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Gazette N°10

Intro

Bientôt des bougies s’allumèrent près de chaque lit, formant une illumination fantastique… une file de petites étoiles scintillantes.
Messire Rat fut ébloui, son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine.
Il sentit que l’heure tant désirée avait sonné…
Hélas, cet enivrement dura peu ! Notre jeune héros sentit vite que sa situation était inquiétante… et qu’elle pouvait devenir très critique…
Voilà que tous ces fous se précipitaient maintenant vers lui, …ils frappaient autour de lui de grands coups de bâton qui lui résonnaient dans la tête.
Oh ! Alors ! le pauvre rat fut épouvanté… Si au moins Papa et Maman savaient… Ils viendraient le délivrer.
Mais non ! Il eut un moment d’affreuse détresse !
Ses génies protecteurs lui offrirent un secours inespéré. Sautant de toutes ses forces il se trouva à l’ouverture d’une couche blanche toute chaude. Il se faufila dans ce bienheureux abri ; il se coula au fond des couvertures et ne bougea plus. Il goûta là quelques minutes de sécurité durant lesquelles il se remit un peu des violentes émotions qu’il avait ressenties.
Et pendant ce temps quels n’étaient pas la stupeur, le désenchantement de ses oppresseurs !!!

Le général Caron, le capitaine Duhamel, le lieutenant Julienne, les caporaux Legrand, Davion, Boudard avaient l’air consternés, désorientés.
Ils avaient si bien organisé la résistance : on avait barricadé toutes les issues. Des postes de défense étaient établis aux extrémités de Sainte-Marie … et ils étaient gardés par des héros.
Il faut signaler en particulier les exploits du petit sergent de Bonnières chargé de défendre l’entrée des Saints-Anges et qui frappait vigoureusement de grands coups de balai sur les marches de l’escalier pour tuer le rat qui dormait paisiblement dans le lit du soldat Fleurent.
En un mot chacun fit preuve de sang-froid et d’un esprit d’initiatives admirables.
On ne saura jamais tout le courage qui fut dépensé durant cette lutte nocturne.
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"Oh combien d’actions, combien d’exploits célèbres
Où chacun seul témoin des grands coups qu’il donnait
Ne pouvait discerner où le sort inclinait."
Corneille

Et quand le souvenir de cette épopée revient à ma mémoire je ne puis m’empêcher de songer à ces vers du poète :

"Oh ! Que vous étiez grands au milieu des mêlées,
Enfants ! L’œil plein d’éclair, fous, échevelés,
Vous courriez, vous alliez l’âme sans épouvante
Et les pieds sans souliers…"
Victor Hugo


Au milieu de la consternation universelle, le généralissime ordonna à ses troupes une inspection minutieuse de tous les lits… Et ce fut une idée géniale qui entraîna la perte du Rat du Dortoir et le triomphe de la race humaine !...
À cette évocation, je me sens frémir et ma plume se refuse à vous dépeindre la lutte finale, les scènes de violence qui suivirent la découverte de l’infortuné petit rat.
Lorsque son refuge fut violé, il s’élança avec toute l’énergie du désespoir et recommença sa course folle. Oh ! Comme il se défendit bien !!! Vingt fois il distança ses persécuteurs, les coups de balai qui lui meurtrissaient le dos, n’atteignaient pas son courage. Mais hélas ! Toute sa valeur s’effondra sous le nombre !

"Que vouliez-vous qu’il fît contre cent ?
Qu’il mourût !"
Corneille

En effet, il fut bientôt encerclé par les assaillants près de la porte Saints-Anges. On lui asséna cinq ou six coups de bâton…
Épuisé de fatigue, baigné dans son sang, il ne tarda pas à rendre l’âme.

Janvier 2014

Suite au prochain numéro ...
La Gazette des archives n°10

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