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François visite l’Église de Corée

Le Pape François en Corée


L’histoire du christianisme en Corée en cinq dates


L’histoire du christianisme en Corée est unique en son genre.... Ce sont des Coréens eux-mêmes qui, convertis spontanément, ont demandé des prêtres au Saint-Siège.

 

> 1784 : LE PREMIER BAPTÊME D’UN CORÉEN
Tout commence avec un jeune intellectuel coréen nommé Hong Yu-han. À la fin du XVIIIe siècle, avec quelques amis, il redécouvre des ouvrages chrétiens vieux de deux siècles, datant de l’évangélisation de la Chine par le jésuite Matteo Ricci. Ce jeune homme se « convertit », si l’on peut dire, car il pratique un catholicisme uniquement basé sur sa compréhension de ces livres. Mais il prie, célébrant même à sa manière un « jour du Seigneur » hebdomadaire.
Hong Yu-han fait des émules, dont un certain Lee Byeok, qui va convaincre un ami de se convertir au catholicisme. Cet ami, Lee Seung-hun, s’arrange pour faire partie de l’ambassade annuelle que la Corée envoie auprès de l’Empereur de Chine, dont elle est le vassal, pour prêter allégeance et recevoir le calendrier de l’année.
Lee Seung-hun, une fois à Pékin, entre en contact avec des jésuites, dont un Français, le père Grammont, auquel il demande le baptême. Les deux hommes ne parlent pas la même langue, et ne communiquent que par écrit au moyen de caractères chinois. Néanmoins, le P. Grammont parvient à lui enseigner un catéchisme rudimentaire, et même à lui faire passer un examen que le catéchumène réussit.
Avec l’accord de son père, également membre de l’ambassade, le P. Grammont baptise Lee Seung-hun en janvier 1784, et lui donne un nom chrétien : Pierre Lee, en référence à l’apôtre Pierre auquel le Christ avait confié la charge de bâtir l’Église. Pierre Lee retourne en Corée chargé de livres savants et religieux et, animé de l’esprit missionnaire, se met à son tour à baptiser ses compatriotes.

 

> 1794 : LE PREMIER PRÊTRE ENTRE EN CORÉE
Dix ans après le baptême de Pierre Lee, un prêtre chinois, Jacques Ju, entre secrètement en Corée. Il y est envoyé par l’évêque de Pékin, qui a été sollicité par la communauté chrétienne de Corée. Celle-ci, en effet, a alors atteint plusieurs milliers de membres, et ne peut plus se passer de prêtre - quoi qu’ils aient essayé d’en nommer eux-mêmes en les élisant !
Jacques Ju vit caché, car le pouvoir coréen a déjà montré son hostilité envers le christianisme naissant : un certain Thomas Kim, qui réunissait des chrétiens chez lui, a été arrêté et exilé quelques années plus tôt. Mais Jacques Ju traverse le pays pour évangéliser et distribuer les sacrements. En six ans, sous l’effet de son action infatigable, la communauté chrétienne passe de 4 000 à 10 000 membres.
Mais en 1801, le religieux apprend que certains d’entre eux sont arrêtés et torturés pour qu’ils le dénoncent. Il se rend alors à la police. Il est arrêté, torturé, condamné à mort et exécuté cette année-là, après six ans et quatre mois de mission.
Les chrétiens coréens décident alors d’adresser une supplique au pape pour qu’on leur envoie de nouveaux prêtres. Mais une première lettre est interceptée, et son auteur mis à mort. Une seconde parvient à Rome, mais le pape de l’époque, Pie VII, est alors lui-même détenu à Fontainebleau par Napoléon Bonaparte. La troisième tentative, dans les années 1820, sera la bonne : elle est reçue et agréée par le pape Léon XII.

 

> 1845 : ORDINATION D’ANDRÉ KIM, LE PREMIER PRÊTRE CORÉEN
Cela fait neuf ans que le premier missionnaire, Pierre Maubant, venu d’Europe est entré en Corée, suivi de près par deux confrères, Jacques Chastan et Laurent Imbert.
Ces trois Français sont de jeunes prêtres des Missions Étrangères de Paris (MEP), organisme établi à Paris, que le pape a chargé de recruter et envoyer des missionnaires en Corée.
La vie des missionnaires est dure et dangereuse, mais l’évangélisation porte ses fruits : les conversions augmentent.
En 1839, les trois prêtres sont exécutés lors d’une vague de persécutions. Mais le P. Maubant a alors pris la précaution d’envoyer en Chine trois jeunes Coréens pour qu’ils y suivent le séminaire. Deux d’entre eux sont ordonnés diacres par un autre missionnaire, Mgr Jean Ferréol. Celui-ci charge l’un d’entre eux, André Kim, de rentrer en Corée par n’importe quel moyen. Il y parvient, et réussit même à revenir en Chine par bateau, avec l’aide d’une petite boussole et d’un équipage dont aucun membre n’a jamais pris la mer !
À Shanghai, le 17 août 1845, il est ordonné prêtre. C’est le premier Coréen de l’histoire à accéder au sacerdoce. Avec Mgr Jean Ferréol et un prêtre français, le P. Antoine Daveluy, il traverse à nouveau la mer Jaune pour retourner en Corée.
Treize mois plus tard, alors qu’il tentait d’entrer en contact avec des pêcheurs chinois, le P. Kim est arrêté par la police. À peine plus d’un an après son ordination, et âgé de 25 ans, il est exécuté. Il sera canonisé le 6 mai 1984 par Jean-Paul II.

 

> 1866 : LA PLUS GRANDE PERSÉCUTION ANTICHRÉTIENNE
Le contexte politique extérieur va mettre le feu aux poudres : c’est l’époque des « traités inégaux », et la tension entre l’Asie et les grandes puissances occidentales de l’époque, Angleterre, France, Russie, est à son comble. Le christianisme est alors regardé non seulement comme une menace pour l’ordre social établi, mais comme une religion de l’Ouest, dont les prêcheurs sont des envahisseurs et les fidèles, des espions.
Le massacre qui s’ensuit n’a aucune commune mesure avec ce que la communauté chrétienne de Corée a connu jusqu’alors. Les fidèles laïcs sont pourchassés et exécutés systématiquement. Les estimations parlent de 10 000 victimes...
Les missionnaires payent également un lourd tribut. Sur les douze missionnaires des MEP présents dans le pays cette année-là, neuf sont décapités. Les trois survivants, les PP. Ridel, Calais et Féron, fuient en Chine et donnent l’alerte.
La pression internationale s’intensifie sur la Corée, la forçant progressivement à cesser ses exactions sur les chrétiens. La France, apprenant la mort de neuf de ses missionnaires, envoie des bateaux de guerre en Corée. Des soldats pillent même la ville de Ganghwa et s’emparent d’archives royales - qui n’ont été restituées à la Corée qu’en... 2011 !

 

> 1888 : LES PREMIÈRES RELIGIEUSES DE CORÉE
Cette pression internationale, mais aussi le fait que la jeune Église de Corée est toujours vivante malgré les persécutions, vont mener à un relatif apaisement. Les missionnaires étrangers en sont les premiers bénéficiaires. En 1877, le P. Ridel, un autre missionnaire alors vicaire apostolique de Corée, est arrêté et emprisonné. Mais, à la différence de ses prédécesseurs, il sort de prison quatre mois plus tard et est « simplement » expulsé du pays.
En 1886, un traité franco-coréen est signé, et comporte une clause sur la liberté religieuse. Mais Séoul s’abstient d’en avertir les cadres administratifs dans les provinces... Les chrétiens de Corée sont alors environ 20 000, et vivent disséminés dans le pays. Il reste douze missionnaires venus des MEP, mais aucun prêtre coréen...
Pourtant, ces survivants reprennent leurs activités, et parviennent peu à peu à se faire accepter. Ils ouvrent une imprimerie en 1886, et entament l’année suivante la construction de la cathédrale de Séoul.
En 1888, signe par excellence de l’installation du christianisme en Corée, les MEP font venir des religieuses de France, les Sœurs de Saint Paul de Chartres. C’est une révolution dans ce pays confucianiste, où la femme n’est alors destinée qu’au foyer.
Douze ans plus tard, le nombre de catholiques a doublé : ils sont 42000 à entrer dans le XXe siècle. Et un siècle plus tard, ils sont cinq millions à accueillir le pape François...

 


Gauthier Vaillant, Cf. La-Croix 15/08/2014
15 août 2014

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