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Célébration de la canonisation de Marie de l’Incarnation

Dimanche 12 octobre 2014, Place Saint-Pierre…


Des Ursulines de tous les pays se sont donné rendez-vous, Place Saint-Pierre, pour la célébration de la canonisation de Marie de l’Incarnation Guyart et de Mgr François de Laval, deux Français qui ont quitté leur pays pour « La Nouvelle France », deux « géants de la foi et de la vie missionnaire » comme le dit le cardinal Lacroix en remerciant le Pape François !
La célébration est à 10h, mais il est conseillé d’arriver à 7h30, Place Saint-Pierre ! Et l’entrée se fait paisiblement, chacun(e) ayant le « pass » nécessaire que nos Sœurs du Généralat sont allées chercher au Vatican, en temps voulu (Merci !).
Long cheminement permettant de retrouver de « vieilles » connaissances parmi les Ursulines de l’Union canadienne, les Ursulines italiennes, polonaises, slovaques, slovènes, anglaises, américaines, indonésiennes et françaises, les Sœurs du noviciat international, etc.
C’est un bonheur de nous rencontrer ainsi grâce à Ste Marie de l’Incarnation…
Nous entrons paisiblement dans Saint-Pierre et sommes « placées » selon la délégation que nous représentons : une délégation officielle autour du Cardinal Lacroix (Québec) : 150 personnes, les délégations d’Ursulines de l’Union romaine (75), d’autres délégations du Canada (65), le Prytanée de La Flèche (85)… Saint François de Laval en est un ancien élève ; des amis canadiens, vivant à Rome ou de passage à Rome, etc.

Voici l’homélie du pape François pendant la Célébration d’action de grâce  :
Nous avons écouté la prophétie d’Isaïe : « Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages… »
(Is 25, 8). Ces paroles, pleines de l’espérance de Dieu, indiquent le but, montrent l’avenir vers lequel nous sommes en chemin. Sur cette route, les saints nous précèdent et nous guident. Ces paroles esquissent aussi la vocation des hommes et des femmes missionnaires.
Les missionnaires sont ceux qui, dociles à l’Esprit Saint, ont le courage de vivre l’Évangile. Et aussi cet Évangile que nous venons d’entendre : « Allez donc aux croisées des chemins » – dit le roi à ses serviteurs (Mt 22, 9). Et les serviteurs sortirent et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvaient,
« les mauvais comme les bons », pour les conduire au banquet des noces du roi (cf. v. 10).
Les missionnaires ont accueilli cet appel : ils sont sortis pour appeler tous les gens, aux carrefours du monde ; et ainsi ils ont fait beaucoup de bien à l’Église, parce que si l’Église s’arrête et se ferme, elle tombe malade, on peut la corrompre, aussi bien par les péchés que par la fausse science séparée de Dieu, qu’est le sécularisme mondain.
Les missionnaires ont tourné leur regard vers le Christ crucifié, ils ont accueilli sa grâce et ils ne l’ont pas gardée pour eux. Comme saint Paul, ils se sont faits tout à tous ; ils ont su vivre dans la pauvreté et dans l’abondance, être rassasiés et souffrir de la faim ; ils pouvaient tout en celui qui leur donnait la force (cf. Ph 4, 12-13). Et avec cette force de Dieu, ils ont eu le courage de “sortir” sur les routes du monde mettant leur confiance dans le Seigneur qui appelle. Telle est la vie d’un missionnaire, d’une missionnaire… Et pour ensuite finir loin de la maison, loin de sa propre patrie ; tant de fois tués, assassinés ! Comme c’est arrivé, ces derniers jours, à tant de nos frères et sœurs.
La mission évangélisatrice de l’Église est essentiellement annonce de l’amour, de la miséricorde et du pardon de Dieu, révélé aux hommes dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ.
Les missionnaires ont servi la mission de l’Église, en rompant le pain de la Parole aux plus petits et aux plus éloignés et en portant à tous le don de l’amour inépuisable, qui jaillit du cœur même du Sauveur.
C’est ainsi que furent saint François de Laval et sainte Marie de l’Incarnation. Je voudrais vous laisser en ce jour, chers pèlerins canadiens, deux conseils : ce sont des extraits de la Lettre aux Hébreux, mais en pensant aux missionnaires, ils feront beaucoup de bien à vos communautés.
Le premier est celui-ci, voici ce que dit la parole de Dieu : « Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi » (13, 7). La mémoire des missionnaires nous soutient au moment où nous faisons l’expérience de la rareté des ouvriers de l’Évangile. Leur exemple nous attire, nous pousse à imiter leur foi. Ce sont des témoignages féconds qui engendrent la vie !
Le second est celui-là : « Souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances… Ne perdez pas votre assurance ; grâce à elle, vous serez largement récompensés. Car l’endurance vous est nécessaire… » (10, 32.35-36). Rendre hommage à qui a souffert pour nous porter l’Évangile signifie livrer nous aussi la bonne bataille de la foi, avec humilité, douceur et miséricorde, dans la vie de chaque jour. Et cela porte du fruit. La mémoire de ceux qui nous ont précédés, de ceux qui ont fondé notre Église. Quelle Église féconde que celle du Québec ! Féconde de tant de missionnaires, qui sont allés partout. Le monde a été rempli de missionnaires canadiens, comme eux deux. Maintenant un conseil : que cette mémoire ne vous amène pas à abandonner la franchise.
N’abandonnez pas le courage ! Peut-être… Non, non, pas de peut-être : c’est vrai ! Le diable est envieux et ne tolère pas qu’une terre soit aussi féconde de missionnaires. Prions le Seigneur pour que le Québec revienne sur cette route de la fécondité, de donner au monde tant de missionnaires. Et ces deux-là qui ont – pour ainsi dire – fondé l’Église du Québec, qu’ils nous aident comme intercesseurs, que la graine qu’ils ont semée pousse et donne du fruit avec de nouveaux hommes et femmes courageuses, clairvoyants, avec le cœur ouvert à l’appel du Seigneur.
Aujourd’hui on doit demander cela pour votre patrie ! Et eux, depuis le ciel, seront nos intercesseurs. Que le Québec redevienne cette source de bons et saints missionnaires.
En cela se trouve la joie et le mot d’ordre de votre pèlerinage : faire mémoire des témoins, des missionnaires de la foi dans votre terre. Cette mémoire nous soutient toujours sur le chemin vers l’avenir, vers le but, quand « le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages … ».
« Exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés » (Isaïe 25, 9).

octobre 2014
Canonisation Marie de l’Incarnation
Homélie du Pape François

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