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Angèle présente parmi nous

Cette conférence a été donnée dans le cadre d’une retraite.

Nous allons nous mettre en prière avec Ste Angèle. Les deux tableaux qui la représentent
indiquent l’esprit de cette prière :

Tableau du Romanino
Angèle et ses filles

Le premier, de 1535-1536 environ, conservé au Brooks Museum aux Etats-Unis, la montre en prière, en contemplation amoureuse devant Jésus et sa Mère.
Son regard va loin, comme celui d’une icône. Il vise l’essentiel : la contemplation du Christ, mais du Christ qui agit : Il passe l’anneau nuptial au doigt de Sainte Catherine. Le Christ qu’elle contemple est celui qui nous invite à une relation d’épouse avec Lui. Nous y reviendrons.

Le second tableau est celui de 1540, représentant Angèle au milieu de ses filles. D’une main elle tient un livre. L’Ecriture ? La Règle ? Peut-être. De l’autre, elle pointe vers une réalité qui la dépasse. Elle indique le Christ, avec les paroles, « Jésus, mon amour et le vôtre ».

Le but de ces jours de prière est de rencontrer Celui qui est l’objet de son amour. Pour nous y aider, nous allons considérer ce soir trois aspects :

  1. Angèle est présente parmi nous, aidant nos prières.
  2. Elle est notre Mère.
  3. Elle soutient notre foi.

1° Angèle est présente parmi nous, aidant nos prières.

Pour bien comprendre le rôle d’Angèle, il nous faut revenir à la communion des Saints. Quelque chose s’est perdu dans l’Eglise depuis un certain temps. On parle des saints comme des hommes et de femmes qui ont vécu il y a longtemps, qui nous ont laissé un exemple, mais qui sont du passé. Or, les saints ne sont pas morts ; ils vivent. Si nous ne les sentons pas vivre avec nous, c’est peut-être parce que nous n’avons pas assez de foi pour entrer en contact avec eux.

Sainte Angèle est plus vivante actuellement que lorsqu’elle vivait à Brescia au 16e siècle, et elle est présente à chacune d’entre nous :

Maintenant, je suis plus vivante que je ne l’étais quand elles me voyaient corporellement ; maintenant je les vois et les connais mieux. Et je puis et veux les aider plus encore. Et je suis continuellement au milieu d’elles avec Celui-là qui m’aime, ou plutôt qui nous aime, nous toutes. (Av 5, 35-38)

Cette relation d’amour qui dans le Christ unit Angèle à ses filles, la rend présente. Sainte Angèle est avec nous ; c’est elle-même qui l’a dit. En ceci elle a un rôle de médiation. Certes, c’est le Christ qui est le médiateur. Sa médiation s’effectue en nous par l’Eglise, qui est son Corps ; elle s’effectue par les saints, parce que les saints sont un avec Lui. Angèle n’est pas une paroi, un paravent qui empêcherait la communion immédiate avec le Christ ou rendrait moins libre et moins vive notre union avec Lui. C’est en elle et par elle que la communion de ses filles avec le Christ se réalise et est vécue.

Ce ne sont pas les vertus qui comptent en premier lieu ; la première chose qui importe c’est que chacune de ses filles sache combien Angèle pense à chacune, pourvoit à chacune, la suit sur son chemin. Chacune doit savoir que maintenant Angèle se trouve au ciel, plus présente que dans sa vie sur terre, et que son amour est plus efficace.

Qu’est-ce qui se concrétise à travers ses Ecrits ? Une relation personnelle. Il est intéressant de noter que cet aspect est absent de la Règle de St François, à plus forte raison des règles d’autres fondateurs. Lorsque ceux-ci meurent, leurs règles laissent à leur institut leur pensée et leur volonté. Le premier héritage qu’Angèle lègue à ses filles est sa présence aimante, sa présence efficace et une relation vivante et réciproque avec elle.

Par sa Règle, et plus encore par les Avis et le Testament, elle prolonge la communion d’amour qu’elle avait commencée avec les filles de sa cité et qu’elle veut continuer dans la suite avec toutes celles qui la choisissent pour Mère. Communion vivante et efficace, parce qu’elles sont formées à la même école.

Ces filles qui du vivant d’Angèle, avaient appris comment aimer le Seigneur, continueront à apprendre à L’aimer grâce à cette relation d’amour qu’elles vivent avec leur Mère. Voilà donc l’enseignement le plus important des écrits de Sainte Angèle : la primauté d’un amour vivant.

Il nous faut donc raffermir notre foi en la présence vivante de Sainte Angèle et chercher continuellement à la raviver. Les Saints sont plus vivants que nous. Tant que nous sommes ici bas sur terre, nous sommes parfois plus éloignés les uns des autres que les étoiles. Mais nous sommes un dans le Christ. Les Saints sont dans le Christ et c’est dans le Christ qu’ils nous connaissent et nous aiment, peut-être plus que nous nous connaissons nous-mêmes.

Le Christ est une présence réelle, absolue, définitive. En Lui les Saints ont le charisme d’être présents, selon la mission qu’ils ont reçue pour les hommes, leurs frères. Sainte Angèle est présente à moi. Elle est certainement présente à toutes ses filles. Elles doivent être sûres de sa présence et raviver leur foi en sa présence de Mère. Elles doivent vivre un contact intime et personnel avec Sainte Angèle.

2° Angèle est notre Mère.

Peu de saintes ont eu un charisme de maternité comme Sainte Angèle. D’autres sont peut-être plus connues comme mystiques ou comme fondatrices de familles religieuses. D’autres ont laissé une trace plus profonde dans l’histoire, mais on ne trouve aucune autre qui ait le charisme de la maternité d’une manière aussi évidente qu’Angèle. Pour ce motif on peut comprendre, pourquoi, comme Saint François, elle a donné naissance à des formes si variées, religieuses et séculières, comme un arbre aux multiples branches.

Quand elle dira aux Matrones d’aimer leurs filles, de les aimer plus que si elles étaient leurs filles selon la chair, il s’agit surtout du témoignage de sa propre maternité. A travers les Avis et le Testament, elle veut entrer en contact avec toutes celles qui au cours des temps deviendront ses filles. Elle a besoin de leur communique son esprit, de les faire participer à sa mission, qui est de les former à la vie d’épouses du Fils de Dieu. Personne ne pourra la remplacer ; même après sa mort, elle reste, elle seule, la vraie Mère :

Jésus-Christ […] m’a choisie pour être mère, vivante et morte, d’une si noble Compagnie (Av 3, 4).

Pendant toute leur vie, parce que ses filles sont en chemin vers un plus grand amour, elles doivent vivre et maintenir une relation de communion avec Sainte Angèle. Il ne s’agit pas d’une référence littéraire, mais d’une référence continuelle, existentielle avec elle comme Mère. Elle nous a laissé des « mères », mais aucune d’entre elles ne peut se substituer à sa présence vivante. Ce qu’elle a dit à ses filles dans les Ecrits qu’elle leur a laissés alors, elle le dit à celles qui vivent aujourd’hui.

Elle les connaît et elle les aime. Ses Ecrits laissent entrevoir une connaissance réelle de celles que Dieu lui a données. Le lien entre Angèle et chacune de ses filles précède toute connaissance que celles-ci peuvent avoir de son enseignement, et précède toute obéissance à leur institut. Ce qui fonde avant tout leur consécration à Dieu est le fait que Dieu les appelle à Lui, les unit à Lui dans le charisme d’une mère.

Je dois être sûre que Sainte Angèle me connaît personnellement. Elle connaît mon nom, ma condition, mon tempérament, ma situation, tout ce qui me concerne. Elle a pour moi un véritable amour, une charité vive et passionnée, car je suis imprimée personnellement dans sa mémoire et dans son cœur (cf. 2e Legs, 2-3, 10-11).

La présence maternelle d’Angèle n’est pas nécessairement perçue par l’étude ou la mémorisation de ses Ecrits. Il s’agit surtout d’une communion dans l’amour. Il est évident qu’une relation d’amour doit s’exprimer aussi dans la réciprocité. Tu ne peux dire que tu aimes une des tes sœurs, si tu la regardes à peine. Tu ne peux dire que tu aimes Sainte Angèle, si tu ne vis une relation vraie avec elle, si tu passes à côté des moyens qu’elle t’a donnés pour que ta communion avec elle soit humainement plus vraie.

C’est pour cela que la lecture et la méditation de ses Ecrits s’imposent, car, à travers la méditation de ses Ecrits, tu dois arriver à une communion d’amour, à une relation vraie d’amour ; tu dois la connaître comme mère. Il ne s’agit pas seulement de lire sa biographie ; tu dois entrer dans son cœur. La vraie connaissance d’un saint ne réside pas en la connaissance de son aspect physique ou des événements qui ont fait la trame de sa vie. Alors, comment peut-on connaître sainte Angèle ? Pour nous, le meilleur moyen consiste à chercher à comprendre ses Ecrits, car c’est progressivement que Dieu façonne notre être, à travers les événements.

3° Elle soutient notre foi.

Angèle nous frappe par son assurance. Elle sait et affirme qu’elle parle au nom de Dieu : Vous devez en être sûres… Ce que je vous dis est vrai. Ces expressions reviennent trois fois dans les Avis, deux fois dans le Testament. Elle les répète d’une manière ferme, décidée : elle dit que cette Compagnie demeurera jusqu’à la fin du monde et affirme, Je sais bien ce que je dis.

Si c’est Dieu qui a planté cette Compagnie, jamais il ne l’abandonnera (Av 4, 8). Qu’elles tiennent encore ceci pour très certain : que jamais elles ne seront abandonnées dans leurs besoins. Dieu y pourvoira admirablement. (Av 5, 31) Je vous certifie de plus que toute grâce que vous demanderez à Dieu vous sera infailliblement accordée. Et moi, je serai au milieu de vous, aidant vos prières. (Dern Av, 18) Chaque promesse que je vous fais se réalisera pour vous avec surabondance. (Dern Legs,24)

Voilà ce qui distingue Sainte Angèle : l’assurance qui découle de son expérience de Dieu. Dans ses Ecrits, elle ne parle jamais d’elle-même, mais elle assure ses filles du charisme et de la mission qu’elle a reçus pour la Compagnie.

Les filles de Sainte Angèle peuvent s’appuyer sur les promesses de leur Mère. Elle ne demande confirmation de personne et assure avec un langage simple et ferme que la Compagnie est voulue par Dieu, et qu’elle survivra, et qu’elle-même sera toujours présente à ses filles. C’est elle qui l’affirme. Tous s’appuient sur elle : la noblesse de Brescia et les filles du peuple, le Duc de Milan, Clément VII qui la veut à Rome, ceux qui la réclament à Venise. Mais elle avance avec assurance sur ses propres chemins. Tous s’appuient sur elle, mais elle ne s’appuie sur personne. L’assurance d’Angèle est un des éléments fondamentaux de sa personnalité spirituelle. Assurance qui ne provient pas de l’orgueil, mais de Dieu, et qui communique la paix.

Ce qui est merveilleux, c’est ce manque absolu de doute : Dieu veut que jusqu’à la fin du monde, chacune de ses filles soit assurée de la présence d’Angèle, de son soutien, même au-delà de la mort. Elle les connaît toutes par leur nom.

L’assurance d’Angèle est fondée sur son amour de Jésus-Christ, Lui qui a dit : Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin de temps. Comme elle est auprès de Lui, elle participe à cette présence vivante, réelle, constante.

Alors, pendant ces quelques jours de prière, en nous mettant à genoux devant Celui qui nous aime toutes, soyons assurées qu’Angèle nous suit individuellement dans notre désir d’appartenir au Christ, d’avancer vers Lui, de vider nos cœurs pour qu’Il puisse les remplir de Lui-même, d’être à l’écoute de l’Esprit Saint, dont on perçoit les motions d’autant plus clairement que notre âme est plus purifiée, d’aimer celui qui est notre unique trésor, notre seule voie, notre unique espérance.

Conférence de Soeur Marie Seynaeve
donnée aux postulantes au Sénégal

 
 

Une grande partie de cette intervention donnée est tirée du livre de Divo Barsotti, “La spiritualità di Sant’Angela Merici – Una famiglia attorno alla Madre », Morcelliana, Brescia, 1980.

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