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L’espérance d’Angèle Mérici

L’espérance d’Angèle Mérici.

Espérance

Introduction : L’exemple de sa vie

-  Angèle nous montre l’exemple d’une attente paisible, confiante, pendant environ 40 ans pour la réalisation de la mission que le Seigneur lui a confiée.

-  Dans une prière intense, Angèle met son espérance dans la grâce de Dieu lors de situations difficiles :
• son intervention auprès du prince de Castiglione, réputé dur et autoritaire, afin d’obtenir la grâce d’un membre de sa famille.
• la pacification de Filippo Sala et Francesco Martinengo.
• son entrevue avec le duc de Milan. Elle espérait que Dieu lui donne les paroles de paix et de réconfort que réclamait la situation.

-  Sa grande espérance s’est manifestée lors de la fondation de la Compagnie : il fallait grouper, former, aller de l’avant, persuader, organiser, laisser des écrits. Angèle s’abandonne à Dieu et se laisse mouvoir par Lui, car c’est Lui qui dirige la Compagnie. Au moment de la mort, elle lui abandonne tout, sachant que c’est Lui qui continuera de la diriger.

Les Ecrits d’Angèle nous font percevoir de l’intérieur combien grande était son espérance en « Celui qui nous aime toutes ».

I. L’espérance personnelle d’Angèle

1° Espérance en la grâce de Dieu qui continue son œuvre

Dans sa bonté immense, Il m’a élue pour être mère, et vivante et morte, de cette si noble Compagnie bien que, pour ma part, j’en fusse très indigne ; et m’ayant élue, il m’a aussi donné la grâce de pouvoir la gouverner selon sa volonté. (Av 3, 4-5).

Il m’a aussi, dans sa bonté habituelle, donné et accordé une telle grâce et un tel don, que j’aie pu les gouverner selon sa volonté, et pourvoir à leurs nécessités et leurs besoins surtout en ce qui contribue à les diriger et à les maintenir dans l’état de vie auquel elles ont été élues. (Test Prol, 8-9).

Vous leur direz encore que, maintenant, je suis plus vivante que je ne l’étais quand elles me voyaient corporellement, et que maintenant je les vois et les connais mieux. Et que je puis et veux les aider plus encore. Et que je suis continuellement au milieu d’elles avec Celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes, pourvu qu’elles croient, et ne perdent par le courage et l’espérance (Av 5, 35-39).

2° Espérance en l’avenir

  • de la Compagnie
Si c’est Dieu qui a planté cette Compagnie, jamais Il ne l’abandonnera (Av. 4, 8).

Tenez ceci pour certain que cette Règle est directement plantée par sa sainte main, et qu’il n’abandonnera jamais cette Compagnie tant que le monde durera. Car si c’est lui en premier lieu qui l’a plantée, qui donc pourra la déplanter ? (Dern Legs 6-8.)

  • en la réalisation de ses promesses
Maintenant, je suis plus vivante que je ne l’étais quand elles me voyaient corporellement, maintenant je les vois et les connais mieux. Et je puis et veux les aider plus encore. Et je suis continuellement au milieu d’elles avec Celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes, pourvu qu’elles croient, et ne perdent par le courage et l’espérance (Av 5, 35-39).

Élargissez donc pour elles la mesure des promesses, qui ne manqueront pas de réalisations surtout pour celles que vous verrez être désolées, incertaines et craintives (Av5, 40).

Et moi, je serai au milieu de vous, aidant vos prières. Encouragez donc vos filles à poursuivre courageusement l’œuvre commencée. Et en même temps réjouissez-vous, car sans aucun doute ce que je vous dis se réalisera (Dern Av 18-20).

Soyez consolées, ne doutez pas ; nous voudrons vous voir au ciel au milieu de nous, car ainsi le voudra aussi Celui qui vous aime toutes. Et qui donc pourrait lui résister ? (T Dern Legs, 17-19).

II. Enseignement sur l’Espérance

1° L’espérance est la marque de l’Epouse

Qu’elle soit joyeuse et toujours pleine de charité, de foi et d’espérance en Dieu (R 9,11).

Qu’elles ne perdent pas l’espérance (Av 5, 32).

Maintenant, je vous laisse. Soyez consolées ; ayez vivres la foi et l’espérance (Dern Av 26).

2° L’Espérance que Dieu peut et veut nous aider.

  • Il nous donne sa grâce :
Dans ces temps périlleux et pestiférés, vous en trouverez d’autre refuge qu’aux pieds de Jésus-Christ (Av 7,27).

Humiliez-vous sous sa main puissante, et vous serez éclairées (Av 7, 29).

Dieu l’a ainsi décidé de toute éternité : ceux qui, pour son honneur, sont unis dans le bien, auront toutes sortes de prospérités et tout ce qu’ils feront tournera au bien. Car ils ont Dieu lui-même et chacune de ses créatures en leur faveur (Dern Av 9).

Je vous assure que toute grâce que vous demanderez à Dieu vous sera accordée infailliblement. (Dern. Av 19).
Ainsi vous faut-il prendre la nette et ferme résolution de vous soumettre totalement à sa volonté, et avec une foi vive et inébranlable, de recevoir de Lui-même ce que vous aurez à faire pour son amou. (Test. Prol. 22-23).

Si selon les temps et les besoins, il y avait de nouvelles dispositions à prendre ou quelque chose à modifier, faites-le avec prudence et bon conseil., Et que toujours votre principal recours soit de vous rassembler aux pieds de Jésus-Christ ; là avec toutes vos filles, faites de très ferventes prières (Dern. Legs 2-3).

  • Il prend soin de nous.
Ne vous tourmentez au sujet d’aucun de vos besoins temporels. Dieu seul sait, peut et veut y pourvoir, Lui qui ne veut que votre seul bien et votre joie (R 10) .

Qu’elles tiennent encore pour très certain que jamais elles ne seront abandonnées dans leurs besoins. Dieu y pourvoira merveilleusement (Av 5).

Ne vous découragez pas si vous ne savez ni ne pouvez faire ce qu’exige à bon droit une charge aussi extraordinaire. Ayez espérance et foi ferme en Dieu, car Il vous aidera en toutes choses (Av Prol).

  • Il changera nos afflictions en joie dès ici-bas et dans l’au-delà.
Si vous vous efforcez à l’avenir, et de tout votre pouvoir, de vivre comme il est demandé aux véritables épouses du Très-Haut, et d’observer cette Règle comme la voie par laquelle vous devez marcher et qui a été tracée pour votre bien, j’ai cette foi et cette espérance, fermes et inébranlables, en l’infinie bonté de Dieu : non seulement nous surmonterons tous les périls et adversités, mais encore nous les vaincrons avec grande gloire et grande joie. Et même, nous passerons cette très courte vie dans la consolation, et chacune de nos douleurs et tristesses se changera en joie et allégresse ; et nous trouverons les routes épineuses et rocailleuses fleuries pour nous, et pavées de dalles d’or très fin (R Prol 23-27).

Invitez-les à désirer les allégresses et les biens célestes, à soupirer après ces fêtes joyeuses et nouvelles du ciel, ces bienheureux et éternels triomphes (Av 5, 3).

Vous leur direz la bonne nouvelle que je leur annonce de la part de Jésus-Christ et de la Madone : combien elles doivent jubiler, et faire fête, puisque dans le ciel est préparée pour toutes et pour chacune, une à une, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse, pourvu qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution. Et qu’elles s’efforcent d’observer la Règle. Et, de cela, qu’elles ne doutent jamais (Av 5, 24-28).

Certes, elles rencontreront parfois des tribulations ou des difficultés ; mais cela passera vite et se changera en allégresse et en joie. Et puis, la souffrance de ce monde est un rien par rapport aux biens qui sont en Paradis (Av 5, 29-30).

Si vous observez fidèlement toutes ces choses et d’autres semblables, comme le Saint-Esprit vous le dictera selon le temps et les circonstances, réjouissez-vous, continuez bon gré. Voici qu’une grande récompense sera préparée pour vous…. Et qui donc pourrait lui résister ? (Dern Legs 14-15,19). Donc, persévérez fidèlement et avec allégresse dans l’œuvre entreprise (Dern Legs,22).

  • Il nous attend à l’heure de notre. mort.
Quand l’une d’elles sera morte, alors toutes les autres voudront bien l’accompagner à son tombeau, marchant deux à deux, avec charité, et tenant chacune un cierge à la main. Et celle qui sait lire dira l’Office des morts ; et celle qui ne sait pas lire dira trente-trois Pater Noster et autant d’Ave Maria, afin que, si cette âme était dans les peines du purgatoire pour quelque péché, notre doux et bienveillant Jésus-Christ la tire de ces peines et la conduise à la gloire céleste avec les autres vierges, couronnée de la couronne virginale toute d’or, éblouissante de lumière (R 10, 32-36).

Sans parler de la grâce très grande et inappréciable que Celui qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, vous accordera au moment suprême de la mort, puisque c’est dans les grands besoins qu’on reconnaît l’amitié véritable. Et croyez fermement qu’alors surtout vous connaîtrez que je suis votre fidèle amie (Dern Av 21-23).

3° Exigences de l’espérance

-  Espérer en Dieu seul, en renonçant au reste.

Et c’est en Dieu qu’il a tout son bien ; et hors de Dieu il se voit tout à fait pauvre, et qu’il est vraiment un rien, et qu’avec Dieu, il a tout. Car la Vérité dit : Bienheureux sont les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. Que chacune s’efforce donc de se dépouiller de tout, et de mettre tout son bien, et son amour, et sa délectation, non dans ce qu’elle a, ni dans les nourritures et les satisfactions de la table, ni dans ses parents et amis, ni en elle-même et en ses propres ressources et en son savoir, mais en Dieu seul, et en sa seule providence bienveillante et ineffable (R 10, 6-13).

Ce n’est pas inutilement ni sans motif, en effet, que le cœur d’un vrai et prudent serviteur de Dieu s’humilie et anéantit en lui-même la considération de soi et la jouissance en sa propre réputation ; c’est qu’il espère et attend de Dieu une autre jouissance, une gloire et un honneur plus vrais ; car il croit fermement ce que dit l’Évangile : celui qui s’abaisse sera élevé (Av 1, 12-14).

Qu’elles mettent leur espérance et leur amour en Dieu seul, et non en une personne vivante (Av 5, 22).

Qu’elles placent en haut leurs espérances et non pas sur la terre. Qu’elles aient Jésus-Christ pour leur unique trésor, car là sera aussi l’amour. Et il faut le chercher non pas ici, en ce monde, mais au plus haut des cieux, à la droite du Père (Av 5, 42-44).

-  Lui être fidèle

L’Evangile dit : Cherchez d’abord le royaume de Dieu, et toutes ces autres choses vous seront données par surcroît (R 10, 14).

La force et le vrai réconfort du Saint-Esprit soient en vous toutes, afin que vous puissiez soutenir et remplir virilement et fidèlement la charge que vous avez à porter, et attendre en même temps la grande récompense que Dieu vous a préparée si vous vous efforcez, chacune de votre côté, d’être fidèles et pleines de sollicitude pour ses épouses (Av Prol 3-5).

Priez-le, humiliez vous sous sa grande puissance, car, sans aucun doute, de même qu’il vous a confié cette charge, de même aussi il vous donnera les forces nécessaires pour la remplir, pourvu que vous ne manquiez pas de votre côté. Agissez, remuez-vous, croyez, faites des efforts, espérez, criez vers lui de tout votre cœur ; et sans aucun doute vous verrez des choses admirables si vous orientez tout vers la louange et la gloire de sa Majesté et vers le bien des âmes (Av Prol 16-18).

Vous devez savoir ceci et le tenir pour certain : que jamais il ne manquera de subvenir à leurs besoins, tant corporels que spirituels, pourvu que rien ne manque de votre côté (Av 4, 7).

Puisqu’Il a daigné vous placer à la tête d’un si noble troupeau, qu’Il daigne encore vous donner une sagesse et une aptitude telles que vous puissiez faire œuvre digne de louange à ses yeux et mettre toute votre application et toutes vos forces à faire votre devoi. (Test Prol 19-21).

II. L’espérance apostolique

1° Etre des semeuses d’espérance

Si vous en voyez une pusillanime, timide et portée au découragement, réconfortez-la, encouragez-la, promettez-lui le bienfait de la miséricorde de Dieu, dilatez son cœur par toutes sorts de consolations (Av 2, 8).

2° Savoir que notre prière peut changer quelque chose

Par le jeûne : pour implorer, devant le trône du Dieu Très-Haut, miséricorde pour tant d’actions dissolues qui, en ces temps-là, sont commises par des chrétiens, comme cela est plus que visible à tous (R 4,11). Afin d’implorer le secours divin pour le peuple chrétien (R 4,13). En implorant cette grande promesse faite par Jésus-Christ à ses élus, bien disposés (R 4,16).

Par la prière on obtient de Dieu la grâce de la vie spirituelle. Il faut toujours prier d’âme et d’esprit à cause du besoin continuel que l’on a du secours de Dieu - et c’est pourquoi la Vérité dit : il faut toujours prier (R 5, 4-5).

O mon Seigneur, ma seule vie et mon unique espérance, je te prie de recevoir ce cœur si misérable et si impur, et de brûler chacune de ses affections et passions dans la fournaise ardente de ton divin amour (R 5, 35-37).

Priez et faites prier, afin que Dieu n’abandonne pas son Eglise, mais veuille la réformer comme il lui plaît et selon qu’il voit être meilleur pour nous, à son plus grand honneur et pour sa plus grande gloire (Av 7, 24-26) .

En ces temps périlleux et pestiférés vous n’aurez d’autre recours que de vous réfugier aux pieds de Jésus-Christ (Av 7, 27).

3° Espérer porter des fruits si nous nous laissons mouvoir par la double charité.

Toutes vos œuvres et tout votre gouvernement ainsi enracinés dans cette double charité, ne pourront produire que des fruits bons et salutaires (1er Legs, 4).

4° Espérance en ce que l’autre peut devenir.

Aimez vos chères filles également ; et n’ayez pas de préférence pour l’une plutôt que pour l’autre, puisqu’elles sont toutes créatures de Dieu. Et vous ne savez pas ce qu’il veut faire d’elles (Av 8, 2).

En effet, comment pouvez-vous savoir, vous, si celles qui vous paraissent les plus insignifiantes et les plus dépourvues ne vont pas devenir les plus généreuses et les plus agréables à sa Majesté ? (Avis 8, 3).

Il sait bien ce qu’il veut faire d’elles, lui qui (comme dit l’Écriture) peut transformer des pierres en enfants du ciel (Av 8, 5-6).

Laissez faire Dieu : il fera des choses admirables en son temps et quand il lui plaira (Av 8, 9).

Quand vous aurez conseillé et averti quelqu’une avec charité trois, ou tout au plus quatre fois au sujet de quelque manquement notable, et que vous verrez qu’elle ne veut pas obéir, alors, laissez-la à elle-même et ne lui envoyez plus les colonelles et autres visiteuses ; surtout parce qu’il peut se faire que la pauvrette, se voyant ainsi abandonnée et mise de côté soit poussée au repentir, et désire plus que jamais rester dans la Compagnie (5e Legs, 1-6).

Quand vous verrez que quelqu’une a beaucoup de peine à renoncer à des fanfreluches ou autres frivolités du même genre qui autrement ont peu d’importance, ne comptez pas trop que celle-là persévère dans la Compagnie. Car si elle ne veut pas faire ce qui est moindre, elle fera encore moins ce qui est plus. Ici pourtant vous devez être prudentes parce qu’il peut se faire qu’une personne ait mis toute la force de son attachement dans une bagatelle, de sorte que, s’étant vaincue sur ce point-là, aucun autre ne lui sera plus trop difficile (6e Legs, 1-4).

CONCLUSION :
-  Le chemin d’espérance d’Angèle est fondé sur Jésus-Christ.
-  Ce chemin présuppose un immense dépouillement.
-  Mais c’est aussi un chemin de joie, de confiance, de sérénité.
-  Le chemin qui va jusque là n’est pas un chemin facile.
-  Il faut « donner tout pour avoir Tout ».

Espérance
Marie Seynaeve

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