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La vie d’Angèle Merici

La vie et le message de Sainte Angèle Merici.

Introduction

Nous allons réfléchir ensemble sur la vie et la personnalité de Sainte Angèle Merici, sur le message qu’elle nous communique aujourd’hui.

Sainte Angèle Mérici
Moi, comme vous, nous avons tendance à considérer les saints comme des personnalités chrétiennes qui ont vécu dans le passé, qui nous inspirent par leur exemple et par l’enseignement qu’ils nous ont laissés... dans le passé. Mais il y a davantage. il y a la « communion des saints ». Être en communion avec quelqu’un c’est avoir quelque chose de commun avec lui, c’est vivre avec lui une certaine intériorité, même si le temps ou la distance nous sépare. C’est vrai aussi des saints. Angèle, aujourd’hui, est en communion avec nous. Elle est avec nous. Elle l’a promis, d’ailleurs, d’une manière surprenante. Je la cite, en me permettant seulement de changer le féminin en masculin collectif :
« Vous leur direz que maintenant je suis plus vivante que je ne l’étais quand on me voyait corporellement, que maintenant je les vois et les connais mieux. Et que je puis et veux les aider plus encore. Que je suis continuellement au milieu d’eux avec celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous tous, pour qu’ils croient et ne perdent pas le courage et l’espérance ». (5ème Avis, 35 à 39)
Forts de cet encouragement, nous allons nous pencher sur sa vie et son message. Sa vie d’abord. Ce sera notre première partie. Ensuite, et ce sera la seconde partie, le rayonnement d’Angèle, vu par ses contemporains, nous permettra de dégager les traits marquants d’une personnalité humainement attachante et spirituellement riche. Enfin, et nous terminerons par ce troisième aspect, si Angèle continue à demeurer parmi nous, elle a un message à nous transmettre aujourd’hui. Nous essayerons de capter ce message.

I- Vie de Sainte Angèle Merici

Première étape : les illuminations

Angèle vit le jour au dernier quart du 15ème siècle, vraisemblablement vers 1474. Elle mourut en 1540, âgée d’environ 65 ans. Cette longue vie se découpe, comme naturellement, en trois parties de plus ou moins 20 ans. La première, qui va de sa naissance à l’âge de 24 ans environ, est celle des grandes illuminations.

Première illumination  :
Au sein de sa famille
La première illumination se produisit au sein de sa famille. A l’ âge de 5 ou 6 ans, d’après ses propres confidences, Angèle apprit à connaître et à aimer Dieu, non pas d’une manière abstraite, mais par les lectures à haute voix de son père, lectures, dit-elle, qui portaient sur la vie des saints et des vierges martyres de la primitive Église. Elle se sent poussée à les imiter : Agnès, Cécile, Ursule, Catherine. Ces lectures lui ouvrent le chemin de la prière : elle commence à parler à Dieu et pour ce faire, à se choisir des lieux et des temps de recueillement. Une Thérèse de Lisieux raconte une expérience semblable. A peu près au même âge, elle accompagnait son père à la pèche. Tout le monde sait bien que pour que les poissons mordent, il faut éviter le bruit. Ces temps de silence, Thérèse les passait à parler à Dieu, tout simplement, « ne sachant pas, dit-elle, ce que c’était que de faire oraison ». Nous mesurons ici l’importance de la formation à la vie chrétienne des tout petits. Dieu leur parle au cœur.
L’ambiance familiale est capitale pour les aider à L’écouter et à Lui répondre.

Les trois ou quatre frères et la sœur aînée d’Angèle grandissaient, épanouis, turbulents, participant aux travaux de la ferme avec leurs parents. Les registres civils de Desenzano révèlent que papa Merici dut plus d’une fois payer des amendes en raison des frasques de sa progéniture remuante : petits larcins et négligences sur la propriété des voisins. Ces années de bonheur champêtre préludaient, cependant, à des grandes épreuves.

Deuxième illumination  :
Au temps de l’épreuve
La mère d’Angèle est mentionnée pour la dernière fois dans les registres de la commune en 1490, sa sœur l’année suivante, et son père en 1492. Angèle devait avoir entre 16 et 18 ans. Nous n’avons pas de détails sur les causes de ces décès rapprochés. D’après les confidences d’Angèle à Antonio Romano, la mort de sa sœur, surtout, laissa Angèle en proie à l’inquiétude, à l’angoisse. Elle craignait pour le salut éternel de sa sœur. Nous nous rappelons que Thérèse de Lisieux aussi, après la mort de sa mère, dut subir une épreuve semblable, faite d’inquiétude et d’impressionnabilité. Toutes deux en furent guéries par une intervention directe du ciel. Selon le témoignage de Romano lors du procès de béatification :
Angèle adressait des prières quotidiennes au Seigneur à ce sujet. Un jour, alors qu’elle setrouvait à Desenzano dans un petit champ de sa propriété et qu’elle priait pour sa sœur, selon son habitude, voici que vers le milieu du jour elle vit dans les airs un cortège d’anges. Parmi ceux-ci se trouvait l’âme de sa soeur bien-aimée, toute heureuse et triomphante. (R 6\1)
Réconfortée et affermie par ce message venu du ciel, Angèle allait affronter la dernière épreuve, celle de la mort de son père. Sa famille ainsi disloquée, Angèle, vers ses 18 ans, doit faire face à une nouvelle étape. Elle est accueillie chez son oncle maternel, Biancoso Biancosi dans la cité balnéaire de Salà. Là s’ouvre une troisième étape, celle qui déterminera un choix de vie.

Troisième illumination  :
Le choix d’un état de vie
Les Biancosi étaient des notables dans la ville, jouissant d’une bonne fortune et plongés dans un milieu de vie facile. Et pourtant, Angèle, selon ses propres aveux, plus tard, à Giacomo Tribesco, Chanoine de Sainte Afre, accomplit au sein de la famille les travaux de servante et non de fille de la maison : « Laver le linge, passer le blé au butoir, faire le pain, porter l’eau ». (T 243).
D’après Bellintani, un de ses premiers biographes, l’époque salodienne de la vie d’Angèle était marquée par la lutte, l’obscurité, l’effort.
Lorsque ses compagnes lui prédirent un beau mariage en raison de sa belle chevelure blonde, Angèle prit brutalement conscience de son désir d’appartenir au Christ seul. Oui, mais de quelle manière ? Nous ne connaissons pas d’Institut religieux qu’elle aurait pu fréquenter ni à Desenzano, ni à Salo. Elle semble ne pas avoir été attirée par la vie contemplative dans le cloître, la seule vie religieuse féminine accessible à cette époque. Nous savons qu’elle se fit Tertiaire de Saint François, à Salo. Le Tiers-Ordre, dont elle assumait la règle et portait l’habit, lui donnait en quelque sorte un statut dans le monde et l’engageait officiellement dans une vie de prière, de pauvreté, de pénitence.
Comme l’exprime si bien Bellintani :
Extérieurement elle se revêtit de l’habit brun ; intérieurement, elle fut vêtue de l’esprit du grand Patriarche, Saint François, humble, pauvre, aimant la prière. (BQ 3, 4v)
C’est alors qu’Angèle aurait pris l’habitude, conservée toute sa vie, de dormir comme les plus pauvres de son époque, sur une natte à même le sol, ou sur une chaise. Son régime habituel consistait en un peu de pain, des légumes, des fruits, du poisson. Malgré des jeûnes sévères, « elle se maintenait en bonne santé et suffisamment forte ». (BQ 5, 6v). Il semble pourtant que l’austérité habituelle d’Angèle était tempérée par le désir de s’adapter aux autres, « dès qu’elle se trouvait en compagnie ». (BQ 4, 6).
Angèle, parvenue à l’âge adulte, revint habiter dans sa maison paternelle à Desenzano. Un de ses frères aînés y demeurait et s’engageait comme journalier dans les fermes aux alentours. Les autres frères avaient déjà quitté le village, probablement pour aller gagner leur vie dans les localités avoisinantes.
De retour chez elle, Angèle participe à la vie paysanne. C’est là, en plein champ, pendant le repos de midi, qu’Angèle allait recevoir de Dieu la révélation de sa mission. Ce fut la quatrième illumination.

Quatrième illumination  :
Révélation de sa mission
Plusieurs témoignages confirment l’existence de cette nouvelle intervention venue du ciel. Cozzano, secrétaire d’Angèle pendant les dernières années de sa vie, écrivit : « Depuis son jeune âge, cette Compagnie lui fut inspirée et divinement montrée... » (CE 1390 r-v). Landini, en 1566, en donne la première description, d’après des témoignages récoltés auprès des premières compagnes d’Angèle qui leur en parlait volontiers. Elle affirmait que la fondation de la Compagnie n’était pas son œuvre, mais celle de Dieu (GO 51). Dieu lui fit savoir, en une nouvelle vision, qu’un jour à Brescia, elle allait fonder une Compagnie de Vierges, appelée à se développer.

Angèle a donc reçu les illuminations qui allaient la guider pour le reste de sa vie. Elle va commencer une nouvelle étape d’environ 20 ans, celle d’un long enfouissement.

Deuxième étape :
Une longue maturation dans une vie cachée

Pendant une période prolongée, rien de spécial ne signalera Angèle à ses contemporains. Elle mène à Desenzano une vie de prière et de travail. Quelques rares témoignages de ses biographes postérieurs donnent des renseignements généraux sur ce que devait être alors son genre de vie.
Ce fut une longue attente de 1493 environ à 1516. Pas de mission. Pas de fondation. Même pas de compagnes autour d’elle. Pas d’indications éclairantes de la part de Dieu. De vie à Brescia, il n’en est pas encore question. Angèle prie, attend. Si Dieu veut quelque chose d’elle il s’arrangera bien pour lui trouver les circonstances favorables.
Avec les années, son caractère s’affine, elle se maîtrise davantage, devient plus compréhensive. Peu à peu, elle témoigne de ces qualités d’amabilité et de douceur qui fait rechercher sa présence, non seulement dans son village, mais sur la côte, jusqu’à Salo. On l’invite. Elle se rend chez les autres en toute confiance et cherche à les orienter vers les valeurs spirituelles. Sa « piacevolezza » lui attire déjà des amitiés.
D’après Bellintani, Angèle va de temps à autre à Brescia visiter sa famille. Un oncle était gérant de la ferme des Dominicaines. Un cousin était armurier, profession déjà exercée par ses ancêtres paternels, citoyens de Brescia, appartenant à une petite noblesse peu fortunée. Angèle se voit ouvrir des portes dans cette cité opulente et belle.
Vint la guerre avec son cortège d’horreurs : En 1494, début des Guerres d’Italie sous Charles VIII ; en 1500, occupation du Milanais sous Louis XII. Les armées approchent. Peu à peu la vie paisible d’Angèle à Desenzano est troublée par des mouvements de troupes. La maison paternelle des « Grezze » se situe près de la route qui relie Brescia à Venise. Le premier juin 1509, Louis XII passe par Desenzano, emmenant dans sa suite le Cardinal d’Amboise qui se voit confier toute la Riviera de Salo. Pendant quatre ans, la région connaît la terreur :
Confiscations, destructions, emprisonnements, mises à mort sans jugements. Puis Brescia en 1512 tombe, à son tour, sous les armées de Gaston de Foix. La ville est soumise au carnage et au pillage infligés habituellement aux vaincus.
Pendant environ quatre ans, Brescia allait être conquise, reconquise, dévastée, assiégée, en proie aux violences de tous genres. La victoire des troupes vénitiennes le 25 mai 1516 devait enfin amener la paix, mais à quel prix ! Pas une famille qui ne pleurât ses morts, pas un quartier qui ne comptât ses ruines. La deuxième période de la vie d’Angèle s’achève dans la souffrance et la désolation de tout un pays.
C’est dans ce cadre que s’ouvre la dernière étape de la vie d’Angèle. Des circonstances providentielles allaient l’amener à quitter Desenzano définitivement et à s’établir à Brescia.

Troisième étape :
Le rayonnement apostolique

Introduction : A Brescia
1516 : Catherine Patengola .
A l’invitation de son directeur spirituel, un Capucin, Angèle se rendit à Brescia pour une mission de consolation. Riche en biens, mais pleurant son mari et ses fils, morts pendant la guerre, Catarina Patengola n’avait plus de raison de vivre. Angèle passa environ une année chez cette pieuse patricienne, l’aidant à retrouver son équilibre.

Une fois sa mission terminée, Angèle décida de rester à Brescia. La ville lui offrait des avantages spirituels inconnus à Desenzano : messe quotidienne, possibilités de s’approcher davantage des sacrements, homélies substantielles pour sa vie chrétienne. L’occasion providentielle lui fut offerte par un jeune ami de Catarina, Antonio Romano.

Première étape  : Rayonnement d’Angèle chez Antonio Romano et pèlerinages (1517-1529)
Celui-ci, jeune marchand de tissu, installé depuis peu à Brescia, considérait Angèle comme une mère. Ne l’avait-on pas baptisée affectueusement la « Mère-Sœur Angèle » ? Il offrit un petit appartement à Angèle en échange de quelques services domestiques. C’est lui qui nous donne de précieux renseignements sur la vie d’Angèle, priante, pauvre, austère. Il avait remarqué que « sa sainteté grandissait de jour en jour ; la renommée de sa vie fervente se répandit dans la population, de sorte que de très nombreuses personnes accouraient à elle ».
Au bout de cinq ans, Angèle inaugura, toujours en compagnie de Romano, une série de pèlerinages.
En 1522 : Elle se dirigea vers Mantoue pour vénérer les restes de la Bienheureuse Andrea Andreasi, mystique dominicaine, dont le culte venait d’être autorisé. Deux années plus tard, Angèle, qui avait alors dépassé la cinquantaine, eut l’occasion de se rendre en Terre Sainte. La décision ne manquait pas de courage : inconfort et longueur du voyage, danger des Turcs, mauvais temps inhabituel. A cela s’ajoutait une ophtalmie contractée en Crète, rendant Angèle presque aveugle. Elle continua le voyage, intrépide, et pendant plusieurs semaines, s’adonna à la contemplation intérieure des mystères du Christ. Une grâce spéciale l’attendait au Mont Calvaire. Là, selon Bellintani, un de ses premiers biographes, eut lieu la fondation spirituelle de la Compagnie de Ste Ursule. il en parle en ces termes :
C’est là qu’elle conçut l’esprit de virginité qu’elle communiqua si largement à tant d’autres épouses du Christ. C’est là que se fit entre elle et le Christ cette union très étroite qui la rendit mère, et Lui, époux d’un grand nombre de jeunes filles... C’est là qu’elle fut toute transformée en une nouvelle créature. Comme St François obtint à Rome des Saints Apôtres Pierre et Paul le don de la pauvreté évangélique, qui fut le don caractéristique de ses fils, Sœur Angèle obtint au Calvaire le don et l’esprit de virginité.
L’année suivante, en 1525, Angèle se rendit en pèlerinage à Rome pour l’Année Sainte. Reçue en audience par le Pape Clément VII, elle déclina l’invitation de rester à Rome, sachant que le Seigneur l’attendait à Brescia.

Deuxième étape : activité apostolique exceptionnelle
Au retour de Rome s’ouvre une nouvelle étape de la vie d’Angèle. Elle déploie des dons apostoliques exceptionnels : elle lit dans les âmes, connaît le latin sans jamais l’avoir appris, est à même d’expliquer la Sainte Ecriture, fait des exposés d’environ une heure sans préparation et sans une note, réalise des conversions retentissantes.

Angèle est de plus en plus sollicitée. En 1528 eut lieu son entrevue avec Francesco Sforza, Duc de Milan, qui devint un ami. Quelques mois après, elle se rendit en pèlerinage à Varallo, afin d’y voir la reproduction des Lieux Saints que sa malvoyance l’avait empêchée de percevoir lors de son voyage en Terre Sainte.
En 1529, à l’approche des armées dévastatrices de Charles-Quint, elle se réfugia à Crémone, en compagnie d’un autre ami, Agostino Gallo. Pourquoi ce changement ? Romano est en voie de se marier ; probablement par discrétion, pour laisser toute la place à sa future épouse, Angèle quitte la demeure hospitalière. Romano lui gardera une reconnaissance sans faille ; sa première fille s’appellera « Angèle ».

Troisième étape  : la Fondation
Angèle approche de la soixantaine. L’heure est venue d’accomplir sa mission. Elle est estimée pour sa sainteté toute simple. Des jeunes qu’elle a formées à la vie chrétienne, gravitent autour d’elle désirant partager son genre de vie.
En 1532, au mois d’août, elle se rend une nouvelle fois à Varallo, probablement avec quelques futurs membres de son Institut, pour les ancrer dans la connaissance et l’amour du Christ, grâce aux chapelles où figuraient en grandeur naturelle les scènes les plus importantes de la vie du Sauveur. C’était une catéchèse visuelle avant la lettre.
Puis, elle s’installe près de Sainte-Afre, où étaient vénérés les premiers martyrs de Brescia, fondateurs de cette Eglise au temps des persécutions romaines.
Pour réunir toutes celles qu’elle veut former à la vie de la « Compagnie de Sainte Ursule », sa chambre est bien trop petite. Une amie, Elisabeth Prato, lui offre une grande salle au centre de la ville, où Angèle commença, en 1532, l’aménagement d’un oratoire, orné de fresques rappelant les mystères de la vie du Christ, de la Vierge et des saints et saintes de la primitive Eglise (encore une catéchèse visuelle). Elle commence à rédiger la Règle, consulte, la fait pratiquer et évaluer, avant de la codifier.
Le 25 novembre 1535 eut lieu la fondation. Le cérémonial en fut très simple. Après avoir assisté à la Messe, les 28 nouveaux membres de la Compagnie de Sainte Ursule signent un registre indiquant leur appartenance à cette Compagnie.
En 1537, Angèle convoque le premier Chapitre Général. Elle est élue Supérieure à vie de la Compagnie. Vers la fin de 1539, sa santé décline ; elle se met à rédiger son Testament spirituel et ses Avis pour les Supérieures de la Compagnie. Le 27 janvier 1540 elle meurt, enfin unie pour toujours à Celui qu’elle a tellement aimé et servi pendant sa vie.
Le lendemain matin, vers 10 heures, « elle fut portée à Sainte-Afre... avec autant de solennité et de monde que pour un grand seigneur. Le motif en est que cette Mère-Sœur Angèle enseignait à tous la foi au Dieu Très-Haut de telle manière que tous s’attachaient à elle », raconte Nassino, chroniqueur de Brescia :
« Tous s’attachaient à elle ». Cette remarque d’un auteur plus prompt à tremper sa plume dans du vinaigre qu’à manier l’encensoir, en dit long sur l’estime des contemporains d’Angèle.
Angèle est attachante. Ses qualités humaines attirent. Sa foi est communicative, si bien que l’on vient volontiers à elle pour se faire conseiller, pour trouver la paix, pour avancer dans la vie chrétienne. Sa riche personnalité fera l’objet de notre deuxième partie.

II - La personnalité de Sainte Angèle Mérici

Les contemporains d’Angèle nous font découvrir une personnalité vigoureuse, douée de belles qualités humaines : parmi celles-ci, nous découvrons une vivacité toute méridionale, un tempérament joyeux et optimiste, un intérêt pour tout ce qui l’entoure.

1- Qualités humaines
Une vivacité toute méridionale :

  • On lui suggère de se marier. Elle va, séance tenante, essayer de se rendre moins attrayante, en ternissant sa belle chevelure blonde.
  • On la met à son insu dans une ambiance frivole. Elle se met en colère et refuse de manger. On lui propose un voyage en Terre Sainte. Elle se met en route sans tergiverser.
  • Elle rencontre à Montebello un torrent à traverser. Les hommes hésitent. Angèle, sûre de sa monture, passe à cheval la première sur une passerelle branlante.
  • Réfugiée à Crémone, elle tombe malade. Mourante, un ami lui lit maladroitement l’épitaphe qu’il pense mettre sur son tombeau. Elle se réjouit tellement de son entrée prochaine dans l’Eternité, qu’elle croit y être déjà. Mais, peu à peu, elle se rend compte qu’elle n’est encore que sur terre.
    Sa réaction ? Colère et larmes. Elle croit qu’on l’a trompée volontairement.
  • A l’église Saint Barnabé, il arrive qu’elle soit prise d’extase pendant la lecture de l’Épître. On la voit même un peu soulevée de terre. Les gens s’émerveillent. Lorsqu’elle revient à elle et se rend compte que d’autres l’ont aperçue, morfondue, elle fond en larmes.
    Oui, Angèle est une émotive aux réactions immédiates.

Elle est aussi douée d’un tempérament joyeux.
Ses contemporains la dépeignent comme une personne joyeuse de caractère. Dans ses Ecrits, Angèle mentionne au moins une vingtaine de fois, la joie, les fêtes, l’allégresse. Statistiquement, la joie revient environ toutes les 3 ou 4 pages de ses Ecrits.
Et pourtant que de motifs pour avoir un tempérament morose : deuils successifs dans son enfance, transplantation dans un milieu inconnu, silence de Dieu pendant plus de 20 ans, atrocités des guerres dont elle a été témoin ou dont elle a entendu parler.
A cela se mêlent encore les catastrophes naturelles : épidémies, famines, tremblements de terre, inondations déferlent sur Brescia entre 1527 et 1540.
Il est même surprenant de ne trouver dans ses Ecrits aucune allusion concrète aux événements douloureux vécus par elle et par ses contemporains. Bien sûr, elle mentionne les effets néfastes de « l’eau, l’air et la terre », les « périls et adversités », les « routes épineuses et rocailleuses » (Règle, Prologue), ce « monde misérable et traître, où il n’y a jamais ni repos ni aucun contentement vrai, mais seulement de vains songes, ou de durs labeurs, et toutes sortes de choses malheureuses et mesquines » (5èmeAvis).

Mais elle rappelle en même temps, avec une confiance et une foi énergique que « tout cela passera vite et se changera en allégresse et en joie » (5ème Avis), que « chacune de nos douleurs, chacune de nos tristesses se changeront en joie et en allégresse ». Elle demande à ses filles de se réunir régulièrement afin de « se réjouir et ensemble se réconforter ».
Ces jeunes qui l’entourent, elle ne cesse de les encourager, de leur montrer le chemin du bonheur vrai. Ces jeunes, comme beaucoup des nôtres aujourd’hui, avaient été traumatisées par les événements douloureux d’une existence insécurisée. Constamment elle leur rappelle qu’il ne faut pas se décourager, qu’il faut mettre son espérance en Dieu, que nous sommes merveilleusement aimées de Celui qui nous a voulues dans l’existence et préparées pour une éternité de joie. Peu à peu Angèle crée autour d’elle un climat d’élan joyeux et actif, comme antidote au pessimisme ambiant.
Le tempérament joyeux d’Angèle est soutenu par une intelligence vive, ouverte, qui observe, qui s’intéresse.

Esprit d’observation
Vie rurale
Etant fille de la campagne, nous ne nous étonnons pas de trouver en elle un amour de la terre et de la nature. Ce n’est pas par hasard que Saint François a été proclamé patron de l’écologie, il y a une vingtaine d’années, dans la paroisse Sainte Angèle Merici, à Rome. Quand Angèle parle de son admiration pour le Fils de Dieu, elle dit qu’Il est encore au dessus « des sables de la mer, des gouttes d’eau des pluies, de la multitude des étoiles » (R 6).
Elle se souvient des « routes épineuses, raides et rocailleuses » qu’elle a dû débroussailler pour en faire des « routes fleuries, planes, joyeuses ». La petite bergère de jadis sait ce qu’il en coûte de garder les troupeaux. Elle sait qu’il faut « défendre et protéger les brebis contre les loups et les voleurs » (Avis 7). Elle, qui a passé tant de journées dans les travaux des champs, n’a pas dû ménager ses efforts pour extirper les mauvaises herbes, qu’elle compare aux opinions erronées. « Il arrive souvent, dit-elle, que soient plantées dans l’esprit des semences mauvaises, qu’il est ensuite très difficile de déplanter ». Mais il y a aussi « la bonne plante », mise en bonne terre, qui a des garanties de longévité, si on la soigne. C’est pourquoi, Jésus-Christ n’abandonnera jamais « ce qu’Il a planté, tant que le monde durera ».

Vie sociale
Mais une fois à Brescia, Angèle est immergée dans la vie concrète de ses contemporains. Ses allusions nous plongent dans le 16ème siècle brescian. Elle sait que ses contemporains sont friands de « bals », de « tournois », de « noces » tapageuses, sans parler de l’exubérance du carnaval. Elle n’est pas sans ignorer tout un monde de galanteries, fait de « communications secrètes », de « rendez-vous » - les célèbres « ridotto » - parfois à l’ombre d’un pilier d’église (R 4, S, 7).

Elle mentionne la mode féminine de l’époque, faite de « fichus transparents », de « petits plis », de « fanfreluches », de « passementeries », de velours de couleurs chaleureuses et de broderies d’or et d’argent (R 3).

Elle connaît la propension des femmes de Brescia à bavarder en s’attardant aux jolis balcons de fer ouvragé, « sur le seuil des portes et dans les rues » (R 4).
La plupart des jeunes qui entourent Angèle sont issues de milieux modestes, de familles d’artisans et d’ouvriers, qui connaissent, elles, le dur métier de servantes ou de demoiselle de compagnie auprès des familles patriciennes.
Elles portent des livrées, qui les honorent. Mais qu’est cet honneur en comparaison de celui de servir Jésus-Christ, de porter le nom de « servante de Jésus-Christ » ?
Angèle sait aussi que ces jeunes sont souvent victimes d’injustices sociales et économiques. Elle inscrit dans sa Règle la procédure à suivre si on retient leur salaire ou si on ne leur attribue pas leur héritage.
La « Madre » connaît l’importance, pour une famille patricienne, d’assurer un « beau mariage ». Afin de stimuler les veuves de la noblesse, les « matrones », chargées de veiller aux intérêts matériels et moraux de la Compagnie, Angèle évoque la préparation affairée de noces retentissantes :
« On voit en effet les mères selon la nature mettre beaucoup de soin et de peine pour parer, orner, embellir leurs filles de tant de manières, afin qu’elles puissent plaire à leur époux, et plus ceux-ci sont de condition élevée et distinguée, plus elles s’efforcent, avec toute la diligence possible, de les rendre de plus en plus aimables à leurs yeux. A plus forte raison devez-vous agir ainsi envers vos chères enfants spirituelles, qui sont épouses, non pas d’hommes de ce monde, mais de l’immortel Fils du Dieu éternel » (4ème Legs).

Vie politique et militaire
Angèle ne se limite pas aux allusions à la vie féminine. Au plan politique elle est consciente de l’importance d’obéir aux lois et aux décrets des « seigneurs » et autres autorités de l’État. N’a- t-elle pas vu son père astreint à payer des amendes parce que ses enfants avaient enfreint les lois ? De son temps, les « seigneurs » étaient les représentants de la République de Venise, avec qui les Brescians vivaient une allégeance politique et militaire.
Cette vie militaire est proche de ses contemporains. En effet, les mouvements de troupe étaient fréquents. Les mercenaires engagés par Venise sur le territoire brescian étaient nombreux. Angèle appelle sa fondation « Compagnie de Sainte Ursule ». A une époque où les soldats promettaient fidélité à leur capitaine, le terme de « Compagnie » évoque l’engagement volontaire sous un chef suivi, aimé, dévoué. Elle fait allusion à la « forteresse bâtie sur le roc », à la « tour inexpugnable », qui dominait fièrement la cité de Brescia. Elle appelle ses supérieures locales des « colonelles », allusion à une ancienne répartitiondes quartiers de la ville sous un commandement militaire.

Vie économique et scientifique
Certaines recommandations que l’on trouve dans les Ecrits d’Angèle Merici portent sur l’utilisation de l’argent et des cadeaux. Combien de fois n’a-t-elle pas vu les familles patriciennes se servir de leurs biens pour obtenir un avantage ou exercer une influence ! Elle propose d’utiliser l’argent de la Compagnie pour faciliter chez autrui la pratique du bien, « en dirigeant tout pour le bien et le profit spirituel de vos chères enfants »,« pour inciter et pousser à un plus grand amour et à l’obligation de bien faire ». Car,dit-elle, « tel est le vrai but, agréable à Dieu, de l’aumône et de la libéralité, détourner par ce moyen la créature du mal et du vice, et la porter au bien, aux bonnes moeurs, ou au moins à un plus grand progrès. En effet, de cette façon, on gagne en quelque sorte les personnes et on les pousse à faire ce qu’on veut ». Angèle reprend ainsi dans un contexte positif une coutume de son temps, parfois entachée d’intérêts peu avouables.

Mais elle voit plus loin encore : partager le bien matériel que l’on a, est un signe « d’amour et de charité ». Elle en propose différentes formes :

  • aider les soeurs en fonction des besoins éventuels de chacune,
  • louer pour elles une maison si elles n’en ont pas, ou bien, les recevoir dans sa propre maison,
  • secourir et assister celles qui se trouvent si vieilles qu’elles ne peuvent plus se suffire à elles- mêmes,
  • visiter, aider, soigner, de jour et de nuit, s’il le faut, les malades (R 12).

En faisant écho aux événements scientifiques de son temps, Angèle mentionne encore l’effet bienfaisant « de toute la machinerie du ciel ». En effet, la comète de Halley, en 1532, avait été longtemps et clairement visible, avec une queue qui balayait, disait-on, un tiers du firmament. Dans les astres, Angèle ne voit qu’une influence bénéfique. Tous ne sont-ils pas créatures de Dieu ?

2- Qualités sociales
Angèle comme conseillère : Qui a-t-elle conseillé ?
Certains noms nous sont connus :

  • Une riche veuve, comme Catherine Patengola, qui avait dû enterrer les siens pendant les cinq années de guerre à Brescia. Angèle parvint à la consoler, à l’orienter vers des oeuvres de bienfaisance pour la faire sortir d’elle-même.
  • Un jeune étudiant, comme Stefano Bertazzoli. Il était venu avec ses plus beaux atours, une plume au chapeau, rencontrer cette lointaine cousine, dont il comptait se moquer. Ce fut tout le contraire : A son arrivée, c’est Angèle qui se moqua de lui ! Décontenancé, il l’écouta lui parler du vrai sens de la vie. Il était étudiant en droit. A son retour à Padoue, il se mit à étudier le droit canon et devint un prêtre cultivé et fervent.
  • Le Prince Louis de Castiglione, afin qu’il accorde la liberté à un membre de sa famille et lui rende ses biens.
  • Le jeune Bertolino Boscoli, menuisier, qui habitait dans le quartier de Sainte-Afre et qui venait volontiers lui demander son avis.
  • Le diplomate Chizzola, pour l’aider à vivre chrétiennement ses missions difficiles.
  • La plupart n’ont pas laissé leurs noms à la postérité. Romano, qui accueillit Angèle pendant environ quatorze ans chez lui nous parle d’une foule de gens qui assiégeaient la chambre d’Angèle pour connaître son avis. Gallo est plus précis : il parle de ceux qui demandaient conseil pour changer d’orientation de vie, supporter avec sérénité leurs difficultés, rédiger leur testament, choisir leur femme, ou, choisir le conjoint de leurs enfants, se réconcilier en famille. Même des théologiens et des exégètes venaient la trouver pour recevoir ses conseils sur un problème de foi ou une interprétation de l’Ecriture Sainte. « Elle conseillait et consolait chacun de son mieux ».

Comment conseillait-elle ?

  • Elle commençait par accueillir et écouter. Romano nous dit que beaucoup de Brescians s’adressaient à elle pour lui exposer leurs problèmes. Angèle se trouvait dans le quartier de Sainte-Agathe, tout près des murs de la ville.
    En dehors, les masures des pauvres, à l’intérieur, le quartier des marchands, Elle se trouvait ainsi accessible à toutes les classes de la société.
  • Elle donnait ses avis avec respect et amabilité. On admirait sa clairvoyance, sa manière concrète de répondre, son sens spirituel et son discernement. Un petit exemple : Angèle est alitée, souffrante, près de la fin de sa vie. Chizzola lui amène un ami, Tomaso Gavardo et demande pour lui un petit entretien spirituel. Angèle, qui était couchée, se redresse et dit simplement ceci : « Faites maintenant ce que vous voudriez avoir accompli au moment de votre mort »
  • Par un suivi affectueux, Angèle conduisait certains de ses interlocuteurs sur les voies d’une vraie guidance spirituelle. Un exemple : l’humaniste Agostino Gallo avait entendu parler d’Angèle par sa sœur, Ippolita, qui au début de son veuvage avait eu recours à notre bresciane pour l’aider à surmonter son épreuve. Lorsqu’en 1529 les armées de Charles-Quint s’approchent de la ville, les gens la fuient, épouvantés, conscients de toutes les horreurs que d’autres cités, dont Rome, avaient vécues entre les mains de ses troupes. Gallo et sa sœur proposent à Angèle de fuir avec eux à Crémone. Elle accepte et les entretient pendant tout le voyage avec tant de bonté, de délicatesse et d’à-propos que Gallo avoue qu’il ne pouvait plus dans la suite se passer ni de ses conseils, ni de ses avis.
    Vu le contexte civil et politique mouvementé de son époque, Angèle, avec ses dons de clairvoyance, fut appelée plus d’une fois à promouvoir la paix.

Angèle, artisan de paix
La sérénité d’Angèle frappe ses contemporains. Elle est le reflet d’une personnalité entièrement pacifiée. Ne nous étonnons pas alors de voir son entourage venir auprès d’elle pour trouver la paix. Quelques cas ont retenu l’attention des historiens.

  • Un effort de paix d’Angèle sera d’ordre social : réconcilier un patron avec un de ses ouvriers : le patron est Louis de Castiglione, un homme dur et autoritaire, l’ouvrier est un parent, ami d’Angèle. Sans crainte, Angèle aborda ce grand seigneur et « le supplia tellement qu’elle obtint la grâce de son parent : le banni fut rappelé et ses biens lui furent restitués » (NV 2). Romano ajoute qu’à partir de ce moment de nombreuses personnes eurent recours à Angèle dans leurs démêlés auprès des grands.
  • L’histoire ne nous a pas laissé de noms précis, mais Gallo nous rapporte qu’Angèle avait un don particulier pour apaiser les discordes familiales : « Elle eut de nombreuses occasions pour mettre la paix entre mari et femme, entre un fils et son père, entre des enfants et leurs parents, entre des frères... et entre beaucoup d’autres personnes, selon différents degrés de parenté » (Ga 9v).
  • Romano nous rapporte même ses interventions en faveur de la paix civile : « De très nombreuses personnes de la cité de Brescia accouraient à elle... pour apaiser quelque discorde née entre citoyens et autres nobles de la ville » (R 7). Une intervention particulièrement importante fut l’apaisement d’une dispute entre deux nobles de la ville, Filippo Sala et Francesco Martinengo. Leurs épouses avaient tenté de faire intervenir les autorités de la ville pour les empêcher de se battre en duel. Ce fut en vain. En désespoir de cause, elles allèrent trouver Angèle. « La Mère-Sœur Angèle... avec quelques paroles seulement, réussit à les pacifier, si bien qu’ils se retirèrent tous deux satisfaits » (R 7).
  • Son deuxième pèlerinage à Varallo, en 1528, avait comme but, selon Faino, d’implorer du Seigneur la paix entre les chefs d’État qui se disputaient le sol de son pays, Elle en revint, confiante que le Seigneur exaucerait sa prière.
    Alors qu’Angèle se montrait si active comme messagère de paix, il est surprenant de ne trouver dans ses Ecrits que de très rares mentions du mot « paix », II faut croire que le mot était moins en vogue qu’ aujourd’hui.
    Par contre, elle abonde en conseils qui visent à pacifier toute forme d’inquiétude :
  • Le découragement et la tristesse :
    « Si vous en voyez une craintive, timide et portée à l’abattement, réconfortez-la, ...dilatez son cœur par toutes sorte de consolation. » (2ème Avis).
  • Les soucis pour l’avenir :
    « Qu’elles tiennent encore ceci pour certain : jamais elles ne seront abandonnées dans leurs besoins. Dieu y pourvoira admirablement » (5ème Avis).
    « Ne vous fatiguez pas au sujet d’aucun de vos besoins temporels, parce que Dieu seul sait, peut et veut y pourvoir » (R 10).
  • Le sentiment d’insécurité :
    « ...qu’elles croient et ne perdent pas le courage et l’espérance. Élargissez pour elles la mesure des promesses, surtout pour celles que vous verrez désolées, hésitantes et craintives. ».
  • Pour créer une ambiance de paix, elle propose de traiter l’autre avec douceur, compréhension, respect.
    « Veuillez vous efforcer de conduire vos filles avec amour, d’une main suave et douce, et non pas impérieusement et avec âpreté. Au contraire, en toute chose soyez affables... Et par-dessus tout, gardez-vous de vouloir faire faire quoi que ce soit par force, car Dieu a donné à chacun le libre abrite, et il ne veut forcer personne, mais seulement il propose, il invite, il conseille » (3ème Legs).
  • Elle recommande particulièrement à toutes de vivre en paix les unes avec les autres :
    « Mon dernier mot pour vous est que vous viviez dans la concorde, unies ensemble... Voyez combien importe cette union et cette concorde. Alors, désirez-la, recherchez-la, embrassez-la, retenez-la de toutes vos forces » (Dernier Avis).
  • Elle demande de réagir énergiquement contre tout ce qui peut troubler la paix dans les relations : « Soyez vigilantes sur ce point, car c’est ici que le démon vous tendra des pièges sous apparence de bien. Donc, dès que vous apercevrez ne fût-ce que l’ombre d’une telle peste, remédiez-y aussitôt selon 1es lumières que Dieu vous donnera. Et pour rien au monde ne laissez croître une telle semence ».
  • Surtout, elle propose les moyens qui construisent la paix intérieure : la prière, les sacrements, l’écoute de l’Esprit Saint, la confiance en Dieu, qui est Père et qui veille sur nous avec tendresse. Il n’est donc pas étonnant que pour ses contemporains, Angèle ait été estimée comme un vrai guide dans la vie chrétienne.

Angèle, maître de vie spirituelle
Comment Angèle s’y est-elle prise pour former à la vie chrétienne ?

  • Par la parole et par l’exemple :
    Plusieurs cas mettent ses dons en évidence : Angèle attire l’amitié du marchand Antonio Romano, de l’humaniste Agostino Gallo, du prince Francesco Sforza, du dignitaire ecclésiastique Pierro della Puglia, de la Seigneurie de Venise, des matrones de la noblesse bresciane, d’Elisabetta Prato, et surtout des petites servantes et ouvrières qu’elle côtoyait et qui allaient composer la plus grande partie de la Compagnie.
    D’où venait cette puissance d’attraction ?
    Nassino l’attribue au charme de sa personnalité, Faino à la douceur de ses paroles, Bellintani à son tempérament gai et joyeux. Certainement Angèle devait jouir d’un don de communication et de parole facile. Ce don, Angèle l’avait reçu dès sa jeunesse.
    « Alors qu’elle était encore jeune, grâce à son exemple et son enseignement, l’esprit de sainteté s’éveillait en un grand nombre de personnes » (Bellintani, Mon. 91).
    Il semble que ce don allait croissant :
    « Partout où elle allait, alors qu’elle augmentait en âge, son influence s’affermissait ainsi que sa sainteté. On en voyait les fruits : on venait la visiter, et à ses visiteurs elle accordait des conversations toujours spirituelles. Par son intermédiaire, Dieu opéra la conversion de beaucoup de personnes » (Bellintani, Mon. 93).
    Surtout, Angèle avait une transparence à Dieu qui ne trompait pas : l’autre se sentait respecté en ce qu’il était, dans une absence totale de possessivité.
    Angèle se présentait aux autres d’une manière si humble, si pauvre et simple, qu’elle inspirait confiance : « Son humilité... la rendait agréable à tous, et la retenait de cette austérité de parole que l’on remarque chez les gens adonnés à la pénitence » (Belintani, Quer. 5).
    Par son exemple et sa douce persuasion elle amenait beaucoup de personnes à changer de vie : « Elle en tira beaucoup du péché par son exemple et ses paroles, et elle les achemina sur la voie de la vie chrétienne » (Bellintani, Quer. 19).

« Tous accoururent auprès d’elle pour trouver conseil, consolation et réconfort, aide dans leurs besoins. Elle faisait du bien à tous par ses encouragements, ses conseils, et surtout par sa prière » (Bellintani, Quer. 22).

Que disait-elle ?
D’après les Ecrits d’Angèle, nous pouvons entrevoir le genre d’exhortations qu’elle faisait : elle abordait une vraie catéchèse trinitaire, évangélique et ecclésiale, stimulant la foi et l’agir chrétien.
Surtout, Angèle avait reçu un don particulier pour expliquer et faire goûter la Sainte Ecriture.
« Sans avoir jamais étudié (la Sainte Ecriture), elle faisait des sermons si beaux, si savants, si spirituels, qui parfois duraient une heure » (Chizzola, 8v).
Si Angèle n’a jamais étudié, nous savons par ailleurs qu’elle lisait beaucoup la Bible, ainsi que des commentaires de la Parole de Dieu et les oeuvres des Pères de l’Eglise. Son enseignement était donc fondé sur des bases solides.
Dans ses écrits, Angèle cite surtout des paroles du Christ, de Saint Paul, des Psaumes. Elle explique, elle paraphrase, elle tire une application pratique.
Par exemple, dans le Prologue de sa Règle, Angèle s’adresse à des jeunes qui, comme celles d’aujourd’hui, se trouvent dans une société désaxée. Il faut affermir leur volonté, stimuler leurs désirs :
« Faites tous les efforts possibles... cherchez tous les moyens nécessaires... faites des progrès... persévérez dans le bien », dit-elle. Elle termine ses encouragements par ces paroles : « Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin celui-là sera sauvé ».
Angèle croit en la force de la Parole de Dieu qu’elle cite spontanément : « Bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ».
Angèle explique le sens d’ « écouter », de « garder » :
« Écouter la Parole », c’est recevoir la lumière, car, Angèle continue : « C’est-à-dire, Bienheureux ceux à qui Dieu aura inspiré la lumière de la vérité ».
« Écouter », c’est laisser la lumière pénétrer nos coeurs jusqu’au désir, car elle précise, « Bienheureux ceux à qui Dieu aura donné le désir ardent de la patrie céleste ».
« Garder » 1a Parole, c’est lui être fidèle, mais c’est aussi la laisser vivre en nous, se développer en nous, l’entretenir comme on entretient une flamme vive. Et Angèle ajoute : « Bienheureux ceux qui chercheront à conserver en eux-mêmes cette parole de vérité et ce bon désir ».
Après ce commentaire très dense de la Parole, vient l’application pratique : « Seule la personne qui voudra prendre les moyens et les voies nécessaires pour persévérer dans son dessein pourra réussir de façon sûre ». Ces moyens, le texte les révèle les uns après les autres :
Vigilance, fidélité, espérance et enfin, courage.
Pour illustrer ce dernier point : Angèle choisit dans l’Écriture une personnalité féminine vigoureuse : Judith qui, après avoir prié et jeûné, après s’être assurée de la prière de ses compatriotes, ose pénétrer auprès de l’ennemi, tout en priant Dieu de lui donner force et courage pour lui trancher la tête. C’est ainsi que nous devons trancher la tête au diable !
Ainsi par sa parole et son exemple, Angèle encourage à une vie chrétienne fervente, posant les bases qui permettront de prendre conscience d’un appel éventuel du Seigneur.
Son ascendant spirituel répondait à un besoin de son temps : « on avait alors un grand besoin de doctrine sûre et de tels enseignements, parce que beaucoup de personnes spirituelles étaient trompées et dans l’erreur ».
Toute cette activité, tous ces dons firent d’Angèle une maîtresse de vie spirituelle. « Le Seigneur lui avait donné le discernement des esprits, afin qu’elle puisse guider les autres avec sûreté... À tous elle enseignait le vrai chemin pour avancer dans la vie spirituelle et la manière sûre de faire oraison. » (Bellintani, Quer. 8)
Surtout, Angèle sut discerner l’appel du Seigneur en d’autres ; elle les aidait à en prendre conscience et les encourageait à suivre cet appel. Nous en avons plusieurs exemples : le fils d’Angelo Meici, Stefano Bertazzoli, les Matrones, les nombreuses vierges de la Compagnie. Elle encourageait tout autant les vocations laïques, tel Francesco Sforza dans ses devoirs de chef d’État. On la consultait pour les choix décisifs qui déterminent toute une orientation de vie : Gavardo pour ses oeuvres de bienfaisance, Catherine Patengola dans l’adoption d’un petit orphelin, Boscoli pour ses obligations professionnelles.
En écoutant Angèle, en la voyant agir, nous pourrions être tentés de nous dire - et avec raison - : tout cela c’était bon pour le 16ème siècle, mais aujourd’hui ? alors que le monde est désaxé ? alors que les valeurs sociales et familiales s’écroulent ? alors que la foi languit et s’étiole ? alors que les jeunes ne connaissent plus rien de la religion ?
Pourtant, le message d’Angèle me parait aussi actuel qu’il ne l’était au 16ème siècle. C’est pourquoi, nous allons voir dans notre troisième partie, quelques éléments qui sont pour nous aujourd’hui un modèle et un encouragement.

III - Le message que nous donne Sainte Angèle Merici aujourd’hui

Cozzano écrit vers le milieu du 16eme siècle que Dieu a suscité Angèle et sa fondation « dans le monde le plus corrompu qui ait jamais existé et existera jamais à l’avenir ». Voilà un langage que nous entendons aujourd’hui !
Comment Angèle réagit-elle dans ce monde « le plus corrompu qui ait jamais existé » ?
D’abord, elle sait en reconnaître les valeurs positives et en tirer parti, pour elle-même et pour les autres.
Son don de discernement lui fait entrevoir les faiblesses et les tares de son monde. Elle réagit à contre- courant, à la manière des prophètes.
Enfin, elle a le courage d’innover, d’affronter l’avenir avec dynamisme.
Inculturation, prophétisme, créativité. Voilà, me semble-t-il, trois valeurs importantes qui nous parlent aujourd’hui.

1- Inculturation
A l’époque d’Angèle, on aurait pu chanter, comme aujourd’hui « le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né » A la Renaissance tout bascule : de nouveaux états se forgent, de nouvelles littératures se créent, de nouveaux continents sont découverts. Angèle fut contemporaine de Christophe Colomb, de Jacques Cartier, de Vésale, de Machiavel et de Boccace, de Luther et de Calvin, de Michel-Ange et de Raphaël, d’Ignace de Loyola et de Thérèse d’ Avila, d’Alexandre VI et de Jules II. A la fin d’une vie d’homme pendant cette Renaissance, on ne trouve plus la même mentalité, les mêmes repères qu’au début. Tout a changé.
Dans ce contexte, comment Angèle a-t-elle vécu ?
Angèle nous frappe d’abord par son extraordinaire adaptabilité. Elle passe sans problème de la simple vie rurale de Desenzano au milieu de plaisance aisé à Salo, des travaux de la campagne à la vie confinée de la ville de Brescia, d’un milieu de noblesse chez Catherine Patengola, à celui d’un marchand, Antonio Romano, puis à celui d’un humaniste, Agostino Gallo, de la solitude à l’accueil de tous. Elle se sent à l’aise et sait parler à toutes les classes de la société depuis les pauvres portefaix, qu’elle choisit comme témoins du premier Chapitre Général, jusqu’au Prince Francesco Sforza, Duc de Milan. Aujourd’hui, ne sommes-nous pas appelés aussi à une adaptation constante à notre monde ?
C’est l’époque de grands voyages, de découvertes géographiques inouïes, de l’élargissement des connaissances. Le monde ne se limite plus au Bassin Méditerranéen, ni même à un Orient vaguement connu. Angèle à son tour, voyage. Elle va de plus en plus loin. Elle entreprend d’abord un pèlerinage à Mantoue, se rend deux fois à Varallo, à 200 kilomètres de chez elle. Elle passe par Milan, fuit à Vérone, se rend en Terre Sainte. Pendant ce dernier voyage, elle est en relation avec la civilisation grecque. notamment en Crête et à Chypre, avec les Turcs au Moyen Orient, fait escale en Afrique du Nord, vraisemblablement dans l’actuelle Tunisie, puis en Croatie et côtoie une quarantaine de Flamands pendant les six semaines de navigation de retour. L’année suivante, elle se rend à Rome pour l’Année Sainte. Son but est éminemment religieux, il s’agit de pèlerinages, mais l’inconfort et les risques encourus n’exigeaient pas moins de cette femme l’esprit d’entreprise des grands voyageurs de son époque. Aujourd’hui nous voyageons beaucoup. Les cultures se croisent. Nos connaissances d’autres peuples s’amplifient continuellement.
Un esprit humaniste se déploie et se propage, grâce au développement de l’imprimerie. Angèle, qui n’a jamais été à l’école, est avide de lectures. Tout son temps libre y passe, nous dit Gallo. Ce qui l’intéresse surtout ce sont les commentaires de l’Ecriture Sainte, des Pères de l’Eglise, la vie des Saints. Ses Ecrits sont un tissu de citations tirées de ce trésor, de phrases qu’elle a ruminées dans la prière et assimilées. Elle se fait ainsi une vaste synthèse personnelle dans le domaine de la foi et de l’Ecriture Sainte, si bien qu’elle est consultée, qu’on l’interroge, qu’elle arrive à faire des exposés « savants et spirituels » qui durent parfois une heure. Elle maîtrise même le latin, au grand étonnement de ses contemporains. A Brescia, la femme cultivée, telle la poétesse Gambara, est appréciée.
Aujourd’hui, la simple lecture ne suffit plus comme source de connaissances. Nous sommes à l’ère de l’Internet. Si Angèle avait vécu aujourd’hui, elle aurait probablement utilisé l’ordinateur.

2- Prophétisme
Si je mentionne le prophétisme d’Angèle, ce n’est pas pour évoquer l’image qu’on se fait aujourd’hui du prophète :
Celui que l’on cite volontiers, que l’on admire, parce qu’il conteste, parce qu’il dérange et suscite l’opposition sans sourciller, parce qu’il arrive à faire passer son message parlait à grand tapage médiatique. Non, cette femme pauvre, toute simple, humble, sans prétention aucune, fait choc parce qu’elle poursuit son chemin à contre-courant par rapport à son temps.
Devant l’ignorance religieuse et la carence de la catéchèse, Angèle est poussée à lire, à s’instruire, à éclairer, à expliquer, à approfondir. Elle ne critique personne ; elle agit seulement avec douceur et conviction. Aujourd’hui devant 1’ignorance religieuse ne sommes-nous pas appelés à approfondir notre foi ?
Devant l’injustice sociale et le contraste inouï entre quelques familles riches, quelques marchands aisés, et des taules de pauvres, elle ne va pas, comme son contemporain Saint Jérôme Emilien fonder des orphelinats pour les centaines d’enfants abandonnés qui parcourent en bande les campagnes et les rues des villes, ni comme une autre bresciane, Laura Gambara, fonder un asile pour les prostituées et mères célibataires. Non, tout simplement elle encourage les riches Dames de l’aristocratie bresciane à se mettre au service des humbles filles d’artisans et ouvriers de son Institut. Elle réagit au luxe et au faste de la Renaissance par une vie personnelle de pauvreté rigoureuse dans l’habitat, l’habillement, l’alimentation, à l’exemple de François d’Assise. Aujourd’hui, interpellés par le quart-monde et le tiers-monde, ne sommes-nous pas appelés à servir le pauvre et l’exclu, à mener une vie plus sobre ?

Le tissu ecclésial se défait  :
La Réforme bat en brèche la loi de la chrétienté et la divise. L’autorité de l’Eglise, souvent assumée par des ambitieux, des incapables ou même des indignes, est contestée. L’agir chrétien est critiqué, délaissé, en faveur d’un humanisme païen. Messe et Sacrements, culte de la Vierge et des Saints, fidélité dans le mariage et célibat dans la vie religieuse, tout est objet de discussions, de mépris, de moqueries. Angèle, de son côté, ne critique personne. Elle prie et fait prier pour « que Dieu n’abandonne pas son Église, mais veuille la réformer comme il lui plait ». Elle recommande de ne pas s’attarder aux nouveautés doctrinales, qui passeront et tomberont d’elles-mêmes, mais de vivre une vie nouvelle, dans la fidélité aux usages de l’Église « établis et confirmés par tant de saints », dit-elle, « sous l’inspiration de l’Esprit-Saint » Elle-même donne l’exemple et demande à ses filles de vivre à contre-courant, par leur fréquentation des Sacrements et leur docilité à l’Église et à sa doctrine. Au milieu des thèses philosophiques qui divergent, même au sein de notre Église Catholique, ne sommes-nous pas appelés à vivre aussi une vie nouvelle, à laisser de côté les discussions stériles et partisanes ?

3- Dynamisme créatif
Ce dynamisme, Angèle en fait preuve surtout dans la réalisation de sa mission : la fondation de la Compagnie de Sainte Ursule. Elle innove, à partir des besoins et des appels qu’elle perçoit autour d’elle.

  • Les Ordres religieux sont souvent décadents : elle va proposer une vie de consécration dans le monde, mais avec des règles et des structures semblables à celles de la vie religieuse.
  • La femme est souvent minorisée, sous l’autorité d’un père ou d’un mari, la congrégation religieuse sous l’autorité d’une branche masculine. Elle va donner à son Institut un gouvernement féminin, en écrivant une Règle pour des femmes. Ajoutons que seule la veuve, héritière de son mari, avait des droits reconnus : elle administrait ses biens librement et jouissait d’une pleine autorité dans sa mission. Angèle va donc confier le bien et l’organisation temporelle de la Compagnie à des veuves.
  • Angèle va collaborer avec des laïcs, en établissant un groupe d’hommes chargés de la protection légale et juridique des membres de la Compagnie. Ce sont eux qui doivent intervenir si l’une ne reçoit pas son salaire, l’autre l’héritage auquel elle a droit.
    Sa Compagnie, dit-elle, devait durer jusqu’à la fin des temps. Une Compagnie qui allait se développer.
    Angèle avait confié une fois à Cozzano : « Plût au Ciel que le monde entier vienne sous cette Règle ».
    Avait-elle prévu l’internationalité de son œuvre ? Peut-être. En tout cas, elle la souhaitait. Elle sut donner à ses filles des conseils d’adaptation, fondés sur la prière, la consultation, la réflexion. Elle ne craignait pas les changements, les évolutions de son œuvre. Tout cela n’était-il pas dans le plan de Dieu, fruit de l’Esprit-Saint ?

Conclusion

La personnalité humaine et religieuse d’Angèle, forgée en temps de crise, donne des réponses pour des temps de crise. Angèle cherche l’essentiel, le durable. Elle leur donne la préférence sur l’immédiat. Ne l’a- t-on pas vue, à Venise, puis à Rome refuser un poste avantageux qui lui était proposé : s’occuper des pauvres et des malades groupés dans ce qu’on appelait « les oeuvres pies » ?
A ce bien immédiat, incontestable, Angèle tourne le dos : ce n’est pas cela ce que Dieu veut d’elle. L’important est d’obéir à Sa volonté, laissant à d’autres de pourvoir aux multiples besoins de son temps.
Certes, les besoins sociaux étaient criants, demandaient une réponse urgente. Pourtant, dans le trouble et le désarroi de la Renaissance, Angèle a cherché à répondre avant tout au besoin le plus urgent de son époque : la faim de Dieu.
Aujourd’hui, dans notre monde en quête de sens, il faudrait d’autres « Angèle » pour répondre à l’insatisfaction métaphysique de nos contemporains, leur dévoiler le sens de la vie, leur faire découvrir les valeurs fondamentales de l’existence, les aider à rencontrer Jésus-Christ, envoyé par le Père pour nous faire entrer dans une éternité d’amour. Sainte Angèle Merici peut nous y aider par son enseignement.L’analyse de ses Ecrits nous permet d’y découvrir tour à tour : un chemin de prière et d’intériorité.

  • un éclairage et un soutien pour la foi.
  • des motifs d’espérer et de faire confiance.
  • une sagesse qui aide à discerner en temps de crise.
  • une manière d’être qui facilite la communication.
  • une voie pour progresser dans la vie chrétienne.
  • un résumé de toutes les vérités essentielles de notre Credo.
  • des repères pour reconnaître de vraies ou de fausses valeurs.

Chacun de ces aspects mériterait d’être approfondi et pourrait faire l’objet d’un long développement. Surtout, Angèle, comme une lumière, éclaire la route à suivre pour nous laisser irradier par l’amour de Dieu et nous engager dans le service du prochain.

A Paris – Péreire
Aux membres de la communauté éducative et aux amis,
En préparation de leur pèlerinage à Brescia.

Conférence de Sœur Marie Seynaeve
Ursuline de l’Union Romaine

Messages

  • Bonjour et surtout MERCI !
    A travers votre conférence absolument passionnante, je découvre avec émerveillement une femme d’une étonnante modernité. Je ne connaissais jusqu’alors que quelques bribes de la vie de Sainte Angèle. Je comprends mieux maintenant où les Soeurs Ursulines qu’il m’a été donné de côtoyer puisent leur sens de l’accueil et leur joie. Que Dieu vous bénisse et qu’Il suscite chez les jeunes qui vous approchent le même dynamisme pour relever tous les défis de notre monde.
    Cordialement. Rj

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