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Des vertus solides

Cette grande mystique du 17ième siècle exhorte ses dirigés à pratiquer des vertus solides. A son avis, humilité, obéissance, pauvreté sont des vertus essentielles pour se rapprocher de Dieu.

Marie de l’Incarnation choisit les vertus solides

La grande mystique qu’était Marie de l’Incarnation n’est jamais restée dans des considérations purement spirituelles ou abstraites. Toujours, il lui fallait allier la lumière qu’elle recevait à une mise en pratique concrète et immédiate. Dans une confidence à Mère Françoise de Saint Bernard, Prieure des Ursulines de Tours, elle précise :

Il est important de bien commencer et de ne pas bâtir l’édifice de la vie spirituelle sur le sable. Je connais une personne qui, ne s’étant amusée qu’à de hautes pensées, et n’ayant pas travaillé à la mortification des passions et de l’amour-propre, est aussi éloignée du terme qu’elle pensait en être proche : cela m’épouvante. (Jamet IV, p. 50, lettre du 03.10.45)

A qui fait-elle allusion ? A elle-même ! Dans la crainte que ses lettres tombent entre des mains indiscrètes, Marie parle souvent d’elle-même à la troisième personne. Cette lettre correspond aux années de grandes épreuves intérieures au Canada, lorsque Marie se voyait dénuée de tout bien et de toutes les grandes grâces qu’elle avait reçues auparavant. La conviction qu’il faut « bien commencer » la mènera ensuite à envisager l’importance de l’humilité et de l’obéissance, de la mortification et de l’esprit de pauvreté, et surtout d’une docilité entière au directeur spirituel.

Bien commencer

Claude Martin, à peine profès chez les Bénédictins de Saint Maur se rend compte de la richesse de la vie intérieure de sa mère et de la valeur de ses conseils spirituels. Humblement, il lui demande ses avis. Comme il se trouve au début de son parcours, Marie va lui enseigner surtout l’importance de ces vertus solides. Pour « bien commencer », voici le programme qu’elle lui trace :

Prenez bon courage, ayez une sainte opiniâtreté à vous tenir proche de Dieu en la façon qu’il vous attire, liez-vous à sa bonté dans cet état de tranquillité et de repos, gardez vos règles avec humilité, soyez soumis avec simplicité à vos supérieurs. Que la science ne vous enfle point le cœur. Ne sachez rien pour vous, mais pour Dieu. En prêchant les autres, prêchez-vous vous-mêmes par une sainte intention de faire ce que vous enseignez. Si vous faites cela, vous verrez ce que Dieu opérera en votre âme. (à son fils, 22.10.49).

Voilà tout un programme ! Marie commence par le courage. N’est-ce pas le langage de sainte Angèle dans le Prologue de sa Règle ? Lorsqu’elle écrit celle-ci entre 1533 et 1535, toutes ses filles ne sont-elles pas au début de leur itinéraire spirituel ? Voyons avec quelle vigueur elle les exhorte : Allons, courage donc… comportons-nous si virilement que nous aussi, à la manière de sainte Judith, ayant tranché courageusement la tête à Holopherne, c’est-à-dire au diable, nous puissions retourner glorieusement dans la patrie… (Règle Prol. 29-30).
Angèle avait prié Dieu d’écarter d’elle tout ce qui tendait à la « détourner de sa Face resplendissante », surtout ses sentiments ou « affections et sens ». Elle demandait au Seigneur, de les « affermir » pour qu’ils « ne dévient pas, ni à droite, ni a gauche » (R 5, 18-19). De même, Marie affirme, « Ayez une sainte opiniâtreté à vous tenir proche de Dieu ». Elle sait que pour rester en sa présence, il faut lutter énergiquement, « avec opiniâtreté ».

Dans la recherche de cette présence, Marie ne prise rien de plus que de garder la paix du cœur. C’est pourquoi elle conseille à son fils de se « lier à sa bonté dans un état de tranquillité et de repos ». Cette paix intérieure sera pour elle, comme pour Saint Ignace dans ses règles de discernement, la pierre de touche de l’action de Dieu dans les âmes.

Marie de l’Incarnation poursuit, « Gardez vos Règles avec humilité ». Angèle y exhorte au aussi ses filles à plusieurs reprises, dans ses Ecrits : « …vous efforcer à l’avenir, et de tout votre pouvoir, de vivre comme il est demandé aux véritables épouses du Très Haut, et d’observer cette Règle comme la voie par laquelle vous devez marcher » (R Prol 23-24) ; « …se tenir sous l’obéissance de la Règle, car tout est là » (Av 5,20). « Qu’elles demeurent fermes et stables dans leur résolution et qu’elles s’efforcent d’observer la Règle « (Av 5, 26-27). « Que les bonnes prescriptions données, surtout celles qui sont dans la Règle, soient très diligemment observées » (Dern Legs, 1).

Marie recommande ensuite à son fils d’être « soumis avec simplicité à vos Supérieurs ». Pour elle, c’est la pierre de touche d’une authentique recherche de Dieu et de sa volonté. Elle écrit dans ce sens à une Ursuline de Tours :

Vous me dites que vous avez confiance en elle (la Supérieure), car il ne se peut faire que cette ouverture de cœur sincère et filiale n’attire des bénédictions de Dieu dans votre âme. Conservez donc ces ouvertures de cœur, si nécessaires aux âmes qui veulent vaincre leurs ennemis et faire du progrès dans la voie de la sainteté. (14.09.47).

Enfin, comme son fils est aux études, Marie l’exhorte à une humble pureté d’intention dans ce travail : « Que la science ne vous enfle point le cœur. Ne sachez rien pour vous, mais pour Dieu. »

Marie Seynaeve, osu
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