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Eléments catéchétiques

 

Eléments catéchétiques

dans les écrits de Sainte Angèle

 

Du vivant d’Angèle, la catéchèse n’était pas encore organisée. Il a fallu le Protestantisme et l’impulsion donnée par le Concile de Trente pour que les évêques établissent dans leurs diocèses un contenu précis de la foi et une méthode appropriée pour la divulguer. Néanmoins, nous trouvons dans les Ecrits d’Angèle une catéchèse implicite, contenant presque tous les articles du Credo.

Son exemple de foi et ses connaissances de l’essentiel du dogme chrétien n’ont pas échappé à ses contemporains. Cozzano, dans sa « Risposta » a pu écrire : Celui qui ne connaîtrait pas les vertus, les voies de la Sainte Eglise, ses vrais sentiments et son esprit, qu’il considère l’esprit de la Mère-Sœur Angèle et sa manière de vivre, et qu’il s’y conforme. Et il sera un vrai et fidèle catholique. Plus tard, Landini, en s’appuyant sur le témoignage des anciennes compagnes d’Angèle, relève : Elle était douée d’une si grande foi, que si (jamais) celle-ci était perdue, on l’aurait retrouvée en elle.

Les Ecrits d’Angèle révèlent des notions précises sur nos relations avec Dieu, avec le prochain et avec l’Eglise.

I. Relations avec Dieu Trinité

Angèle professe une foi trinitaire. Elle commence sa Règle au nom de la bienheureuse et indivisible Trinité (Prol 1) et termine les Avis et le Testament in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti (Dern Av 27 ; Dern Legs 28). Plus explicites encore sont ses nombreuses références à chacune des trois personnes divines.

1. Dieu notre Père

Durant cette période troublée de la Renaissance, où règnent les ambiguïtés par rapport à la foi, où sévissent la guerre, la famine, la maladie, Angèle fait appel avec vigueur à la confiance en Dieu. Elle exhorte à voir en lui une source d’amour inébranlable, qui accueille, encourage, réjouit, réconforte.

Aux membres de la Compagnie, Angèle présente le Père comme Providence et bonté ; Il veille sur nos besoins spirituels et matériels :

Ne vous tracassez au sujet d’aucun de vos besoins temporels, car Dieu, et lui seul, sait, peut et veut y pourvoir, Lui qu ne veut que votre seul bien et votre seule joie. (R 10, 16-18)

Aux supérieures locales, elle donne la même assurance :

Vous devez savoir ceci et le tenir pour certain : que jamais Il ne manquera de subvenir à leurs besoins, tant corporels que spirituels, pourvu que rien ne manque de votre côté (Av 4, 7).

Il s’agit donc de faire confiance en Dieu, en sa Providence aimante et soucieuse de chaque personne. Cependant, cette confiance absolue ne va pas sans dépouillements personnels :

Que chacune s’efforce donc de se dépouiller de tout, et de mettre tout son bien, et son amour, et sa délectation, non dans ce qu’elle a, ni dans les nourritures et les satisfactions de la table, ni dans ses parents et amis, ni en elle-même et en ses propres ressources et en son savoir, mais en Dieu seul, et en sa seule providence bienveillante et ineffable. (R 10,13)

En outre, la confiance en Dieu repose sur des comportements et des attitudes précises : prière, persévérance. Angèle les propose à ses supérieures locales :

Priez-le, humiliez-vous sous sa grande puissance, car, sans aucun doute, de même qu’il vous a confié cette charge, de même aussi il vous donnera les forces nécessaires pour la remplir, pourvu que vous ne manquiez pas de votre côté. Agissez, remuez-vous, croyez, faites des efforts, espérez, criez vers lui de tout votre cœur ; et sans aucun doute vous verrez des choses admirables si vous orientez tout vers la louange et la gloire de sa Majesté et vers le bien des âmes. (Av Prol, 16-18)

Cette confiance se traduit aussi en patience, qui sait attendre l’heure de Dieu :

Laissez faire Dieu ; Il fera des choses admirables en son temps et quand il lui plaira Av 8, 9).

Avec une confiance illimitée, Angèle affirme encore : Il vous aidera en toute chose (Av Prol 15), et dans son dernier Avis Angèle manifeste la certitude que Dieu ne nous fera jamais défaut. Avec espérance elle affirme que si nous vivons unies de cœur toutes ensemble, je vous certifie que toute grâce que vous demanderez à Dieu vous sera infailliblement accordée (Dern Av 19).

Ainsi, Angèle invite toutes ses premières filles à réagir au sein d’un milieu de tristesse et de désespoir avec une espérance joyeuse : le Père est plein de sollicitude pour celles qui ont mis en lui leur confiance.

2. Jésus-Christ, le Fils bien-aimé

Après avoir exhorté ses filles à la confiance en la Providence, Angèle les invite à contempler de près le Fils de Dieu. Elle présente le Christ comme Sauveur, comme modèle à imiter, comme Maître à écouter et comme source d’amour.

- Jésus-Christ Sauveur

L’expérience spirituelle d’Angèle sur le Mont Calvaire avait été déterminante pour les années qui suivirent. De cette union au Christ souffrant jaillit tout son dynamisme apostolique. Dans ses Ecrits, la Passion du Christ est un élément fondamental. Cette Passion est source de libération du péché, ciment d’union mutuelle, force pour l’action.

Reconnaissant notre état de pécheur, Angèle trouve dans la Passion du Christ l’assurance du pardon :

Daigne, ô très bienveillant Seigneur, me pardonner tant d’offenses et chacune des fautes que j’ai pu commettre jusqu’à présent et depuis le jour de mon saint baptême. Daigne aussi, hélas ! pardonner les péchés de mon père et de ma mère, et ceux de mes parents et amis, et ceux du monde entier. Je t’en prie par ta Passion très sacrée, et par ton Sang précieux répandu pour notre amour. (R 5, 23-25).

C’est Lui qui par l’offrande de sa vie établit l’union entre les membres de la Compagnie. Ses sœurs, Angèle les appelle mes filles et sœurs très chères dans le Sang de Jésus-Christ( (Av 12, 1) ; les Matrones sont ses sœurs et mères vénérables, très affectionnées dans le Sang de Jésus-Christ (Test Prol 4).

Le souvenir de la Passion du Christ est un stimulant pour rester fidèles à l’appel que Dieu nous adresse :

Je vous pris toutes, ou plutôt je vous supplie par amour de la Passion de Jésus-Christ et de la Madone, efforcez-vous de mettre en pratique ces quelques avis que je vous laisse à présent pour être exécutés après ma mortAv Prol 20-21).

Aux Matrones de l’aristocratie bresciane, Angèle ne parle pas un autre langage :

Par-dessus tout, je vous prie toutes et vous supplie, par la Passion et le Sang de Jésus-Christ répandu pour notre amour, de bien vouloir mettre en pratique avec toute la sollicitude possible ces quelques avis, qu’avec la grâce de Dieu vous trouverez exposés ci-dessous l’un après l’autre. (Test Prol, 25-27)


- Jésus-Christ, modèle à imiter :

Pour Angèle, le Christ est à imiter surtout dans son obéissance au Père, jusqu’à l’offrande de sa vie : Apprenez de notre Seigneur lui qui, pendant qu’il était en ce monde, était comme un serviteur, obéissant au Père éternel jusqu’à la mort (Av 1, 6). Dans sa Règle, elle précise, Jésus-Christ dit : je ne suis pas venu faire ma volonté, mais celle du Père qui m’a envoyé (R 8, 3).

Jésus, serviteur du Père, se manifeste aussi comme serviteur de ses frères,Et c’est pour cela qu’Il dit : J’ai été au milieu de vous non comme celui qui est servi, mais comme celui qui sert (Av 1, 6-7).

Angèle évoque aussi l’exemple du Christ au désert. Le jeûne auquel son exemple nous convie n’est qu’un moyen et une voie pour arriver au vrai jeûne spirituel… A ce jeûne nous pousse très clairement l’exemple de toutes les personnes saintes ; et surtout la vie de Jésus-Christ, unique voie qui mène au ciel (R 4, 2-4).

En conséquence, dans la pensée d’Angèle, suivre l’exemple du Christ, Lui l’unique voie qui mène au Ciel, passe par la recherche de l’unique nécessaire, qui est l’accomplissement de la volonté du Père.

- Jésus-Christ, maître à écouter

A plusieurs reprises, la fondatrice insiste sur la nécessité de se mettre à l’écoute du Christ :

Si c’est lui qui vous dirige et vous enseigne, vous serez [bien] enseignées, comme dit encore le prophète : Heureux celui que toi, Seigneur, tu auras instruit. (Av 7, 28).

Car ainsi, sans aucun doute, Jésus-Christ sera au milieu de vous, et il vous éclairera et vous instruira en vrai et bon maître sur ce que vous aurez à faire. (Dern Legs, 5)

D’ailleurs, c’est Lui la Vérité qui nous enseigne (R 5, 5 ; 7, 3 ; 8, 8 ; 10, 7). L’écoute assidue du Maître nous conduit à la mise en pratique de sa Parole, à recevoir de Lui-même ce que vous aurez à faire pour son amour… avec une foi vive et inébranlable (Test Prol 23).

Ainsi, l’assimilation des paroles du Christ conduit sûrement au service fidèle par amour, mais de cet amour, c’est encore Jésus-Christ qui en est la source.

- Jésus-Christ, source d’amour

Consciente de l’amour de prédilection qui lui vient du Christ, Angèle veut donner à ses sœurs l’assurance qu’Il les aime indéfectiblement : Il est Celui qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes (Av 5, 38 ; Dern Legs 18).Comment pourrait-il en être autrement, puisqu’Il a vécu en ce monde par amour pour nous (R 5, 12) et qu’Il nous attend au ciel, où est notre amour (Av 5, 41) ?

C’est Lui le trésor évangélique caché dans un champ, qui devient l’objet d’un choix préférentiel : Qu’elles aient Jésus-Christ pour leur unique trésor, car là aussi sera l’amour (Av 5, 43).

Cet amour est appelé à se manifester, à se partager fraternellement, car Il n’y aura pas d’autre signe que l’on est dans la grâce du Seigneur que de s’aimer et d’être unies ensemble (10 Legs, 10).

3. L’Esprit-Saint

Le Christ a accompli sa mission jusqu’au bout, en restant fidèle à la volonté du Père, et cela par une docilité constante à l’Esprit. Il n’est donc pas étonnant qu’Angèle exhorte ses filles à prier l’Esprit-Saint afin d’obtenir une grâce d’accueil à son action.

- L’Esprit-Saint est Celui qu’il faut prier.

Cette prière est particulièrement intense dans les jours qui précèdent la Pentecôte :

Qu’on se tienne en prière, avec toute la force d’esprit possible, jusqu’au jour de l’envoi du Saint-Esprit, c’est-à-dire jusqu’à la Pâque de Mai, en implorant cette grande promesse faite par Jésus-Christ à ses élus, bien disposés [à le recevoir ] (R. 4, 15-16).

C’est lui qui inspire la prière quotidienne, car Angèle conseille à ses filles d’aller dans leur chambre, et là, portes fermées, qu’elles prient de la manière et aussi longtemps que l’Esprit et la conscience le leur dicteront. (R 6, 7).

Le fait de durer dans la prière appelle une constante disponibilité à l’Esprit-Saint, car celle-ci n’est pas réservée aux temps de prière. En effet, il s’agit :

d’obéir aux conseils et inspirations que l’Esprit Saint nous envoie continuellement au cœur, lui dont nous entendrons d’autant plus clairement la voix que nous aurons la conscience plus purifiée et plus nette. (R 8, 14-15)

- L’Esprit-Saint inspire nos décisions

La prière devient un tremplin pour l’action, sous la guidance de l’Esprit. Ainsi, Angèle demande aux Matrones de se réunir avec les Colonelles deux, ou au moins une fois par mois, afin de pourvoir à toute chose selon que l’Esprit Saint vous inspirera (7e Legs, 7).

Même la bonne utilisation de l’argent doit être inspirée par Lui :

Décidez vous-mêmes, seulement entre vous, selon que la charité et l’Esprit Saint vous éclaireront et vous inspireront, en dirigeant tout pour le bien et le profit spirituel de vos chères enfants (9e Legs, 8).

C’est aussi l’Esprit, source de tout renouvellement, qui inspire les adaptations nécessaires :

Si vous observez fidèlement toutes ces choses et d’autres semblables, comme le Saint-Esprit vous le dictera selon le temps et les circonstances, réjouissez-vous, continuez bon gré (Dern Legs,14)

Enfin, malgré les contestations et les remous de son époque, Angèle affirme que c’est l’Esprit Saint qui dirige l’Eglise :

Suivez l’ancienne voie et l’usage de l’Église, établis et confirmés par tant de Saints sous l’inspiration du Saint-Esprit. Et menez une vie nouvelle. (Av 7, 22).

C’est donc l’Esprit Saint, l’Esprit de force, d’amour, de conseil et d’unité qui, selon Angèle nous ouvre à une dimension d’amour universel.

II. Relations avec le prochain

Les motivations qui conduisent à une charité universelle sont fondées par Angèle sur la foi, car toutes les créatures sont enfants de Dieu (Av 8, 2). Toutes peuvent devenir agréables à sa Majesté i(Av 8, 3). Toutes sont au service de Dieu qui sait bien ce qu’il veut faire d’elles (Av 8, 5).

L’amour fraternel, qui prend sa source dans le Christ est certes un don de Dieu, mais notre coopération est nécessaire pour que ce don puisse se développer. En réponse à l’invitation du Christ d’aimer notre prochain comme soi-même, Angèle propose une attitude intérieure d’amour, doublée d’un effort positif qui rejaillit sur l’autre.

L’amour du prochain requiert l’estime de ce qu’il est : Plus vous les estimerez, plus vous les aimerez (Av Prol 10). Il se fonde aussi sur le respect de ce qu’il y a de plus profond en l’homme, sa liberté :

Gardez-vous de vouloir faire faire (quoi que ce soit) par force, car Dieu a donné à chacun le libre arbitre, et Il ne veut forcer personne, mais seulement il propose, invite et conseille, (3e Legs, 8-11).

Estime et respect sont le fruit naturel d’une connaissance approfondie du prochain :

Si vous les aimez avec une charité vive et passionnée, il vous sera impossible de ne pas les avoir toutes imprimées dans votre mémoire et dans votre cœur chacune en particulier. (2e Legs, 10-11)…non seulement leurs noms, mais aussi leur condition et leur tempérament et leur situation et tout ce qui les concerne. (2e Legs, 2-,3)

Le regard d’Angèle ne se limite pas à la connaissance de chaque personne. Il sait aussi être au courant de ses besoins spirituels et temporels (Av 4,1).

Enfin, devant les défaillances du prochain, Angèle ne juge pas, mais reste pleine d’espérance en ce qu’il peut devenir :

Comment pouvez-vous savoir, vous, si celles qui vous paraissent les plus insignifiantes et les plus dépourvues ne vont pas devenir les plus généreuses et les plus agréables à sa Majesté ? Et puis, qui peut juger les cœurs et les pensées secrètes au-dedans de la créature ? (Av 8, 4)

Cette absence de jugement, cette espérance en les potentialités innées du prochain, nous mènent à la patience et à la confiance en Dieu :

Prenez-les dans votre amour et supportez-les toutes également, car il ne vous appartient pas de juger les servantes de Dieu : il sait bien ce qu’il veut faire d’elles, (Av 8, 5).

En conséquence, Angèle préconise une attitude positive face au prochain. Le connaissant, l’aimant, le portant dans ses faiblesses, il s’agit aussi de l’encourager :

Si vous en voyez une pusillanime et timide, et portée à l’abattement, réconfortez-la, inspirez-lui courage, promettez-lui le bienfait de la miséricorde de Dieu, dilatez son cœur par toutes sortes de consolations.(Avis 2, 8)

Tout en proposant le discernement, la compréhension, le tact, Angèle évoque un encouragement lucide. Il faut être conscient des faiblesses d’autrui, mais

Vous obtiendrez davantage par la tendresse et l’affabilité que par la rudesse et de durs reproches, lesquels doivent être réservés seulement aux cas de nécessité ; et même alors selon le lieu et le temps, et selon ce que sont les personnes. (Av 2, 3-5)

L’exemple reste, néanmoins, le meilleur stimulant : Quant à vous, vivez et comportez-vous de telle façon que vos filles puissent se mirer en vous. Et ce que vous voulez qu’elles fassent, faites-le d’abord vous-mêmes (Av 6, 1-2). Où qu’elles se trouvent, qu’elles donnent le bon exemple. (Av 5, 13)

Le témoignage d’amour par excellence est celui de la concorde, de l’unité :

En parlant, qu’elles ne disent que des paroles sages et mesurées, ni âpres ni dures, mais aimables, portant à la concorde et à la charité… Et qu’elles cherchent à mettre la paix et la concorde où elles seront. (Av 5 : 12, 16)

Pour construire cette union dans la charité, Angèle n’hésite pas à réprouver les attitudes contraires à l’amour : envie, malveillance, discorde, mauvais soupçons, orgueil, colère, murmures, mauvais rapports (R 9, 8-9, 15-19).

De plus, pour réaliser une vraie communion dans l’amour, il faut que nos relations soient empreintes de vérité : Dites seulement avec modestie Oui, oui, ou Non, non, comme Jésus-Christ nous l’enseigne (R 9, 14).

Enfin, Angèle n’hésite pas à rappeler le modèle de charité de l’Eglise primitive :

Surtout ayez soin qu’elles soient unies de cœur et de volonté, comme on le lit des Apôtres et des autres chrétiens de la primitive Église : ils n’avaient tous qu’un seul cœur. (10e Legs, 7)

Par son sens communautaire, Angèle, en rappelant l’exemple des Actes des Apôtres, nous plonge dans le cadre où se vit notre amour du Dieu et du prochain : l’Eglise, celle de la terre, où se poursuit le combat de notre pèlerinage terrestre, et celle du ciel, dont les habitants nous encouragent, nous suivent et nous attendent.

III. Relations au sein de l’Eglise

1. L’Eglise de la terre

Avec beaucoup de réalisme, Angèle voit l’Eglise de la terre assaillie par le mal, attaquée par l’esprit du monde, mais victorieuse de l’un et de l’autre. Elle s’empresse de dire : Le démon ne dort jamais, mais il cherche notre ruine de mille manières. Alors, soyez sur vos gardes… (10e Legs, 5). Il inspire la désobéissance, c’est pourquoi il faut que nous soyons d’autant plus vigilantes. (R Prol 15).

L’esprit du monde obscurcit notre regard, ce monde misérable et traître (Av 5, 4), qui n’est que vanité (Test Prol 5), et ténèbres(R Prol 4). Angèle n’en ignore pas les fruits redoutables : absence de repos, de contentement vrai, mais au contraire, vains songes, durs labeurs (Av 5, 4-5), douleurs et tristesses (R prol 27).

Dieu seul peut nous aider à dominer tous ces maux :

J’ai cette foi et cette espérance, fermes et inébranlables, en l’infinie bonté de Dieu : non seulement nous surmonterons facilement tous les périls et adversités, mais encore nous les vaincrons avec grande gloire et grande joie. (R Prol 25).

Donc, l’Eglise de la terre est une Eglise de souffrance, de combat, attaquée par l’esprit du mal, mais l’étape finale est toujours victorieuse. A cette victoire nous contribuons par la prière. Angèle rappelle notre devoir d’intercession en faveur de l’Eglise dont nous sommes les membres : Priez et faites prier afin que Dieu n’abandonne pas son Eglise (Av 7, 24).

La prière s’étend bien au-delà de la vie terrestre. Fidèle à la doctrine de l’Eglise, Angèle rappelle l’importance de la prière pour les défunts, afin que si cette âme était dans les peines du purgatoire pour quelque péché, notre doux et bienveillant époux Jésus-Christ la tire de ces peines (R 11, 35). Cette prière, renforcée par la charité, obtiendra la faveur de l’au-delà.

2. L’Eglise du ciel

A ceux qui s’unissent dans la charité, Angèle promet dès ici-bas le secours d’en haut :

Si vous vous efforcez d’être ainsi, (liées l’une à l’autre par les liens de la charité), sans aucun doute le Seigneur sera au milieu de vous ; vous aurez en votre faveur la Madone, les Apôtres, tous les Saints et Saintes, les Anges, et finalement tout le ciel et tout l’univers (Dern Av 3-8).

En effet, les anges de la vie éternelle seront avec nous (R Prol 28).

Les joies du ciel, Angèle les promet particulièrement à celles qui luttent et qui restent fidèles :

Vous leur direz la bonne nouvelle que je leur annonce de la part de Jésus-Christ et de la Madone : combien elles doivent jubiler, et faire fête, puisque dans le ciel est préparé pour toutes et pour chacune, une à une, une nouvelle couronne de gloire et d’allégresse, pourvu qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution. (Av 5, 26)

Surtout, Angèle nous invite à tourner notre regard vers le Christ, Lui dont la lumière et la joyeuse splendeur de vérité vous environneront au moment de la mort et vous libèreront des mains de l’ennemi (Dern Legs 20-21). Ici-bas, elle nous exhorte à nous laisser conduire par Lui et à le trouver par la foi, là où il se trouve : Il faut le chercher non pas ici en ce monde, mais au plus haut des cieux, à la droite du Père (Av 5, 44).

En conclusion, nous voyons que la vision de l’Eglise du ciel est un encouragement pour le croyant qui peine sur le chemin des Béatitudes. Rien n’est vain : la souffrance elle-même sous toutes ses formes sera elle aussi transformée en joie. Même le péché, s’il est suivi de contrition et d’un appel à la miséricorde du Seigneur ne peut faire obstacle à l’amour miséricordieux de la Divine Majesté.

Ainsi, l’examen des Ecrits d’Angèle Merici nous révèle une vision globale sur l’essentiel de la vie chrétienne, dans ses luttes et ses aspirations, mais surtout dans son orientation fondamentale qui est celle de l’amour.

Eléments catéchétiques


Marie Seynaeve

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