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Charisme missionnaire

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Le charisme missionnaire de Sainte Angèle Merici

Sainte Angèle Merici, nous le savons, en donnant naissance à la Compagnie de Sainte Ursule, n’a pas fondé un institut religieux voué à l’apostolat. Le seul apostolat précis qu’elle lègue à ses filles dans ses Ecrits est celui du bon exemple (cf.Avis 5) et celui de favoriser les vocations (Test 9,10). Pourtant, l’examen de sa vie et de ses écrits nous font prendre conscience de son charisme apostolique. Ste Angèle Merici est évangélisatrice pour toutes les classes de la société bresciane. Ainsi, au retour de son pèlerinage à Rome s’ouvre pour elle une nouvelle étape. Elle déploie des dons apostoliques exceptionnels : elle lit dans les âmes, connaît le latin sans jamais l’avoir appris, est à même d’expliquer la Sainte Ecriture, fait des exposés d’environ une heure sans préparation et sans une note, réalise de grandes conversions. Elle évangélise toutes les classes de la société, saints et pécheurs, nobles et roturiers, hommes et femmes, parents et enfants, humanistes et illettrés.

Le 16ème siècle est celui des conquêtes d’un monde jusqu’alors ignoré. Un zèle apostolique nouveau se développe dans toute l’Eglise. On assiste à l’envoi de missionnaires dans les terres nouvellement découvertes. Peut-on dire que Sainte Angèle Merici est entrée, au moins en esprit, dans ce courant missionnaire ?

Pour être capables de cerner le charisme missionnaire particulier à Sainte Angèle, il faudrait d’abord situer les termes « mission » et « missionnaire » dans leur évolution historique.
- Quel est le sens de la « mission » ?
- Comment a-t-il évolué ?
- Dans quelle mesure peut-on dire qu’Angèle Merici, par sa vie et par ses écrits, contribue à sa manière à la « mission » ?
- En quoi son charisme « missionnaire » peut-il nous interpeller aujourd’hui à être des prophètes pour notre monde ?

Ce sont les questions que nous aborderons dans cet entretien.

I. Evolution de la « Mission »

Jusqu’au 16e siècle, dans les Ecrits des Pères de l’Eglise et les documents pontificaux, la « mission » (du verbe latin mittere) désignait l’envoi de Jésus-Christ dans ce monde pour le sauver et le conduire au Père, ainsi que l’envoi de l’Esprit Saint par le Père et le Fils en vue de la sanctification de l’humanité.

Avec la découverte de nouveaux mondes au 16e siècle, le sens du mot « mission » prit de l’extension : étaient « missionnaires » ceux qui partaient porter la foi de l’Eglise catholique aux païens, c’est-à-dire aux non-chrétiens et aux protestants. Le but de la mission, en prolongement de celle du Christ, était de « sauver les âmes ». Cette conception s’est prolongée dans les siècles suivants, jusqu’au 19e siècle compris, lorsque la colonisation était accompagnée de grands efforts missionnaires sur les continents d’Amérique, d’Asie et d’Afrique.

Le début du 20e siècle, vit la fondation de la « missiologie », ou de l’étude théologique de la mission, en vue de préciser son sens et son but. Pendant le premier tiers du 20e siècle, le sens de la mission allait évoluer en des significations plus précises et plus larges :

  • 1) Elle doit non seulement étendre la foi chrétienne, mais aussi la maintenir au moyen des différents organismes qui servent à propager la foi et à préparer au Baptême.
  • 2) La mission doit assumer non seulement la conversion individuelle, mais aussi la christianisation de tout un peuple.
  • 3) Elle s’applique non seulement à ceux qui n’ont pas la foi, mais également à ceux qui vivent à la périphérie de l’Eglise, ceux dont la foi s’est affaiblie ou a entièrement disparu.

Par quels moyens ?
La conversion à la foi doit s’accompagner d’adaptation aux peuples évangélisés, mais dans le but d’intégrer, à la lumière de la foi, tout ce qu’il y a de beau et de bon dans leur culture.

Adaptation à quoi ?
A tous les besoins de l’homme. La Christianisation ne peut se limiter à annoncer l’Evangile, elle doit aussi tenir compte de toute la personne humaine, non seulement du salut de son âme, mais d’un salut qui embrasse l’homme dans sa réalité totale, donc d’un salut « intégral » qui vise les réalités socio-économiques et culturelles, aussi bien que religieuses.

A partir de 1930, le sens de la mission évolue encore :
La personne du « missionnaire » est appelée non seulement à convertir, mais à implanter l’Eglise. C’est alors qu’on insiste sur l’inculturation, car le missionnaire, en cherchant à établir une Eglise locale, rencontre une culture avec des croyances, des coutumes, un art, un système socio-économique spécifiques. Pour être un ambassadeur efficace de Jésus-Christ, il doit non seulement s’adapter au peuple, mais viser à former une Eglise indigène, avec son diocèse, son clergé, ses moyens de salut. Pour que cette étape de l’indigénisation ne centre pas l’église locale sur elle-même, les missionnaires sont appelés à rendre leur peuple conscient de l’universalité de l’Eglise.

Lors du Concile Vatican II, le décret « Ad gentes » intègre et synthétise toutes les diverses significations données jusqu’alors à la mission. Paul VI, dans son Encyclique Evangelii nuntiandi, reprendra à son compte, le sens large et plénier de la mission, mais en utilisant le plus souvent le mot d’évangélisation : la mission est une évangélisation, qui n’est pas limitée à la première proclamation, ni à la seconde évangélisation, mais qui embrasse tous les autres aspects propres à l’église locale et universelle, ainsi que la promotion et la libération humaines. De son côté, Jean-Paul II, en écrivant Redemptoris missio, situe la missio ad gentes au sein de la grande mission d’évangélisation que l’Eglise a reçue du Christ, mission qui se caractérise par toutes les autres formes évoquées plus haut.

II. L’esprit missionnaire de Sainte Angèle Merici

Revenons maintenant à Sainte Angèle Merici :
Dans quelle mesure peut-on évoquer l’apostolat missionnaire comme faisant partie de son charisme propre ?
Lorsque nous analysons sa vie et ses écrits, nous percevons que ce charisme est effectivement présent, dans les divers sens de la mission, mais sans que le mot soit utilisé. Qu’il s’agisse de la mission de Dieu, du salut des âmes, du salut intégral de la personne, de l’adaptation, de la conscience de l’universalité de l’Eglise, ou de l’évangélisation, nous constatons qu’Angèle avait réellement un esprit missionnaire.

- 1) La mission de Dieu
Si Angèle Merici n’évoque pas expressément la mission reçue du Père par le Fils de Dieu, elle est très consciente de celle de l’Esprit Saint, envoyé par le Christ :
Qu’on se tienne en prière, avec toute la force d’esprit possible, jusqu’au jour de l’envoi du Saint-Esprit, c’est-à-dire jusqu’à la Pâque de Mai, en implorant cette grande promesse faite par Jésus-Christ à ses élus, bien disposés (à la recevoir). (R 4, 16)

Elle affirme avec conviction la mission personnelle qui lui a été transmise par le Père,
Il lui a plu dans sa bonté infinie de se servir de moi comme de son instrument pour son œuvre, une telle œuvre et si grande (Test. Prol. 5-6).

- 2) La mission pour le salut des âmes
Cependant, Sainte Angèle ne reste pas enfermée dans sa propre mission. A plusieurs reprises, elle se montre très sensible à la conversion et au salut des âmes, qu’il s’agisse de ceux qui ne connaissent pas le Christ, ou qui négligent leurs devoirs de chrétiens, ou même du salut et de la conversion de ses propres filles. Nous lisons, en effet, dans sa prière, sa préoccupation du salut des âmes, bien qu’elle ne voie comme contribution personnelle possible que l’offrande de sa propre vie, jointe à une demande de pardon :

  • "Prenant la place de ces pauvres créatures qui ne te connaissent pas, et ne se préoccupent pas de participer à ta Passion très sacrée, mon cœur se crève, et volontiers, si je le pouvais, je répandrais mon propre sang pour ouvrir les yeux aveugles de leur esprit". (R 5 31-34).
  • "Daigne aussi pardonner les péchés du monde entier". (R 5 24).

Consciente de la réalité pécheresse qui l’entoure, elle demande de prier et de jeûner pour les chrétiens relâchés :
Qu’on jeûne les 40 jours qui suivent l’Epiphanie, pour dompter les sens, les appétits et la sensualité qui, à ce moment-là surtout, semblent dominer dans le monde. (R 4 10)
Et aussi pour implorer, devant le trône de Dieu, Très-Haut, miséricorde pour tant d’actions dissolues qui, en ces temps-là sont commises par des chrétiens, comme cela est plus que visible à tous. (R 4 11)

Elle demande même pardon pour les péchés de tous ceux qu’elle aime :
Daigne aussi pardonner les péchés de mon père et de ma mère, et ceux de mes parents et amis (R 5, 24).

Gabriele Cozzano témoigne de l’amabilité et de la douce persuasion utilisées par Angèle pour convertir les pécheurs :
Sa charité était si grande qu’elle allait du Ciel à l’enfer. Elle embrassait toute créature d’un amour maternel. Et le plus grand pécheur était le plus choyé par elle ; car, si elle ne pouvait le convertir, du moins l’amenait-elle avec douceur et amour à faire quelque bien ou à faire moins de mal. (Cozzano, « Explication sur la Bulle », 974v).

Angèle va encore plus loin. Elle se montre consciente des dangers qui entourent ses filles en cette époque trouble de la Renaissance, et met en garde les sœurs, aussi bien que les supérieures, de tout ce qui pourrait nuire au salut de leur âme :
Il faut que nous soyons d’autant plus vigilantes, mes sœurs, que notre entreprise est d’une telle importance qu’il ne pourrait y en avoir de plus grande, car il y va de notre vie et de notre salut. (R Prol. 15-16).

Là où vous voyez clairement que le salut et l’honnêteté de vos filles sont en péril, vous ne devez absolument pas y consentir, ni le tolérer, ni avoir égard à rien. (Av. 3, 14).
Si jamais à cause de vous et de votre négligence, quelqu’une périssait, Dieu vous en demanderait un compte rigoureux au jour du jugement. (Av. 4, 6).

Ces paroles pourraient nous paraître sévères, démesurées peut-être. Pourtant, avec son sens affiné du bien des âmes, Angèle n’hésite pas à mettre les membres de la Compagnie devant l’importance du salut final, le leur et celui de leurs compagnes. N’est-ce pas là, en définitive, le but de l’apostolat missionnaire : veiller à ce que tous rejoignent le Christ dans l’éternité ?

- 3) La mission par l’adaptation
Nous avons vu comment peu à peu les missionnaires se sont penchés sur la nécessité de l’adaptation aux personnes et aux situations rencontrées, afin de les amener au Christ. Angèle s’adapte aux situations difficiles qu’elle doit affronter : perte de sa famille, état de guerre, ambiance de la Renaissance, longue attente de la réalisation de sa mission .
Angèle s’adapte aux personnes. Elle se montre à l’aise avec toutes les catégories sociales : les petites servantes illettrées et les dames de l’aristocratie qui les gouvernent, les simples manœuvres, ouvriers et artisans de son quartier et les intellectuels, les théologiens qui viennent à elle pour des explications de l’Écriture Sainte, les personnes vertueuses et les pécheurs, les diplomates comme Chizzola, les princes, comme Francesco Sforza et les gouverneurs de Venise, le Pape Clément VII. Dans son institut elle se montre accueillante à toutes, pauvres et riches, ignorantes et cultivées, celles qui sont déjà formées à la vie chrétienne et celles qui en ignorent les fondements.
Il n’est pas étonnant, dès lors, que les Écrits d’Angèle portent la trace de son extraordinaire esprit d’adaptation.
Angèle a ce trait de génie, que l’on ne trouve que rarement formulé dans les règles des fondateurs, celui de laisser une règle d’adaptation à ses filles. Le texte nous est bien connu :
"Et si selon les temps et les besoins, il y avait de nouvelles dispositions à prendre au quelque chose à modifier, faites-le prudemment et avec bon conseil". (Dern. Legs 2)
Nous voyons Ste Angèle elle-même mettre cette règle d’adaptation en pratique peu de temps avant sa mort : Au lieu de faire élire, selon la Règle, son successeur parmi les Colonelles, elle la désigne elle-même parmi les Matrones, probablement parce qu’aucune des Colonelles n’était encore en mesure d’assumer cette responsabilité.
Cette règle d’adaptation a conditionné toute l’évolution historique des Ursulines. Aucune d’entre elles n’a cru déroger à l’esprit d’Angèle, en optant pour la vie communautaire, pour la catéchèse, puis pour l’enseignement formel dans une vie religieuse vouée à l’éducation, sous une forme congrégée ou monastique, ou sous la forme actuelle de vie apostolique.
Si Angèle adapte son enseignement aux faiblesses de son époque, elle se montre particulièrement ferme et réaliste, quand il s’agit du comportement à l’égard du prochain. L’adaptation aux personnes sera d’autant plus réelle que notre attitude est fondée sur une connaissance vraie, fruit d’un amour attentif.
Aux Colonelles elle demande d’apprécier et d’aimer leurs soeurs, car plus vous les aimerez, plus vous aurez soin d’elles et veillerez sur elles. (Av. Prol. 8-10) A l’égard des Matrones, elle propose les mêmes exigences : tenir gravées dans votre esprit et dans votre coeur toutes vos filles, une à une ; non seulement leurs noms, mais aussi leur condition et leur tempérament et leur situation et tout ce qui les concerne". (2e Legs 1-3) Sachant que seuls l’amour et la confiance épanouissent les coeurs, elle ajoute, "veuillez vous efforcer de mener vos filles avec amour et d’une main suave et douce, et non impérieusement ni avec âpreté ; mais en toutes choses veuillez être affables". (3e Legs 1-3)
Les supérieures sont invitées à tenir compte des dispositions des sœurs et à s’adapter à chacune individuellement. Ainsi, Angèle leur propose d’encourager et de réconforter celle qui est timide et portée à l’abattement, de dilater son coeur par toutes sortes de consolations. Une de ses dernières recommandations porte sur la manière de faire grandir l’espérance en celle qui est "triste, hésitante et craintive" (5e Av, 40).
La sévérité peut se manifester et les blâmes s’exprimer, mais seulement en cas de nécessité, et même alors, selon le lieu et le temps, et selon ce que sont les personnes. D’ailleurs, Vous obtiendrez davantage par la tendresse et l’affabilité que par la rudesse et de durs reproches. (2e Av. 3-5) C’est l’amour qui enseigne un tel discernement, et meut le coeur à être, selon le lieu et le temps, tantôt aimable et tantôt sévère, et un peu, ou beaucoup, suivant les besoins. (2e Av. 6-7)
Devant les faiblesses du prochain, Angèle propose une attitude de discernement, qui est conscient d’une croissance toujours possible. Pour des manquements notoires, elle propose de conseiller et d’avertir avec charité trois ou au plus quatre fois et, s’il n’y a pas de changement, laissez-là à elle-même... parce qu’il peut se faire que la pauvre, se voyant abandonnée et mise de côté, soit poussée au repentir. (5e Legs 1-5) Devant des signes de légèreté : ne comptez pas trop, dit-elle, qu’elle persévère..., car si elle ne veut pas faire ce qui est moindre, elle fera encore moins ce qui est plus. Ici, pourtant, vous devez être prudentes, parce qu’il peut se faire qu’une personne ait mis toute la force de son attachement dans une bagatelle, de sorte que, vaincue sur ce point-là, aucun autre ne lui sera trop difficile (6e Legs 1-4). Celle qui est pleine d’assurance et de confiance en elle-même, doit être rappelée à la prudence car nous vivons au milieu de pièges, et nous avons toujours quelque raison de nous maintenir dans la crainte. (4e Av. 10-11) Celle qui ne se montre pas raisonnable par rapport aux jeûnes, est invitée à s’en tenir aux conseils de son père spirituel et des gouvernantes de la Compagnie lesquelles devront réduire et diminuer ces jeûnes selon qu’elles en verront le besoin. (R 4, 18-19)
Enfin, Angèle se montre infiniment respectueuse de la liberté personnelle. Celles qui exercent l’autorité doivent s’adapter et agir selon les capacités des soeurs et leur proposer le bien à accomplir : Par- dessus tout,’gardez-vous de vouloir faire quoi que ce soit par force car Dieu a donné à chacun le libre arbitre, et il ne veut forcer personne, mais seulement il propose, il invite, il conseille (3e Legs 8-11).
Accueillir, écouter, se conformer, - autant de mots actuels qui expriment la réalité enseignée par Angèle pour s’adapter, jour après jour, aux circonstances et aux personnes. Ne sont-elles pas toutes créatures de Dieu, qui sait, Lui, ce qu’Il veut faire d’elles (cf. Avis 8, 2) ?

- 4) La mission en vue du salut intégral
En cherchant le bien spirituel, les missionnaires ont pris conscience de la nécessité d’un salut intégral qui s’étend à l’être tout entier, à ses besoins physiques, affectifs, sociaux et économiques. L’esprit clairvoyant d’Angèle insiste à plusieurs reprises sur ce souci de la totalité de la personne, dans tous ses besoins.
Vous serez attentives et vigilantes pour connaître et comprendre la conduite de vos filles, et pour être au courant de leurs besoins spirituels et temporels, et alors pourvoyez-y vous-mêmes de votre mieux, si vous le pouvez. (Av. 4, 1-2)

Elle en fait un objet de confiance en Dieu :
Qu’elles tiennent encore ceci pour très certain que jamais elles ne seront abandonnées dans leurs besoins. Dieu y pourvoira admirablement. (Av. 5, 31).

Cependant, elle prend des dispositions pour que ces besoins soient effectivement pris en considération :
Dans ses conseils aux supérieures locales, Angèle cite expressément la réponse aux besoins affectifs (par l’encouragement, la pacification) et à ceux de la santé(les besoins du corps)
Souvent, selon que vous en aurez le temps et la possibilité, spécialement les jours de fête, veuillez aller visiter vos chères filles et sœurs, et les saluer, voir comment elles se portent, les réconforter, les encourager à persévérer dans la vie commencée. (Av. 5, 1-2)
Que les quatre vierges veuillent bien prendre pour leur tâche propre principalement ceci : visiter tous les quinze jours, ou plus ou moins suivant le besoin, toutes les autres vierges, leurs sœurs, qui sont ici et là dans la ville, afin de les réconforter et de les aider, si elles se trouvaient dans quelque situation de discorde ou dans quelque autre tribulation, aussi bien de corps que d’esprit. (R 11, 7-9).

Quant aux autres besoins, nous connaissons les dispositions dictées dans le chapitre XI de la Règle, de veiller à ce que chacune reçoive son salaire et son héritage (v. 15-19), soit bien logée (v. 25-27), se trouve dans un milieu de travail favorable à son épanouissement (v. 28), soit soignée et visitée dans sa maladie (v. 30) et soutenue dans sa vieillesse (v. 29). Et, pour faire face à tous ces besoins, Angèle recommande d’utiliser les biens de la Compagnie pour aider les sœurs en fonction de chaque besoin éventuel (v. 22-24).

- 5) La mission de l’Eglise universelle :
Ste Angèle Merici a-t-elle eu le sens de l’Eglise universelle ? Ses voyages, surtout son pèlerinage en Terre Sainte, ont dû éveiller en elle la conscience de civilisations très diverses, appelées toutes à faire partie du Royaume du Christ. En effet, elle a expérimenté la culture grecque en Crète, la présence des Musulmans en Terre Sainte et sur les côtes de l’Albanie lors du voyage de retour, l’existence d’une civilisation nord-africaine, lorsque le navire fut emporté sur les côtes de l’actuelle Tunisie, le contact avec les Slaves à Novigrad en Croatie, sans omettre la présence d’une quarantaine de Flamands sur le navire de retour. Nous ne nous étonnons donc pas de son souci du monde entier et de ces pauvres créatures qui ne Te connaissent pas (R 5, 24, 31) D’ailleurs, Cozzano rapporte une phrase souvent prononcée par Angèle, inspirée par son souci d’universalité.
Oh ! criait en notre Mère ce vif désir qui procédait purement de l’Esprit Saint : « Plût à Dieu que le monde entier vienne à l’ombre de cette règle (Cozzano, « Lettre de réconfort aux vierges de la Compagnie de Sainte-Ursule », 963 v).

- 6) La mission comme évangélisation
Nous arrivons maintenant à la signification post-conciliaire de la mission, celle de l’évangélisation, dont la mission ad gentes fait partie : Le témoignage de Pandolfo Nassino résume d’une manière convaincante le souci d’évangélisation d’Angèle : Elle prêchait à tous la foi en Dieu très haut, de telle manière, que tous s’attachaient à elle. Et Giacomo Chizzola témoigne qu’Angèle avait reçu un don particulier pour expliquer et faire goûter la Sainte Ecriture : Sans avoir jamais étudié (la Sainte Ecriture), elle faisait des sermons si beaux, si savants, si spirituels, qui parfois duraient une heure (Chizzola, 8v). Malheureusement, personne n’a songé à nous les transcrire !

En examinant de près les Ecrits d’Angèle Merici, nous pouvons entrevoir le genre d’exhortations qu’elle faisait, car elle aborde une vraie catéchèse. Si vous lisez attentivement ses écrits, vous verrez qu’elle fait allusion à presque tous les articles du Credo. L’étude d’« Angèle évangélisatrice » pourrait faire l’objet d’une longue une intervention que nous ne pouvons développer ici. Je me borne à en signaler quelques aspects.

Son enseignement inclut :
Une catéchèse trinitaire : Le Père nous aime et ne veut que notre bonheur et notre joie (R 10, 16-18) Il faut donc le prier avec confiance (Av. Prol. 16-18), car il nous aide en toute chose (Av. Prol. 15), et fera des choses admirables en son temps et quand il Lui plaira (Av. 8 9).
Jésus-Christ est le Sauveur, qui nous a aimés jusqu’à verser son sang. Il est le modèle à imiter (Av. 1, 6), le Maître à écouter, (Dern. Legs 5), l’unique trésor (Av. 5, 43), l’Epoux qui nous aime.
L’Esprit-Saint est Celui qu’il faut prier (R 4, 15), qui inspire notre prière (R 8, 14-15) et nos décisions (9e Legs 6-8). Il faut donc être attentives à ses inspirations continuelles (R 8 14).

Une catéchèse évangélique :
Vous avez sans doute remarqué les nombreuses références explicites et implicites à l’Evangile dans les Ecrits de Ste Angèle. Elle ne propose rien sans le fonder sur un exemple ou une parole de Jésus-Christ.
Une catéchèse sacramentelle : Elle précise les motifs et la manière de vivre le Sacrifice Eucharistique et le Sacrement de Pénitence (R, ch. 6 et 7) et se réfère au Baptême et au sacerdoce.
Une catéchèse ecclésiale : car l’Eglise est guidée par l’Esprit Saint. Dieu ne l’abandonnera jamais et continue à parler par elle et par ses apôtres. L’Eglise nous achemine vers l’éternité, où, auprès du Christ nous connaîtrons ces fêtes joyeuses et nouvelles remplies d’allégresse. (Av 5 3).

L’action évangélisatrice d’Angèle Merici est tout orientée vers l’amour, amour de Dieu et amour fraternel, vers une foi vive et inébranlable, vers une espérance confiante en l’aide de Dieu sur cette terre et en son accueil dans l’au-delà.

Nous avons donc envisagé le charisme missionnaire d’Angèle centré tour à tour sur la mission reçue de Dieu, le salut des âmes, l’adaptation, le salut intégral de la personne, le sens de l’Eglise universelle et l’évangélisation. Il nous reste à aborder la question de son charisme missionnaire comme prophétie pour aujourd’hui.

III. Dimension prophétique du charisme missionnaire d’Angèle Merici aujourd’hui

Dimension prophétique du témoignage :
Dans quel sens peut-on parler du prophétisme d’Angèle ?
Souvent aujourd’hui, on se fait une image incomplète du prophète, limitée à celui qui dénonce les injustices de son temps. Cependant, cette femme pauvre, toute simple et humble, sans prétention aucune, fait choc, parce qu’elle poursuit son chemin, souvent à contre-courant par rapport à son temps. Elle VIT l’esprit prophétique dans un humble témoignage et le demande à ses filles :
Dites-leur que, où qu’elles se trouvent, elles donnent le bon exemple. Et qu’elles soient pour tous une bonne odeur de vertu.... Et qu’elles cherchent à mettre la paix et la concorde où elles seront. Par-dessus tout qu’elles soient humbles et affables. Et que tout leur comportement, leurs actions et leurs paroles soient animés de charité, et qu’elles supportent toutes choses avec patience. (Av. 5, 13-18).

Aujourd’hui, malgré les critiques qui nous entourent, malgré le peu de considération pour la vie consacrée que les mass média renforcent, ne sommes-nous pas appelées à être des témoins de l’amour qui nous anime, ou, comme l’indiquait le Congrès en novembre des Instituts de Vie Consacrée, de notre « Passion pour le Christ, Passion pour l’humanité » ? A être des témoins par notre fidélité, par notre tendresse et notre compassion envers la souffrance de nombreux de nos contemporains ? Témoins de la prière, axée sur les valeurs éternelles, de contemplation, qui sait voir « Dieu en toutes les créatures et toutes les créatures en Dieu » ?

Dimension prophétique de l’adaptation :
A l’époque d’Angèle Merici, on aurait pu chanter comme un ancien hymne français : Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né. A la Renaissance tout bascule : de nouveaux Etats se forgent, de nouvelles littératures se créent, de nouveaux continents sont découverts, un nouvel essor est donné à l’art sous toutes ses formes. Angèle est contemporaine de Christophe Colomb, de Jacques Cartier, de Vésale, de Machiavel et de Boccace, de Luther et de Calvin. de Michel-Ange et de Raphaël, d’Ignace de Loyola et de Thérèse d’Avila, d’Alexandre VI et de Jules Il. A la fin d’une vie d’homme pendant cette Renaissance, on ne trouve plus la même mentalité, les mêmes repères qu’au début. Tout a changé.

Sainte Angèle Merci nous frappe par son extraordinaire capacité d’adaptation. Elle passe sans problème de la simple vie rurale de Desenzano au milieu de plaisance aisé de Salò, des travaux de la campagne à une vie confinée dans la ville de Brescia, d’un milieu de noblesse chez Catherine Patengola, à celui d’un marchand, Antonio Romano, puis à celui d’un humaniste, Agostino Gallo, de la solitude à l’accueil de tous. Elle se sent à l’aise et sait parler à toutes les classes de la société depuis les pauvres portefaix, qu’elle choisit comme témoins du premier Chapitre Général, jusqu’au Prince Francesco Sforza, Duc de Milan.

Aujourd’hui, nous ne trouvons plus du tout la mentalité qui a marqué notre enfance et notre adolescence. Tout a changé. Ne sommes-nous pas appelées, nous aussi à une adaptation constante à notre monde qui n’a pas fini de se transformer ? C’est dans ce tourbillon de changements qu’intervient la dimension prophétique, car le prophète annonce le Royaume de Dieu, discerne entre les valeurs et les maux qui l’entourent, et prévoit l’avenir.

Le prophétisme de la dimension intégrale de l’être humain :
Sainte Angèle Merici nous en donne l’exemple, en discernant les valeurs inhérentes à la culture de son temps, valeurs portant sur les intérêts légitimes de ses contemporains. C’est l’époque des grands voyages explorateurs, des découvertes géographiques et scientifiques inouïes, de l’élargissement des connaissances. Le monde ne se limite plus au Bassin Méditerranéen, ni même à un Orient vaguement connu. Angèle à son tour, voyage. Elle va de plus en plus loin. Elle entreprend d’abord un pèlerinage à Mantoue, se rend deux fois à Varallo, à 200 kilomètres de chez elle. Elle passe par Milan, fuit à Vérone, se rend en Terre Sainte. L’année suivante, elle se rend à Rome pour l’Année Sainte. Aujourd’hui nous voyageons beaucoup. Les cultures se croisent. Nos connaissances d’autres peuples s’amplifient continuellement. Les immigrés arrivent en masse en Europe. Notre acceptation de la diversité est constamment mise à l’épreuve N’avons-nous pas à accepter, à aimer notre prochain qui ne pense pas comme nous, qui n’agit pas comme nous ? N’avons-nous pas à accepter des déplacements qui nous propulsent dans un milieu tout à fait différent de celui auquel nous sommes habituées ? Chaque culture a sa valeur.
Pendant la Renaissance, un esprit humaniste se déploie et se propage, grâce au développement de l’imprimerie. Angèle, qui n’a jamais été à l’école, est avide de lectures. Tout son temps libre y passe, nous dit Gallo. Ce qui l’intéresse surtout ce sont les commentaires de l’Ecriture Sainte, des Pères de l’Eglise, la vie des Saints. Ses Ecrits sont un tissu de citations tirées de ces trésors, de phrases qu’elle a ruminées dans la prière et assimilées. Elle se fait ainsi une vaste synthèse personnelle dans le domaine de la foi et de l’Ecriture Sainte, si bien qu’elle est consultée, qu’on l’interroge, qu’elle arrive à faire des exposés « savants et spirituels » qui durent parfois une heure. Elle maîtrise même le latin, au grand étonnement de ses contemporains. Aujourd’hui, la simple lecture ne suffit plus comme source de connaissances. Nous sommes à l’ère de l’Internet. Si Angèle Merici avait vécu aujourd’hui, elle aurait utilisé l’ordinateur. Ceci nous invite à nous émerveiller des découvertes que le génie humain a pu produire, à les utiliser à bon escient, à en faire une source d’évangélisation pour nos frères.

Le prophétisme déployé par Sainte Angèle Merici met en question certains maux de son époque :
Devant l’injustice sociale et le contraste inouï entre quelques familles riches, quelques marchands aisés, et des foules de pauvres, elle ne va pas, comme son contemporain Saint Jérôme Emilien, fonder des orphelinats pour les centaines d’enfants abandonnés qui parcourent en bande les rues des villes, ni comme une autre bresciane, Laura Gambara, fonder un asile pour les prostituées et mères célibataires. Non, tout simplement elle encourage les riches dames de l’aristocratie bresciane à se mettre au service des humbles filles d’artisans et ouvriers de son Institut. Elle réagit au luxe et au faste de la Renaissance par une vie personnelle de pauvreté rigoureuse dans l’habitat, l’habillement, l’alimentation. Aujourd’hui, interpellées par les souffrances des pauvres du quart-monde et du tiers- monde, ne sommes-nous pas appelés à servir le pauvre et l’exclu, à mener une vie plus sobre, à favoriser la justice et la paix pour tous ? La simple attention aux besoins spirituels de nos contemporains ne suffit plus. Il faut prendre en considération tout leur être, y compris les dimensions socio-économiques de l’existence.
Du temps d’Angèle Merici, comme souvent aujourd’hui, la corruption est généralisée parmi les grands. Ste Angèle suggère de faire des cadeaux et de montrer de l’amabilité pour détourner par ce moyen la créature du mal et du vice, et la porter au bien et aux bonnes moeurs, ou au moins à un plus grand progrès spirituel (9e Legs, 11).
Aujourd’hui, l’utilisation à bon escient de nos ressources matérielles peut aider jeunes et adultes à trouver le chemin de la foi, à mieux connaître et aimer Celui qui les sauve. Offrir des livres et des revues adaptées, payer une session, une retraite, un pèlerinage à un jeune en recherche sont des moyens qui peuvent donner toute une nouvelle orientation à sa vie.

Le prophétisme de l’implantation de l’Eglise :
Devant l’ignorance religieuse et la carence de la catéchèse, Sainte Angèle est poussée à lire, à s’instruire, a éclairer, à expliquer, à approfondir. Elle ne critique personne ; elle agit seulement avec douceur et conviction. Aujourd’hui devant 1’ignorance religieuse ne sommes nous pas appelés à approfondir notre foi ? à la partager tout simplement avec ceux que nous côtoyons ? à étudier les grands problèmes éthiques qui se posent afin d’être à même de donner une réponse claire et nuancée à ceux qui nous interrogent ?

Le tissu ecclésial se défait :
La Réforme bat en brèche la foi de la chrétienté et la divise. L’autorité de l’Eglise, souvent assumée par des ambitieux, des incapables ou même des indignes, est contestée. L’agir chrétien est critiqué, délaissé, en faveur d’un humanisme païen. Messe et Sacrements, culte de la Vierge et des Saints, fidélité dans le mariage et célibat dans le sacerdoce et la vie religieuse - tout est objet de discussions, de mépris, de moqueries. Angèle, de son côté, ne critique personne. Elle prie et fait prier pour que Dieu n’abandonne pas son Église, mais veuille la réformer comme il lui plaît (Av. 7, 24). Elle recommande de ne pas s’attarder aux nouveautés doctrinales, qui passeront et tomberont d’elles-mêmes, mais de vivre une vie nouvelle, dans la fidélité aux usages de l’Église établis et confirmés par tant de saints sous l’inspiration de l’Esprit-Saint (Av. 7 22). Elle-même en donne l’exemple et demande à ses filles de vivre à contre-courant, par leur fréquentation des Sacrements et leur docilité à l’Église et à sa doctrine. Aujourd’hui, au milieu des thèses philosophiques et théologiques qui divergent, même au sein de notre Église catholique, ne sommes-nous pas appelées, à laisser de côté les discussions stériles, à vivre, surtout, d’une vie nouvelle ?à être des semeuses d’Evangile, afin que la Parole de Dieu fructifie dans le cœur de nos contemporains ?

Le prophétisme de l’avenir :
Le prophétisme d’Angèle Merici prévoit l’avenir que Dieu destine à la Compagnie. Elle lui donne des structures en avance sur son temps. Elle innove à partir des besoins et des appels qu’elle perçoit autour d’elle :
Les Ordres religieux sont souvent décadents : elle va proposer une vie de consécration dans le monde, mais avec des règles et des structures semblables à celles de la vie religieuse. Son œuvre donnera donc naissance, avec le temps, aux Ursulines séculières ainsi que religieuses.
La femme est souvent minorisée, sous l’autorité d’un père ou d’un mari, la congrégation religieuse sous l’autorité d’une branche masculine. Elle va donner à son Institut un gouvernement féminin, en écrivant une Règle pour des femmes. Angèle va confier le bien et l’organisation temporelle de la Compagnie à des veuves, car selon le droit en vigueur à Brescia, seule la veuve, héritière de son mari, avait des droits reconnus : elle administrait ses biens librement et jouissait d’une pleine autorité dans sa maison. Angèle fera reconnaître les droits civiques des membres de la Compagnie, avec leur droit de posséder et d’hériter.
Sainte Angèle Merici va collaborer avec des laïcs, en établissant un groupe d’hommes chargés de la protection légale et juridique des membres de la Compagnie. Ce sont eux qui doivent intervenir si l’une ne reçoit pas son salaire, une autre, l’héritage auquel elle a droit.
Aujourd’hui, ne sommes-nous pas appelées à notre tour à défendre les femmes exploitées et minorisées, en leur assurant par l’éducation un avenir qui leur permette de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille ? Ne voyons-nous pas de nombreux laïcs nous entourer pour vivre de notre spiritualité, partager notre charisme, nous aider dans nos œuvres apostoliques ?

Le prophétisme de l’universalité
La Compagnie, selon Angèle Merici, devait durer jusqu’à la fin des temps.
Tenez ceci pour certain que cette Règle est directement plantée par sa sainte main, et qu’il n’abandonnera jamais cette Compagnie tant que le monde durera. Car si c’est lui en premier qui l’a plantée, qui donc pourra la déplanter ? Croyez-le, ne doutez pas, ayez une foi ferme qu’il en soit ainsi. Je sais ce que je dis. (Dernier Legs 6-12).

Sainte Angèle avait-elle prévu l’internationalité de son œuvre ? Peut-être. En tout cas, elle la souhaitait. Elle sut donner à ses filles des conseils d’adaptation, fondée sur la prière, la consultation, la réflexion. Elle ne craignait pas les changements, les évolutions de son œuvre. Tout cela n’était-il pas dans le plan de Dieu, fruit de l’Esprit-Saint ? Aujourd’hui, avec nos fondations missionnaires en dehors de notre pays, n’avons-nous pas à tenir compte d’autres manières de vivre la vie ursuline, selon des cultures différentes ?

Conclusion :

La personnalité humaine et religieuse d’Angèle Merici, forgée en temps de crise, donne des réponses pour des temps de crise. Angèle cherche l’essentiel, le durable. Elle leur donne la préférence sur l’immédiat. Ne l’a-t-on pas vue, à Venise, puis à Rome refuser un poste avantageux qui lui était proposé, à la tête des « œuvres pies » ? Certes, les besoins sociaux étaient criants, demandaient une réponse urgente. Pourtant, dans le trouble et le désarroi de la Renaissance, Angèle a cherché à répondre avant tout au besoin le plus urgent de son époque : la faim de Dieu. C’était sa façon à elle d’être missionnaire dans son milieu.
Aujourd’hui, dans notre monde en quête de sens, il faudrait d’autres « Angèle » pour répondre à l’insatisfaction métaphysique de nos contemporains, leur dévoiler le sens de la vie, leur faire découvrir les valeurs fondamentales de l’existence, les aider à rencontrer Jésus-Christ, envoyé par le Père pour nous faire entrer dans une éternité d’amour. Angèle Merici peut nous y aider par son exemple et son enseignement.

La méditation de ses Ecrits nous permet d’y découvrir tour à tour :

  • un chemin de prière et d’intériorité.
  • un éclairage et un soutien pour la foi.
  • des motifs d’espérer et de faire confiance.
  • une sagesse qui aide à discerner en temps de crise.
  • une manière d’être qui facilite la communication.
  • une voie pour progresser dans la vie chrétienne.
  • un résumé de toutes les vérités essentielles de notre Credo.
  • des repères pour reconnaître les vraies valeurs.

Chacun de ces aspects mériterait d’être approfondi et pourrait faire l’objet d’un long développement. Surtout, Angèle, comme une lumière, éclaire la route à suivre pour nous laisser irradier par l’amour de Dieu et nous engager à Le faire connaître. N’est-ce pas là sa contribution à l’apostolat missionnaire dans l’Eglise d’aujourd’hui ?

Charisme missionnaire de Sainte Angèle Merici

Questions pour la réflexion et les travaux de groupe

  • 1. Le charisme missionnaire d’Angèle est vaste.
    Quelles sont les formes de ce charisme qui vous interpellent personnellement ?
    Comment les vivez-vous ?
  • 2. Pouvez-vous partager une expérience de ce charisme qui vous a été particulièrement significative ?
  • 3. A votre avis, quelles sont les formes de charisme missionnaire qui sont appelées à être prophétiques dans notre monde d’aujourd’hui ?
    dans celui qui vous entoure ?

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