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Gouverner avec les autres

Gouverner avec les autres.
Reconnaître nos dons et appeler ceux des autres.
Construire des communautés humaines dans la compassion et la sollicitude.
Promouvoir le bien-être spirituel et humain.

Sainte Angèle par Jan Williamson
Australie, 2012

Angèle avait prévu la bonne organisation de la Compagnie et les tâches à confier aux supérieures.
Dans les Avis et le Testament, Angèle compare la Compagnie à une famille, à une vigne, à une forteresse bâtie sur le roc, à une tour inexpugnable. Elle confie aux supérieures la responsabilité de la communion et de la bonne entente ; il s’agit d’un trésor de famille qu’il faut développer et protéger.
Les supérieures locales doivent faire vivre cette communion, les gouvernantes, la protéger. Le témoignage de leur amour mutuel encourage le développement de l’Eglise locale.

Reconnaître nos dons et appeler ceux des autres.

Comme nous l’avons vu, Angèle elle-même reconnaît que son don de gouvernement lui a été donné par le Seigneur. Vers la fin de sa vie, elle partage ce don avec les responsables de la Compagnie de Sainte Ursule : Puisque je suis maintenant sur le point de quitter cette vie, je vous laisse à ma place comme mes héritières (Test. Prol. 28-29). Elle a de belles paroles pour confier ce don aux supérieures locales et aux Dames Gouvernantes de son Institut. Aux premières, elle adresse ces mots pleins de confiance et d’espérance :

Sœur Angèle, indigne servante de Jésus-Christ, à ses filles et sœurs très aimées, les colonelles de la Compagnie de Sainte-Ursule. La force et le vrai réconfort du Saint-Esprit soient en vous toutes, afin que vous puissiez soutenir et remplir virilement et fidèlement la charge que vous avez à porter, et attendre en même temps la grande récompense que Dieu vous a préparée, si vous vous efforcez, chacune de votre côté, d’être fidèles et pleines de sollicitude pour ses épouses qui vous ont été confiées, pour que vous les gardiez et veilliez sur elles comme de très vigilantes bergères et de sages ministres. Alors, combien vous devez prier Dieu de vous éclairer, et de vous diriger, et de vous enseigner ce que vous avez à faire pour son amour en cette tâche ; il ne peut y en avoir de plus digne que celle-là, être les gardiennes des épouses du Très-Haut ! (Av Prol 1-8).

Angèle laisse donc ses supérieures sous la direction de l’Esprit-Saint. Elle leur demande d’être fermes et fidèles, pleines de sollicitude pour leurs filles, de veiller sur elles en esprit de service, et surtout de demander à Dieu la lumière nécessaire afin de poursuivre cette tâche pour son amour. Nous pouvons attribuer ces paroles à notre propre responsabilité, en sachant qu’Angèle est toujours avec nous, comme elle l’a promis : A présent je veux et je peux davantage vous aider et vous faire du bien de toutes sortes de manières (Av. Prol. 25).

Quant aux Gouvernantes, elle leur montre que leur mission est vraiment un don de Dieu et met en relief leur tâche de mères aimantes. Comme vous le savez, chaque culture à sa manière de déterminer quelle est la forme d’amour la plus élevée. Les anciens Grecs disaient que l’amitié est la forme la plus élevée de l’amour. Aujourd’hui, les gens la voient surtout dans l’amour entre un homme et une femme. Du temps d’Angèle, la forme la plus haute se trouvait dans l’amour maternel. Angèle déclare donc aux gouvernantes :

Parmi les ressources bonnes et nécessaires que Dieu a préparées pour moi, vous êtes l’une des principales, vous qui êtes trouvées dignes d’être de vraies et aimantes mères d’une si noble famille, confiée à vos mains, afin que vous ayez pour elle le soin et la sollicitude que vous auriez si elles étaient sorties de votre propre sein et plus encore. . Combien avez ici à Le remercier, et en même temps à Le prier… (Test. Prol. 10-13 : 17-18).

Et plus loin dans le Testament, Angèle reprend de nouveau avec joie et enthousiasme le thème de ce choix : Quelles beauté et dignité nouvelles que d’être gouvernantes et mères des épouses du Roi des rois et du Seigneur des Seigneurs et en quelque sorte de devenir les belles-mères du Fils de Dieu ; et ainsi, par le moyen des filles, d’obtenir la faveur et l’amour du Très-Haut ! (Test 4, 14-16)

Aujourd’hui, dans certaines cultures, il semble difficile d’accepter que les supérieures soient des mères aimantes pour les sœurs qui leur sont confiées. J’ai eu des supérieures venant de la Belgique, de France, d’Autriche, des USA, d’Italie, de Taïwan, et d’autres pays encore, et je me suis rendu compte que chacune essaie de conduire ses sœurs dans l’esprit de Sainte Angèle, en accentuant l’un ou l’autre aspect des directives d’Angèle. Comme Ursulines nous sommes heureuses d’avoir reçu un spectre très large de gouvernement laissé par notre fondatrice : direction sous la motion de l’Esprit-Saint, force et fidélité, préoccupation et attention pour la croissance de chacune, vigilance et amour maternel, prière et disponibilité au Seigneur. Angèle a proposé chacun de ces aspects, avec la confiance que ses supérieures les vivraient, comme elle les offre à nous aujourd’hui dans les circonstances particulières qui nous entourent.

Angèle montre la même confiance en l’appel de Dieu lorsque, dans la Règle, elle s’adresse à toutes ses sœurs et essaie de préciser leurs attitudes fondamentales et leurs dons comme membres de la Compagnie :
Je vous exhorte, ou plutôt je vous prie toutes et vous supplie : puisque vous avez été ainsi élues pour être les vraies et virginales épouses du Fils de Dieu, veuillez d’abord reconnaître ce que cela comporte, et quelle dignité nouvelle et stupéfiante cela est. Ensuite, efforcez-vous de toute votre pouvoir de vous conserver dans l’état où Dieu vous appelle ; et de chercher et vouloir tous les moyens et toutes les voies qui sont nécessaires pour persévérer et progresser jusqu’à la fin (R Prol 7-10).

Ici, Angèle essaie de rendre les Vierges conscientes et reconnaissantes pour le grand don de leur vocation comme Epouses du Fils de Dieu, en vivant unies, prêtes à Le servir, en utilisant tous les moyens nécessaires pour être fidèles à leur vocation, en s’efforçant de progresser jusqu’à la fin. Ce dernier point représente une motivation spirituelle puissante pour la formation permanente, car un véritable amour les pousse toujours en avant, afin de développer des liens plus profonds et plus forts avec le Seigneur.

Construire des communautés humaines

Marie Seynaeve, osu
Gouverner avec les autres

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