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Instant de bonheur

Madone à l’enfant - Arcabas

 

Instant de bonheur.
C’est l’enfant qui tient la fleur bien droite dressée.
Il la tient gracieusement, de ses deux mains.
Et son être, déjà, est tout intérieur.
Marie est emportée par la flamme bleue du ciel et par celle, ocre, de la terre.
Son regard s’est comme dédoublé pour mieux contempler le fruit de leurs épousailles.

La tige est fragile.
Protégé par des doigts encore potelés,
l’élan de sève monte pour devenir couleur, beauté de corolle.
Jésus, l’enfant Jésus,
Tout est neuf et nouveau pour Dieu depuis le salut de l’ange.

Regard de l’enfant, immobile et recueilli.
Regard séduit par la beauté, surpris de découvrir la faiblesse,
captivé par une présence de vie devinée.
Jésus, tout donné à la fleur.
Et la fleur, qui ne peut plus voir que Jésus.
Premier instant de simple et mystérieuse communion.
Reconnaissance d’une même filiation divine ?

Le cœur de son cœur est comme interdit.
Éveil précoce d’une responsabilité de présence ?
Saura-t-il jamais, même lui-même, dire l’indicible ?
N’oublie pas qu’il doit révéler.
Intuition de nécessaire rédemption ? Déjà !

Marie, Mère de Jésus !
Elle déborde de tendresse.
Heureuse et inquiète à la fois.
Léger tremblement des lèvres.

Quelle est donc cette neuve douceur qui l’habite soudain ?
Marie ne comprend pas et se demande...
Non, on ne peut parler d’inquiétude.
Sa foi confiante lui permet de vivre un bonheur
plus fort et plus vrai que son questionnement.
Ses lèvres, comme hésitantes,
laissent pressentir l’expression d’une tendresse indéfinissable
qui veut éclore, semble-t-il, comme un précieux secret.
Sensible aux battements de son cœur, plus timides,
plus profonds, plus adorants peut-être,
Marie retiendrait-elle ses larmes ?

Instant de bonheur.
Instant d’éternité égaré dans le temps, en un coin de Judée.
Le ciel épouse la terre : il fait naître une petite fleur.

La légère douceur des bleus s’incarne en transparence discrète.
Les nuances des ocres l’accueillent en leurs courbes de beauté.
Les ors, eux, ont choisi de poser ici et là la richesse de leur lumière.

Oh ! l’émerveillement de Dieu devant d’humbles pétales !
Paix, achèvement, complétude.
Le salut en son aurore.
Quel est-il ce ‘Là-Haut’ qui appelle le ciel et la terre
à partager près de Lui son bonheur d’Amour éternel ?
Petit enfant, dis-nous : Quel est-il ?

Sr Marie de l’Incarnation Cellier

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