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Evolution du titre "Ursulines"

Rappels historiques de l’évolution du titre d’Ursulines

Sources récentes : Angèle Merici, : « Contribution pour une biographie », l’article « Ursulines » dans le Dictionnaire de Spiritualité.

Ursulines  : Ce titre évoque actuellement des Monastères autonomes ou fédérés, des Unions à Supérieures Générales, des sociétés de Vie Commune et un Institut Séculier International. Tous reconnaissent en Sainte Angèle Merici, leur fondatrice ou leur inspiratrice.
Ce titre désigne aussi des Congrégations Religieuses fondées au XIXe, ayant ce patronyme, à la suite de circonstances diverses, locales ou historiques.

Simple rappel : En France, un an avant la fondation d’Angèle, sur la colline de Montmartre à Paris, Ignace de Loyola (1491-1556) et ses compagnons font vœu de servir le pape (1534). La Compagnie de Jésus sera fondée en 1539.

Une vraie réforme de l’Eglise se cherche. Sont contemporains : Angèle, Ignace et Luther : 1483-1546.
Le Concile de Trente viendra orienter le renouveau de l’Eglise, en plusieurs sessions de 1545 à 1563

I - La période italienne

Angèle Merici  : En Italie du Nord, Angèle Merici, née en 1474 à Desenzano, fonde le 25 novembre 1535, à Brescia, la « Compagnie de Sainte Ursule ». Son but est d’aider des jeunes filles à servir Dieu, en consacrées, sans obligation de vœux, au milieu du monde paganisé de la Renaissance.

En 1540, le 27 janvier : mort d’Angèle. Elle laisse à la Compagnie : sa Règle, ses Avis, son Testament, et surtout son exemple.

La « Règle authentique », a été dictée par Angèle en 1535, approuvée par l’Evêque de Brescia en 1536, puis par Bulle du Pape Paul III en 1544. Il en reste une copie manuscrite de 1546.

Caractéristiques :
A une époque où, pour la femme, il n’y avait que deux voies « un mari ou des murailles » Angèle Merici ouvre toute large une autre porte : celle de la consécration vécue dans le monde,les Vierges restent dans leur famille, avec promesse ou voeu privé de Virginité : « puisqu’elles sont élues, vraies et virginales épouses de Jésus-Christ ». L’entrée dans la Compagnie se fera « joyeusement et librement ».
La dignité de la femme : Angèle la place dans le gouvernement confié à des femmes.

Pas de but spécifique : « Dieu vous a groupées pour servir la divine majesté ».

La Compagnie de Sainte Ursule se répand en Italie. Chaque évêque approuve la Règle de la Compagnie de son diocèse, toujours d’inspiration méricienne. L’influence de l’Archevêque de Milan, Charles Borromée, sera dominante. Deux formes de vie Ursulines cohabitent :
** des membres de la Compagnie restent dans leur famille et se rassemblent régulièrement pour un enseignement, le soutien mutuel, la prière. Chacune a son « apostolat », plusieurs vont dans les hôpitaux pour la visite aux femmes et aux enfants, l’aide aux orphelines
** des membres qui vivent ensemble. Cette vie commune donne naissance aux maisons d’Ursulines dites « congrégées ». A la prise en charge des « écoles de la Doctrine Chrétienne », selon le Bref deGrégoire XIII du 24 décembre 1582, à toute la Compagnie de Sainte Ursule, s’ajoute progressivement celle des écoles tout court.

Ces changements, Angèle les avait prévus, « qu’on le fasse avec prudence et bon conseil ».

« Annoncer à tous la Foi au Dieu très Haut » devenait la caractéristique des filles d’Angèle.

A Ferrare, l’Evêque remet une Règle à la « Compagnie des Vierges de Sainte Ursule » en 1587. Il a fait subir un certain nombre de transformations à celle d’Angèle. Pour la première fois « la doctrine chrétienne » est un apostolat spécifique des Ursulines le dimanche.


Cette règle de Ferrare, avec en complément les « AVIS » donnés par Angèle aux formatrices, arrivera en France. Par ces textes, le nom d’Angèle Merici et sa spiritualité y seront connus.

II - Période française
A / 1592-1610

Pour l’Eglise de France la situation lamentable du XVème et du XVIème touche à sa fin. Un nouvel état d’esprit se dessine :
Renouveau de la prière chez les laïcs, réforme de monastères, élan missionnaire.
La fondation des Ursulines en France a été un épisode marquant de la restauration catholique au XVIIème, en lien avec l’application tardive des décrets du concile de Trente.

La Compagnie de Sainte Ursule se répand d’abord dans les Etats pontificaux du sud de la France : Le « Comtat Venaisin », où les Evêques sont des prélats Italiens.

En 1592, l’Evêque de Carpentras remet la Règle de Ferrare à une vierge consacrée de son diocèse bien connue du Père Romillon Celui-ci la fait connaître à Françoise de Bermond qui cherche sa voie. Après avoir mené la vie consacrée dans sa famille à Avignon, avec l’aide du Père Romillon, elle se rend à L’Isle sur Sorgue,avec trois autres jeunes filles, elles mènent la vie commune.

La Règle de Tournon

Jean Baptiste Romillon fait traduire la Règle de Ferrare, en 1597, à Tournon, ainsi est assurée une certaine continuité avec Angèle Merici.

Cette traduction deviendra la norme de vie des Compagnies des Vierges de Sainte Ursule de vie commune ou « congrégées » en France. De la première édition il reste deux exemplaires. Aucune Ursuline Italienne n’est venue introduire la Compagnie en France, c’est directement la Règle et les Avis qui apportent l’esprit d’Angèle Merici.

B/ Au cours du XVIIe

En 1600, à la demande de l’évêque, Françoise de Bermond fonde une Compagnie à Aix-en- Provence, c’est là que se prendra la coutume d’un habit commun, noir.

En 1608. A Paris, Madame Acarie et Madame de Sainte Beuve entendent parler de ce qui se vit en Provence. Elles font venir Françoise de Bermond pour former un groupe de jeunes filles non destinées au Carmel. Elle les initie à la vie de « Compagnie des Vierges de Sainte Ursule », de forme congrégée.
Sous l’influence de leur protectrice, ces Ursulines deviennent religieuses de vœux solennels, sans l’Office canonial, avec une clôture monastique, et un 4ème vœu : « vaquer à l’éducation des petites filles ».


Cette troisième adaptation des Ursulines se développera très rapidement.
Au cours du XVIIe, la plupart des Maisons d’Ursulines « congrégées » se transforment en Monastères autonomes. C’est sous cette forme qu’elles se répandent dans toute l’Europe et au delà de l’Atlantique, en une grande diversité. On connaît la magnifique aventure missionnaire de Marie de l’Incarnation Guyart, ursuline de Tours, vers le « Nouveau Monde » le Canada en 1639.

En France de nombreux monastères sont fondés, vu le besoin d’éducation pour les filles :
Paris, 1612, Toulouse 1615, Bordeaux 1619, Dijon 1619, Lyon 1620, chacun ayant sa propre Bulle, valable pour les maisons affiliées. Les prêts de sujets existent, certains évêques unifient les Constitutions des monastères de leur diocèse, les liens entre les maisons sont vivants, le départ de Marie de L’Incarnation au Québec n’aurait pu se faire sans l’aide de la Communauté de Dieppe.

En Franche Comté, la fondation d’ Anne de Xainctonge, à Dole, dès 1606, a son origine et son évolution propre.

En Auvergne, en 1615, Antoinette Micolon vient initier à la vie ursuline un groupe d’institutrices.

Au Puy-en Velay, en 1624, des jeunes femmes suivent la Règle d’Angèle adaptée par Charles Borromée pour des sœurs vivant dans leur famille, ou sur leur lieu de travail, et cela jusqu’au milieu du XIXe. Depuis cette époque elles ont opté pour des vœux simples.

Ailleurs, dès 1622, les monastères d’Ursulines sont demandés dans ce qui est maintenant la Belgique. Liège en premier, puis en Allemagne, aux Pays-Bas, en Europe Centrale.… par Liège, également, la forme monastique reviendra en Italie, où continuait à se développer la forme « séculière »

C/ XVIIIe et XIXe siècles


 

Au cours du dix-huitième siècle, les Ursulines s’implantent en Europe méditerranéenne, en Roumanie, au Brésil, en Louisiane, souvent sous la forme monastique, adaptée aux besoins locaux, tant pour la vie religieuse que pour la vie apostolique.
En France, après la tourmente révolutionnaire (1000 sœurs emprisonnées, 36 guillotinées dont 27 reconnues bienheureuses à Orange et à Valenciennes), sur les 350 monastères de 1789, une centaine se relèvent.
Les lois napoléoniennes n’autorisent qu’une seule appellation pour les religieuses enseignantes. A la demande de « Madame Laetitia », c’est le nom d’Ursulines qui est retenu. uniquement avec vœux simples.
Ainsi des congrégations nouvelles, fondées avec ou non l’aide d’anciennes Ursulines, voient le jour, sans adopter la spiritualité d’Angèle Merici : exemple les Ursulines de Jésus de Chavagnes en Paillé, Vendée, 1803.

En d’autres pays , surgissent aussi des congrégations nouvelles, enracinées dans l’esprit de Sainte Angèle, à la manière des nouveaux Instituts centralisés. Telle Tildonk, en Belgique par l’abbé Lambertz, avec une importante expansion missionnaire en Indonésie, en Inde et en Afrique du Sud.
De divers coins d’Europe, quelquefois sous les menaces de persécutions, une nouvelle extension de l’Ordre se réalise : Brésil, Etats-Unis, Pologne, Angleterre, Mexique, Guyane anglaise, Afrique du sud et Australie.

 

III - l’Union Romaine

Approches du XIXème :
Dès 1859, l’aumônier des Ursulines de Blois instaure des échanges épistolaires entre toutes « les Ursulines du monde », issues de la branche monastique.
En 1898 l’Union « Blois-Rome-Calvi », fruit de l’aide de Blois à ces deux communautés en détresse, amène une nouvelle étape dans la vie des Ursulines en monastères autonomes.

 


 

Octobre 1900  :
Les prieures des monastères qui le désirent sont convoquées à Rome pour constituer « l’Union Romaine de l’Ordre de Sainte Ursule ». Le 28 novembre 1900, cette union est approuvée par Léon XIII, les Constitutions en seront celles d’un Institut centralisé, avec Prieure Générale et Provinces, prévoyant des aménagements à cette centralisation.

Un nouvel élan missionnaire envoie des sœurs en Chine, en Thaïlande, en Alaska. A la suite des décrets d’expulsion de 1904, en France, l’exil entraîne des fondations en Angleterre et renforcent d’autres maisons. Dans la seconde partie du XXe ce fut l’appel de l’Afrique noire et la fondation de Taiwan, du Pérou, d’Ukraine, des Philippines. Il faut aussi se souvenir des épreuves qui ont dû être supportées : fermetures de maisons et d’écoles, persécutions (en France au début du siècle, au Mexique, en Guyane, à Cuba, en Chine et dans les pays du Centre et de l’Est de l’Europe…)

Actuellement l’Union Romaine est présente en 36 Pays, avec 2208 sœurs, en 250 communautés.
 
 

Conclusion

En France les trois formes de vie Ursuline sont présentes.

Monastère autonome  : Clermont-Ferrand, en Association avec l’Union Romaine.

Congrégations à prieure générale : Union Romaine, Soeurs de Saint Charles au Puy en Velay, Congrégation des Ursulines Union Sainte Angèle Merici, dites « Ursulines de Malet » aux racines anciennes. Elles sont en Association avec l’Union Romaine.
De même « Les Ursulines du Cœur de Jésus Agonisant » fondées au XIXe.

L’Institut international séculier Angèle Merici , (ISAM)

A travers les 5 continents, de nombreux liens existent entre les diverses formes de vie Ursuline.
Quarante-quatre Instituts Religieux ou séculiers se réfèrent à Sainte Angèle : Compagnie de Sainte Ursule ( Brescia, Vérone, Mantoue), Monastères autonomes, Congrégations et Unions,
Fédérations de Compagnies de Sainte Ursule avec siège en Italie.

Dès l’origine des laïcs furent associés aux Ursulines, par l’attrait de la spiritualité méricienne, puis pour le partage de l’apostolat. Le renouveau de ce soutien mutuel est plein d’espérance :

Que pour toutes, Jésus-Christ soit l’unique Trésor !

Alors qui est notre fondatrice ?
Sainte Angèle Merici au sens d’initiatrice, de mère spirituelle, pour les 44 instituts de la famille méricienne. Il y a une continuité de référence à son patronage, son culte et sa spiritualité.
Sainte Ursule : Vierge et martyre du VI ème siècle. Elle était très populaire au Moyen Age et à la Renaissance, Angèle l’a choisie comme patronne pour l’Institut qu’elle fondait, modèle du don de sa vie au Christ jusqu’à la mort et guide pour les jeunes filles qui l’accompagnaient…11000 dit la légende. Son culte est particulièrement conservé à Cologne, la Cathédrale serait sur le lieu présumé de leur martyr

Quelle place a eu la Règle de Sainte Angèle durant la période monastique et l’adoption de la Règle de Saint Augustin ?
Aucune, mais ses Avis sont à base de spiritualité christique, de la pédagogie centrée sur le respect de la personne. Elle est à nouveau vécue par les membres de l’Institut séculier Angèle Merici.
Par l’Union Romaine nous l’avons à notre disposition, comme la source de notre appartenance à sa famille. Des citations de sa Règle introduisent chaque chapitre de nos Constitutions de 1984.

Quelle spiritualité ?
Une constante : « Vous êtes élues pour être les vraies et virginales épouses de Fils de Dieu », nous sommes « unies ensemble pour servir sa divine majesté ». L’Ecole Française et les Jésuites ont beaucoup marqué la spiritualité et la rédaction des premières constitutions du XVIIème. Vie Contemplative et vie apostolique se compénètrent l’une l’autre.

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