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Aimer et ouvrir les mains

Un texte de Monseigneur Pierre Claverie


On ne peut aimer que si on ouvre les mains.
On ne peut communier, ayant serré la main de quelqu’un
que si on est un peu dépossédé de soi-même.
On ne peut aimer l’autre que si on le respecte au point d’admirer ce qu’il fait,
sans éprouver de jalousie.
A tout le moins, l’aider à vivre, l’aider à grandir,
sans s’inquiéter si l’on diminue
C’est bien ce que nous lisons dans l’évangile !
C’est cela que notre engagement religieux devrait créer en nous :
Un espace d’humilité
pour que l’Esprit de Dieu, peu à peu, nous apprenne à aimer.
Cela se vit par des hauts et des bas.
Mais si j’en crois mon expérience de religieux et d’Evêque,
tant qu’on a la force de faire les choses soi-même, par soi-même,
Dieu est une roue de secours, il n’est pas au centre.
On l’appelle quand ça ne va pas ;
On voudrait qu’il soit présent, mais on ne lui laisse pas la place d’être présent ;
On est toujours prêt à s’appuyer davantage sur soi-même
Qu’à attendre qu’il fasse son œuvre, Lui !
Et c’est la raison pour laquelle nous avons tellement de mal
à vivre la communion, à vivre l’amour,
ne serait-ce qu’en communauté.
Alors, par grâce, bien sûr,
peu à peu, Dieu va creuser en nous un espace
où son amour va pouvoir, enfin, prendre corps.

Souvent on croit que la jeunesse c’est la jeunesse de l’âge.
Moi, je crois que la véritable jeunesse, c’est l’humilité,
c’est une certaine vulnérabilité qui fait qu’on passe
du jugement à la tendresse,
de la puissance à la générosité...
Et c’est là la sainteté !
Et c’est là la vie religieuse,
qui fait que Dieu habite en nous
et qu’il fasse de nous des instruments humbles et modestes
d’un amour qui rayonne simplement.
Il n’est pas nécessaire de faire de grandes choses pour cela.
On mesure alors, au fur et à mesure que la vie passe,
qu’une certaine transparence se fait,
quand on a cessé de se défendre, de s’affirmer devant les autres,
de vouloir être soi-même par soi-même.
La véritable jeunesse, c’est l’humilité du cœur,
cette tendresse, cette simplicité
qui font qu’on est plus proche du Christ
et qu’on sent vraiment que l’Esprit de Dieu
peut faire de grandes choses dans la simplicité et l’humilité du cœur.

Monseigneur Pierre Claverie
Evêque d’Oran (Algérie)
assassiné le 1er août 1996

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