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Angèle réconciliatrice

Sainte Angèle Merici,
réconciliatrice et
réconciliée avec les autres

Les réconciliations qui nous sont les plus difficiles sont celles que nous devons effectuer avec les autres. Le Christ n’a-t-il pas dit que cette réconciliation est plus importante que de venir offrir des sacrifices au Temple ? Si tu te souviens que ton prochain a quelque chose contre toi, va d’abord te réconcilier avec lui. Ensuite tu iras porter ton offrande au Temple.
Comment Sainte Angèle Mérici a-t-elle vécu la réconciliation avec les autres ?
Que nous dit-elle à ce sujet dans ses Écrits ?
Ce sont les deux points que nous examinerons ensemble.

I. Réconciliation avec les autres dans la vie d’Angèle Merici

1 - Ceux de son entourage
Quelle réconciliation avec sa soeur aînée, malgré toutes ses étourderies et espiègleries ? Les avis sont partagés. Certains biographes disent que cette soeur imitait Sainte Angèle Mérici dans sa vie de prière et de renoncement. Mais les faits sont là : Giovanni Merici a dû payer des amendes à la commune à plusieurs reprises après que sa fille eut pris des sarments de bois et des olives, du raisin, du seigle, des pieux dans les propriétés des voisins. La réconciliation définitive d’Angèle Merici avec sa soeur, semble s’être faite après sa mort, lorsque celle-ci lui eut apparu toute heureuse et triomphante dans son bonheur éternel. Parfois nous portons en nous des blessures ou des regrets, portant sur des paroles ou des gestes peu charitables avec des personnes maintenant dans leur éternité. Elles ne sont plus là pour qu’on puisse leur demander pardon ni leur accorder notre pardon ! L’expérience d’Angèle nous montre que dans l’au-delà, tout est effacé, tout est vécu dans l’amour et dans la joie. La souffrance que nous aurions pu causer ou que nous avons ressentie n’existe plus ; l’autre ne peut que nous regarder avec amour.

Sainte Angèle Mérici a dû chercher à se réconcilier avec sa famille salodienne, dont le train de vie était si différent de ce qu’elle avait connu à Desenzano ! Nous avons vu comment elle réagissait, en prenant sur elle des travaux fatigants et en entrant résolument dans le Tiers-Ordre de Saint François, afin de justifier son attrait pour la prière et pour une vie pauvre. Sa famille a dû garder un bon souvenir d’Angèle Merici, malgré quelques mouvements de colère relatés par Bellintani, car lors du pèlerinage en Terre Sainte, son cousin, Bartolomeo Biancosi, l’a volontiers accompagnée, et probablement assumé les frais du voyage, car il était considéré comme un des citoyens les plus riches de Salo.

Elle a réussi à se réconcilier un lointain neveu. Stefano Bertazzoli, jeune étudiant en droit à Padoue, venu par curiosité ou par amusement rendre visite à cette tante si pieuse. Bellintani nous raconte que c’est Sainte Angèle Mérici qui s’est amusée devant les habits un peu extravagants du jeune homme. Certes, cela n’a pas blessé ce dernier, car la suite du récit nous indique que les deux ont parlé très sérieusement, et si profondément que Stefano, de retour à Padoue, a laissé le droit civil et a commencé des études de droit canonique. Il devint un prêtre zélé et fervent, spécialement attentif aux malades et aux pauvres.

Angèle a réussi à se réconcilier toutes les classes de la société, aussi bien les riches veuves de la société bresciane que les gens les plus humbles. N’a-t-elle pas choisi comme témoins lors du premier Chapitre Général de la Compagnie, un cordonnier, un chapelier et un porte-faix de son quartier ? Elle accueillait avec la même amabilité le jeune menuisier Bertolino Boscoli, venu lui raconter ses secrets, que le diplomate Giacomo Chizzola qui cherchait auprès d’elle des conseils pour vivre sa profession en vrai chrétien. Elle avait réussi à gagner la sympathie du marchand Antonio Romano ainsi que de l’humaniste Agostino Gallo. La petite paysanne d’autrefois s’était gagné l’amitié du Duc de Milan, Francesco Sforza, qui se considérait comme son fils spirituel. Elle avait provoqué l’estime du Pape Clément VII, qui semble ne pas avoir été offusqué par le fait qu’elle ait décliné l’invitation à rester à Rome pour s’occuper des malades et des pauvres. Elle s’est même réconciliée Pandolfo Nassino, chroniqueur de la ville de Brescia, qui ne manquait pas de pointes acerbes vis-à-vis de son entourage. Lorsqu’il s’est agi d’Angèle, il n’a rien trouvé de négatif à lui reprocher. C’est à lui qu’on doit cette phrase révélatrice : Cette mère soeur-Angèle prêchait à tous la loi au Dieu très haut, de telle sorte que tous s’attachaient à elle.

Sainte Angèle Mérici était aussi connue comme réconciliatrice. Ne l’avait-on pas vue oser se présenter au Prince Louis de Castiglione, réputé dur et autoritaire, pour plaider le retour d’un serviteur (ou d’un membre de sa famille) qu’il avait banni et dont il avait confisqué tous les biens ? Le succès d’Angèle Merici en réconciliant ainsi un patron et son serviteur fit grand bruit. Romano nous dit que d’autres petites gens, nombreux, eurent recours à elle pour plaider leur cause auprès des grands.

Nous connaissons une autre réconciliation retentissante, celle de deux nobles brescians, Francesco Martinengo et Filippo Sala, qui avaient décidé de se battre en duel. Alors que les responsables politiques avaient échoué l’un après l’autre, Sainte Angèle Mérici a réussi à les pacifier. Quelle était la cause de leur dissension ?

Probablement une affaire d’argent, car dans les registres civils, nous avons trouvé que l’un avait une dette importante vis-à-vis de l’autre. Sainte Angèle Mérici a-t-elle insisté sur d’autres valeurs ? Tous les deux étaient mariés et pères de famille. Toujours est-il qu’après avoir prié, elle est allée trouver chacun séparément. Elle a même réussi à calmer leur antagonisme, si bien qu’ils se sont entendus dans la suite.

Agostino Gallo nous révèle qu’Angèle Merici avait un don particulier pour réconcilier les familles : époux, parents, enfants, frères et soeurs. Malheureusement il ne nous indique aucun cas précis qui nous aurait intéressé, probablement par discrétion.

Cette capacité de réconciliation Sainte Angèle Mérici l’a surtout exercé à l’égard des matrones de la Compagnie. Si nous les examinons l’une après l’autre, nous constatons de grandes divergences entre elles :
- Lucrezia Lodrone n’était pas bresciane et ne provenait pas d’une famille aristocratique. Elle avait réussi à épouser le Conte Ettore Lodrone dont elle eut un fils, militaire comme son père. Son mari mourut en 1525.
- Ginevra Luzzago appartenait à la plus haute aristocratie bresciane. Veuve à 31 ans avec 7 enfants, elle se trouva la riche héritière de tous les biens de son mari. Elle consacra, d’ailleurs, une bonne partie de sa fortune à aider la compagnie naissante et lui légua par testament sa propre maison, afin de permettre aux soeurs qui le désiraient de vivre ensemble.
- Maria Avogadro n’avait que 29 ans lorsqu’elle devint matrone de la Compagnie. C’était une des plus jeunes. Elle avait 5 filles, dont deux entrèrent au monastère de la Paix à Brescia ; une autre devint Vierge de Sainte Ursule. Il s’agit donc d’une famille très engagée dans la vie chrétienne.
- Veronica di Buzzi avait épousé, sur le tard, un veuf de 31 ans plus âgé qu’elle. Son mari mourut, d’ailleurs, cinq ans après leur mariage. Son unique fille devint elle aussi Vierge de Sainte Ursule.
- Giovanna di Monti, la plus âgée, était restée veuve avec sept enfants de 15 mois à 15 ans. Elle aussi avait de grands biens : elle a pu engager un prêtre comme précepteur de ses enfants, en plus d’une nourrice pour le plus jeune et deux servantes.
- Orsola di Gavardi, une des plus âgées, commença son rôle de matrone à 42 ans. Elle possédait de nombreuses propriétés et avait à sa charge quatre domestiques et un précepteur pour ses trois enfants.
- Elisabetta Prato n’était pas d’origine aristocratique. Son père était fabricant de chaudrons. Elle n’eut pas d’enfants. C’est elle qui prêta à Angèle un vaste local aujourd’hui détruit, où elle pouvait réunir ses filles au centre de la ville.

Nous pouvons donc constater parmi ces veuves, des différences de niveau social, d’âge, de charges familiales, de fortune. Ajoutons à cela que certaines de ces familles étaient en lutte ouverte les unes avec les autres : haine et vengeance, règlements de compte, actes de violence, étaient leur pain quotidien. Mais... ces veuves avaient toutes en commun la souffrance de la mort de leur mari. Elles avaient toutes pu trouver auprès d’Angèle Merici encouragement et réconfort. Celle-ci a su discerner entre ces femmes un fil conducteur commun, malgré leurs divergences, c’est-à-dire, un sincère attachement au Seigneur, un désir de Lui plaire et de s’engager d’une manière positive dans leur entourage. Le langage de foi qu’Angèle leur adresse dans son Testament révèle à quel niveau elle les avait stimulées à vivre leur engagement de chrétiennes et de "mères" de la Compagnie.

2 - Réconciliation avec ceux qui étaient opposés à Angèle

Quelle réconciliation Sainte Angèle Mérici a-t-elle pu vivre avec ceux qui lui étaient opposés ? Elle en signale trois. les personnes "mondaines", fussent-ils prêtres ou religieux, les "hérétiques", et les parents ou employeurs qui mettaient en danger la vocation d’une des soeurs. Cozzano ajoute encore ceux qui s’opposaient à la Compagnie par leurs critiques et leurs moqueries. Comment Angèle a-t-elle réagi à leur égard ? Nous pouvons le déduire des conseils donnés à ses filles, car la première elle a montré l’exemple. N’avait-elle pas demandé que ce que vous voulez qu’elles fassent, faites-le d’abord vous-mêmes (Av 7, 2) ? Angèle réagit avec vigueur et fermeté, voulant se réconcilier avec les exigences plus grandes de l’Évangile.

Vis-à-vis des personnes "mondaines", hommes ou femmes, Sainte Angèle Mérici est catégorique : Il faut les fuir et ne pas se complaire en leurs bavardages : pas de rapports avec des femmes de mauvaise vie (R 3, 1) : pas non plus fréquenter des femmes oisives et auxquelles il déplaît de vivre chastement et qui aiment volontiers entendre parler de vanités et de plaisir mondain. (Av 7, 4.-5).

A tout prix il faut éviter messages secrets et familiarité avec des hommes, jeunes ou moins jeunes, même sous prétexte d’échanges spirituels, car l’expérience a montré que ceux-ci peuvent dégénérer : Que pour rien au monde on n’écoute des messages d’hommes ou de femmes, surtout en secret (R 3 2) ... veillez spécialement à ce qu’elles n’entrent pas en familiarité avec des jeunes gens, et aussi avec d’autres hommes, fussent-ils spirituels, car trop de familiarité spirituelle avec des hommes se change presque toujours en familiarité charnelle (Av 7, 2-3). Sainte Angèle Mérici en avait vu de tristes exemples, comme nous aujourd’hui...

Sainte Angèle Mérici demande aussi d’agir avec prudence et discernement à l’égard de confesseurs ou autres religieux qui, par leurs avis, sous prétexte de bons conseils cherchent à détourner les jeunes de leur vocation (Av 7, 6, 11). Vous comme moi, vous avez probablement subi l’assaut de prêtres, téléguidés ou non par les familles, pour nous montrer qu’il serait bien plus important de fonder une bon foyer et d’élever chrétiennement des enfants que de s’enfermer dans un couvent ! Ajoutons à cela que du temps d’Angèle, beaucoup de jeunes de la Compagnie étaient illettrées et donc plus influençables...

Angèle ne condamne pas les hérétiques, prédicateurs ou autres personnes qui prêchent des nouveautés étrangères à l’usage commun de l’Église (Av 7, 12-13), mais elle recommande à leur égard un respect prudent : Considérez chacun comme bon, mais soyez prudentes pour votre bien à vous (v. 19-20). Cette prudence consistera à éviter d’écouter de telles personnes (v. 15). ou d’avoir des familiarités avec eux (v. 17). Angèle Merici propose même de les ignorer : Quant aux autres opinions qui surgissent actuellement, et qui surgiront, laissez-les tomber comme des choses qui ne vous regardent pas (v. 23). Nous pouvons vérifier le réalisme de cette dernière parole : combien d’opinions théologiques qui faisaient rage il y a 20, 30 ans, ne sont plus évoquées aujourd’hui, sinon dans des traités savants d’histoire. Elles font déjà partie du passé.

Quant aux parents ou employeurs qui mettent en danger la vocation d’un membre de la Compagnie, Angèle Merici rappelle que ceux-ci s’étaient mis d’accord avec les Supérieurs avant l’entrée de l’une d’elles : Les gouvernantes et les gouverneurs de la Compagnie pourront, eux aussi, parler avec eux, afin qu’ils n’aient aucun motif légitime si, plus tard, par hasard, ils voulaient l’empêcher d’entrer sous cette sainte obédience (R 1, 7). Néanmoins, il arrivait que les promesses ne soient pas tenues. En ce cas, Sainte Angèle Mérici demande une intervention énergique et rapide : Si leurs mères ou d’autres de leurs supérieurs séculiers voulaient les induire à ces périls ou bien les empêcher de jeûner, de prier, de se confesser ou de faire quelque autre sorte de bien, qu’elles en réfèrent tout de suite aux gouvernantes de la Compagnie afin que celles-ci y pourvoient (R 3 8-10). Et si vous voyez qu’elles tardent à y pourvoir, usez d’instances.. et, en ce cas, soyez même de ma part importunes et ennuyeuses (Av 4 ,4-5).

Sainte Angèle Mérici ne nous parle pas expressément de ceux qui s’opposaient à la Compagnie. C’est par Cozzano que nous savons que plusieurs reproches lui étaient faits. L’on entendait :
- Le Baptême est suffisant ; pourquoi chercher davantage et mener cette vie si différente des autres
- Pourquoi vouloir faire autrement que les grands fondateurs d’Ordre religieux comme Benoît, François et Dominique ?
- Cette Compagnie n’attire que de petites gens pauvres et sans éducation. On voit bien que les familles influentes n’y confient pas leurs filles !

Nous n’avons pas de trace de la manière dont Sainte Angèle Mérici répondait à ses accusations, voire ces calomnies. Quelques vagues références nous font comprendre que ces agissements sont pour elle des manifestations de l’esprit du mal, de l’esprit du monde, ce monde misérable et trompeur où... il y a toutes sortes de choses malheureuses et mesquines (Av 5, 4-5). Considérez que le démon ne dort jamais, mais qu’il cherche notre ruine de mille manières. Alors soyez sur vos gardes, et surtout... qu’elles soient unies de coeur et de volonté (T 10, 5). Je vous le dis, étant ainsi unies de coeur toutes ensemble, vous verrez comme une forteresse, ou une tour inexpugnable contre toutes les adversités et persécutions... (Dern Av 15-17). Pour Angèle, le moyen le plus efficace de lutter contre une hostilité ambiante, voire de se réconcilier celle-ci, c’est de se soutenir mutuellement, de s’entre aider et de vivre unies.

II. Conseils de réconciliation

1. Au sein de la Compagnie
Il s’agit d’abord de vivre la réconciliation au sein de l’Institut, afin de donner le témoignage que cette réconciliation est possible et signe de la présence de Dieu. Ensuite, les soeurs sont engagées à vivre réconciliées avec leur entourage.

a - Vivre la réconciliation au sein de l’Institut
Malgré les différences d’âge, de situation sociale, d’éducation, de tempérament, d’origine, Angèle Merici insiste particulièrement sur cette acceptation et réconciliation mutuelles : Voyez combien importe cette union et concorde. Alors désirez-la, recherchez-la, embrassez-la, retenez-la de toutes vos forces (Dern Av 10-14). Soyez liées l’une à l’autre par le lien de la charité, vous estimant, vous aidant, vous supportant (vous soutenant) en Jésus-Christ. Car si vous vous efforcez d’être ainsi, sans aucun doute le Seigneur Dieu sera au milieu de vous (Dern Av 2-3).

Angèle ne craint pas de prévenir les Soeurs d’attitudes intérieures qui nuisent à la réconciliation avec soi-même ou avec d’autres : Il s’agit de toute pensée méchante, de toute ombre d’envie et de malveillance, de toute discorde et mauvais soupçon (R 7, 7-9), Avec réalisme elle sait combien ces ruminations intérieures sont ennemies de la paix et qu’acceptées et entretenues elles conduisent inévitablement à des paroles ou des attitudes ennemies de la bonne entente.

Aux supérieures elle recommande particulièrement d’éviter tout ce qui pourrait nuire à cette unité et provoquer des réactions négatives, toute attitude de dureté ou de coercition qui empêcherait une soeur de vivre réconciliée avec elles : Veuillez vous efforcer de conduire vos filles avec amour et d’une main suave et douce, et non pas impérieuse ment et avec âpreté. Au contraire, en toute chose soyez affables. Et par dessus tout, gardez-vous de vouloir faire faire quoi que ce soit par force, car Dieu a donné à chacune le libre arbitre, et il ne veut forcer personne : mais seulement il propose, invite et conseille (T 3, 1-3 ; 8-12). Même s’il faut user de reproches et de sévérité, en lieux et temps voulus selon l’importance, la situation et le besoin des personnes : nous devons agir poussées seulement par la charité et par le seul zèle des âmes (T 3, 13-15).

b - Réconciliation avec l’entourage
L’harmonie entre les Soeurs doit porter témoignage dans ce monde de querelles et de dissensions que l’on trouve alors à Brescia. Pour rien au monde ne laissez croître une telle semence (de dissension) dans la Compagnie, parce que cette peste serait en plus un mauvais exemple pour la ville et même au-delà. (T 10, 15-16).

Lorsque les Colonelles rendent visite à leurs soeurs, Sainte Angèle Mérici les invite à une attention particulière sur ce point : les réconforter et les aider si elles se trouvaient dans quelque situation de discorde ou dans quelque autre tribulation (R 11, 9). Ce point est confié, d’ailleurs, à toutes les instances de gouvernement de l’Institut : Si elles-mêmes ne pouvaient y pourvoir, qu’elles en réfèrent aux matrones. Et si celles-ci non plus ne peuvent y remédier, qu’on veuille bien convoquer aussi les quatre hommes afin que tous ensemble collaborent pour y porter remède (R 11, 13-14).

Ordinairement, les vierges de la Compagnie doivent se trouver bien et vivre honnêtement (R 11, 28) dans leur milieu familial ou professionnel. Là, il importe avant tout qu’elles donnent un exemple de réconciliation et réparent tout ce qui de leur part aurait pu nuire à la bonne entente. C’est pourquoi, Sainte Angèle Mérici n’hésite pas de conseiller à demander pardon une fois par semaine, en signe de soumission et pour conserver la charité (R 8, 12). La mention de la soumission peut nous surprendre. Il s’agit de l’accueil de toute créature par l’amour de Dieu (R 8, 17), sans chercher à avoir raison ni à dominer l’autre. La réconciliation vise donc à vivre dans l’amour et avec amour les relations avec le prochain. Que toutes nos paroles, nos actions et nos comportements, soient toujours un enseignement et un motif d’édification pour qui aura affaire avec nous, ce qui suppose que nous ayons toujours brûlante au coeur la charité (R 9, 21- 22).

Pour Sainte Angèle Mérici, la réconciliation avec les autres est avant tout une oeuvre d’amour, de cet amour qui vient de Dieu et que nous sommes appelées à transmettre. Il se vit dans la joie, dans la confiance en Dieu, et dans la foi. Qu’elles soient joyeuses et toujours pleines de charité, et de foi, et d’espérance en Dieu (R 9 11). Cet amour se manifeste dans nos paroles ni âpres ni dures, mais aimables, portant à la concorde et à la charité (Av 5, 12), et dans notre comportement et nos actions qui doivent être humbles et aimables... animés de charité et de patience (Av 5, 17-18) rayonnant la paix et la concorde (Av 5 ,16).

Voilà le programme de réconciliation qu’Angèle nous a laissé. Il est exigeant, certes, mais pas à pas, au fur et à mesure que nous écoutons les conseils et inspirations que l’Esprit nous envoie continuellement au coeur (R 8, 14), il nous façonne à la ressemblance du Christ qui s’est dit doux et humble de coeur.

Questions d’approfondissement

  • 1. En passant en revue les différentes formes de réconciliation auxquelles Sainte Angèle Mérici nous invite, nous pouvons nous demander si nous sommes vraiment entièrement réconciliées avec les autres. Quels sont les points qui nous touchent le plus ?
  • 2. Que pensez-vous des attitudes d’Angèle face aux critiques de son entourage ?
  • 3. J’évoque des personnes avec qui je suis en relation. Qu’est-ce qu’Angèle Merici éclaire sur ma relation aux autres.

Sœur Marie Seynaeve
Ursuline de l’union Romaine

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