Bouton Menu Mobiles

Accueil > Agir > Justice et Paix > Formation Justice et Paix > Ecologie et migrations 3

Ecologie et migrations 3

Ursulines au défi de l’écologie et des migrations.
Comment répondre à l’appel JPIC du Chapitre général de 2013
en France-Belgique-Espagne

Intervention de Soeur Brigitte Brunet
Elargissons nos cœurs au cri de la terre et de la famille humaine.
Ursulines au défi de l’écologie et des migrations.

Indifférence sociale et inertie écologique comme péché social.

Depuis 14h30, nous avons regardé les feuilles préparées par les communautés, et nous avons essayé d’y entendre les cris de notre terre et de la famille humaine.
Nous avons poursuivi notre « regard-écoute » en nous arrêtant sur la parole du Pape François : La joie de l’Evangile (novembre 2013), son homélie à Lampedusa (juillet 2013) et son Message pour le 1er janvier 2014.

Et maintenant, que se passe-t-il en nous, en moi ?

Nous pouvons être prises de vertige, de colère, de découragement,
et, en même temps d’espérance, d’envie de « faire quelque chose ».
Il y a une surabondance, une multitude d’images de « mort »,
et il y a une petite voie qui sonne juste, et fort, et vrai,
la voie d’un pape « en sortie » qui rejoint celles et ceux qui souffrent et meurent,
qui pleure avec eux parce que son cœur, à lui aussi, est transpercé.

Nous sommes dans un immense paradoxe, quelque chose qui nous dépasse et dont nous nous sentons en même temps absolument solidaires.
Les complexités sont là :

  • Qu’est-ce qui compte et comptera : les choix individuels ou les décisions politico-économiques ?
  • Qu’est-ce qui est urgent : changer nos manières de consommer ou prendre des mesures d’ampleur pour réduire la production de CO² ?
  • Si on ne peut tout faire, faut-il mettre en priorité la lutte contre la disparition d’espèces animales ou la recherche pour intensifier l’usage d’énergies renouvelables ?
  • Au fond, « ça ne va pas si mal », le court terme est à une échelle humaine, la seule que nous maîtrisons un peu ; faut-il vraiment s’inquiéter pour demain et pour les générations à venir [1] ?
  • Peut-on affirmer que nos pays occidentaux doivent s’ouvrir aux migrants et en même temps laisser faire l’exploitation commerciale des pays en voie de développement ?

On pourrait poursuivre longtemps cette liste paradoxale.

Je propose maintenant de prendre un peu de temps

  1. pour définir les termes énoncés dans le titre de ce partage et identifier des situations qu’ils recouvrent.
  2. pour voir ensuite en quoi ces réalités, et spécialement l’inertie écologique, sont « péché social ».
  3. pour regarder enfin quelques pistes pour changer radicalement mentalités, références et pratiques comme signes du Royaume en chemin parmi nous.

1/ Des termes à définir, des situations à identifier.

A/ La « mondialisation de l’indifférence »

Dans la bouche du Pape François cette expression est le fruit d’un constat quasi universel, du moins en nos pays occidentaux :
nous soutenons pour nous un style de vie, même si les autres en sont exclus ;
nous nous enthousiasmons pour un idéal de croissance économique et nous voulons en ignorer les retombées perverses sur les autres ;
nous nous habituons à la souffrance des autres ;
cela ne nous regarde pas ; ce n’est pas notre affaire ;
il y a sûrement des responsables, mais ils n’ont pas de nom et pas de visage, etc. [2]
L’étape suivante est la fermeture sur nous-mêmes. « La mondialisation nous rend proches mais elle ne nous rend pas frères » disait le Pape Benoît XVI [3]

Dans La joie de l’Evangile au n°54, nous lisons :

« Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d’éprouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur prêter attention ne nous intéresse pas, comme si tout nous était une responsabilité étrangère qui n’est pas de notre ressort. La culture du bien-être nous anesthésie et nous perdons notre calme si le marché offre quelque chose que nous n’avons pas encore acheté, tandis que toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon. » [4]

Les racines de cette mondialisation de l’indifférence sont d’abord d’ordre moral, écrit le pape Benoît ; elles sont le « divorce entre raison et foi, entre science et charité, entre savoir humain et exigences de l’amour » [5] .
Les évêques de France, de leur côté, affirmaient dans Repère dans une économie mondialisée (2005) qu’il faut replacer l’homme au cœur de toute l’activité économique et financière ;
la perversion qui vient du désir de profit et de la soif de pouvoir fait disparaître toute transcendance, aussi bien celle de Dieu que celle de l’être humain [6].

B/ Les foules anonymes de migrants sont de toute évidence victimes de cette mondialisation de l’indifférence qui a de multiples visages.

Indifférence sociale et inertie écologique comme péché social

[1Pierre de Charentenay Développement durable, le moment des décisions. Revue Etudes n°406 (2007) p.5-8

[2Homélie à Lampedusa en juillet 2013

[3Cité par Pape François La fraternité, fondement et route de la paix Message pour le 1er janvier 2014 n°1

[4Pape François La joie de l’Evangile n°54

[5Caritas in Veritate n°30

[6Cité par Loïc Lainé La compassion comme outil critique de la mondialisation néolibérale dans Revue d’Ethique et de théologie morale n°273 mars 2013 p. 77-109

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.