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Comprendre les Ecrits

Les textes que nous appelons « Ecrits » de Sainte Angèle Merici n’ont jamais été écrits par elle.

Comme Françoise d’Assise qui a dicté sa règle, Sainte Angèle Merici l’a dictée à son secrétaire, Gabriel Cozzano. Il s’agit de la Règle, composée entre 1533 et 1535, qui contient des indications précieuses sur la manière de vivre dans un esprit évangélique, à la lumière des exemples et de l’enseignement de Jésus-Christ.

Les Avis, composés peu avant la mort de Sainte Angèle en 1540, sont adressés à celles qu’elle appelle des « Colonelles », c’est-à-dire, des supérieures locales à qui elle indique comment exercer leurs responsabilités à l’égard de leurs sœurs. C’est surtout par les Avis et leur portée pédagogique que l’esprit d’Angèle s’est perpétué à travers toute l’histoire des Ursulines.

Le Testament, composé, lui aussi, peu avant la mort d’Angèle s’adresse aux gouvernantes ou « matrones » de la Compagnie, responsables de son administration. Elle s’adresse à des femmes d’expérience, capables d’assumer des responsabilités. Sainte Angèle Merici leur trace toutes les exigences d’une vraie maternité spirituelle, dans un esprit de foi et d’amour.

Les Ecrits d’Angèle Merici datent du 16e siècle. Ils portent donc la marque de son époque. Ils contiennent des allusions à la vie rurale, sociale, politique et militaire ; ils reflètent aussi la spiritualité de son temps. Etant fille de la campagne, Angèle manifeste un amour de la terre et de la nature, des sables de la mer, des gouttes d’eau des pluies, de la multitude des étoiles (R 5, 26). Ses allusions nous plongent aussi dans les loisirs du 16e siècle, des bals, des tournois, des noces tapageuses (R, 3,3) et de l’exubérance effrénée du Carnaval (R4, 10). Elle mentionne la mode féminine de l’époque, faite de couleurs chaleureuses et de broderies d’or et d’argent (R 2 4,6). La plupart des jeunes qui entourent Angèle sont issues de milieux modestes et sont souvent victimes d’injustices sociales et économiques. Elle inscrit dans sa Règle la procédure à suivre si on retient leur salaire ou si on ne leur attribue pas leur héritage (R 11,15-19.) La vie militaire est proche de ses contemporains. Angèle appelle sa fondation une Compagnie, fait allusion à la défense militaire de Brescia, à la forteresse et la tour inexpugnable (Dern. Av 15). Elle appelle ses supérieures locales des colonelles, allusion à une ancienne répartition des quartiers de la ville sous un chef militaire, le colonello.

Certains accents mettent en évidence la spiritualité courante à l’époque d’Angèle Merici. Les jours fréquents de jeûne répondent non seulement à son attrait personnel, mais aussi au climat spirituel de l’époque, car une vie pieuse était inconcevable sans une pratique importante du jeûne. Les mentions faites par Angèle, de reines (R Pr 17 ; Av 5,33), de couronnes (Av 5, 25 ; R 11,36 ; 3e Legs 12), de gloire et d’honneur (une quinzaine de fois !) ; de seigneurs (R 8, 13 ; Av 5,3) sont tirées des milieux princiers de son temps. Ce qui est remarquable, c’est qu’Angèle utilise ces mots pour désigner ses filles, qui, la plupart, sont de très humble origine.

Dans la ville de Brescia, la plus luthérienne de toutes les villes d’Italie, selon le Pape Clément VII, l’influence des réformateurs était importante. Angèle consacre une grande partie du chapitre 7 des Avis à en prévenir ses filles des nouveautés étrangères à l’usage commun de l’Eglise (v.24) En raison du climat délétère de la Renaissance païenne, Angèle met en garde contre les gens mondains ou les faux religieux (Av 7, 1).

Cependant, l’esprit de la contre-Réforme, qui allait mener en 1542 à la convocation du Concile de Trente, travaille déjà les plus fervents.

Angèle Merici en fait partie. Elle se montre très claire par rapport au contenu de la foi. Dans ses écrits nous trouvons d’une manière ou d’une autre presque tous les articles du Credo.

Enfin, grâce au développement de l’imprimerie. Angèle, qui n’a jamais été à l’école, est avide de lectures. Tout son temps libre y passe, nous dit Gallo, et ses Ecrits révèlent une ample connaissance de l’Ecriture, parfois même des Pères de l’Eglise.

En même temps, les Ecrits de Sainte Angèle Merici sont porteurs d’un message pour nous aujourd’hui. Elle insiste sur le sens de la personne, sur le dialogue et la responsabilité partagée, sur une créativité dynamique et confiante. Angèle demande un immense respect pour la personne humaine. Chacune doit être appréciée… aimée (Av Prol 10), comprise (Av 4,12) selon sa condition, son tempérament et sa situation (2e Legs 3) ; réconfortée et encouragée (Av 5,2) selon les lieux et le temps… et suivant ses besoins (Av 2,7) spirituels et temporels (Av 4, 1). Chacune est invitée à développer sa propre personnalité et à grandir, car même celles qui paraissent les plus insignifiantes et les plus dépourvues, peuvent devenir les plus généreuses (Av8, 3-4). Angèle propose la communication et le dialogue dans les relations avec les familles, les sœurs et les supérieures : Elle précise même les différentes étapes à suivre ensemble : information mutuelle, évaluation en commun, décisions à prendre ensemble selon les besoins (7e Legs). Elle innove, à partir des besoins et des appels qu’elle perçoit autour d’elle. Les Ordres religieux sont souvent décadents : elle va proposer une vie de consécration dans le monde, mais avec des règles et des structures semblables à celles de la vie religieuse. La femme est souvent minorisée, sous l’autorité d’un père ou d’un mari. Elle va donner à son Institut un gouvernement féminin, en écrivant une Règle pour des femmes. Sainte Angèle Merici va collaborer avec des laïcs : des veuves de la haute société, chargées de l’administration de la Compagnie, et un groupe d’hommes chargés de la protection légale et juridique de ses membres.

Sa Compagnie, dit-elle, devait durer jusqu’à la fin des temps, car elle avait confié une fois à Cozzano : Plût au Ciel que le monde entier vienne sous cette Règle (Cozzano, Ep. Confort. 963v). Avait-elle prévu l’internationalité de son œuvre ? Peut-être. En tout cas, elle la souhaitait. Elle sut donner à ses filles des conseils d’adaptation, fondée sur la prière, la consultation, la réflexion. Elle ne craignait pas les changements, les évolutions de son œuvre. Tout cela n’était-il pas dans le plan de Dieu, fruit de l’Esprit-Saint ? Ainsi, son œuvre a su s’adapter avec le temps et ses conseils de vie évangélique inspirer religieuses et laïcs aujourd’hui.

Sœur Marie Seynaeve
Ursuline de l’Union Romaine

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