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30 AVRIL / 4 MAI

Sainte Marie de l’Incarnation
30 avril /4 mai 2014

30 avril 2014

Ce 30 avril sera célébrée la première Fête liturgique de Marie de l’Incarnation Guyart depuis sa récente canonisation par le pape François le 3 avril dernier. La voici inscrite désormais au Calendrier des Saints pour l’Eglise Universelle.
Partout dans le monde montera vers Dieu la prière du Peuple Chrétien :

« Seigneur Dieu, tu as conduit sainte Marie de l’Incarnation
jusqu’à la contemplation du mystère de la Trinité
et tu as fait d’elle une apôtre au cœur de feu.
Accorde- nous, par son intercession et suivant son exemple,
de vivre en témoins de ton amour
pour que soient toujours plus nombreux
ceux qui parviennent à te connaître, t’aimer et te servir. »

A Tours, en ce 30 avril, l’Eucharistie sera célébrée le soir en la Cathédrale Saint Gatien, tandis qu’à Québec, c’est la chapelle du Monastère des Ursulines qui accueillera le Cardinal Lacroix pour cette première célébration.

4 mai 2014

Quelques jours après sa fête liturgique, il convient de souligner la date du 4 mai, hautement significative en cette année 2014, car elle marque le 375° anniversaire de l’embarquement de Marie de l’Incarnation avec ses compagnes Ursulines et Augustines, au port de Dieppe, pour leur grand départ sans retour vers le Canada.

Ecoutez le récit de cette périlleuse traversée et de l’arrivée des premières femmes missionnaires dans le Nouveau Monde

Interview de Sœur Colette par le Service Communication du diocèse de Tours. : Marie de l’Incarnation, sa traversée

Deux lettres de Marie de l’Incarnation écrites l’une au moment du départ, l’autre en mer, nous permettent de communier aux dispositions intérieures qui l’habitaient au moment de quitter la France pour une terre inconnue.

LETTRE XXXVII
A l’un de ses frères
De Dieppe, le 15 avril 1639

Elle lui donne avis de son embarquement pour le Canada, et du désir qu’elle a de souffrir en cette Mission.

Mon très cher Frère,

La vie et l’amour de Jésus soient votre partage.
C’est sans remise qu’il nous faut quitter la France pour passer dans le nouveau monde, où Dieu n’est quasi point connu, sinon d’une petite troupe de saints qui travaillent à le faire connaître. Les bontés infinies du Roi du Ciel ont bien voulu se répandre sur moi, et lui- même a bien voulu me choisir pour y aller habiter. C’est par sa miséricorde qu’il veut se servir du plus chétif instrument qui soit sous le Ciel. Aidez-moi à bénir son aimable Providence entre les bras de laquelle je m’abandonne pour vivre ou pour mourir, soit sur la mer soit dans le fort de la Barbarie, car tout m’est égal dans son adorable volonté. C’est donc à ce coup que je vous dis adieu pour jamais, puisque les vaisseaux sont prêts et que nous allons nous embarquer la semaine prochaine, si la tourmente ne nous retient.

O qu’il me tarde que je n’ai déjà fait le sacrifice de ma vie dans le désir que j’en ai, il me semble qu’au milieu des dangers je serai plus sûre et plus tranquille sur la mer que sur la terre. Vous savez les périls que nous allons courir sur cette grande mer Océane la plus rude à passer de toutes les mers ? non qu’il se perde beaucoup de vaisseaux dans la traverse que nous allons faire de douze cent lieues : mais il y a bien des incommodités à souffrir, on tombe en de grandes maladies, on craint la rencontre des Anglais, des Donkerquois, et des Turcs : mais tout cela n’est rien, la vie et la mort me sont une même chose, et je fais ce sacrifice de moi-même du meilleur cœur qu’aucune chose que j’aie faite en ma vie. Les croix et les souffrances me sont plus agréables que toutes les délices de la terre : que l’on m’envoie dans le fond de la plus cruelle Barbarie, ce seront là mes délices, et je chérirai plus mes petites Sauvages, que si c’étaient des Princesses. Je m’en vais donc de bon cœur suivre mon cher Jésus et souffrir tout ce qu’il voudra pour son amour. Priez-le qu’il me donne un grand courage, et remerciez-le de la grande grâce qu’il me fait de m’avoir appelée à l’exclusion de tant d’autres, à une si haute vocation. On nous fait la grâce à trois Ursulines que nous sommes de nous donner place dans l’Amirale, où même le Capitaine nous abandonne sa chambre, qui est belle et spacieuse, et où nous serons séparées du bruit du vaisseau. Nous faisons le voyage en la compagnie des Mères Hospitalières, de Madame de la Peletrie notre Fondatrice et de deux filles séculières, le Rvd. Père Supérieur des Missions nous accompagne et il nous donnera la consolation de nous dire la sainte Messe tous les jours et de nous administrer les saints Sacrements.
Adieu donc, mon très-cher Frère, adieu pour jamais.

LETTRE XXXIX
à la Mère Françoise de St Bernard,
Supérieure des Ursulines de Tours,
En mer, 20 mai 1639.

Elle lui écrit de dessus la mer ses dispositions de corps et d’esprit.

Ma très Révérende Mère, votre sainte bénédiction.

Je m’assure qu’en recevant cette lettre, vous n’attendiez plus de nouvelles de vos filles que de Québec, aussi ne pensions-nous point avoir de commodité pour vous en faire savoir. Mais heureusement des pêcheurs qui nous ont suivis jusqu’à la Manche nous ont bien voulu faire le plaisir de se charger des lettres que nous avions envie d’écrire à nos amis. Nous avons donc passé les côtes d’Angleterre, et nous sortons de la Manche en très bonne disposition, grâces à notre bon jésus, non sans avoir été en danger d’être prises par les Espagnols et par les Domkerquois . Il y a peu de jours que nous avons découvert une de leurs flottes d’environ vingt vaisseaux, mais notre Capitaine a prudemment pris la route d’Angleterre pour éviter la rencontre. Nous en avons vu de loin plusieurs autres, sans pouvoir distinguer les couleurs ni juger d’où ils sont. A présent que nous quittons la Manche nous sommes hors de danger des ennemis, mais il n’y a que Dieu qui sache si nous sommes à couvert de ceux des tempêtes et de la mer.

Depuis notre embarquement nous avons tâché tous les jours de nous disposer à mourir tant à cause des ennemis que des tourmentes de la mer qui ont été très grands. Nos cœurs néanmoins n’ont point été troublés par le trouble des éléments parce que celui à la providence duquel nous nous sommes abandonnées, nous fait oublier nous-mêmes et toutes choses. On ne peut expliquer ni concevoir le repos qu’on ressent quand l’on s’est donné une bonne fois à Dieu. Nous avons tous ressenti le mal de la mer ; mais cela n’est rien. Nous sommes à cette heure dans une aussi bonne disposition que si nous étions dans notre Monastère. Il ne se peut rien voir de mieux réglé que tout l’équipage du vaisseau ; je réserve à vous en dire les particularités quand nous serons à Québec. Je n’ai point de paroles pour vous dire les charités et les soins du Rvd. Père Vimond à notre égard : il n’y a Mère tant soigneuse soit-elle qui en ait davantage pour ses enfants, tant pour le spirituel que pour le temporel. Monsieur Bontemps notre Capitaine n’est pas moins rempli de bonté en notre endroit, nous donnant tout ce qu’il a de plus commode, d’une si bonne grâce, qu’il semble qu’il ne fasse le Voyage que pour nous : mais je vous cèle à présent ce que mon cœur a de plus secret, aussi n’est-ce pas le temps d’en parler. Nous sommes déjà aussi accoutumées à la mer que si nous y avions été nourries. Une Religieuse qui fait partout son devoir est bien partout, puisque l’objet de ses affections est en tout lieu.
Je vous supplie de dire de nos nouvelles à tous nos amis. Adieu, adieu, adieu.

_ De l’Amirale de S. Joseph sur mer le 20 de mai 1639.

30 AVRIL / 4 MAI

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