualité d’Ursulines : Par-dessus tout : obéir aux conseils et inspirations que l’Esprit Saint nous envoie continuellement au cœur, lui dont nous entendrons d’autant plus clairement la voix que nous aurons la conscience plus purifiée et plus nette. Car l’Esprit Saint, comme dit Jésus-Christ, est celui qui « qui nous enseigne toute vérité ». (R 8, 14-16).

3. Celui qui nous dirige

L’Esprit Saint est aussi celui qui nous inspire à chercher Dieu en tout temps et en toute circonstance ; à changer quelque chose dans notre vie personnelle ou dans notre activité. C’est lui qui inspire nos décisions (cf. 7e Legs), qui inspire même nos dépenses pour le bien spirituel et temporel de la Compagnie (cf. 9e Legs).

4. Celui qui dirige l’Eglise

Suivez l’ancienne voie et l’usage de l’Eglise établis et confirmés par tant de Saints sous l’inspiration de l’Esprit-Saint (Av 7, 22).

Quand j’ai mis bout à bout ce qu’Angèle disait du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint, je me sui dit : Elle a une dévotion trinitaire extraordinaire, sans la proclamer « ex professo ». Les seules fois qu’elle mentionne la Sainte Trinité, c’est au début de sa Règle, car la Règle est écrite « au nom de la Trinité », et par deux fois, lorsqu’elle bénit les Colonelles et les Matrones « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

4. Cadre de la vie spirituelle : l’Eglise

Nous abordons, enfin, l’enseignement d’Angèle sur l’Eglise, perçue dans sa totalité. Elle ne mentionne qu’une fois l’Eglise du Purgatoire, lorsqu’à la fin de sa Règle, avec beaucoup de réalisme, elle dit :

Quand l’une d’elles sera morte, alors … celle qui sait lire dira l’Office des morts ; et celle qui ne sait pas lire dira trente-trois Pater Noster et autant d’Ave Maria, afin que, si cette âme était dans les peines du purgatoire pour quelque péché, notre doux et bienveillant Jésus-Christ la tire de ces peines, et la conduise à la gloire céleste avec les autres vierges, couronnée de la couronne virginale toute d’or, éblouissante de lumière. (R. 11,32-36)

Donc, nous aurons de la compagnie au moment de notre mort !

Il faut surtout évoquer ce que nous appelons, dans la tradition de l’Eglise, l’Eglise militante et l’Eglise triomphante : celle de la terre et celle du ciel.

A. L’Eglise de la terre

1. attaquée par l’esprit du mal

L’Eglise militante, Angèle la voit comme assaillie par les forces du mal, attaquée par les forces du monde, mais victorieuse.

a. Les forces du mal sont à l’œuvre.

Etant donné l’époque où Angèle a vécu, - nous pourrions en dire autant de la nôtre - il n’était pas difficile pour elle de voir les forces du mal à l’œuvre ; elle parle des attaques, des persécutions, des tromperies du démon. (Dern Av 16-18) Elle dit encore, Le démon ne dort jamais et de mille manières il cherche notre ruine (10e Legs, 5) et inspire notre désobéissance.

b. Soyez donc vigilantes :

Coupez court, et surtout, priez, car le Seigneur vous en arrachera (Dern Legs 21).

2. Minée par l’esprit du monde

a. signes de l’esprit du monde

Quant aux attaques de l’esprit du monde, Angèle nous dit : Ce monde est misérable et trompeur (cf. Av 5) ; il n’est que vanité (cf. Test Prol) ; il est ténèbres (R Prol) ; ses fruits sont la douleur, la tristesse, les routes épineuses, raides et rocailleuses (cf. R Prol) ; il n’occasionne que des difficultés et des tribulations et des souffrances. (Av 5) Les temps dans lesquels nous vivons sont pleins de périls ; ce sont des temps de pestes (Av 7) - une réalité bien concrète : combien de fois ces épidémies de peste passaient comme une traînée de poudre et laissaient les familles endeuillées ! Mais, rassurez-vous, ajoute-t-elle, la victoire du Christ est certaine.

b. la victoire sur le monde

Le Christ est victorieux sur le monde et peut nous donner sa joie (Av 5). Cette vie, après tout, est courte, nous aurons de la consolation, et même, si nous prions le Seigneur, si nous lui sommes fidèles, Il nous donnera des routes fleuries et parsemées d’or (R Prol. )

Voilà donc l’Eglise militante, Eglise de souffrance, attaquée, mais toujours victorieuse, Eglise, qui, au sein des épreuves, peut trouver de la joie.

B. L’Eglise du ciel

1. L’Eglise du ciel nous soutient.

Que dit Angèle de l’Eglise du ciel ? Elle parle plusieurs fois de la Madone : Je vous annonce une heureuse nouvelle de la part de la Madone (Av 5) Et, Si vous êtes liées par la charité, vous aurez de votre côté le Seigneur, la Madone, les Apôtres, tous les Saints et Saintes, tout le ciel et tout l’univers (Dern. Av). Tous ceux-là en notre faveur ! Même les anges et les chœurs célestes seront avec nous (R Prol). N’oublions pas que les deux visions connues d’Angèle concernent des anges, quelle les avait vus, qu’elle a ressenti de la joie en présence des êtres célestes qui nous entourent.

2. La joie promise à celles qui luttent.

Angèle parle aussi du ciel et de ses joies ; Il faut les désirer, ces fêtes joyeuses, ces éternels triomphes ; il faut désirer cette nouvelle couronne de joie et d’allégresse, et même si vous souffrez, faites-le avec patience, parce que cette souffrance n’est rien à côté des joies que vous aurez dans le paradis (Av 5). C’est là que se trouve Jésus, notre amour. Ne le cherchez donc pas ici-bas ; ce n’est pas ici-bas qu’il établit son Royaume. Si vous embrassez cette Règle, vous aurez une grande gloire et un grand triomphe. Triomphes, gloires, couronnes, fêtes (R Prol)- Angèle en avait eu un avant-goût dans ses visions. Elle pouvait en parler en connaissance de cause !

En reprenant ainsi par thèmes l’enseignement d’Angèle, nous pouvons nous faire quelque idée de ce que devaient être ses exhortations spirituelles qui duraient parfois une heure. Puissions-nous, vous et moi, être de celles qui en sortaient le cœur transformé.

La vie spirituelle


Marie Seynaeve

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