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Adaptation des Avis

Adaptation des Avis d’Angèle Mérici
pour parents et éducateurs [1]

Prologue

Sœur Angèle, indigne servante de Jésus-Christ.

La force et le vrai réconfort de l’Esprit Saint soient en vous tous, parents, éducateurs et adultes, vous qui par vocation ou par profession, ou en raison de circonstances diverses, avez l’occasion d’approcher des jeunes ou seulement de les rencontrer sur votre chemin.

Que cette force et ce réconfort soient en vous, afin que vous puissiez soutenir et remplir avec courage et fidélité la mission difficile qui vous a été confiée. Ne perdez pas de vue la grande récompense que Dieu vous a préparée, si vous vous efforcez, chacun pour votre part, d’être fidèles et pleins de sollicitude pour ces enfants qui vous ont été confiés. Prenez en soin, comme un bon pasteur attentif et disponible.

Combien vous devez prier Dieu de vous éclairer, de vous guider et de vous enseigner ce que vous aurez à faire pour son amour dans l’accomplissement de cette mission. Il n’y en pas de plus grande que celle d’être chargés de la formation de ceux qui sont tellement chers à Dieu.

Considérez donc combien vous devez les apprécier ; plus vous les apprécierez, plus vous les aimerez, et plus vous les aimerez, plus grands seront votre engagement et votre attention à leur égard. Alors, il vous sera impossible de ne pas les garder gravés dans votre cœur, jour et nuit, chacun en particulier, parce que un véritable amour agit ainsi.

Cette mission ne doit pas vous peser ; au contraire, vous devez continuellement remercier Dieu de ce qu’Il ait bien voulu vous choisir pour veiller sur un trésor si précieux et pour exercer à l’égard des enfants et des jeunes un service d’autorité parfois lassant.

Au fond, cette mission est vraiment un grand don de Dieu, une chance inestimable. Ne craignez pas si vous ne vous sentez pas préparés à remplir votre devoir, ni capables d’assumer comme il conviendrait une si grande responsabilité. Ayez espérance et foi ferme en Dieu. Il vous aidera en toute circonstance. Priez-le, reconnaissez humblement sa puissance sans limites. Du moment qu’Il vous a choisis pour cette mission, il vous donnera très certainement aussi la force nécessaire pour l’accomplir, à condition que votre engagement ne fasse pas défaut.

Agissez, remuez-vous, croyez, faites des efforts, espérez, criez vers Lui de tout votre cœur. Sans aucun doute vous verrez des merveilles si vous agissez en tout pour la louange et la gloire de Dieu et pour le vrai bien de ceux qui vous sont confiés.

Entre autres choses que vous devez faire avec la grâce de Dieu, je vous prie tous, même je vous en supplie, par amour pour Jésus-Christ qui a souffert pour vous et par amour pour la Vierge Marie, efforcez-vous de mettre en pratique ces quelques avis que je vous laisse à exécuter après ma mort. Ils seront pour vous, au moins en partie, un rappel de ce que je veux et désire que vous réalisiez. C’est ainsi que je me rendrai compte si vous avez à cœur de me faire plaisir.

Sachez, d’ailleurs, que maintenant que je ne suis plus sur cette terre, je suis encore plus vivante. Je suis plus à même de voir et d’apprécier le bien que je vous vois accomplir jour après jour. Maintenant je veux et je peux vous aider davantage et vous faire du bien de toutes sortes de manières.

1° Avis

En premier lieu, mes fils et frères très chers dans le sang de Jésus-Christ, je vous recommande d’essayer d’accueillir et d’enraciner en vous, avec l’aide de Dieu, la conviction et l’humble sentiment suivant : Ne pensez pas que vous êtes à la hauteur du mandat que vous avez reçu. Considérez-vous plutôt à son service, estimant que vous avez plus besoins d’exercer ce de service que vos enfants (les vôtres et ceux des autres) n’ont besoin d’être servis et guidés par vous. Cependant, par amour pour vous, Dieu a voulu se servir de vous comme de ses instruments, pour votre bien, pour que vous puissiez mériter davantage de son infinie bonté et qu’Il ait la possibilité de vous en récompenser.

Prenez comme modèle notre Seigneur Jésus : Pendant qu’Il était en ce monde, Il était comme un serviteur, obéissant au Père éternel jusqu’à la mort. C’est pour cela qu’Il a pu dire : Je suis au milieu de vous non comme celui qui est servi, mais comme celui qui sert (Luc 22, 27).

Saint Grégoire le Grand, bien que pape, se nommait serviteur des serviteurs de Dieu C’est ainsi qu’il exerçait son mandat de supérieur et de pape. Dans son cœur il se considérait comme inférieur aux autres et serviteur des serviteurs de Dieu ; il se souvenait des paroles de l’Evangile, Que celui qui est le plus grand parmi vous soit le serviteur de tous (Mc 10, 44). Faites en autant ; exercez votre autorité, mais reconnaissez vos limites face au poids de vos responsabilités. En agissant ainsi, Dieu vous élèvera dans la mesure où vous vous serrez abaissés.

Un vrai serviteur de Dieu, qui veut être un éducateur authentique, se dévoue aux autres, restreint ses propres ambitions et ne recherche pas sa satisfaction personnelle ni ses propres intérêts. Il espère et il sait que Dieu lui-même lui donnera une autre satisfaction et qu’Il lui prépare une gloire et un honneur plus vrais. En définitive, il croit fermement ce que dit l’Evangile, Celui qui s’abaisse sera élevé (Luc 18, 14).

2° Avis

Soyez aimables et humains envers vos enfants, les vôtres ou ceux des autres. Ayez à leur égard une attitude intérieure de bienveillance. Efforcez-vous d’agir seulement par amour pour Dieu et pour leur bien quand vous les reprenez, les conseillez ou les exhortez à faire le bien ou à éviter le mal. Vous obtiendrez davantage en leur témoignant de l’affection et en les traitant avec amabilité, qu’en leur manifestant de la dureté et de la rigueur. Celles-ci doivent être réservées uniquement en cas de nécessité, en tenant compte des lieux, des temps, des personnes. La charité qui enseigne ce discernement peut tout diriger à la gloire de Dieu et au bien des autres. Elle inspire au cœur de se montrer tantôt aimable, tantôt un peu sévère ou très sévère, selon les temps, les lieux et les circonstances.

Si vous en voyez un peureux, timide, prompt à se décourager, réconfortez-le, encouragez-le, et dites-lui que Dieu l’aime. Dilatez son cœur par toutes sortes de consolations.

Si, au contraire, vous remarquez qu’un de vos enfants est présomptueux et d’une conscience large et peu délicate, soyez énergiques à son égard. Rappelez-lui combien la loi de Dieu est exigeante et le péché insidieux, combien nous sommes guettés par des tentations et que nous avons constamment des motifs de nous tenir sur nos gardes. Comme le dit l’Ecriture, Bienheureux l’homme qui garde les yeux toujours ouverts (cf. Prov 28, 14).

3° Avis

De votre côté, il est juste que vous écoutiez ceux qui sont placés au-dessus de vous. Ayez à leur égard l’estime que vous avez pour moi. Obéissez avec bon sens en tout ce qu’ils ont le droit de vous demander et ne cherchez pas à faire à votre tête. Ainsi, en leur obéissant, ce sera comme si vous m’obéissiez à moi, et en m’obéissant, vous obéirez à Jésus-Christ. Quant à moi, dans son immense bonté, Il ma choisie pour être Mère, vivante et morte, de la noble Compagnie de Sainte Ursule, bien que j’en fusse tout à fait indigne. M’ayant choisie, Il m’a aussi donné les grâces nécessaires pour la gouverner selon sa volonté.

Certes, il n’est dit nulle part que ceux qui détiennent l’autorité ont toujours les qualités nécessaires pour bien gouverner. Vous pourriez avoir des motifs de monter votre désaccord. Faites-le avec tact et respect. S’ils ne vous écoutent pas, prenez patience. Il est juste de soutenir les dirigeants quand ils sont bons, mais vous devez aussi les accepter lorsqu’ils pensent autrement que vous, à condition de ne compromettre ni la justice, ni la vérité. Faites-le sans vous plaindre, sans murmurer, sans mal parler d’eux ni avec vos enfants, ni avec d’autres personnes. Considérez-les avec respect, parce que si Dieu nous commande d’honorer père et mère selon la nature, nous devons d’autant plus apprécier et estimer ceux qui portent le poids de la responsabilité. Faites en sorte qu’ils soient toujours objet d’appréciation et d’estime, spécialement de la part de vos enfants.

Du reste, rappelez-vous que si les chefs sont bons, ce n’est pas parce qu vous le méritez ; s’ils sont sévères, pensez que vous avez peut-être besoin d’une fermeté encore plus grande. Cependant, si vous remarquez que dans l’exercice de leurs fonctions, il y a quelque chose que vous ne pouvez approuver en conscience, vous avez le droit et le devoir d’en parler avec grande discrétion et loyauté à d’autres personnes douées de bons sens et de prudence, capables de vous aider.

Lorsque vous voyez qu’il s’agit du bien véritable de vos enfants, spécialement de leur vie morale, alors vous ne devez absolument pas y consentir, ni attendre, ni avoir des égards pour qui que ce soit. Avec les moyens dont vous disposez, intervenez et agissez avec décision, mais toujours avec sagesse et bon sens.

4° Avis

Soyez attentifs et vigilants pour connaître et comprendre le comportement des enfants – les petits, les jeunes – tous ceux que vous avez mission d’approcher. Soyez vigilants et attentifs à leurs besoins spirituels et matériels. Pourvoyez-y le mieux possible. Faites-le vous-mêmes, sans user de la facilité de faire intervenir une autorité supérieure, car vous devez lui donner le moins d’ennuis et d’embarras possibles.

Si vous n’êtes pas en mesure d’y répondre personnellement, alors recourrez à ceux qui ont la responsabilité compétente et soumettez-leur sans hésitation et avec sollicitude les problèmes de vos enfants. Si vous remarquez qu’ils traînent à y pourvoir, insistez ; soyez même importuns, si nécessaire. Si l’un de vos enfants devait se perdre par votre négligence, Dieu vous en demanderait un compte sévère au jour du jugement.

Vous devez considérer et vous persuader que Dieu ne manquera jamais de pourvoir à leurs besoins matériels ou spirituels, si de votre côté vous faites tout votre possible. Si votre action éducative correspond à ses desseins à Lui, Dieu ne vous abandonnera jamais. Comme le dit l’Ecriture : Je n’ai jamais vu le juste abandonné, ni ses descendants aller mendier (Ps 36, 25).

5° Avis

Selon que vous en aurez le temps et la possibilité, spécialement les jours de fêtes et pendant les vacances, ayez des contacts avec vos enfants et vos élèves, avec les jeunes de votre famille, avec ceux de vos amis. Accueillez-les chez vous ou allez les voir, saluez-les, voyez comment ils se portent, écoutez-les, encouragez-les, stimulez-les à marcher sur le chemin du bien. Ayez aussi le courage de les exhorter à conserver la grâce de Dieu, à se porter avec ardeur aux joies de l’esprit et aux détentes licites, à désirer cette plénitude de bonheur qu’ils trouveront un jour dans les fêtes joyeuses et inimaginables du ciel. Montrez-leur la gloire qui les attend dans l’éternité bienheureuse.

Suggérez-leur de ne pas s’attacher à ce monde plein de misères et de tromperies, où il n’y a ni paix, ni joie véritables. On n’y trouve que des illusions, de rudes difficultés, des malheurs et des mesquineries.

Recommandez à vous enfants de bien se comporter à la maison et en dehors, avec bon sens, prudence et modestie. Qu’ils mettent en pratique la bonne éducation reçue et qu’ils soient honnêtes.

Qu’ils mangent et boivent non par gourmandise, mais raisonnablement, afin de rester en bonne santé et servir comme il convient le Seigneur et la société. Qu’ils ne traînent pas au lit, mais qu’ils dorment le temps nécessaire. Même dans leurs détentes, qu’ils gardent la maîtrise d’eux–mêmes. Qu’ils ne soient pas insolents. Qu’ils cherchent la détente nécessaire, mais évitent les divertissements malhonnêtes et le gaspillage d’argent.

Dans leurs conversations qu’ils évitent la vulgarité et la médisance, l’aigreur et la grossièreté. Que leurs paroles soient polies et encouragent les autres à la bonne entente et à la fraternité. Dites-leur que partout ils se montrent constructifs et se comportent ave la dignité propre à un membre de la famille humaine.

Qu’ils soient respectueux de l’autorité civile et religieuse. Qu’ils obéissent aux lois promulguées selon le droit et la justice. Qu’ils cherchent à mettre la paix et la bonne entente partout. Qu’ils ne se montrent ni effrontés ni insolents. Qu’ils refusent toute violence dans leurs paroles ou dans leurs actes. Qu’ils soient patients en toute situation. C’est en faisant preuve d’amour, de patience et de persévérance qu’on réussit à vaincre les forces du mal.

Quand vous aurez à traiter de choses importantes avec vos jeunes, je vous charge de leur dire de ma part une parole aimable, et de leur donner une poignée de main, aussi de ma part.

Dites-leur d’aider à garder leur famille unie, d’être d’accord entre eux, de rechercher la bonne entente, d’éviter tout ce qui pourrait rompre l’harmonie dans leur famille ou dans leur milieu paroissial ou civil. Qu’ils respectent et observent les lois justes parce que cela est fondamental.

Qu’ils fassent honneur à Jésus-Christ, leur frère par le Baptême. Ils ont à rendre témoignage à Celui à qui ils ont promis fidélité. Qu’ils mettent en Dieu leur espérance. Qu’ils aient davantage confiance en Lui qu’en aucune autre personne. Qu’ils aiment Dieu par dessus toute chose.

Soutenez-les, stimulez-les, encouragez leur bonne volonté. Dites-leur la bonne nouvelle que je leur annonce de la part de Jésus-Christ et de la Madone : Alors qu’ils rencontreront tant d’illusions et de rapides changements, ils pourront se sentir réconfortés et joyeux à la pensée que dans le ciel est préparée pour chacun d’eux une destinée immortelle de gloire et d’allégresse, pourvu qu’ils restent fermes dans leurs résolutions et s’efforcent de vivre en bons chrétiens et bons citoyens. Je n’ai aucun doute à ce sujet.

Dans leur vie ils éprouveront de temps à autre des souffrances et des soucis,, mais ceux-ci passeront et se changeront en consolation et en joie. Du reste, la souffrance de ce monde perd un peu de son amertume dans la perspective de la compensation qu’on recevra au paradis.

Rappelez à vos enfants qu’ils ne seront jamais abandonnés dans leurs besoins parce que Dieu, qui est Providence, vient en aide à ceux qui se confient en Lui. Qu’ils ne désespèrent jamais. Combien de gens riches, importants et compétents, combien de personnages influents, malgré leur succès et leur bonne réputation, pourront se trouver dans une extrême détresse et ne pas recevoir un vrai réconfort, parc qu’ils n’ont pas su le demander à Dieu. Au contraire, si vos enfants Lui restent fidèles, ils seront consolés dans leurs épreuves, même s’ils vivent dans une condition modeste.

Dites à vos enfants – et dites-le aussi aux frères que vous rencontrerez dans la vie – que maintenant je suis plus vivante que lorsque j’étais sur terre. Maintenant je vois mieux et je connais encore mieux leurs différentes situations. Je veux et j’ai le pouvoir de les aider davantage.

Dites à vos jeunes que je suis toujours proche de ceux qui m’invoquent, avec Jésus-Christ qui m’a tellement aimée, et qui les aime tellement, chacun en particulier… à condition cependant, qu’ils gardent une foi vive, qu’ils ne perdent pas leur courage, qu’ils continuent à espérer. Vous pourrez encore renforcer ces promesses de consolation et de réconfort, spécialement à ceux que vous verrez découragés, fragiles, hésitants.

Dites-leur de garder un vif désir de me rencontrer non sur la terre, mais au ciel, là où se trouve le Dieu d’amour qui nous aime. Qu’ils mettent là-haut leur espérance. Qu’ils ne tiennent pas compte uniquement de ce qui est terrestre. Le vrai et authentique trésor, c’est Jésus-Christ. Et c’est là, en ce trésor, qu’ils devront chercher le fondement et le sens de l’amour. Conséquents avec leur Baptême qui les a « ressuscités avec le Christ », ils devront désormais, comme le dit Saint Paul, « chercher les choses du ciel et y prendre goût », et non se limiter à considérer les biens et les choses de la terre (cf. Col. 3, 1-2).

6° Avis

Vous devez vivre et vous comporter de telle manière que vos enfants et vos élèves puissent se mirer en vous. Ce que vous voulez qu’ils fassent, faites-le d’abord vous-mêmes. Comment les rappeler à l’ordre ou les reprendre pour quelque faute, si vous la commettez vous-mêmes ? Comment pourriez-vous les conseiller et les exhorter à pratiquer le bien, si vous ne le faites pas vous-même, ou si vous ne commencez pas, vous aussi, à le pratiquer en même temps qu’eux ?

Faites en sorte qu’à votre exemple ils sachent s’engager et soient encouragés à vivre vertueusement. Participez autant que possible, si cela convient, à leurs initiatives honnêtes et généreuses, spécialement dans la manière de vivre, de se confesser et de communier, et en d’autres pratiques semblables.

Il est juste et convenable que les parents et les éducateurs soient un exemple et un modèle pour les jeunes, surtout quand il s’agit d’honnêteté, de pratique du bien et de bon comportement dans la vie.

7° Avis

Sachez que vous aurez à défendre et à protéger vos enfants des « loups » et des « voleurs », c’est-à-dire de deux catégories de personnes dangereuses : d’une part, certains gens du monde ou des ecclésiastiques qui pourraient les induire en erreur, d’autre part, des fauteurs d’hérésie.

Dans leurs rapports avec d’autres, veillez à ce que vos jeunes n’aient pas de relations trop suivies avec ceux-ci, même s’ils paraissent honnêtes, parce qu’une trop grande familiarité, ainsi que l’inexpérience des jeunes, pourraient exposer ceux-ci au risque de mésaventures douloureuses et méprisables.

Pour autant que cela dépende de vous, évitez qu’ils fréquentent des gens oisifs, ou qui ne suivent pas les normes de la morale, ou qui se plaisent à écouter des commérages, ou qui recherchent des plaisirs malsains.

Veillez à ce qu’aucun éducateur, aucun ami, même engagé dans sa foi, ne les détourne de leurs bonnes déterminations, de quelque geste généreux, de la vocation sacerdotale ou religieuse, d’un engagement dans un service de volontariat, ou d’une bonne orientation de vie. Il arrive que beaucoup, en prétextant donner de bons conseils à des jeunes sans expérience, arrivent à les faire dévier et à les écarter de leurs bonnes résolutions.

Quant à les préserver des opinions délétères des hérétiques, lorsque vous entendrez dire que quelque prédicateur, écrivain ou théologien glisse vers l’hérésie ou prêche des nouveautés en dehors de la foi commune de l’Eglise et contraires à ce que je vous ai enseigné, avec tact, faites en sorte que les jeunes ne les suivent pas, parce qu’il arrive souvent que soient plantées dans l’esprit certaines idées que l’on a du mal à arracher dans la suite.

Méfiez-vous aussi de telles personnes. Laissez-les à leurs idées. Considérez les tous comme bons, mais soyez prudents, pour votre bien à vous. Il vaut mieux s’en tenir à ce qui est sûr et qui n’expose à aucun danger, plutôt que de courir derrière la dernière nouveauté avec le risque de se perdre. Suivez l’ancienne voie et l’usage de l’Eglise, établis et confirmés par la vie de tant de saints sous l’inspiration du Saint Esprit. Et menez une vie nouvelle.

Quant aux opinions qui naissent aujourd’hui et qui s’élèveront demain, laissez-les courir, dans la mesure où il ne vous appartient pas d’intervenir. Priez plutôt, et faites prier afin que Dieu n’abandonne pas son Eglise, mais veuille la réformer comme il lui plaît et selon ce qu’Il voit être meilleur pour nous et davantage à son honneur et à sa gloire.

En ces temps difficiles et dangereux, vous ne trouverez d’autre solution que de recourir à Jésus-Christ. Si c’est Lui qui vous guide et vous enseigne, alors vous saurez comment réagir, selon la parole même du Psalmiste : Bienheureux l’homme que tu instruis, Seigneur (Ps 93,12).

Ne soyez donc pas trop sûrs de vous-mêmes. Soumettez-vous à l’action toute puissante de Dieu et criez avec le psalmiste, Illumine mes yeux, pour qu’ils ne s’endorment pas dans la mort, ce qui veut dire, Garde la lumière à mes yeux, pour que le sommeil de la mort ne me surprenne pas (Ps 12, 4).

Alors, vous verrez la lumière.

8° Avis

Vous, parents, aimez tous vos enfants. Vous, éducateurs, aimez tous vos élèves. N’ayez pas de préférence pour l’un plutôt que pour l’autre, parce que tous sont également créatures de Dieu, et vous ne connaissez pas son projet sur eux. Comment pouvez-vous savoir si ceux qui vous paraissent moins doués ou moins capables ne sont pas destinés à devenir les plus généreux et les plus chers aux yeux de Dieu ? Du reste, qui est en mesure de juger les sentiments et les pensées secrètes cachées dans les profondeurs du cœur humain ?

Accueillez-les donc tous et supportez-les tous également, qu’il s’agisse de vos propres enfants ou des enfants des autres. Il ne vous appartient pas de juger les créatures de Dieu. Lui seul sait ce qu’Il veut en faire, parce que, comme le dit la Sainte Ecriture, même de pierres, Il peut faire naître des enfants pour le ciel (cf. Mt 3, 9 ; Lc 3, 8).

Faites donc votre devoir en les corrigeant avec délicatesse et avec amour, quand vous verrez en eux quelque faiblesse ou fragilité. Continuez ainsi à émonder la vigne qui vous a été confiée. Et laissez faire Dieu. Il fera des merveilles en son temps, où et quand il Lui plaira.

Dernier Avis

Le dernier mot que je vous dis, et je vous le dis au prix de ma vie, c’est que vous viviez dans la bonne entente.

Vous tous, parents et éducateurs, adultes qui affrontez les défis de l’éducation dans vos familles, à l’école, ou dans la communauté paroissiale ou civile, soyez unis dans votre action éducative.

Aimez-vous les uns les autres. Unissez vos forces et vos bonnes volontés. Estimez-vous les uns les autres, aidez-vous mutuellement, accueillez-vous réciproquement en puisant dans le Seigneur Jésus la force d’une franche collaboration entre vous. Si vous réussissez à être ainsi unis, sans aucun doute le Seigneur Dieu sera au milieu de vous. Vous aurez en votre faveur la Madone, les Apôtres, les saints et les saintes, tous les anges. En somme, le ciel et le monde entier vous viendront en aide.

Dieu l’a ainsi établi de toute éternité que ceux qui sont unis dans le bien pour sa gloire, auront toutes sortes de prospérités et tout ce qu’ils feront tournera bien, puisqu’ils ont Dieu lui-même et chacune de ses créatures en leur faveur.

En outre, je vous assure que toute grâce que vous demanderez à Dieu vous sera infailliblement accordée. Moi-même, je me tiendrai parmi vous, aidant vos prières. Alors, stimulez vos enfants à correspondre généreusement à l’œuvre que vous avez entreprise pour leur bien. Et en même temps, soyez réconfortés, parce que ce que je vous ai dit arrivera sûrement.

Le Seigneur qui vous aime vous aidera dans les moments plus difficiles et douloureux de votre vie. Il vous aidera aussi au dernier moment, à l’heure de votre mort, car c’est dans les grands besoins qu’on reconnaît la vraie amitié. Alors surtout, vous saurez combien je suis une amie fidèle.

Maintenant je vous laisse à votre mission. Soyez réconfortés ; ayez une foi vive, continuez à espérer.

Mais avant de vous quitter, j’invoque sur vous la bénédiction du Seigneur : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Traduction du texte italien
de Sœur Luciana Mariani
pour les Associés de France-Nord/Belgique
Adaptation des Avis

[1Traduction du texte italien de Soeur Luciana MARIANI, Ricordi, édité à Desenzano en 1985

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