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La spiritualité d’Angèle Mérici

Bref résumé de la spiritualité de Sainte Angèle Mérici.

La plus grande partie de la vie de Sainte Angèle Merici, fondatrice des Ursulines, s’est passée au 16e siècle, pendant l’époque mouvementée de la Renaissance et de la Réforme protestante. Elle a connu, comme nous, un changement complet de civilisation, une ouverture à un monde nouveau, une baisse de la foi et de la morale chrétienne, une décadence de la famille, mais aussi des îlots de groupes fervents. Sa spiritualité s’est donc forgée en un temps de crise. En quoi peut-elle nous interpeller aujourd’hui ? Quatre aspects semblent se dégager de ses écrits : Sainte Angèle a vécu et enseigné une spiritualité trinitaire, ecclésiale, communautaire et apostolique.

I. Une spiritualité trinitaire

Le Père pour Angèle
Quand Angèle s’adresse au Père, elle le voit toujours comme Providence, car, « Le Père Lui-même vous aime ». Dans l’insécurité et les temps difficiles qu’elle connaît, Angèle exhorte à une grande confiance en Dieu : "Ne vous tourmentez au sujet d’aucun de vos besoins temporels. Dieu seul sait, peut et veut y pourvoir, Lui qui ne veut que votre bien et votre joie." (R 10, 16-18). Sa sollicitude s’étend sur tous les détails de notre vie quotidienne : "Ayez espérance et foi ferme en Dieu, car Il vous aidera en toute chose ." (A Prol. 15) Il ne manquera pas de subvenir à tous nos besoins, "Dieu y pourvoira merveilleusement" (Av. 5,31), car "Jamais elles ne seront abandonnées dans leurs besoins." (Av. 5, 31).

Le Christ pour Angèle
Fidèle à une très ancienne tradition de l’Eglise, Angèle voit le Christ comme son Epoux. Elle a pour Lui un amour inconditionnel. C’est Lui son « unique trésor », sa « seule vie », « son unique espérance ». Car Il nous aime (Av. 5, 38) et manifeste son amour par sa bonté immense (Av. 3, 4), ayant vécu en ce monde 33 années par amour pour nous. (R 5, 12). Il nous a donné ce qu’Il a de plus précieux, sa vie, son sang répandu pour notre amour. (Test. Prol. 25). Il est le Maître qui nous enseigne (Av. Prol. 7)et qui nous dirige (Av. 7, 28), notre refuge dans ces temps dangereux et mauvais (Av. 7, 27). En puisant largement dans l’Evangile, Angèle affirme que le Christ nous montre le chemin par sa douceur, son humilité, son esprit de service, son obéissance.

L’Esprit Saint pour Angèle
Angèle a frappé ses contemporains par son extraordinaire docilité à l’Esprit Saint. C’est Lui qu’il faut prier afin de nous mettre sous son emprise et lui demander ses dons. (R 5, 13), celui qui aide notre prière (R 6,7), celui " Qui nous envoie continuellement ses conseils et ses inspirations... qui nous enseigne toute vérité." (R8, 14, 16). C’est donc Lui qu’il faut écouter, à Lui qu’il faut obéir.(R 8, 14-15). Il nous conduira à faire les adaptations nécessaires " Selon les temps et les circonstances " (Dern. Legs 14), et " A tout diriger en vue du bien et du profit spirituel... en vue d’un plus grand amour." (9e Legs 8-10). C’est Lui aussi qui dirige l’Eglise, et ceci nous mène à la deuxième caractéristique de la spiritualité de Sainte Angèle :

II. Une spiritualité ecclésiale

Angèle se trouve à Brescia, la cité que le Pape Clément VII a appelée « la plus luthérienne de toutes les villes d’Italie ». Face à une Réforme protestante prépondérante, Angèle va affirmer son attachement à l’Eglise, à sa doctrine, à ses usages, " Etablis et confirmés par tant de saints sous l’inspiration de l’Esprit Saint." (Av. 7, 22). Cette Eglise, qui de son temps a tellement besoin de réforme, elle l’abandonne à Dieu pour qu’il " Veuille la réformer comme il lui plaît, et selon ce qu’il voit être mieux pour nous"(Av. 7, 24). Elle encourage à la Messe quotidienne, à la réception de l’Eucharistie et du Sacrement de Pénitence, pratiques tombées en désuétude autour d’elle. Elle recommande d’obéir "A ce que commande la sainte Mère Eglise." (R 8, 8) et "à son propre Evêque." (R 8, 9), alors que celui-ci n’y est jamais présent. Elle "prie et fait prier" pour l’Eglise (Av. 7, 24), pour "tout le peuple chrétien", aussi bien pour ceux qui sont pécheurs que pour ceux qui sont bien disposés (R 4, 11,13, 16).

L’Eglise est pour Angèle, " la Mère, la sainte Mère " à laquelle elle prouve son attachement en allant jusqu’à Rome vénérer les reliques et recevoir du Pape sa bénédiction pour son œuvre, et pour laquelle elle exhorte à "mener une vie nouvelle" (Av. 7, 22). Cette vie nouvelle, dans une cité blessée par tant de vengeances et de haine, consistera, entre autres, en une vraie affection fraternelle, menant à une spiritualité communautaire.

III. Une spiritualité communautaire

Alors que les premières filles de Sainte Angèle n’ont pas encore évolué vers une vie communautaire spécifique, elle leur donne des encouragements forts pour tisser entre elles de vrais liens fraternels, puisque "Dieu vous a accordé la grâce de vous unir ensemble pour servir sa divine Majesté" (R Prol. 4). Elle leur demande de "vivre dans la concorde, unies ensemble , toutes d’un seul cœur et d’un seul vouloir, d’être liées l’une à l’autre par le lien de la charité" (Dern. Av. 1-2) en "s’estimant, s’entraidant, se supportant en Jésus-Christ." (Dern. Av. 2). D’ailleurs, cette union est le signe de la présence du Christ au milieu d’elles : " Plus vous serez unies, plus Jésus-Christ sera au milieu de vous, comme un père et un bon pasteur. Et il n’y aura pas d’autre signe que l’on est dans la grâce du Seigneur que de s’aimer et d’être unies ensemble" (Dern. Legs 9-10).

Cette union n’est pas seulement un idéal. Elle se manifeste concrètement par des réunions, qui ont lieu plusieurs fois par mois, et qui aident chacune à mieux connaître, à apprécier, à respecter et à aimer toutes les autres, mais aussi chacune individuellement. (Av. Prol. 9-11). Cet amour mutuel sera la forme par excellence du témoignage, qui revêt pour Angèle une vraie spiritualité apostolique. Ce sera le quatrième aspect de sa spiritualité.

IV. Une spiritualité apostolique

Angèle n’a demandé à ses filles aucune œuvre apostolique précise, mais sa spiritualité apostolique a une dimension universelle, car "toutes sont des créatures de Dieu." (Av. 8, 2). C’est pourquoi, elle prie et demande de prier pour le monde entier, pour ses parents et ses amis, (R 5, 24), pour ceux qui sont ignorants de Dieu, comme ceux qui sont indifférents (R 5, 31-32), pour ceux qui sont des pécheurs manifestes, comme ceux qui sont fervents (R 4, 11,16). Pour eux tous elle est prête à "répandre son propre sang pour ouvrir les yeux aveugles de leur esprit." (R 5, 34).

A la prière se joint une action efficace, celle du témoignage de vie : "Dites-leur que, où qu’elles se trouvent, elles donnent le bon exemple... qu’elles cherchent à mettre la paix et la concorde partout où elles seront." (Av 5, 13n 16). "Que toutes nos paroles, nos actions et nos comportements soient toujours un enseignement et un motif d’édification pour qui aura affaire avec nous, ce qui suppose que nous ayons toujours brûlante au cœur la charité." (R 9, 21-22). La charité, cet "amour pour Dieu et pour le salut des âmes", voilà le moteur apostolique qui poussera à connaître "non seulement les noms" de celles qui leur sont confiées, "mais aussi leur condition et leur tempérament, leur situation et tout ce qui les concerne", et cela avec une "vive charité" (2e Legs 2-3), tenant chacune "gravée dans l’esprit et dans le cœur." (2e Legs, 1). Ce sont ces principes, d’amour, de respect, d’attention individuelle qui ont toujours guidé les Ursulines jusqu’à nos jours dans leur œuvre d’éducation.

Père, Toi qui nous aimes,
tu as donné à Sainte Angèle de vivre profondément sa confiance en Toi,
accorde-nous, à son exemple, un amour inconditionnel du Christ
et une écoute constante de ton Esprit-Saint,
afin qu’ensemble avec tous nos frères et avec tous les membres de l’Eglise,
nous puissions donner un témoignage d’unité, de paix et d’amour,
portant tous les hommes dans notre cœur et dans notre prière
et agissant par amour pour toi
et en vue de l’avènement de ton Royaume dans le monde entier.
Amen.

Conférence de Soeur Marie SEYNAEVE,
Ursuline de l’Union Romaine

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