Bouton Menu Mobiles

Accueil > Connaître > Ste Angèle Merici > Conférences > L’Obéissance selon Angèle Mérici

L’Obéissance selon Angèle Mérici

A l’exemple du Christ venu faire non sa propre volonté mais celle de son Père, nous avons en Sainte Angèle un exemple frappant d’obéissance, c’est-à-dire, de conformité à la volonté du Père. Celle-ci tient une place majeure dans sa vie. Elle sait discerner à travers les événements et les personnes en autorité, la volonté d’amour du Père. Il n’est donc pas étonnant que dans ses Ecrits, Angèle insiste sur une attitude intérieure de docilité à l’Epoux, Lui, dont la nourriture était de faire la volonté de celui qui l’avait envoyé. Nous examinerons donc successivement la place donnée à l’obéissance dans la vie et dans les Ecrits d’Angèle Merici.

I. Obéissance dans la vie d’Angèle

Un examen attentif de la vie d’Angèle nous frappe par sa disponibilité à voir la volonté du Père dans les événements, les inspirations spirituelles, les supérieurs, et même, lors de la fondation de la Compagnie, la communauté des Sœurs.

1. Obéissance aux événements

Les deuils successifs qui ont marqué son adolescence n’ont pas laissé Angèle désespérée, désemparée. Elle souffrait, certes, du départ de sa sœur et de ses parents, mais l’incident au Machetto, où, après de longues prières, elle vit sa sœur dans son éternité bienheureuse, nous fait comprendre qu’Angèle trouvait sa force dans la prière. Plus encore, dans son esprit de foi elle accordait une importance capitale au salut éternel des membres de sa famille.

Revenue à Desenzano à l’âge adulte, elle y connaît des années de paix, et après 1512, une période de guerre. Aucun document ne nous instruit sur ses réactions lors des années douloureuses où toute la côte du Lac de Garde fut soumise par Louis XII à la domination des vainqueurs. Les historiens contemporains des faits nous décrivent les exactions des militaires sur la population : confiscations, emprisonnements, tortures, mises à mort sans procès. Nous pouvons présumer, d’après certaines réflexions d’Angèle, sur ce monde misérable et traître, où il n’y a jamais ni repos ni aucun contentement vrai… et toutes sortes de choses malheureuses et mesquines (Av 5, 4-5), quelle avait vécu ces réalités pénibles, tout en espérant les allégresses et les biens célestes… les fêtes joyeuses ts nouvelles du ciel (Av 5, 3) qui l’attendaient au terme de sa vie.

Lors de son départ en Terre Sainte, sa presque cécité, survenue au début de son voyage, ne la décourage pas. Au contraire, elle poursuit son pèlerinage et fait de son épreuve un tremplin pour mieux approfondir intérieurement les mystères du Christ aux lieux où Il les a vécus. Lorsque sa vue lui revient, Bellintani nous dit que non seulement elle en est reconnaissante, mais qu’elle se sert alors de ses yeux uniquement pour la gloire de Dieu.

De retour à Brescia après ses pèlerinages, Angèle voit sa chambre assaillie de visiteurs, quelle accueille avec bonté, en particulier les « pécheurs ». Angèle se voit de plus en plus appelée à éclairer, pacifier, conseiller, instruire de la foi, accompagner ses contemporains dans leur cheminement spirituel. Chacun est pour elle un envoyé de Dieu.

Lorsque les armées de Charles Quint s’approchent dangereusement de Brescia, elle fuit avec Agostino Gallo et les siens jusqu’à Crémone. Sa sérénité et sa foi au milieu des dangers menaçants font l’admiration de cette famille, qui l’accueille comme une véritable amie.
Les catastrophes naturelles, si fréquentes en Italie, n’ont pas épargné la ville de Brescia du vivant d’Angèle. Elle connaît un tremblement de terre dévastateur, des inondations qui anéantissent les cultures environnantes et emportent les bêtes, causant ainsi des mois de famine. Gallon mentionne sa patience au milieu de ces cataclysmes, disant qu’elle supportait avec égalité d’esprit la faim et la soif, la chaleur et le froid. Lorsque la Comète de Halley s’approche de la terre en balayant de sa queue un tiers du ciel, beaucoup de contemporains d’Angèle en sont terrifiés. Plusieurs se suicident, par crainte de ce qui allait arriver. Angèle, de son côté, ne peut qu’admirer le ciel et tout l’univers (Dern Av 8).

La foi robuste d’Angèle, qui voyait la volonté Dieu dans les événements, était soutenue par une docilité intérieure aux inspirations qui lui venaient de Dieu.

2. Obéissance aux inspirations d’ordre spirituel.

Favorisée d’un don de discernement spirituel, Angèle sait, dès son plus jeune âge, reconnaître l’action de Dieu. De son propre aveu, elle commence vers l’âge de 5 ou 6 ans, à mener une vie de prière et de renoncement, cherchant des lieux et des moments de solitude pour prier le Dieu qui l’attire.

Jeune adulte, elle se fait Tertiaire de Saint François pour mieux répondre à son attrait intérieur de prière, de fréquentation des Sacrements, de pénitence.

Elle accueille dans la foi la mission qui lui est confiée lors de la vision à Brudazzo, laissant à Dieu le choix du temps, du lieu, des personnes avec qui elle s’engagerait dans cette vie nouvelle d’Epouse du Christ. Elle devra attendre avec patience et sérénité pendant environ quarante ans l’heure de Dieu.

Elle sait discerner la volonté du Seigneur par rapport aux invitations intéressantes qui lui parviennent à Venise, à Rome, à Milan. Plutôt que de se lancer dans un bien immédiat de consolation et d’entraide auprès des pauvres et des malades, elle sa garde libre pour la mission que Dieu lui a confiée et dont la réalisation semble encore très lointaine.

En même temps, elle se montra accueillante aux décisions de ceux qui représentent pour elle la volonté de Dieu, même au prix de bouleversements de ses projets personnels.

3. Obéissance à ses supérieurs

A la mort de ses parents, Angèle entre sans récriminations dans la famille de son oncle, si bien qu’elle choisira comme compagnon de voyage en Terre Sainte, son propre cousin Bartolomeo.

Lorsque ses supérieures franciscains lui demandent d’aller à Brescia pour une mission de consolation auprès de Caterina Patengola, Angèle quitte tout : sa maison, ses champs, son travail, ses amis, pour aller vers l’inconnu, dans une ville dévastée par la guerre.

A son retour de Terre Sainte, arrivée à Venise, qui avait alors juridiction politique et religieuse sur Brescia, lorsqu’Angèle se voit sollicitée par les gouvernants de la vile d’y rester pour le bien des œuvres de bienfaisance, elle quitte la ville secrètement par crainte que ceux-ci n’interviennent auprès du Patriarche pour la forcer d’accepter cette invitation par obéissance.

Lors de son pèlerinage à Rome, recevant du Pape Clément VII, la même invitation, elle lui confie le plan de Dieu sur sa vie et sollicite sa bénédiction pour cette nouvelle œuvre qu’elle devait fonder.

Elle demande et obtient en 1536, par l’entremise du Vicaire Général, Lorenzo Muzio, l’approbation de l’Evêque de Brescia pour la nouvelle Règle de Vie qu’elle vient d’instituer.

Docile à ses Supérieures ecclésiastiques nous voyons Angèle vivre une même attitude d’accueil et d’écoute dans ses relations avec les membres de son Institut.

4. Obéissance à ses sœurs

C’est Cozzano qui nous livre le secret de la rédaction de la Règle : Angèle commençait par consulter ses sœurs sur tel ou tel point, leur donnant l’occasion de le pratiquer pendant un certain temps. Ensuite, elle demandait leur avis dans une réunion d’évaluation, avant de l’inscrire comme point de Règle. Si celle-ci a été inspirée par Jésus-Christ, selon les paroles mêmes d’Angèle, la fondatrice a su voir dans la vie et l’expérience de ses sœurs un aspect de sa divine volonté.

Lorsqu’il s’agit de l’usage des biens possédés par la Compagnie, Angèle ne va pas en décider personnellement, mais elle en confie la gestion aux matrones :

Sur ce point je ne veux pas que vous cherchiez des conseils au dehors ; décidez vous-mêmes, seulement entre vous, selon que la charité et l’Esprit Saint vous éclaireront et vous inspireront, en dirigeant tout pour le bien et le profit spirituel de vos chères enfants (9e Legs, 5-8).

Ainsi, nous voyons la vie d’Angèle se dérouler dans une écoute attentive des inspirations de l’Esprit Saint et dans la docilité à accueillir et à mettre en œuvre ce qu’elle percevait comme la volonté du Père. Il n’est donc pas étonnant que se Ecrits en voient fortement marqués, développant toute une spiritualité sur l’obéissance.

II. Obéissance dans les écrits d’Angèle

1. Ce qu’est l’obéissance

Angèle commence par affirmer ce qu’est l’obéissance : une grande lumière, celle que le Fils de Dieu est venu nous apporter sur terre par son exemple, par son obéissance filiale au Père :

Apprenez de notre Seigneur, lui qui, pendant qu’il était en ce monde, était comme un serviteur, obéissant au Père éternel jusqu’à la mort (Av 1, 6). C’est pourquoi Jésus-Christ dit : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais celle du Père qui m’a envoyé » (R 8, 3).

C’est cette grande lumière de conformité à la volonté du Père qui rend bonne et agréable chacune de nos œuvres (R 8, 4). Et si nous voulons que ce que nous faisons soit bon, ce doit être fait sous l’obéissance (R 8, 6), c’est-à-dire en conformité à cette volonté d’amour qui nous vient du Père.

2. A qui obéir

Angèle précise les différentes instances par lesquelles cette volonté s’exprime. Avec réalisme, elle évoque aussi bien les autorités naturelles au sein de la famille et de la cité, que les autorités religieuse. Il s’agit

d’obéir aux pères et mères, et aux autres supérieurs de la maison [les employeurs], (R 8, 11) ; d’obéir encore aux lois statuts des seigneurs et aux gouverneurs des états (R 8, 13.)

Mais l’obéissance fondamentale va à Dieu et à la loi qu’Il a mise au cœur de chaque être humain :

Que chacune de vous, par conséquent, veuille bien obéir premièrement aux commandements de Dieu, car l’Ecriture dit « Maudit est celui qui n’observe pas tes commandements » (R 8, 7).

Angèle ne reste pas au niveau de l’obligation. Elle englobe dans l’obéissance à Dieu celle qui s’adresse à toute créature par amour de Dieu, pourvu qu’on ne nous commande rien qui soit contraire à l’honneur de Dieu et à notre propre honnêteté (R 8, 17-18). En introduisant la dimension de l’amour, Angèle va au-delà d’une simple obéissance formelle. Et en demandant un discernement sur la nature de ce qui est demandé, elle met en jeu une liberté éclairée.

Nous connaissons l’amour d’Angèle pour l’Eglise, malgré toutes ses faiblesses qu’elle ne pouvait ignorer. Contemplant en l’Eglise le visage de son Epoux, elle n’hésite pas à demander d’obéir à ce que commande notre Mère la sainte Eglise, car la Vérité dit : « Qui vous écoute m’écoute, qui vous méprise, me méprise (R 8,8). Elle propose l’obéissance au niveau de l’église locale, à son évêque et pasteur (R 8,9), bien que celui-ci, le Cardinal Francesco Cornaro, soit habituellement absent de son siège épiscopal et laisse ses pouvoirs entre les mains de ses vicaires généraux. Ce sera le cas lors de l’approbation de la Règle en 1536.

Angèle est profondément convaincue de la mission que Dieu lui avait confiée, celle de fonder mais aussi d’être celle qui gouverne la Compagnie.

Puisqu’Il lui a plu, dans sa bonté infinie de se servir de moi comme de son instrument pour son œuvre, une telle œuvre et si grande, quoique je fusse de moi-même une servante très insuffisante et très inutile, Il m’a aussi, dans sa bonté habituelle, donné et accordé une telle grâce et un tel don, que j’aie pu les gouverner selon sa volonté, et pourvoir à leurs nécessités et leurs besoins surtout en ce qui contribue à les diriger et à les maintenir dans l’état de vie auquel elles ont été élues (Test Prol 6-9).

Cette mission de gouvernement, Angèle la transmet aux supérieures, en affirmant que l’obéissance à leur égard s’adresse à elle, comme à Jésus-Christ :

Demeurez soumises aux mères principales que je vous laisse à ma place, comme cela est juste. Et ce que vous faites, faites-le en leur obéissant, et non en suivant votre jugement propre. Car en leur obéissant vous m’obéirez à moi ; et en m’obéissant à moi, vous obéirez à Jésus-Christ, lui qui, dans sa bonté immense, m’a élue pour être mère, vivante et morte, de cette si noble Compagnie, bien que, pour ma part, j’en fusse très indigne, et m’ayant élue, il m’a aussi donné la grâce de pouvoir la gouverner selon sa volonté. (Av 3, 1-5).

La volonté de Dieu, accueillie dans l’amour, s’exprime également dans la Règle. Angèle y revient à plusieurs reprises :

Observer cette Règle comme la voie par laquelle vous devez marcher et qui a été tracée pour votre bien (R Prol 24).

Dites-leur de vouloir être unies et vivre ensemble dans la concorde, étant toutes d’un seul vouloir, et se tenant sous l’obéissance de la Règle, car tout est là (Av 5, 20).

Dans le ciel est préparé pour toutes et pour chacune, une à une, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse, pourvu qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution. Et qu’elles s’efforcent d’observer la Règle (Avis V, 25-27).

Veillez avec un très grand soin à ce que les bonnes prescriptions données, surtout celles qui sont dans la Règle, soient très diligemment observées (Dern Legs,1)

Toutes ces différentes formes d’obéissance se trouvent liées entre elles dans la pensée d’Angèle par un grand principe unificateur, celui de la docilité à l’Esprit Saint. Par-dessus tout dira Angèle, en présupposant toutes les autres formes de soumission et en leur donnant une dimension d’intériorité, car l’Esprit nous envoie continuellement au fond du cœur… ses conseils et inspirations (R 8, 14).

3. Comment obéir

Nous avons déjà évoqué l’obéissance par amour de Dieu à l’égard de toute créature, spécialement celles qui détiennent une part d’autorité. Angèle évoque aussi une purification de l’intention dans l’obéissance : Ce que vous faites, faites-le en leur obéissant et non en suivant votre jugement propre (Av 3, 2), car il importe de rechercher avant tout ce qui plaît au Père, à l’exemple du Christ, et non ce qui nous plaît.

L’esprit de soumission filiale se concrétisera par des attitudes extérieures : honneur, respect, estime.

Conservez toujours à vos mères l’honneur et le respect, sachant que, si Dieu commande l’honorer les pères et les mères selon la nature, à plus forte raison doit-on estimer les mères spirituelles. Faites donc en sorte qu’elles soient toujours estimées et respectées, spécialement parmi vos filles (Av 3, 10-11).

Angèle ne cache pas les difficultés qui peuvent surgir dans les relations entre les membres de la Compagnie et les gouvernantes, issues de l’aristocratie bresciane et habituées à commander. Ses quelques conseils révèlent l’étendue de son expérience et de sa connaissance du cœur humain.

Maintenant, s’il vous arrivait d’avoir quelque juste raison de les contredire ou de les reprendre, faites-le avec délicatesse et respect. Et si elles ne veulent pas en tenir compte, prenez patience. Et sachez qu’il est juste d’aimer les mères si elles sont bonnes, et de les supporter si elles sont étranges. Et gardez-vous absolument de vous plaindre, de murmurer, de mal parler d’elles, ni avec d’autres personnes ni avec vos filles (Av 3, 6-9).

Délicatesse, respect, patience, paroles constructives sont les moyens qu’Angèle préconise en cas de difficultés. Mais avec son sens inné de la psychologie humaine, elle connaît aussi le besoin de se confier et n’hésite pas à en suggérer les moyens :

Si vous avez sur le cœur quelque chose qui vous déplaise en elles, vous pourrez très bien et sans scrupule en parler en secret à quelque personne bonne et fidèle à tous égards et point de vue…mais tout cela toujours avec discernement et maturité de jugement (Av 3 : 13,1.).

Notons les circonstances énumérées : chercher à alléger un poids sur le cœur ; liberté de se confier à quelqu’un qui puisse nous aider, et cela sans scrupule ; garder le secret, sans se plaindre dans son entourage ; choisir une personne qualifiée par son sens spirituel et humain ; agir avec discernement et maturité de jugement.

4. Obstacles à l’obéissance

Angèle qualifie la volonté propre d’enfer ténébreux (R 8, 2). Cette expression forte suggère la nature de ce qui en nous s’oppose à la docilité aux vouloirs du Père : un enfer, car il s’agit de péché, de refus, de contradictions, de tergiversations… ; ténébreux, parce qu’il nous manque alors la lumière qui seule peut éclairer notre existence dans son cheminement, celle du Christ.

Dans sa prière, elle revient sur cette volonté propre, qui livrée à elle-même, infectée qu’elle est par le péché, ne sait discerner le bien du mal (R 5, 38-39), nous laisse sans repaires et sans but, car le péché nous voile la présence de Celui qui s’est dit la Lumière du monde.

Angèle avoue ses propres hésitations et tergiversations :
J’ai grande peine d’avoir tant tardé à me mettre au service de ta divine Majesté. (R 5, 27). De plus, elle épingle le lien qui existe entre un manque d’obéissance et un manque d’amour : Je n’ai pas jusqu’à présent été obéissante à tes divins préceptes, et toute adversité m’a été âpre à cause de mon peu d’amour pour toi(R 5, 29-30).
D’autres obstacles nous voilent la volonté de Dieu, par exemple l’attachement à des bagatelles :

Vous serez alertées quand vous verrez que quelqu’une a beaucoup de peine à renoncer à des fanfreluches ou autres frivolités du même genre qui autrement ont peu d’importance ; ne comptez pas trop que celle-là persévère dans la Compagnie. Car si elle ne veut pas faire ce qui est moindre, elle fera encore moins ce qui est plus (6e Legs, 1-3).

Des conseils erronés peuvent aussi faire obstacle à notre capacité d’écoute et d’accueil. Angèle propose d’éviter de prêter une oreille complaisante aux loups et aux voleurs (ceux qui ont l’esprit du monde, ou qui prêchent des nouveautés doctrinales, ou qui déconseillent la pratique de la Règle) :

Prenez bien garde à ce qu’aucun confesseur, ou autre religieux, ne les détourne d’aucun bon mouvement, ou du jeûne, ou du ferme propos de virginité, ou de l’estime de cette sainte Règle divinement ordonnée (Av 7, 6-9).

Enfin, Angèle envisage même le refus répété d’obéir, tout en laissant la porte ouverte pour un changement de cœur :

Quand vous aurez conseillé et averti quelqu’une avec charité trois, ou tout au plus quatre fois au sujet de quelque manquement notable, et que vous verrez qu’elle ne veut pas obéir, alors, laissez-la à elle-même et ne lui envoyez plus les colonelles et autres visiteuses ; surtout parce qu’il peut se faire que la pauvrette, se voyant ainsi abandonnée et mise de côté, soit poussée au repentir, et désire plus que jamais rester dans la Compagnie et y persévérer. Donc si celle-là, mécontente de sa faute, veut revenir, on doit la recevoir, mais à condition qu’elle demande pardon à vous toutes et aussi à sa colonelle. Et pour pénitence, on lui imposera de jeûner un vendredi au pain et à l’eau (5e Legs, 1-7, 9-10).

S’il existe des obstacles à l’obéissance, Angèle signale aussi ce qui peut aider et fortifier notre adhésion à la volonté du Père.

5. Moyens qui font croître l’obéissance.

Dans sa Règle, Angèle signale un moyen puissant pour aider à développer notre esprit d’obéissance. Il s’agit de la demande de pardon, une fois par semaine, en signe de soumission et pour conserver la charité (R 8, 12). L’expression du regret pour tous nos manques de soumission, d’adhésion à la volonté du Père, se vit dans un climat d’amour et fortifie la détermination d’être de plus en plus dociles.

La prière, qui obtient de Dieu la grâce de la vie spirituelle (R 5, 4), nous façonne progressivement un cœur qui écoute et une générosité active pour accueillir les suggestions qui nous viennent de l’Esprit d’Amour. Il s’agit alors d’obéissance aux conseils et inspirations que l’Esprit Saint nous envoie continuellement au cœur, lui dont nous entendrons d’autant plus clairement la voix que nous aurons la conscience plus purifiée et plus nette (R 8,15).

Angèle nous donne l’assurance que nous ne sommes pas seules dans notre quête de conformité à la volonté du Père. L’Esprit Saint ne nous quitte pas. Il ne cesse de nous accompagner, de nous guider à chaque étape de notre vie. Vouloir nous conformer au Christ, c’est en même temps nous ouvrir à l’Esprit sanctificateur et écarter les obstacles qui nous empêchent d’entendre sa voix. La docilité à son égard englobe toute notre vie, unifie tout c que nous sommes et tout ce que nous faisons sous l’emprise d’un même Esprit d’amour.

L’obéissance selon sainte Angèle


Soeur Marie Seynaeve

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.