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De Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik

 

 

Sauve-toi
La vie t’appelle

Boris Cyrulnik

Odile Jacob 2012


 

« Lors de ma première naissance, je n’étais pas là. Mon corps est venu au monde le 26 Juillet1937 à Bordeaux. On me l’a dit. Je suis bien obligé d’y croire puisque je n’en ai aucun souvenir.

Ma seconde naissance, elle, est en pleine mémoire. Une nuit, j’ai été arrêté par des hommes armés qui entouraient mon lit. Ils venaient me chercher pour me mettre à mort. Mon histoire est née cette nuit-là. »

Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’Université de Toulon. Il livre, dans ce dernier livre, le récit de son enfance ‟fracassée″ par la guerre. Il décrit, chemin faisant, le travail de la mémoire qui construit, reconstruit, aménage le souvenir traumatisant, de manière à permettre de continuer à vivre sans être écrasé par la souffrance.

Quand l’entourage n’accueille pas le récit du vécu, les souvenirs s’enkystent. Ils forment dans la conscience comme une crypte où se réfugie celui qui ne peut pas parler parce qu’on ne le croit pas, ou parce qu’on ne veut pas entendre le récit de faits insupportables. Un tel silence s’est imposé à nombre de prisonniers et déportés, à leur retour des camps de la mort. Ils se sont tus pendant trente, quarante années. La parole ne se ‟dégèle″ que lorsque le milieu ambiant l’accueille, aussi horrible qu’elle puisse être. Boris Cyrulnik a vécu ce drame dans son enfance. Sa crypte a commencé à s’ouvrir dans les années 80, à l’occasion du procès Papon.

Qui veut comprendre comment fonctionne la mémoire après un traumatisme trouvera dans ce livre bien des exemples. La mémoire d’un homme n’est pas celle d’un ordinateur qui restitue à l’identique ce qui lui a été confié. Elle va chercher dans le passé les faits qui donnent forme à ce qui est éprouvé dans le présent. L’histoire s’éclaire à la lumière du présent.

‟ Chercheur d’humanité ″ Boris Cyrulnik ne cesse de s’interroger sur cette capacité qu’ont les êtres humains meurtris par la vie à réagir et à se reconstruire malgré tout, le plus souvent , grâce à des rencontres de personnes qui jouent un rôle de tuteur, capacité que les psychologues appellent la résilience.

L’histoire de Boris présente bien des points communs avec celle de Magda Hollander Lafon déportée en 1944 à Auschwitz-Birkenau avec sa famille. Après de longues années de silence, Magda raconte sa traversée de la nuit tissée de renaissances. La première fut le don de quatre petits bouts de pain offerts à l’adolescente par une mourante dans le camp. L’homme est capable du pire, mais du meilleur aussi.

Une leçon de vie et de joie, ce petit livre. « Quatre petits bouts de pain » Albin Michel 2012

Boris Cyrulnik
Marie-Bruno
Mars 2013

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