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Dialogue et co-responsabilité


Fondation de la Compagnie de sainte Ursule

Comment Sainte Angèle parle-t-elle du dialogue et de la co-responsabilité ?

Pendant la Dernière Cène, le Seigneur dit à ses disciples : Je ne vous appelle plus serviteurs… Je vous ai fait connaître tout ce que le Père m’a révélé ; je vous appelle donc mes amis (Jn 15,15). De la même manière, Angèle se dit « amie » des Colonelles, qui étaient à la fois des supérieures locales et des formatrices : Vous connaîtrez que je suis votre fidèle amie (Dern. Av. 25), et comme une véritable amie, elle a partagé avec ses collaboratrices son expérience, ses connaissances et ses responsabilités.

Gabriel Cozzano en donne un bel exemple, lorsqu’il rappelle comment Angèle a préparé la rédaction de sa Règle :

Ce qu’elle enseignait aux autres, elle leur donnait l’occasion de la pratiquer. Ensuite elle les consultait et les encourageait à agir en conséquence ; finalement, elle disait que ce n’était pas elle seule, mais ses filles qui l’avaient fait ensemble avec elle.

Cet exemple révèle combien Angèle était une femme de dialogue qui communiquait avec ses sœurs. Dès lors, il n’est pas surprenant que dans ses Ecrits elle demandait aux Colonelles et aux Matrones de travailler ensemble en collaborant l’une avec l’autre.

I.Communication et dialogue


Angèle leur propose la communication et le dialogue dans leurs relations avec les familles, avec les sœurs et avec les supérieures :


- Avant d’entrer dans la Compagnie, la jeune fille devait demander le consentement de ses parents, et les gouvernantes et les gouverneurs de la Compagnie pourront, eux aussi, parler avec eux (R. 1,7). Il était important que les supérieures visitent les familles et les connaissent, non seulement pour de créer de bonnes relations avec elles, mais aussi pour apprendre d’elles ce qui concernait la candidate et pour les éclairer sur les exigences de la vie dans la Compagnie.

- Angèle a aussi encouragé le dialogue entre les sœurs elles-mêmes. Vivant séparément, il était important de se retrouver lors de réunions, pour que, de cette façon, elles puissent se retrouver ensemble, comme des sœurs très chères, et s’entretenant ainsi ensemble de choses spirituelles, se réjouir et s’encourager ensemble (cf Test. 8, 12,3-5).

- En outre, elle invite les membres de la Compagnie à dialoguer avec leurs supérieures, surtout si les sœurs rencontrent des obstacles dans leur milieu : si leurs mères ou d’autres de leurs supérieurs séculiers voulaient les induire à ces périls ou bien les empêcher de jeûner, de prier, de se confesser ou de faire quelque autre sorte de bien, qu’elles en réfèrent tout de suite aux gouvernantes de la Compagnie, afin que celles-ci y pourvoient. (R 3, 8-10).

- Surtout, Angèle s’attend à ce que les supérieures locales et formatrices dialoguent avec leurs sœurs, lors de leurs visites fréquentes auprès d’elles, afin de les réconforter et de les aider si elles se trouvaient dans quelque situation de discorde ou dans quelque autre tribulation, aussi bien de corps que d’esprit (R 11, 9).

Lors de leurs visites aux sœurs les Colonelles sont invitées à tenir compte de leur état d’esprit lorsqu’elles leur donnent des conseils :

Si vous en voyez une pusillanime et timide, et portée à l’abattement, réconfortez-la, inspirez-lui courage, promettez-lui le bienfait de la miséricorde de Dieu, dilatez son cœur par toutes sortes de consolations, ou, au contraire, si vous en voyez une autre présomptueuse, à la conscience large, peu timorée, à celle-là inspirez de la crainte, et rappelez-lui la rigueur de la justice de Dieu. ((Av. 2,8-9).

Angèle s’attend aussi que les supérieures locales dialoguent avec les Gouvernantes de la Compagnie et prévoient avec elles le bien de leurs sœurs :

Si vous ne pouvez vous-mêmes y pourvoir, recourez aux mères principales et vite, et sans aucune hésitation, exposez-leur les besoins de vos brebis (Av. 4, 3).


Pour la Madre, le dialogue ne suffit pas : Elle recommande aussi aux supérieures de collaborer entre elles et de vivre un vrai partage de responsabilités.

II. Collaboration et co-responsabilité

Entre Jésus-Christ et les Apôtres

Dans l’Evangile, Jésus a envoyé ses Apôtres l’aider dans sa mission ; Il a partagé avec eux les pouvoirs qu’Il avait reçus du Père :

Il appela à Lui ses douze disciples et leur donner autorité pour chasser les esprits impurs et guérir toutes sortes de maladies et d’infirmités (Mt 10,1). Prêchez en allant, leur disant, « Le royaume des cieux est proche ». Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons : vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.(Mt 10, 7-8)

Entre Jésus-Christ et Angèle

Angèle, de son côté, avant même de partager ses responsabilités avec les supérieures, reconnaissait que ses responsabilités lui étaient venues de Dieu et que sa mission personnelle consistait à collaborer avec Lui, comme instrument, comme servante :

Il lui a plu dans sa bonté infinie de se servir de moi comme de son instrument pour son œuvre, une telle œuvre et si grande, quoique je fusse de moi-même une servante très insuffisante et très inutile…il m’a aussi, dans sa bonté habituelle, donné et accordé une telle grâce et un tel don que j’aie pu les gouverner selon sa volonté, et pourvoir à leurs nécessités et à leurs besoins (Test. Prol. 6-9).

Comme Jésus a partagé son autorité avec ses disciples, Angèle la partage avec les supérieures : Puisque je suis maintenant sur le point de quitter cette vie, je vous laisse à ma place comme mes héritières (Test. Prol. 28-29)

Angèle invite les supérieures à adopter des attitudes intérieures qui soient le reflet des siennes propres :

Combien vous avez à le remercier, et en même temps à le prier, puisqu’il a daigné vous placer à la tête d’un si noble troupeau, qu’il daigne encore vous donner une sagesse et une aptitude telles que vous puissiez faire œuvre digne de louange à ses yeux et mettre toute votre application et toutes vos forces à faire votre devoir (Test. Prol. 17-21).


Tout en travaillant de tout leur cœur pour le bien de la Compagnie, les Supérieures - Sainte Angèle le leur rappelle – n’ont qu’une responsabilité partagée et l’aboutissement final se trouve entre les mains du Seigneur : Mais vous, faites votre devoir… et après, laissez faire Dieu ; il fera des choses admirables en son temps et quand il lui plaira (Av. 8, 7,9).

En outre, Angèle promet de continuer dans l’au-delà sa collaboration avec les Supérieures : Sachez-le, maintenant je suis plus vivante que lorsque j’étais en cette vie… à présent je veux et je peux davantage vous aider et vous faire du bien de toutes sortes de manières (Av. Prol. 23, 25). Et moi, je serai toujours au milieu de vous, aidant vos prières (Dern. Av. 20).

Entre les supérieures elles-mêmes :

Plusieurs textes des Ecrits révèlent qu’Angèle invitait les supérieures à collaborer les unes avec les autres. C’est aux Colonelles, et donc aux supérieures locales et formatrices, qu’elle donne le conseil précis d’être liées l’une à l’autre par le lien de la charité, vous estimant, vous aidant, vous supportant en Jésus-Christ (Dern. Av. 2). Aux Matrones elle demande de partager leurs responsabilités avec les formatrices : Faites en sorte de vous réunir toutes avec les colonelles, deux, ou tout au moins une fois par mois, pour ensemble échanger vos vues et faire un bon examen de gouvernement. Et surtout à propos de ce que les colonelles vous diront sur la conduite de vos chères enfants et sur leurs nécessités et besoins, tant spirituels que matériels. Et pourvoir à toute chose selon que l’Esprit Saint vous inspirera. (Av. 7, 1-7)

D’une manière très actuelle, Angèle précise ainsi les différentes étapes à suivre ensemble :
- information mutuelle,
- évaluation en commun,
- décisions à prendre ensemble selon les besoins.

Dans la pensée d’Angèle, même des conseils provenant de personnes extérieures, qui ne sont pas membres de la Compagnie, ne sont pas à négliger : En cas de difficultés importantes, Qu’on veuille bien convoquer aussi les quatre hommes, afin que tous ensemble collaborent pour y porter remède. (R 11, 14).

Les recommandations d’Angèle sont d’autant plus surprenantes que son époque n’était pas particulièrement propice au dialogue et à la collaboration. Son intuition et sa vision claire des choses proviennent d’une prise de conscience profonde de l’amour de Jésus Christ pour ses disciples. Il a confiance en eux, car Il partage avec eux et sa mission et sa puissance. Ainsi, Angèle exprime sa confiance en ses déléguées, leur confiant sa mission et leur recommandant des manières évangéliques de la pratiquer. Ses conseils continuent à inspirer et à aider celles qui ont reçu le mandat d’aider leurs sœurs à vivre en plénitude l’appel reçu de Lui.

Soeur Marie Seynaeve

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