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Augustin, ou le Maître est là

Augustin, ou le Maître est là, Joseph Malègue, inspirateur méconnu du pape

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Sorti de l’oubli par le pape François, celui qui fut surnommé « le Proust catholique » a captivé deux générations de catholiques en décrivant l’affrontement entre l’ordre ancien et la société moderne.

Le 14 avril, à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, à Rome, le nouveau pape François, élu depuis tout juste un mois, appelait les baptisés à la sainteté en évoquant un « auteur français » à l’origine de l’expression « classes moyennes de la sainteté ».
En quelques clics, les curieux ont pu remonter à la source : Joseph Malègue (1876-1940) sortait alors de l’anonymat où il était relégué depuis bientôt deux générations en dépit, ou peut-être en raison, de son surnom : « le Proust catholique ».
Celui qui avait passionné Paul VI aussi bien que le P. Ambroise-Marie Carré n’a en effet publié que deux livres, certes massifs : Augustin ou Le Maître est là, en 1933, et le second, posthume, Pierres noires - Les Classes moyennes du Salut.
Augustin, ou le Maître est là.
Le héros, Augustin Méridier, passe du calme d’une enfance cantalienne plus que protégée à une crise spirituelle violente, hantée par le modernisme.
Reçu premier à Normale-Sup, le jeune Auvergnat est tiraillé entre la recherche scientifique des preuves de l’existence de Dieu et la violence de sa présence.
Bouleversé par Pascal, il sait que seule sa raison sera capable de transformer sa foi d’enfant, modelée par sa mère, en une foi adulte.
Autour de lui, il observe, avant l’heure, la perte généralisée du sacré dans la vie publique. Et s’attache au précepte augustinien : Credo ut intellegam, intellego ut credam. (« Je crois pour comprendre, je comprends pour croire »). Il sera suivi, plus tard, par Jean-Paul II, qui intitulera ainsi les deuxième et troisième chapitres de son encyclique Fides et Ratio (La Foi et la Raison).
« Loin que le Christ me soit inintelligible s’il est Dieu, c’est Dieu qui m’est étrange s’il n’est le Christ. »
En théologien laïc, au fil de plus de 900 pages, Augustin tente de construire une réponse cohérente et individuelle, traditionnelle mais pas traditionaliste, à la crise moderniste. Il se demande pourquoi les hommes n’ont pas tous la passion de l’absolu.
Outre la pratique quotidienne des Écritures, ce sont deux femmes, sa mère et sa sœur Christine, qui permettront à Augustin de maintenir noué le fil spirituel de sa vie, jusqu’à sa mort en sanatorium. Parce que, dans ce roman, Écritures et femmes, chacune à leur façon, sont reliées à Dieu.
Si comparaison n’est pas raison, l’éclipse de Dieu dont s’affole Augustin est bien celle dont s’angoissait Benoît XVI. La « pauvre âme » d’Augustin, « contradictoire et ravagée », si difficile à saisir « parmi ses caprices de sensibilité, ses sautes de sujets, cette suite continue d’excitations et de fatigues, d’argumentations et d’affaissements, de refus et de désirs », n’est-elle pas notre âme contemporaine ? C’était en tout cas la conviction de Paul VI, qui avait confié à Jean Guitton : « C’est notre propre histoire de l’âme qui y est racontée. »
Pour sa part, le cardinal Bergoglio, en 1995, dans un discours à l’université de Buenos Aires, reprenait cet extrait d’Augustin : « Loin que le Christ me soit inintelligible s’il est Dieu, c’est Dieu qui m’est étrange s’il n’est le Christ. »

D’après Wikipedia, Marie-Bruno Dufossé, Août 2014

Joseph Malègue, inspirateur méconnu du pape

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