Bouton Menu Mobiles

Accueil > Agir > Lire ensemble > Aragon et d’Ormesson

Aragon et d’Ormesson

ARAGON et d’ORMESSON

C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit
D’autres viennent Ils ont le cœur que j’ai moi-même
Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s’éteignent les voix

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
Il y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont chez eux
Comme si ce n’était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre...

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

Louis Aragon
extrait de Les yeux et la mémoire (1954), chant II : Que la vie en vaut la peine

Ce poème d’Aragon qui a offert à Jean d’Ormesson le titre de plusieurs de ses livres ne résume-t-il pas finalement le message de « l’académicien préféré des français » (La Vie N° 3771) ?
« Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ! » Jusqu’à ses derniers jours, Jean d’Ormesson a aimé la vie, la lumière, la beauté. S’il est philosophe, c’est dans sa capacité d’étonnement et d’émerveillement. Il admire, il questionne sans se lasser. Si sa foi bascule parfois, son espérance l’emporte : « …et la mort elle-même ne peut rien contre moi ! »
Toujours jeune à 92 ans, « il est devenu, écrit l’éditeur Jean-Luc Barré, une sorte d’éclaireur, un éveilleur de conscience, dans un monde désenchanté. Jean d’Ormesson répond à notre besoin de lumière dans une période obsédée par le déclin et l’impuissance. Il entonne un chant d’espérance, sans pour autant effacer la part de mélancolie et de chagrin qui nous habite. Il ne cesse de nous rappeler la beauté du monde. Comme une invitation à le célébrer avec lui. »
Dans l’attente de son livre posthume « Et moi, je vis toujours. » en Février 2018, pourquoi ne pas lire ou relire son testament spirituel :
« Comme un chant d’espérance » Ed. Héloïse d’Ormesson Juin 2014

Marie-Bruno Dufossé Décembre 2017

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.